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Avis critique    Page 1 sur 8

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Lvstvcrv 


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Avis critique - Dim 21 Oct 2018, 11:43

Encore un bon numéro d'Avis critique hier 20/10 Penser l'activisme , avec Catherine Portevin (Philosophie Magazine) et Joseph Confavreux (Médiapart)

Les deux invités sont enthousiastes dans la critique du premier des deux ouvrages présentés "La société ingouvernable : une généalogie des nouveaux arts capitalistes de gouverner", de Grégoire Chamayou. La thèse de cet essai est le développement des pratiques managériales dans l'art occidental de gouverner depuis les années 70, c'est à dire, pour la France, depuis les années Giscard. Cette période correspond justement, et ce n'est certainement pas un hasard, à la montée en puissance de la finance et la dégradation de la culture, que nous évoquions dans d'autres messages de ce Forum.

C. Portevin, J. Confavreux et Raphaël Bourgois résument le travail de G. Chamayou, qui analyse la littérature "grise" produite depuis cette période à ce propos, produite par les "vainqueurs", et montre comment l'entreprise est maintenant édifiée comme "lieu central du gouvernement", que la gouvernabilité repose ainsi sur la docilité des gouvernés, acquise par la conjonction de trois facteurs :
- Un état libéral en économie mais autoritaire en politique, "faible avec les forts, fort avec les faibles"
- Le développement de la consommation et la communication publicitaire qui font dépérir la contestation
- Le maintien de l'institution des élections mais en constitutionnalisant les règles du marché
Autour de ces thèmes, C. Portevin et J. Confavreux font apparaître l'actualité très forte de l'analyse de G. Chamayou, en relation évidente avec la situation politique en France et en Europe. Une telle émission correspond pleinement à la mission culturelle de France Culture, analysant cette fois notre culture politique.

Pour sortir de ces Valeurs Actuelles et délétères de notre culture ambiante, on peut écouter cette conférence téléchargeable de l'ENS L'Astrée d'Honoré d'Urfé dans le cycle "La voix d'un texte". Une excellente conférencière (Delphine Denis, professeur à la Sorbonne) à la diction parfaite parvient à donner envie de mieux connaître cette œuvre si peu actuelle et d'une réputation rébarbative. Elle illustre sa présentation avec des extraits lus par Coline Moser, comédienne, par exemple le début de l'œuvre [son mp3="http://savoirs.ens.fr/uploads/sons/2017_03_06_moser_denis.mp3" debut="09:01" fin="11:46"].

Dans son roman, d'Urfé, homme d'armes et de lettres dans une époque troublée, propose un honnête programme qu'il annonce dans le sous-titre [son mp3="http://savoirs.ens.fr/uploads/sons/2017_03_06_moser_denis.mp3" debut="06:18" fin="06:44"], et les personnages vivent dans le Forez [son mp3="http://savoirs.ens.fr/uploads/sons/2017_03_06_moser_denis.mp3" debut="20:21" fin="20:50"] pour échapper au tumulte du monde.

Allez, c'est décidé, on fait un effort pour la lecture de l'œuvre. Penser l'activisme et rêver au Forez.

Philaunet 

Philaunet
Admin

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Une équipe soudée... - Sam 27 Oct 2018, 15:18

Lvstvcrv(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#31502) a écrit: (...) Une telle émission correspond pleinement à la mission culturelle de France Culture, analysant cette fois notre culture politique
Ce qu'il ne faut pas lire comme c... !

L'actualité socio-politico-économique, vue sous l'angle idéologique de la station, considérée comme "mission culturelle" de la chaîne ! C'est vraiment la misère intellectuelle.

Quoi qu'il en soit, ce fil permet de noter que les idoles et icônes sont également à trouver à l'intérieur de la station, à l'image de ce Marc Weitzmann reçu et commenté par ses confrères et consœurs de la station.

Ainsi dans le numéro de ce jour L’identité en question illustré d'une photo Getty (= construite selon un code par des iconographes) particulièrement niaise, on lit :
Je vous propose de commencer par l’essai de Marc Weitzmann Un temps pour haïr publié chez Grasset. L’auteur travaille depuis plusieurs années ce matériaux brut qu’est le monde post 11 septembre… interrogeant en romancier la résurgence de l’antisémitisme dans Quand j’étais normal ; et les attentats en essayiste dans Note sur la Terreur. Un travail qu’il poursuit d’ailleurs à la radio puisque Marc Weitzmann est producteur depuis cette année de l’émission « Signe des Temps » sur France Culture le dimanche
On apprend avec intérêt que M. Weitzmann  poursuit "son travail" (interroger "en romancier la résurgence de l’antisémitisme" ?) dans une émission hebdomadaire. C'est bien de pouvoir s'adonner à ses activités privées sur une station culturelle nationale.

C'est bien également d'être mis en valeur par la chaîne : Olivia Gesbert promeut ses confrères de la station. Il y a des éditeurs qui ont de la chance (et qui n'oublient pas ces petits coups de main).

Dans le registre "Soutien aux collègues de France Culture", le présentateur fait de la publicité à Patrick Boucheron, déjà bien servi ces derniers mois, notamment avec l'exposition sur le portail dont il a bénéficié pour sa production à Avignon :
Nous parlerons aujourd'hui de la nouvelle revue numérique Entre-temps du Collège de France. C'est une revue d'histoire actuelle, collective, collaborative et gratuite, attachée à la chaire de Patrick Boucheron, producteur de l'émission "Matières à penser".

Lvstvcrv 


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La culture, discipline exigeante - Sam 27 Oct 2018, 18:11

La critique d'essais de sociologie ou de politique, c'est comme la critique littéraire : c'est l'expression d'une opinion, et pourvu qu'elle soit argumentée, l'écouter est toujours un enrichissement culturel. De même que pour la critique littéraire, on peut ne pas partager les opinions qui s'expriment, mais on s'enrichit toujours de connaître des modes de pensée qu'on ne partage pas. Par exemple sur France Culture, on peut ne pas partager le point de vue de Finkielkraut ou de ses invités, mais l'écoute des débats qu'il anime est toujours instructive.

C'est ça la culture : s'intéresser à la diversité des opinions, et France Culture donne fréquemment la parole à d'autres journaliste ou consultants, représentatifs d'opinions très libérales. Sinon, on peut se limiter à la lecture du Figaro et de Valeurs Actuelles pour se rassurer quant à l'état du monde. Mais ces journaux pratiquent peu la diversité, et cela déteint sur leurs abonnés, incapables de débattre et réfléchir sereinement et courtoisement, ne supportant que la répétition perpétuelle de leurs propres convictions. Ils sont comme des enfants rassurés d'écouter tous les soirs le même conte : leur monde familier est toujours là, inchangé, rassurant. Ils peuvent se rendormir, tranquilles.

Et c'est maintenant l'heure d'Avis Critique ! les idées au ban d'essai. Bonne écoute !

Philaunet 

Philaunet
Admin

4
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La pauvreté intellectuelle satisfaite d'elle-même - Sam 27 Oct 2018, 19:03

Lvstvcrv(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#31540) a écrit: (...) C'est ça la culture : s'intéresser à la diversité des opinions (...)
Une réponse est donnée à cette assertion dans la rubrique idoine, ici.

Lvstvcrv 


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Il faut s'adapter - Dim 03 Mar 2019, 12:40

Le dernier livre* de Barbara Stiegler a déjà été présenté par son auteur dans "La suite dans les idées" Les injonctions du néo-libéralisme et nous en avions rendu compte ici Il faut s'adapter. L’auteur est professeur de philosophie à l’université-Bordeaux Montaigne, également membre du comité d'éthique du CHU de Bordeaux, et se penche depuis plusieurs années sur l’articulation entre politique et biologie. Elle a également été invitée dans un récent numéro de la "Grande table Idées".

Dans ces deux émissions, Barbara Stiegler présentait son travail à travers essentiellement les 3 mantras qui illustrent le néo-libéralisme : "Il faut s'adapter", "Garder le cap", "Faire de la pédagogie". Ces 3 mantras actuellement répétés à l'envi (souvent dans des réflexes quasi-pavloviens de la part des médias et des politiques) justifient une élite auto-proclamée et un état fort (envers les masses populaires) pour garder le cap défini par l'élite, pour le cas où les masses populaires resteraient réticentes malgré la pédagogie déployée par cette même élite.

Dans ce numéro d'Avis critique du samedi 02/03, Raphaël Bourgois et ses invités insistent plus sur l'idéologie néo-libérale créée par Walter Lippmann s'opposant en 1938 (déjà) au libéralisme de John Dewey. On retrouvera, à l'écoute de cette émission et à la lecture du livre de Barbara Stiegler l'écho de problématiques et de réflexions  largement présentes dans notre société depuis quelques mois (Premier de cordée vs Gilets jaunes) mais également sur ce forum (culture savante vs culture populaire mais aussi Progrès de l'humanité vs Sentinelles...).

Les deux invités : Eugénie Bastié (journaliste au Figaro, essayiste) - Olivier Pascal Mousselard (Rédacteur en chef à Télérama) développent avec Raphaël Bourgois les thèses néo-libérales explicitées par Barbara Stiegler :

Le libéralisme se fonde sur une vision darwinienne de l'humanité, et J. Dewey imagine son (ultra ?)-libéralisme dans une société évoluant simplement par le jeu de l'ensemble des individus qui la composent. W. Lippmann affirme au contraire une vision téléologique (religieuse ? l'émission ne l'évoque pas, mentionnant seulement une eschatologie) de cette évolution, ce qui fait intervenir naturellement une élite chargée de définir le cap, faire la pédagogie aux individus-enfants, et garder le cap en mettant en place un état policier fort. Le néo-libéralisme peut alors opposer l'image positive d'une société en mouvement vers un horizon glorieux, à celle négative des populistes  sans téléologie qui s'opposent au cap qu'ils n'ont pas défini.

Les invités soulignent un risque de fascisme dans ce néo-libéralisme inspiré par un "biologisme" darwinien, ou pire encore un d'eugénisme bienveillant. Ils soulignent l'ancienneté de cette théorie (1938) qui inspire pourtant le livre Révolution de M. Macron et le politique actuelle : adapter les individus par l'éducation et fabriquer du consentement autour du cap défini par les comités d'experts ("grand débat" dans le cadre d'une politique déjà définie). Lors de  son intervention dans La suite dans les idées, B. Stiegler faisait cette remarque que l'élite-experte pouvait aussi se diviser sur le cap (mondialisation vs écologie), mais en se retrouvant sur la vision néo-libérale élitiste.

A écouter et à lire absolument pour avoir en tête les enjeux politiques et sociétaux actuels en France.

*Barbara Stiegler, « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique,  Gallimard collection NRF essais 2018

Philaunet 

Philaunet
Admin

6
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Dans la famille Stiegler - Dim 03 Mar 2019, 13:10

Barbara Stiegler, une héritière au sens de Bourdieu. Comme il est parfois difficile de s'extraire du milieu idéologique de sa famille !

Bernard Stiegler [Sous la direction de Jacques Derrida, Bernard Stiegler soutient sa thèse à l'École des hautes études en sciences sociales en 1993 et obtient un doctorat de philosophie]

Bernard Stiegler : nous sommes « au stade final de l’anthropocène » 22 novembre 2018 ["Récemment invité au micro du Média, le philosophe Bernard Stiegler estimait que l’humanité est désormais au pied du mur, contrainte de changer rapidement et de manière radicale de trajectoire si elle ne veut être condamnée à disparaître." & "Plus que jamais, la saturation économique, environnementale et sociale du modèle productiviste apparaît au grand jour. Des ravages la « data economy » jusqu’au dernier rapport du GIEC, tous les signaux montrent que l’humanité s’est mise elle-même en grand danger."]

Bernard Stiegler , pas vraiment ignoré , ni mal traité sur France Culture... Exemple Serions-nous en train de perdre la raison ? 25/06/2016 ["Les réflexions sur la catastrophe sont devenues un genre littéraire à part entière.Il déferle en funestes accélérations qui défient toute maîtrise.Mais on voit quand même resurgir çà et là l’hypothèse – ou la conviction – qu’un salut est possible".] Ouf, merci Cassandre !

Quant à sa fille, elle non plus n'est pas mal traitée ces derniers mois (trois émissions) par la radio des idées (toujours les mêmes), Dernières publications sur Barbara Stiegler .

Sinon, les paragraphes 2, 3 et 5 dans le post précédent sont des copiés-collés de quel média ? Médiapart ? Le Média ? AOC (dirigé par Sylvain Bourmeau -FC- de La Suite dans les idées, où Raphaël Bourgois -FC- d'Avis Critique est le rédacteur en chef, et où écrit Florian Delorme -FC- de Cultures Monde... Eh, eh, eh, "Tous ensembleu, tous ensembleu, ouais !"...) ?

Ne quittez pas l'antenne, L. j'ai quelques mots à dire sur vos vaches qui m'ont fait perdre une demi-heure.

Lvstvcrv 


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Il faut s'adapter... quelques réponses - Dim 03 Mar 2019, 17:05

Philaunet(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#32445) a écrit:(...) Sinon, les paragraphes 2, 3 et 5 dans le post précédent sont des copiés-collés de quel média ?
Dans mon message Il faut s'adapter, les paragraphes 2, 3 et 5 qui ont retenu votre attention, et sur lesquels vous m'interrogez, sont bien de ma plume :

- le §2 ci-dessous est un rappel d'une mission déjà commentée ici Il faut s'adapter :
Lvstvcrv(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#32444) a écrit:(...) Dans ces deux émissions, Barbara Stiegler présentait son travail à travers essentiellement les 3 mantras qui illustrent le néo-libéralisme : "Il faut s'adapter", "Garder le cap", "Faire de la pédagogie". Ces 3 mantras actuellement répétés à l'envi (souvent dans des réflexes quasi-pavloviens de la part des médias et des politiques) justifient une élite auto-proclamée et un état fort (envers les masses populaires) pour garder le cap défini par l'élite, pour le cas où les masses populaires resteraient réticentes malgré la pédagogie déployée par cette même élite.(...)
- le §3 reprend certains éléments de l'émission en lien avec notre actualité française :
Lvstvcrv(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#32444) a écrit:(...) Dans ce numéro d'Avis critique du samedi 02/03, Raphaël Bourgois et ses invités insistent plus sur l'idéologie néo-libérale créée par Walter Lippmann s'opposant en 1938 (déjà) au libéralisme de John Dewey. On retrouvera, à l'écoute de cette émission et à la lecture du livre de Barbara Stiegler l'écho de problématiques et de réflexions  largement présentes dans notre société depuis quelques mois (Premier de cordée vs Gilets jaunes) mais également sur ce forum (culture savante vs culture populaire mais aussi Progrès de l'humanité vs Sentinelles...)..(...)
- le §5 est un résumé d'une partie de l'émission, elle-même résumant l'essai de B. Stiegler « Il faut s’adapter » : sur un nouvel impératif politique,  Gallimard collection NRF essais 2018 :
Lvstvcrv(https://regardfc.1fr1.net/t871-avis-critique#32444) a écrit:(...) Le libéralisme se fonde sur une vision darwinienne de l'humanité, et J. Dewey imagine son (ultra ?)-libéralisme dans une société évoluant simplement par le jeu de l'ensemble des individus qui la composent. W. Lippmann affirme au contraire une vision téléologique (religieuse ? l'émission ne l'évoque pas, mentionnant seulement une eschatologie) de cette évolution, ce qui fait intervenir naturellement une élite chargée de définir le cap, faire la pédagogie aux individus-enfants, et garder le cap en mettant en place un état policier fort. Le néo-libéralisme peut alors opposer l'image positive d'une société en mouvement vers un horizon glorieux, à celle négative des populistes  sans téléologie qui s'opposent au cap qu'ils n'ont pas défini.
J'attire également votre attention sur le §6 de mon message  Il faut s'adapter, qui résume d'autres éléments significatifs. N'hésitez pas à me solliciter si vous avez d'autres interrogations.

Philaunet 

Philaunet
Admin

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Capp (Andy), le prolétaire - Dim 03 Mar 2019, 18:28

@ L. Je ne saurais trop vous remercier pour vos copiés-collés d'un message précédent. Et j'espère que vous êtes heureux de vous mirer dans votre prose. Cela dit, de la reproduction (vous devez connaître, non, Bourdieu/Passeron ?) ne sort pas la lumière sur l'origine de vos formules toutes faites ("garder le cap défini par l’élite" ; "une élite chargée de définir le cap" ; "fabriquer du consentement autour du cap défini par les comités d’experts" ; " l’élite-experte pouvait aussi se diviser sur le cap" ; "garder le cap en mettant en place un état policier fort", etc.) Soit dit en passant, je vous ai rappelé il y a déjà quelque temps qu'État s'écrivait avec une majuscule, mais vous êtes libre d'écrire en français fautif. Je note aussi une petite obsession avec le cap qui me rappelle Cyrano « C’est un roc ! … c’est un pic ! … c’est un cap ! / Que dis-je, c’est un cap ? … C’est une péninsule ! ».

Votre catéchisme politique récité comme un mantra (voir à "cap" et à "élite" plus haut) ne fait pas de la bonne critique radiophonique. Vous vous faites simplement le relais politique des émissions idéologiquement orientées de France Culture (et elles ne manquent pas). Je m'arrête ici, car j'ai déjà perdu du temps en écoutant une émission sur les vaches d'une vacuité abyssale que vous avez recommandée. J'y reviendrai, car du plus mauvais on peut faire son miel. En attendant pour vous ouvrir à la parole humble, écoutez l'émission citée par Y114 dans son billet Sous les pieds... la truffe et délectez-vous des paroles de la chanson insérée pour vous dans le post de Curly Patasses in the Mouises, droit de réponse.

NotI 


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Science et littérature - Lun 01 Avr 2019, 10:58

Avis critique est l'une des meilleures émissions de France Culture. Samedi 30/03, avec  Histoire naturelle , Raphaël Bourgois et ses invités présentent tout d'abord "Histoire naturelle", un essai de Romain Bertrand publié au Seuil.

Le sujet est original en ces temps de positivisme et de rationalité scientifique : il s'agit, à partir d'une réflexion sur l'Histoire Naturelle, d'une réflexion sur la nature et l'objet de la connaissance pour réhabiliter une démarche combinant savoir et littérature. Il s'agit d'observer et décrire les êtres plutôt que les analyser : "observer la surface plutôt que percer les entrailles". Démarche naturaliste fondée aussi sur l'intuition, opposée à celle, analytique, des Lumières, lorsque la science élabore "des idées qui deviennent des thèses à défendre".

Réflexion sur la connaissance, donc aussi sur le langage : l'auteur réhabilite un vocabulaire perdu, dont la richesse permet d'observer et décrire les singularités et s'intéresser aux individus plutôt que d'établir des lois. Dans cette approche, "perdre les mots, c'est perdre les choses" et "connaître c'est nommer" (comme un complément à cette remarque de Lacan sur le langage, déjà commentée ici : "L'impossible, c'est le réel").

Plusieurs auteurs et naturalistes anglo-saxons sont cités à l'appui de cet exposé, ainsi que Rousseau, et Ponge bien entendu pour son recueil "Le parti pris des choses". L'œuvre littéraire et scientifique de Buffon, dont l'Histoire Naturelle générale et particulière aurait également pu illustrer le thème de cet essai.

L'auteur a été amené à s'intéresser à ces idées par son itinéraire intellectuel dont R. Bourgois nous dit qu'il l'a amené à remettre en cause les visions euro- ou anthropo- centrées et cite un naturaliste (Harrison ?) proposant d'appliquer à l'étude des humains ces mêmes méthodes d'observation. Ouverture d'esprit, approches singulières, donc.

Les deux invitées, Sonya Faure (Libération) et Catherine Portevin (Philosophie magazine) sont enthousiastes sur l'intérêt de ces thèmes et savent, par leurs échanges, dessiner l'esprit de l'ouvrage. Un regret : pour cet ouvrage dont les commentateurs vantent la qualité littéraire (retour au classicisme et aux Belles-Lettres ?), la lecture d'un extrait aurait été un plus. Faute de temps sans doute. Leur opinion sur le second essai présenté (L'œuvre du temps, Ludivine Bantigny)  est plus nuancé, bien qu'il soit qualifié "bravache et gonflé", donc lui non plus n'est certainement pas "main stream".

Finalement, par son horaire, Avis critique fait regretter qu'il soit trop tard, le samedi à 19h00, pour trouver une librairie ouverte. Une émission qui donne autant envie de lire, qui valorise ainsi la lecture, qui fait réfléchir par des points de vue originaux, c'est tout à fait dans la mission de la station, de promotion et diffusion de la culture.

Curly 

Curly

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Critique d'une publicité pour Avis critique - Lun 01 Avr 2019, 17:49

Analysons deux secondes ce message. Deux secondes car le temps presse, l'heure tourne et la vie est courte.
En gras les clichés les plus éculés.

"Avis critique est l’une des meilleures émissions de France Culture. "
Avec toutes les autres, n'en doutons pas.

"Machin et ses invités présentent tout d’abord un livre qui vient de sortir, un essai de Bidule publié au Truc."
Les noms ont été changés car leur présence est purement publicitaire, ils sont même en gras pour qu'on ne l'oublie pas.

"Le sujet est original en ces temps de positivisme et de rationalité scientifique : il s’agit, à partir d’une réflexion sur l’Histoire Naturelle, d’une réflexion sur la nature et l’objet de la connaissance pour réhabiliter une démarche combinant savoir et littérature."
Cliché n°1 : sujet original (concept passe-partout)
Cliché n°2 : opposons ce sujet au reste du monde pour faire rebelle de la culture. Admirons la démarche chaloupée, mêlant "savoir et littérature". Original, précis, et passionnant. Du coup "réhabilitons".

La suite est la présentation du livre et non de l'émission. Comme c'est original.

"Les deux invitées, Trucmuche du quotidien Tructruc (mettons en gras) et Bidule Machin (Machin magazine) sont enthousiastes sur l’intérêt de ces thèmes et savent, par leurs échanges, dessiner l’esprit de l’ouvrage."
En gras les parties qui incitent le plus à acheter avec formules bien commerciales. C'est une publicité ou un post ?

"Finalement, par son horaire, Avis critique fait regretter qu’il soit trop tard, le samedi à 19h00, pour trouver une librairie ouverte. "
Je pense qu'ici il y a un combat à mener. Au boulot ! Rebellons-nous !

"Une émission qui donne autant envie de lire, qui valorise ainsi la lecture, qui fait réfléchir par des points de vue originaux, c’est tout à fait dans la mission de la station, de promotion et diffusion de la culture."
Mission accomplie. Car France Culture est une armée qui a pour mission de bien nous dessiner l'esprit d'un ouvrage à acheter au plus vite. Avouez que cela donne envie. Et éteignez votre radio.

Signé,
            la direction de France Culture

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Re: Avis critique -

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