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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Accueil / France Culture

Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 38 sur 38

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Curly 


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Les peuples sibériens - Michel Serrault - Les larmes de Ah Kim de Jack London - Mer 03 Nov 2021, 11:58

La matinée des autres - Les peuples sibériens (13-12-1983) 
par Marie-Hélène Fraissé
avec Anne-Victoire Charrin (assistant à l'INALCO), Roberte Hamayon (directeur d'études à l'Ecole pratique des Hautes Etudes ), Laurence Delaby (ingénieur au CNRS), Boris Chichlo (chargé de cours à l'INALCO) et Marie-Lise Befa (linguiste)
lectures Frédérique Cantrel, Jacques Frantz, Jacqueline Taous et Maurice Travail
réalisation Christine Berlamont
Une Matinée dans la lignée de celles de la fin des années 70/début années 80. Un panorama des différents peuples, leur mode de vie, précédé d’un point de géographie. En ouverture, brève évocation du bagne.
L’émission a vieilli dans l’utilisation de musiques synthétiques typiques de ces années, ce qui finalement est peu de chose quand on sait le désintérêt des programmes de jour actuels pour ce qui n’est pas franco-français, sauf lorsque l’actu la plus brûlante le justifie. Et une fois de plus, il convient de rappeler, que comme l’émission est soigneusement montée, elle permet un confort d’écoute non négligeable. Les propos entrent immédiatement dans le vif du sujet. Adieux bavardages creux, bégaiements, cirages de pompes, rappel du CV des intervenants pendant 5mn, avec le passage obligé sur la bibliographie détaillée qui sonne comme une page de pub.

                                                                                            

Nuits magnétiques - Michel Serrault, un oiseau sombre et bariolé (20-12-1985) 
par Olivier Kaeppelin
réalisation Marie-France Thivot
L’émission ne dure qu’une heure. Les premières vingt minutes de cette nuit magnétique étaient consacrées à un autre sujet, inconnu à ce jour. Elles sont déclarées manquantes à l’INA.
Olivier Kaepplin est avec le peintre Jean-Claude Latil, grand amateur de l’acteur, dans une salle de cinéma. Ils commentent en temps réel la prestation de Michel Serrault dans un film qui n’est pas nommé. Ils attendent le moment où l’acteur va faire dérailler le film, lui faire prendre une dimension inattendue. Ils guettent ce moment, qui sera ici furtif. Plus tard, O. Kaepplin passera un coup de fil à un autre ami, le peintre Georges Touzenis, après la diffusion tévé d’un film avec M. Serrault pour faire quelques commentaires sur son jeu.
Pendant l’entretien avec l'acteur aussi, l’auditeur guette ces moments où la discussion va balayer les conventions, les banalités. Il y en a quelques-uns, mais peu. Par exemple lorsqu’il explique comment il choisit un film dans lequel il va jouer, ou alors le très bref moment où il perd le fil de son propos. Peut-être fait-il exprès parce qu’il sent qu’il s’enferre dans quelques platitudes…
Concernant sa notion d’interprétation, rien de neuf ici. Sa préoccupation majeure au moment de l'entretien est sa future interprétation du personnage d'Harpagon.
Une particularité de l’émission : aucun film n’est nommé, ni réalisateur. M. Serrault mentionne brièvement Christian de Chalonge, et un ami de O. Kaepplin « Les fantômes du chapelier », c’est tout.
Pour information, le film que vont voir en salle O. Kaepplin et J-C Latil est « On ne meurt que deux fois » de Jacques Deray.

                                                                                                

Nouvelles des États-Unis - Les larmes de Ah Kim de Jack London (29-05-1986)  Dernière diffusion : 27-02-2017, pas de lien, pas de page, mais disponible à l’écoute, ce qui rend la recherche difficile... A retrouver au choix dans l’aspirateur du Forum ou sur YouTube .
traduction de Louis & François Postif
présentation Marie-Claire Pasquier
lecture Cécile Hamsy, Claude Dereppe et Jean-Bernard Guillard
réalisation Jacques Taroni
Belle mise en onde de cette lecture. De grandes plages de musiques et de sons d’ambiance viennent aérer la lecture à trois voix, un peu comme lorsque Stéphane Pizella dans ses « Nuits du bout du monde » laisse l’auditeur s’imprégner de l’ambiance de son récit en laissant une musique évocatrice prendre le relais pendant quelques minutes.
L’histoire se passe à Hawaï et parle de relations entre une mère possessive et violente, et son fils, un riche commerçant.

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Les momies - Une pesée de mots - Dim 07 Nov 2021, 12:34

Nuits magnétiques - Les momies (06/07/1979) 
par Jacqueline Kelen
avec Jean-Pierre Campana (médecin légiste), Christiane Desroches Noblecourt  (conservateur en chef du département des antiquités égyptiennes au  musée du Louvre), Vladimir Jankélévitch (philosophe), Ange-Pierre Leca  (médecin, écrivain, spécialiste des momies) et Simone Bizebard (ethnographe)
lectures Virginie Billetdoux, Maurice Travail, André Almuro, Jacqueline Taouss et Anne Lefol - réalisation Michel Abgrall
Pour des raisons obscures, la Matinée des autres du 19 juin 1979 fut fondue dans une nuit magnétique le mois suivant. Le sommaire étant le même, il y a de fortes chances (100% d'après mes calculs) pour que l’émission soit identique. Alain Veinstein, avant de glisser un dernier petit mot, a laissé se dérouler le générique qui désannonce bien une Matinée des autres.
Trois parties, dont les deux premières sont les plus réussies. La momification en Égypte, avec même les techniques détaillées pour enlever les organes, avec mode d’emploi pour enlever le cerveau en passant chaque petit bout par le nez, puis au Pérou. Les modes de conservation des corps, la signification de ces pratiques…
La dernière partie, plus brève, est consacrée à l’Europe, et se termine par une colère de Vladimir Jankélévitch qui rumine sa hargne contre le momification de Lénine, rite religieux dans un système de pensée matérialiste. Il le vit comme un affront personnel.  Nous terminons donc cette Matinée/Nuit dans le calme d'un discours apaisé.

Atelier de Création Radiophonique - Une pesée de mots (31/01/1982) 
par Jean-Loup Rivière
avec Denis Roche, Pierre Leyris, Henri Meschonnic, Elmar Tophoven et Léon Robel
réalisation Monique Burguière
Cette émission est consacrée au travail de traduction littéraire : trouver le mot juste , des équivalents, respecter le rythme de la phrase, les jeux sur les sonorités.
Une fois que Denis Roche, habitué des ACR de cette époque, mais qui intervient ici fort peu, a posé l’axiome que tout chef d’œuvre quelle que soit la traduction garde son statut de chef d’œuvre, nous allons entendre qu’en fait, comme nous nous en doutons, ce n’est pas exactement vrai.
Il reviendra plus tard nous parler de la traduction des Cantos d’Ezra Pound.
Nous pouvons entendre au début différentes « interprétations » (traductions ?) de l’Art de la fugue de Bach, partition sans aucune indication d’instrumentation. Toutes sont donc possibles. Tout au long de l’Atelier revient comme une ponctuation une pièce orchestrale dont l’identité nous est dévoilée lors de sa diffusion intégrale dans le dernier tiers de l’émission. Son titre est-il un commentaire sur le travail du traducteur ?
Nous pouvons entendre par le menu les différentes langues des auteurs traduits, ne serait-ce que pour en apprécier, avant le sens – qui est donné de toute façon par le traducteur – la sonorité et le rythme.
Pierre Leyris nous parle de différents poètes anglais. La partie la plus développée, la plus intéressante, est celle sur Gerard Manley Hopkins et Shakespeare. Il raconte ensuite brièvement sa découverte, la vie et l’œuvre d’autres poètes anglais méconnus.
Avec Henri Meschonnic, nous passons à l’hébreu et à la traduction du Livre de Job. Il compare ses choix de traduction avec les autres versions en français connues du texte (Bible de Jérusalem, La Pléiade).
De l’allemand ensuite. Elmar Tophoven et sa traduction de Mal vu mal dit de Samuel Beckett en allemand. Où l’on voit aussi que la connaissance de l’œuvre entière de l’auteur peut être fort utile.
Dans la dernière partie, Léon Robel décortique sa traduction d’un passage d’un texte de Andreï Voznessenski. Par des effets de montages et d’échos fort bienvenus, et non dénués d’humour, la réalisation accentue les jeux sur les sonorités.

                                                                                            

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Etiemble - Pierre Schaeffer - Dehors et pas d'histoires - Lucrèce - Finnegans Wake - Mer 17 Nov 2021, 14:59

Le bon plaisir - René Etiemble (14/12/1985) 
par  Michel Fleischmann
avec René Etiemble (écrivain, universitaire),  Jean-Pierre Vernant (historien, anthropologue), Taha Hussein (écrivain,  critique littéraire), Louis Arenilla (critique littéraire), Yvon Belaval (philosophe), Jacques Dars (sinologue), Roland Desné (historien), Sobhi Habchi (poète, Docteur d'État ès lettres et sciences humaines, chercheur au CNRS) et Andrée Hyvernaud (écrivain, poète)
lectures Frédérique Cantrel, Sylvain Clément et André Lambert
réalisation Roland Auguet 

Le bon plaisir - Pierre Schaeffer (11/10/1986) 
par Françoise Malettra
avec Pierre Schaeffer, François Bayle (compositeur), Michel Chion (compositeur), Jean Cluzel (parlementaire), Lise Déramond (réalisatrice), Jean-Loup Roubert (architecte), Paul Flamand (éditeur)
Et les voix des comédiens Anny Romand, Daniel Mesguich, Claude Piéplu, Julien Guiomard, Louis Salou, Josette Étiévent, Madeleine Barbulée, Jean Toscane et Jean Topart
réalisation Michel Gache

Beaucoup de « Bons plaisirs » programmés ces temps-ci dans les Nuits. L’émission jouit d’un certain prestige. En fait, le plaisir que l'auditeur peut y prendre dépend de la personnalité de l’invité et du producteur.
Le deux bons plaisirs ci-dessus sont d’une durée de 3h30 environ. A la fin des années 90, avant sa suppression, l’émission sera passé à 2h.
Autant Etiemble est préoccupé par son engagement politique, autant Schaeffer va déclarer à plusieurs reprises que la politique ne l’intéresse pas. Mais Schaeffer est un sacré personnage. Ses passages à la radio sont toujours remarqués, il maîtrise parfaitement le langage radio. Cabotin sur les bords, il assure, en tant qu’intervenant quasi-unique (les autres sont des faire-valoir) le spectacle durant 3h35.

Françoise Malettra est parfaite. Elle ne manque pas de titiller Pierre Schaeffer, de le plonger dans quelques contradictions dont il semble de toute façon se moquer.
La partie la plus longue est celle où il raconte son éducation religieuse, ses premières prises de son pour la radio, avec une visite à l’Opéra Garnier, sa carrière d’ingénieur des PTT,  sa vie à Vichy au début des années 40 (il a des paroles bienveillantes pour le Pétain de 1940/41), et les conditions dans lesquelles a été créé le Studio d’essai.
Non seulement il va refuser de parler de politique, mais il va aussi se refuser à parler musique. Françoise Malettra va néanmoins sans trop forcer réussir à le faire s’exprimer sur ces deux sujets, qui sont difficilement contournables.
Pour la musique, Pierre Schaeffer est radical : la musique d’après 45 l'horripile,  le sérialisme le saoule, et il avoue s’être coltiné dans la souffrance les concerts du Domaine Musical.  Il porte aux nues la musique baroque. Un entretien haut en couleur.
Lors du passage en compagnie de François Bayle, ce dernier respecte la contrainte de ne pas parler musique en évoquant les insultes qu’il a essuyées de la part de Schaeffer lorsqu’il effectuait du travail de secrétariat au GRM au début des années 60. Tel est pris qui croyait prendre.
Pour en revenir à la politique, le bon plaisir se termine par une visite au sénateur Jean Cluzel qui revient sur l’éclatement de l’ORTF et sur les efforts qui ont été nécessaires pour créer l’INA, dont Schaeffer a été écarté très vite.

Etiemble, lui, va passer un temps important à expliquer ses choix politiques. Proche des communistes dans les années 30, il va être attiré dans un premier temps par Mao, avant de s’y opposer au moment où la génération suivante va patauger dans le maoïsme.
Les centres d’intérêt, les savoirs d’Etiemble sont tellement étendus que, malgré la durée du « Bon plaisir », nous avons l’impression de survoler l’ensemble.
Il faut attendre la fin de l’émission pour apprécier un éloge vibrant de la poésie de Mao.
Les différents intervenants peuvent s’exprimer plus longuement et plus librement (Etiemble est absent, semble-t-il, durant ces entretiens), mais tombent, et c’est le principal défaut, sans doute inévitable au vu du principe de l’émission, dans des panégyriques un rien sirupeux.
 
Dehors et pas d'histoires (02/12/1998) 
de Christophe Nicolas
interprétation Béatrice Agenin (Michelle), Jackie Berger (Thomas), Thierry Hancisse (Loïc), Eric Elmosnino (Raphaël), Amélie Gonin (Nadia), Marianne Epin (Edwige), Isabelle Carré (Meryl), Sylvain Cortay (Jacques) et Paul Crauchet
réalisation Anne Lemaître
Une fiction relativement courte (environ 50mn) qui raconte l'arrivée à Paris d’un enfant qui va être livré à lui-même. Censé rejoindre son père, ce dernier va pointer aux abonnés absents à la gare. Les acteurs sont bons, malgré un accent marseillais mal contrefait – un détail -. L’auteur évite le pathos, et semble se référer à l’univers de Truffaut (celui des 400 coups) ou de Pialat (L’enfance nue).
     
Les samedis de France Culture - En un temps incertain, en des lieux incertains, Lucrèce (28/03/1981) 
par Michèle Cohen
avec Etienne Balibar (philosophe), Marcel Benabou (historien), Olivier Bloch (philosophe), Augusto Fraschetti (professeur d'histoire romaine à l'université de Rome-La Sapienza),  Michel Paty (physicien, historien, philosophe des sciences, écrivain,  poète, professeur), Francis Ponge (écrivain, poète), Clément Rosset  (philosophe), Eduardo Sanguinetti (poète, écrivain), Michel Serres  (philosophe, historien des sciences) et Jacques Sojcher (écrivain)
lectures de "De Natura Rerum" de Lucrèce par Philippe Clévenot, Dominique Grandmont, Vladimir Yordanoff et Jean-Marie Patte
réalisation Janine Antoine
Richement mise en onde, cette émission pourrait tout aussi bien être un Atelier de Création Radiophonique.
Les interventions sont de qualité inégale : on se passerait bien par exemple de l’évocation hilare d’un Lucrèce écrivant son poème pendant une fête orgiaque.
Mais l'ensemble demeure de haute tenue. L’émission réussit en un quart d’heure, le premier bien sûr, à donner une idée précise de la philosophie de Lucrèce, de son « De natura rerum », dont on peut écouter la lecture d’extraits tout aussi bien en français qu’en latin.
     
Atelier de Création Radiophonique - Fin (n) again ou autour de "Finnegans Wake" de James Joyce (05/06/1983) 
par Kaye Mortley
avec Philippe Lavergne (premier traducteur de "Finnegans Wake"), Philippe Sollers (écrivain), Hélène Cixous (écrivain, dramaturge), Daniel Sibony (philosophe, psychanalyste), André Topia (professeur de littérature anglaise), Timothy Hennessy (artiste), Jean-Michel Rabaté  (professeur de littérature anglaise, spécialiste de Joyce, traducteur,  écrivain), Jacques Aubert (éditeur de Joyce, professeur émérite des  Universités) et Jacques Darras (poète, essayiste, traducteur)
avec la voix de James Joyce
extraits de la lecture intégrale de "Finnegans Wake" par Patrick Hely à la galerie Annick Lemoine - réalisation Marie-Ange Garrandeau
En 1982 paraissait traduction de Finnegans Wake en français, d’où cet ACR, conçu dans la foulée, présentation limpide d’une œuvre réputée comme difficile.
Il apparaît à l’auditeur dès le début, même si c’est explicité plus tard, que la lecture du texte, tel que psalmodié par Patrick Hely, lui donne un aspect religieux, et qu’il semble s’écouler sans fin comme l’eau d’un fleuve.
Les explications des différents intervenants sont éclairantes, et recoupent parfois celles, tout aussi passionnantes, de Michel Butor dans « Un homme, une ville » consacré à Joyce.
Un homme, une ville - Sur les traces de James Joyce à Dublin (01/12 & 08/12/1978 ) par Thierry Garcin, réalisation Danielle Fontana-Rosa.

Philaunet 

Philaunet
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''Mémoires du siècle - Louis Leprince-Ringuet (physicien)'' (1901-2000) - Mer 17 Nov 2021, 21:05

Une Mémoires du siècle - Louis Leprince-Ringuet (1ère diffusion : 24/11/1985)  Le 17/11/2021  Par Daniel Lecomte des Floris - Avec Louis Leprince-Ringuet (physicien).

Un numéro qui semble avoir été rogné. Pour entrer dans les Nuits ? La série des Mémoires du siècle durait rarement moins d'une heure par numéro. Ici :
Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 38 Scre1918

En 1985, temps qui n'est pas encore très éloigné, on savait encore laisser la parole à son vis-à-vis et non l'interrompre toutes les 30 secondes pour réveiller l'attention d'un auditeur prétendument las ou pour se mettre en valeur comme intervieweur. Daniel Lecomte des Floris est très discret ou c'est plutôt le montage qui l'a rendu à sa vocation : écouter comme un auditeur "derrière son poste" en orientant l'invité de loin en loin.

[Extrait] Apprendre la physique - Apprendre ce qu'il fallait croire, ce qu'il ne fallait pas croire - Travailler manuellement -La fabrication des compteurs Geiger - "Nous ne sommes pas des intellectuels" - Discuter indéfiniment de quelque chose - La physique théorique : de la philosophie  - Louis de Broglie : historien, intellectuel génial et pur théoricien- Les expérimentateurs - Ambiance vers 1930 : "On commençait à s'exciter sur les noyaux d'atome" [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-17.11.2021-ITEMA_22841593-2021C3372E0279-21.mp3" debut="23:48 fin="27:40"]

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L'Europe des navigateurs, des conquistadors et des marchands - Michel Leiris - Marthe Robert - Georges Perec - Dim 28 Nov 2021, 11:41

Analyse spectrale de l'Occident - L'Europe des navigateurs, des conquistadors et des marchands (25/04/1959 France III Nationale) 
par Pierre Sipriot
1/4  La terre une découverte européenne
avec Denis de Rougemont (directeur du centre européen de la culture,  auteur de l'ouvrage "L'aventure occidentale de l'homme")
lectures  d'extraits du journal de bord de Christophe Colomb par Jean Topart 
2/4 Le legs des conquistadors et des marchands
avec Jean Descola et René Sédillot (rédacteur en chef de La vie française)
lecture du sermont d'Antonio de Montesimos à Hispanola par Paul-Emile Deiber 
3/4  L'Europe marchande du XVIème siècle
avec René Guerdan (auteur de "Grandeurs et richesses de Venise"), Michel Mollat et Pierre Jeannin
lectures d'extraits du journal de bord de Christophe Colomb par Jean Topart 
4/4 L'aventure du marchand
avec Jacques Le Goff, Ernest Labrousse, et Pierre Jeannin
lectures  d'un extrait des "Essais" consacré à la colonisation du Nouveau monde de  Montaigne et d'un extrait de "L'essai sur les moeurs" de Voltaire par Paul Emile Deiber

Quatre heures et des poussières de tables rondes, de conversations, et de lectures. En fait, les lectures sont peu nombreuses, et ce sont les conversations qui dominent.
La qualité des discussions est variable, et l’élocution des intervenants passablement datée. Pour certains d’entre eux, elle apparaît aujourd’hui (sans doute déjà alors…) comme une caricature d’elle-même. Résultat, l’auditeur s’attache plus à la voix qu’au contenu.
On admirera certains historiens qui se croient en plein cours magistral à la fac, et qui reformulent deux-trois fois la même idée de manière légèrement différente pour que nous la prenions bien en note dans notre calepin.
L’ensemble, même s’il ne manque pas d’intérêts (par ex. au début, les historiens se demandent pourquoi d’autres pays, d’autres civilisations, qui étaient réputés pour leur navigation, ne sont pas partis en Amérique), est austère. En réduisant la durée et en donnant un peu plus de rythme à l’émission, l’émission saura les années suivantes se rendre plus écoutable.

En 1959, l’Analyse spectrale prenait tout le samedi après-midi ainsi que la soirée. Les Nuits n’en ont pas diffusé l’intégralité (près de 7 heures). Il manque surtout la partie dramatique et la partie musicale.
La musique : La messe en ut de Beethoven. Le lien avec le thème de la journée reste à dénicher, sans doute est-il donné dans l’émission.
La dramatique : « Cortès ou le retour du Dieu » de Nadine Lefèbure.

Recherche de la France, Anthologie vivante
- Michel Leiris, aspect autobiographique de son oeuvre (05/12/1962 France III Nationale) 
par Jean Paget - Avec Jean Paget et Michel Leiris
lectures  Loley Bellon, Roger Blin, Roger Coggio, Robert Liensol,  Alain Cuny des œuvres de Michel Leiris : "L’âge d’homme", "Présages",  "Frère et sœur", "Biffure" et "Nuit sans nuit".
réalisation Georges Gravier
Michel Leiris présente brièvement quelques textes qu’il a choisis, écartant toute son œuvre d’ethnologue qui, d’après lui, est réservée aux spécialistes.
Admirable de par la qualité des lectures. Deux gros morceaux de vingt minutes environ ouvrent et ferment l’émission : extraits de « L’âge d’homme » par Roger Blin et de « Nuits sans nuits » par Alain Cuny.

Le bon plaisir - Marthe Robert (07/06/1986) 
par  Marie-Berthe Servier - Avec Marthe Robert (critique littéraire,  traductrice), Gustav Bolin (peintre), Jacques Germain (artiste-peintre),  Michel Bouquet (comédien), Dolf Oehler (professeur de littérature) et Ulrike Oehler-Sebastian
avec les voix de Arthur Adamov,  Antonin Artaud, Louis Jouvet, Charles Dullin, Fernand Ledoux, André  Breton, Roger Blin, Jean Topart,  Michel de M'Uzan, Jean-Louis Barrault, Raymond Rouleau, Madeleine  Renaud, François Chaumette, Ginette Franck, Gaston Bachelard, Jean  Tardieu, Jean Amrouche et Jean Negroni
réalisation Thierry Pons

Une fois passées les premières minutes ou les flatteries se succèdent pour bien montrer que Marthe Robert, eh bien c’est pas n’importe qui, on peut enfin entendre la voix de l’intéressée.
Ce bon plaisir est particulièrement fragmenté. Beaucoup d’intervenants, beaucoup de bouts d’archives.

Plusieurs parties se distinguent : la vie intellectuelle de l’après-guerre, les réunions entre amis dans les bars, la relation avec Antonin Artaud, son association avec Arthur Adamov, sa conception de la critique littéraire, ses choix de traductions…
Elle aussi, comme Etiemble, déplore l’évolution de notre langue, mais de manière très différente. Nous adhérons plus à son avis qu’à celui d’Etiemble, qui se lamentait sur les mots nouveaux empruntés à l’anglais, discours de l’intellectuel vieillissant dans les années 80.
Marthe Robert, elle, trouve ridicule les mots nouveaux, pas les mêmes !, ceux forgés par certains chercheurs pour briller en société. Elle cite Roland Barthes en exemple.
Son regard sur la littérature de la fin du XXème siècle est dur, mais juste, les auto-fictions sont déjà dans le collimateur.
Elle définit aussi la « modernité », mot servi à toutes les sauces et dont le sens a été dévoyé. Pour elle la modernité, c’est aller contre son époque, et non avec. La « modernité », ce n’est pas être « à la mode ».
Signalons aussi la partie consacrée à la radio. Michel Bouquet intervient dans les premières minutes pour parler avec émotion de la série de Marthe Robert sur Freud (grand moment disponible dans les Nuits). Il en sera question de manière plus détaillée bien plus tard.
Dans les années 50, la radio pour le duo Robert/Adamov, ainsi que pour d’autres écrivains, était un gagne-pain avant tout. Le travail était au départ alimentaire.
Mais mine de rien, dans la foulée, elle donne sa définition de la radio, et raconte comment Jean Tardieu, qui dirigeait le Club d’essai, leur laissait une totale liberté, donnant le feu vert à des émissions sur des sujets les plus divers, totalement déconnectés de l’actualité de l’époque.
Michel Bouquet insiste et va même plus loin en affirmant que les deux décennies qui ont suivi la Libération ont été l’âge d’or de la radio culturelle.
Marthe Robert revient longuement sur la série qu’elle a écrite sur Freud, dont le texte, chose exceptionnelle, a été publié par la suite.
Pour elle, la radio, c’est d’abord et essentiellement la voix, et elle n’aime pas les bruitages, les sons qui peuvent s’y ajouter.
Aussi, remarquable, un numéro d’une dizaine de mn d’Alain Cuny dans Artaud… et l’aveu de Marthe Robert qu’Artaud était conscient que sous cette apparente profondeur, cette provocation de bon ton, il y avait un petit côté canular que l’on a tendance a oublier.

Quelle transition ! Et pourtant, quel hasard !
Atelier de Création Radiophonique - Tentative de description de choses  vues au carrefour Mabillon le 19 mai 1978 (25/02/1979)
par Georges Perec
interprétation Claude Piéplu
réalisation Marie-Dominique Arrighi
L’idée de se poser au carrefour Mabillon pendant quelques heures et de décrire vite fait ce qui s’y passe cadre bien avec l’œuvre de son auteur, son goût pour les énumérations, les listes. L’auditeur devine à quelques débuts de fous rires par ci par là que nous sommes à cheval entre œuvre personnelle et canular.
Très vite est audible le martellement publicitaire, Galeries Lafayette « les cocotiers sont arrivés » et concert de Véronique Sanson, ainsi que l’aspect répétitif de notre vie quotidienne, sans que cela soit pour autant sinistre.
L’aspect répétitif n’empêche pas d’apprécier, le temps passant, ce moment de 1978 vu d’un endroit (non précisé) du carrefour Mabillon. La circulation des voitures et des camions est au premier plan, et quelques passants passent, ou tombent. Le tout au rythme du passage du feu vert ou rouge ou rouge ou vert. Les clignotants clignotent : « allumés éteints allumés éteints allumés... » ose Perec dans un grand moment d’inspiration.
Le vocabulaire utilisé est limité, parce qu’une voiture ou un camion, ça passe vite. Pas le temps d’en parler et voilà le suivant qui déboule.
Claude Piéplu empiète sur la bande-son régulièrement pour tenir des comptes précis de ce qui fut durant ce temps précis. Les chiffres sont-ils bons ? Leur précision tient lieu d’effet de réel, n’allons pas plus loin dans la réflexion.
Des micro évènements émaillent cette aventure, et – ô magie du direct enregistré – il y a même interaction entre Georges Perec et des passants qui s’arrêtent, soit parce qu’il a été reconnu (une passante le prend en photo) soit pour être insulté, cette dernière péripétie clôturant cette description sommaire et peu mouvementée, d’autant moins que l’auteur n’a pas choisi une heure d’affluence pour son travail d’improvisation dans le réel (milieu de matinée et début d’après-midi).

L’émission revient en 2021 dans sa version intégrale, après avoir été charcutée durant les deux dernières décennies pour rentrer dans des cases d’une heure.

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) -

Le programme de nuit, îlot de culture (II)     Page 38 sur 38

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