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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Accueil / France Culture

Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 37 sur 38

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Joé Noël - Henri-Georges Clouzot - Dim 22 Aoû 2021, 12:00

Contre-champ - Joé Noël, bruiteur (24/12/1970)  - pas de lien, diffusion le 19 août
par Dominique Varenne
Un entretien avec le bruiteur Joé Noël, rejoint à la fin par son fils, bruiteur lui aussi, Jean-Jacques Noël.
Entretien bien décevant. Le fameux bruiteur, que nous entendons régulièrement dans les programmes des Nuits (cf la série Tintin de Nicole Strauss & Jacques Langeais ou Notre-Dame de Paris de Jacqueline Lenoir, voir billets disséminés dans ce fil) est livré à lui-même. L’intervieweuse ne le prend pas au sérieux, ne sait pas trop quoi lui demander. Joé (qu'elle prononce Djoé) assure un minimum avec sa bonne humeur, fait une petite démonstration, commence à raconter ses expériences dans son garage, durant lesquelles il met au point de nouveaux bruits, mais Dominique Varenne ne cherche pas à aller plus loin. Long développement sur la famille tout ça tout ça, manquent juste les considérations sur la météo...
La carrière de l’homme, qu’il évoque trop rapidement, ainsi que son art, passent trop vite à la moulinette. Il parle de music-hall, pour lequel il a travaillé durant plusieurs décennies, jusqu’en 1965, et d’un numéro qu’il y fit. Nous aimerions savoir en quoi il consistait exactement.
Il a, semble-t-il, travaillé pour le cinéma au temps du muet, il en parle dans la quatrième partie de Cinéromans de Philippe Esnault (diffusé dans les Nuits sans qu’un lien demeure actuellement disponible) mais pas ici. Il a commencé à la radio en 1936, faisant aussi des imitations. Pas trop de détails ni d’anecdotes hélas.
Comme l’entretien patine, il martèle qu’il est heureux, qu’il s’amuse.
En compagnie de son fils, il évoque l’avenir du métier. Et en cela, les deux bruiteurs ont du nez. L’avenir pour eux, c’est le cinéma. Si la fiction radiophonique s’est réduite considérablement au fil des années, le cinéma, lui, utilise toujours des bruiteurs, pas seulement dans les dessins animés ou les films à gros effets spéciaux, loin de là.
A partir de sa démonstration d’un incendie fait avec une boîte à cigare, Joé Noël réussit à démontrer le pouvoir de suggestion des bruitages. Nous entendons au début un bruit de froissement de papier - puisque le bruiteur nous a donné dès le départ son truc -, mais progressivement nous imaginons cet incendie.
Un vrai bruit d’incendie aurait été moins évocateur. Dans les films, y compris ceux qui se veulent « réalistes », les bruiteurs interviennent, mais cette intervention reste imperceptible, car souvent le vrai bruit, celui capté par le micro de l’ingénieur du son, a un moindre pouvoir de suggestion que celui fait artificiellement par le bruiteur. Mais ça, la productrice de l’émission n’y pense pas, parce que pour elle le bruiteur est juste un gugus rigolo.
En générique, une chanson de Gilbert Bécaud, « Silly Symphonie », où l’on peut entendre Joé Noël dans ses œuvres.  


Mardis du cinéma - Henri-Georges Clouzot en clair-obscur (07/05/1985)  - diffusion le 19 août 2021
par Philippe Esnault - avec Jean Clouzot dit "Jérôme Géronimi" (romancier, scénariste, dialoguiste, acteur), Philippe Pilard (réalisateur, critique), Michel Pezin (assistant réalisateur) et Max Douy  (décorateur) - avec Henri-Georges Clouzot enregistrée en août 1970 à Avignon - réalisation Claude Giovanetti 
Philippe Esnault, dont il fut question déjà à plusieurs reprises ici-même, a dès les années 50 accumulé des enregistrements d’entretiens dans le but de constituer une mémoire du cinéma français. Les entretiens, qui servent de point de départ à ses émissions, sont coupés, montés, combinés entre eux.
Ici il remonte des extraits d’un entretien d’une heure déjà diffusé en 1970 dans le cadre de l’émission « Avignon 1970 – Cinéma sur la place » diffusé le 28 août de la même année.
L’émission est plus le portrait du réalisateur qu’une analyse de son œuvre. Son frère, qui co-écrivit l’ensemble de ses films, son assistant-réalisateur durant les années 60, y compris sur L’enfer, repris par Claude Chabrol au début des années 90, ainsi que Max Douy, sont les proches collaborateurs qui apportent des témoignages précieux sur les méthodes de travail musclées de Clouzot.
Philippe Esnault mène son entretien avec rigueur, allant jusqu’à suggérer au réalisateur lesquels de ses films sont les plus réussis !

                                                                                     

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Faits Divers par Pierre Véry & Maurice Renault - Le barbier de Séville - Pages entomologiques de Jean-Henri Fabre - Mar 24 Aoû 2021, 12:25

Faits Divers par Pierre Véry & Maurice Renault, réalisation Pierre Billard
L'honorable Monsieur Planterose (12/01/1954 Chaîne Parisienne) – pas de lien, diffusion le 21 août
de Jean Marcillac - interprétation Max Harry (Monsieur Planterose), Pierre Moncorbier (Monsieur Pilou), Jean-Jacques Delbo, Yves Duchateau, Pierre Marteville, Michel Dumur (Philippe Gérardot), Nelly Benedetti (Hélène Gérardot), Jean-Claude Michel (Pierre Gérardot), Jean-Marie Amato & Maurice Biraud (les policiers), André Wasley, Yves Gladine et Becky Rosanes (une concierge)
Pierre Véry dans sa présentation n’est pas peu fier de la fiction qui va suivre. Il en fait un peu trop, c’est vrai, mais il faut reconnaître que Jean Marcillac a mis les bouchées doubles.
Jean Marcillac est parti d’un fait divers propice aux intrigues les plus rocambolesques : « Un poète et parlementaire asiatique de passage à Paris a été dépouillé d’une valise contenant vingt feuilles de papier parfumées et pailletées d’or que les lettrés orientaux aiment utiliser pour y écrire des poésies. Ces feuilles de papier ont été retrouvées dans les chaussures d’un clochard qui s’en était fait des chaussettes russes ».
La fiction est exceptionnellement longue – 50 mn (conséquence, les Nuits ont fait sauter les chroniques habituelles) – et riche en rebondissements. Après le duo des clochards qui ouvre l’histoire, beaucoup de mouvements (d’habitude les histoires se déroulent dans deux/trois lieux différents), de personnages, de suspense, et d’humour. L'interprétation est aux petits oignons.
Jean Marcillac (1902-1996) a été un participant régulier du « Jeu de l’aventure et du mystère » et de « Faits divers », avant de prendre la tangente au moment de la création des « Maîtres du mystère ». Il va rester avec Maurice Renault et écrire pour France II Régionale (1958-1963) les séries des Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Nick Carter, cette dernière à partir de ses propres histoires. Retour ensuite avec Pierre Billard où il signera plusieurs « Mystère, mystère ». Dans les années 70/80, on le retrouve dans les fictions de France Culture et de France Bleu. Il adapte par exemple Vanina Vanini de Stendhal en 1973 et Pour des dollars de Joseph Conrad en 1980 (dernière diffusion dans les Nuits le 23 mars 2018, plus de lien), toujours pour France Culture.

La suite de l’émission : Maurice Renault nous lit deux faits divers envoyés par des auditeurs, et Pierre Véry celui qui servira de point de départ pour une prochaine histoire, soit la découverte dans un caveau de famille d’un cercueil en trop. Jean Marcillac s’y collera une fois de plus et ce sera « Une jeune fille blonde en robe de bal » diffusé le 11 mai de la même année.
Germaine Beaumont est souffrante cette semaine. Elle a eu suffisamment de force pour lire le dernier Agatha Christie « Qui a tué Miss Mac Ginty ? », mais pas pour venir lire sa chronique. La voix décontractée de Jean Toscane fera l'affaire . Encore un résumé copieux. Germaine, facétieuse, s’est arrêtée au moment où elle allait donner le nom du coupable, qui bienheureusement est « la seule personne à laquelle nous n’avions pas pensé ». Le futur lecteur est donc bien informé.
Roger Régent, lui, a la pêche et la banane en même temps. Il se défend de défendre encore un film anglais ; c’est pas sa faute s’ils sont si intéressants. Sous-entendu : c’est pas sa faute si les films français sont si nuls.
La semaine précédente déjà il avait ardemment défendu « L’assassin a de l’humour », « film sans prétention, réalisé sans génie bien sûr ». Cette semaine se sera « Capitaine Paradis », un Alec Guiness show. D’abord, Roger nous avertit que seuls les parisiens ont la chance de voir ce film pour l’instant, les autres peuvent juste baver d’envie. Ce film a suscité un enthousiasme débordant.
Il y est fait l’éloge de la polygamie. Nous connaissons Roger et ne sommes pas surpris. Résultat, le film « n’est pas loin des meilleures réussites du genre ».


Le barbier de Séville (17/12/1952 Chaîne Nationale) de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais -– pas de lien, diffusion le 21 août
par la Société des Comédiens Français
Les réalisations de Jacques Reynier sont dénuées d’effets de manche, les bruitages sont réduits au minimum, la part belle est faite aux acteurs et au texte. Cette version, enregistrée donc en studio, est on ne peut plus exceptionnelle : les acteurs ont rodé la pièce sur scène, ils en maîtrisent parfaitement les rouages, et, surtout, ils sont capables de retrouver en studio une énergie digne des meilleures représentations publiques.
Les acteurs : Louis Seigner, Bartholo
Gisèle Casadesus, Rosine
Jean Meyer, Bazile
Robert Manuel, Figaro
Jacques Clancy, le comte Almaviva
Paul-Emile Deiber, l’alcade
Georges Baconnet, le notaire
Maurice Porterat, L’Éveillé
Teddy Bilis, La Jeunesse
Les commentaires sont lus par Eliane Bertrand


Pages entomologiques de Jean-Henri Fabre – 7 - Les carabes (24/08/1978) – pas de lien, diffusion le 22 août
par Michel Anthonioz - avec Pierre Teocchi (conservateur du Musée de l'Harmas à Sérignan)
lecture Jacques Dufilho
réalisation Janine Antoine & Michel Créis
Émission toujours aussi riche. Bruits d’insectes, d’oiseaux, se nichent dans les différentes séquences désormais habituelles : la vie de Fabre, la visite de sa maison, la lecture d’extraits du répertoire analytique, et, plat de résistance, la lecture de Jacques Dufilho, où l’on suit les expériences de l’entomologiste. D’ailleurs, dans la cinquième partie, le minotaure typhée, les tâtonnements du savant étaient combinés avec ceux de Jacques Dufilho, qui hésitait sur la prononciation d’un mot, ou se posait des questions sur le texte.
Pour chaque insecte, les expériences sont dignes d’un récit à suspense. Les carabes sont de grosses brutasses, Fabre ne mâche pas ses mots. Pourtant, au fil des expériences, il en vient à réfléchir sur le sens de la peur chez l’insecte. Peut-il être amené à se suicider, comme le scorpion ? A-t-il peur de la mort ? En a t-il même une vague notion ? Les réponses sont dans l’émission.

A signaler aussi la suite du « livre sonore », dixit son producteur Stanislas Fumet, 1940-1944 : La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire dirigée par Stanislas Fumet, avec les épisodes concernant la Libération de Paris.

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Faits Divers par Pierre Véry & Maurice Renault - La voix de Méduse - Mar 31 Aoû 2021, 16:05

Faits Divers par Pierre Véry & Maurice Renault, réalisation Pierre Billard
Les nuages (05/01/1954 Chaîne Parisienne) - les Nuits n'ont pas diffusé le duo Beaumont/Régent -
de François Billetdoux - avec Hélène Martin (interprète de la chanson) - interprétation Jean-Marie Amato (l'inspecteur Roulard), Jean Negroni, Jean Mauvais, Raymond Pelissier, Arlette Thomas, Gaétan Jor, Pierre Marteville, Jean-Claude Michel, Pierre Olivier, Lisette Lemaire, Geneviève Morel, Paula Regier, Solange Certain et André Wasley
L’éloge introductif écrit par Maurice Renault et repris par Pierre Véry insiste sur la poésie qui se dégage des œuvres de François Billetdoux. Poésie car les nuages sont une métaphore et que celle-ci est mise à l’honneur dans l'histoire, et dans une chanson que l’on pourra écouter en plein mitan de la dramatique.
Un couple parfait, un accident de voiture : la femme est retrouvée morte, et le mari gravement blessé. Est-ce un accident ? Bien sûr que non, sans cela il n’y aurait pas d’histoire. Enquête sans surprise, qui aboutit anormalement vite parce que le temps est compté, menée par un inspecteur de type Maigret –  Jean-Marie Amato, toujours impeccable - qui ne se gêne pas pour porter un jugement moral sur l’affaire. Le côté « réalisme poétique » de l’écriture n’a pas très bien vieilli, l’interprétation, elle, tient mieux la route.

Les rubriques.
Maurice Renault après avoir constaté la banalité du fait divers qui a inspiré François Billetdoux, a choisi de nous en lire quelques uns à forts potentiels romanesques : une bague qui a le don de donner la migraine à celui qui la porte, des pierres qui tombent du ciel dans un village breton, un chien qui tue un faisan d’un coup de fusil (le chien reniflait le fusil posé par son maître et le coup partit tout seul, tuant un faisan qui passait par là). Celui qui a été retenu pour une future émission est tout autre, un banal casse à la banque. Quelle déception. Mais l’écriture de la fiction a été confiée à Léo Malet et Thomas Narcejac, alors…

Germaine & Roger
Germaine Beaumont est souffrante, mais pas suffisamment pour ne pas lire un roman policier et nous en écrire un généreux résumé. Sa chronique est lue par une voix non identifiée (pas Véry ni Renault, ni Toscane en tout cas). Les élus sont cette semaine Boileau-Narcejac pour leur « dernier suspense », « Les visages de l’ombre ». Elle « ne peut révéler le dénouement d’horreur », hélas, mais elle nous en déjà dit suffisamment pour que l’on puisse imaginer le pire.

Roger Régent se pique d’un petit édito pas piqué des vers. Il se gausse des p’tits délinquants qui opèrent en suivant avec rigueur ce qu’ils ont vu dans les films du cinoche du coin, comme s’ils contenaient le mode d’emploi à suivre pour faire un bon casse. Ah ah ah, qu’ils sont nouilles, nous dit en des termes moins choisis notre expert. Tout cela nous mène à un dézingage à coups de bourre-pifs verbaux du dernier Lemmy Caution. A côté de ce produit intérieur brut, Roger trouve qu’un film comme « L’assassin a de l’humour », pourtant « loin d’être un chef d’œuvre (…) a l’air d’un très bon film ». Ce qui sous-entend que ce film est très bon à condition de le voir après le Lemmy Caution.
Le film qu’il loue avec mesure est anglais. La définition du cinéma anglais par Maître Régent : « très agréable ». Ce qui est important dans « la manière anglaise », « c’est la manière de raconter une histoire plutôt que l’histoire elle-même ». Pour nous le prouver, il nous raconte une scène très drôle du film. Rien de plus sinistre qu’un gag raconté par Roger, mais il faut reconnaître que l’exercice est difficile.

Atelier de Création Radiophonique - La voix de Méduse (09/11/1980) 
par Yvette Tuchband, Catherine Léritier, Monique Burguière et Daniel Toursière et Monique Veaute - avec Laurence Beauregard (flûte), Joël Hubaut, Irène Jarsky (la voix de Méduse), Jean-Pierre Vernant, Philippe Lacoue-Labarthe, Joss, Luce Irigaray, Orlan, Catherine Mevel, Meredith Monk, Marie-Noëlle Rio, Sapho, Marie-Berthe Servier, Tamia, Marguerite Fischbach-Veaute, Martine Veaute, l’équipe du SAMU 94 et Louis Amiel
lectures Claude Degliame, René Farabet, Esther Flatt, Catherine Sellers et Anne Zweiband
Deux heures vingt sur la voix, les voix de femmes surtout, à partir du mythe de Méduse. La première partie, une cinquantaine de minutes, laisse la part belle à Jean-Pierre Vernant. La voix est le produit du plaisir ou de la peur ? Certains passages n’y vont pas de main morte, les oreilles en prennent un coup.
Les propos tenus sont parfois très discutables. La musique dite « contemporaine » reviendrait à une utilisation de la voix comme évocation de la peur. Pas sûr, et pas toujours en tout cas. Orlan joue la provoc’ épate bourgeois, avec le descriptif d’une œuvre à base de sexe béant et d’écoulement de sang menstruel.
Mais par-delà des propos que tout un chacun peut discuter dans son coin, il demeure la réalisation, qui manie avec maestria des éléments forts hétérogènes.
Aucun intervenant n’est nommé pendant l’émission, parce que le plus important, c’est le sujet, et le parcours sonore, les liens entre les séquences suivant une logique que l’auditeur peut trouver par lui-même.

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Le mariage de Figaro - Pages entomologiques de Jean-Henri Fabre - La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire - Dim 05 Sep 2021, 13:12

Théâtre et université - Le mariage de Figaro (1ère diffusion : 31/10/1962 France III Nationale) 
de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais - interprétation par La Comédie française, avec Marco Behar, (Pédrille), Michel Aumont, Baudoin Vandermeuse, Michèle André, Denise Gence (Marceline), Michel Etcheverry (Basile), Gérard Lartigau (Chérubin), Micheline Boudet (Suzanne), Maurice Porterat (Antonio), Georges Descrières (Almaviva), Jean Piat (Figaro), Hélène Perdrière (la comtesse) et René Camoin (Bartholo) - réalisation Eléonore Cramer 
Le débat avec Béatrix Dussane, Robert Kanters et Maurice Martin (professeur de lettres) n’est pas diffusé par les Nuits.
Une version enregistrée en public, avec quelques inconvénients. Les acteurs jouent pour des spectateurs, et non des auditeurs. Donc, malgré les qualités certaines de l’interprétation, quelques inconvénients.
La prise de son est approximative. La radio était capable, même dans les années 50/60, de meilleures captations. Soit il faut tendre l’oreille, soit les acteurs nous déchirent les tympans. Leur jeu n’est pas adapté pour une captation radiophonique.
Peu de commentaires aussi pour nous expliquer les parties visuelles. Souvent nous pouvons comprendre de nous-même, parfois nous devons deviner.
Le public fait partie du spectacle. Il est particulièrement heureux d’être là et le fait savoir souvent, maladroitement, ce qui peut être une gêne pour l’auditeur. Jean Piat est coupé dans son monologue, le fameux, celui du dernier acte, par des applaudissements nourris. Un autre groupe de spectateurs manifeste illico son mécontentement. Le monologue n’était pas fini, c’était même juste le début !
L’ensemble n’est donc pas dénué de lourdeurs, du point de vue de l’auditeur pour qui le spectacle n’était pas conçu.


Aussi, une nouvelle diffusion du « Vampire  », conte attribué à Lord Byron.
Il a déjà été question de la série de Géraldine Gérard réalisée par René Jentet « A l’enseigne du merveilleux » dans ce fil. Cf 30/12/2021 & du 03/08/2019


Pages entomologiques de Jean-Henri Fabre
– 8 - Le grand paon (25/08/1978) 
par Michel Anthonioz - avec Pierre Teocchi (conservateur du Musée de l'Harmas à Sérignan) et Jacques Carayon (directeur du laboratoire d'entomologie au Museum d'Histoire Naturelle)
lectures Jacques Dufilho.
réalisation Janine Antoine & Michel Créis
Dernière partie de cette série richement mise en onde. Fin de la biographie, et commentaires sur la postérité de Fabre. Ses observations sont toujours valables, et ses méthodes toujours pertinentes.
Le texte sur le grand paon termine la série par un feu d’artifice de papillons.
A remarquer que pour chaque mot un peu technique, nous avons immédiatement la définition sortie du Répertoire général analytique, lue par Emmanuelle Weisz
Cet ouvrage, dont des extraits sont lus aussi dans la première partie de chaque émission, « La vie de J.-H. Fabre naturaliste ; suivie du Répertoire général analytique des Souvenirs entomologiques par le docteur G. V. Legros » est consultable en intégralité sur le site de la BNF .

Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 37 Opera934 Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 37 Opera935


La Résistance, témoignages et documents pour servir l'histoire 27/29 : -53 : Août 1944, Paris se libère, 5ème partie, -54 :  La Libération de Paris : La trêve est rompue (23/08/1964)  
par  Stanislas Fumet (53) et Francis Crémieux (54) - avec (54) Léo Hamon  (membre du CPL), Jacques Chaban-Delmas (délégué militaire national) et  Pierre Villon (Président de la com d'action militaire) - réalisation  Paul Ventre (51) 
Les Nuits ont repris et terminé la diffusion de cette grande série, avec les parties consacrées à la Libération de Paris. La conclusion de la dernière partie (la 58ème) est signée Francis Crémieux : « La Résistance demeure une et indivisible ». Une vérité qui méritait d’être rappelée tant les différents témoins que nous avons entendus ont des opinions parfois divergentes sur les évènements.
Leur appartenance à des courants politiques différents n’a pas toujours rendu les relations entre eux plus faciles malgré leur appartenance à la Résistance.
Dans une autre émission « 50 ans de radiophonie », il était raconté les tensions qui existaient au sein des expatriés français travaillant pour la BBC.

Pour finir, et sans rapport avec ce qui précède, un extrait de la 53ème partie, avec Madeleine Riffaud. Cela se passe de commentaire.
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-24.08.2021-ITEMA_22752772-2021C3372E0058.mp3" debut="24:14" fin="26:27"]

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Nuits magnétiques : Gabriele D'Annunzio & Boris Souvarine / Samedis de France Culture : L'archipel Queneau - Lun 13 Sep 2021, 16:12

Deux Nuits Magnétiques
Gabriele D'Annunzio (02/02/1983) 
par Jean-François Bory - Avec Arthur Hubschmid, Jacques Donguy et Nicolas Le Scanff
réalisation Pamela Doussaud 
Jean-François Bory annonce dans son introduction que l’écrivain digne de ce nom reste engagé dans son siècle, et vit une vie aventureuse. Sa présentation de l’écrivain D’Annunzio n’en est pas moins nuancée, toute son œuvre a joui d’une grande popularité en son temps, qui s’est amenuisée depuis.  Les partis pris politiques n’en sont sont pas les seuls responsables.
Premier entretien, avec Arthur Hubshmid, éditeur, qui d’entrée récuse les affirmations de l’introduction. La discussion qui suit porte donc sur la notion d’engagement en littérature.
Le débat est hors d’âge croit-on, alors qu’en réalité la croyance demeure tenace en cette image d'écrivain engagé qui combat les injustices à travers le monde et s’engage en politique.
Les exemples pris, outre D’Annunzio, qui alors passe un peu au second plan, sont Hugo et Malraux.
Arthur Hubshmid relativise leur engagement. On peut ajouter aussi que bon nombre de grands écrivains - tous ? - n’ont pas du tout pris cette voie de l’engagement politique, ou alors cet engagement n'est pas la raison de leur passage à la postérité. Sans cela, que dire de Céline !
Ensuite, l’émission, en plus d’offrir la lecture de quelques poèmes et articles, s’organise autour de la vie aventureuse et extravagante de D’Annunzio, l’engagement auprès de Mussolini, ainsi que sa passion pour Eleonora Duse.
Sur le plan littéraire, nous l’avons compris, ce sont surtout les poèmes qui sont à l’honneur.
Outre Jacques Donguy, critique d’art, nous pouvons entendre Nicolas Le Scanff, auteur de bande dessinée qui a décidé de retracer la vie du poète. Aucune trace de son travail nulle part. Apparemment, il n’est pas allé jusqu’à la publication.

Boris Souvarine, le dernier des Mohicans (25/01/1985) 
par Dominique & Sylvie Péju- réalisation Mehdi El Hadj
Émission sacrément passionnante, conçue quelques semaines seulement après le décès de Souvarine. Les intervenants ont connu l’homme, ont recueilli ses souvenirs. Tout est encore très frais. L’émotion est parfois discrètement palpable.
Rien de plus anti-communiste qu’un communiste : c’est le cas de Souvarine, qui a traversé le siècle, et le courant communiste, essentiellement à contre-courant, en opposant. L’émission passe du récit de ses dernières années, avec notamment la controverse qui l’opposa à Soljenitsyne, et passe par ses relations avec Lénine, Trotsky, sa fréquentation de certains auteurs comme Michel Leiris ou Raymond Queneau…
Nous pouvons entendre : Philippe Robrieux, historien du P.C. français, Jannine Verdès-Leroux, historienne, Branko Lazitch, spécialiste de l’histoire du mouvement communiste international, Michel Heller, historien, Charles Ronsac, rédacteur en chef du journal Franc-Tireur.

Les samedis de France Culture - L'archipel Queneau (24/03/1979) 
par Jacques Bens et Jacques Duchateau - Avec Yvon Belaval (philosophe,  philologue), Noël Arnaud (écrivain, éditeur, collectionneur), Claude Simonnet ( auteur de 'Queneau déchiffré'), Paul Braffort (écrivain, poète, chanteur, parolier, compositeur), François Caradec (écrivain, biographe), Jean-François Coquillot, Paul Fournel  (écrivain), Henriette Jelinek (écrivain), Jean Lescure (écrivain,  poète, scénariste), Nathalie Pommier, Jacques Roubaud (poète, écrivain,  mathématicien), Dominique Valognes et Florence Vignon (scénariste)
lectures Régine Teyssot, Jacques Lenoble et Charles Capezzali
musique Jean-Claude Monnet
réalisation Maurice Audran 
Voyage dans l’univers de Queneau en compagnie de connaisseurs éclairés (Bens et Duchateau) avec arrêts sur quelques œuvres choisies. Des chansons ont été spécialement composées et enregistrées pour l’occasion.
Les intervenants tentent d’analyser le sens des textes, souvent suffisamment cryptés pour donner des os à ronger à nos experts.
Les îles où nous faisons escale :
- Voyage en Grèce, un recueil d’articles publié au début des années 70
- Le chiendent, premier roman publié en 1933
- Odile, 1937
- Pierrot mon ami, 1942
- L’instant fatal, recueil de poèmes de 1948
- Le vol d’Icare, 1968
Peu d’éléments biographiques, les œuvres sont au centre de l’émission. Si la biographie émerge à certains moments, elle provient de l’explication de certains textes.
La fascination de Queneau pour les chiens amène un des intervenants (Caradec semble-t-il) à penser qu’à la fin de sa vie il en est  véritablement devenu un. Explications à retrouver dans l'émission. Mais ne pas croire que c'est une plaisanterie, car il s'agit là-dedans aussi de penser à notre propre mort, et les chiens ont une papatte d'avance sur nous. Kiki veut s'marrer alorhein ?

Curly 

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Ernest Hemingway : Les chemins de la connaissance (1985) - Deux nouvelles (1955) - Belles lettres (1961) - Mer 22 Sep 2021, 14:57

Les chemins de la connaissance par Jean Daive, réalisation Christiane Mallarmé
Ernest Hemingway
1- Les aventures de Nick Adams , avec Gérard-Georges Lemaire (21/10/1985)
2- 88 poèmes , avec Roger Asselineau (22/10)
3- Au-delà du fleuve et sous les arbres , avec Philippe Sollers (23/10)
Quelques remarques s’imposent, car Ernest Hemingway a fait l’objet d’émissions sur la chaîne ces dernières années. Il est curieux de proposer un nouvel entretien dans cette première nuit avec Gérard de Cortanze, tout cela pour raconter à nouveau la vie et l’œuvre de l’écrivain. A nouveau, parce qu’une Compagnie des auteurs de 2019 invitait le même pour parler du même en des termes identiques, forcément.
France Culture tourne vite en rond parce qu’en choisissant un auteur et en déroulant sa vie et son œuvre en gros, nous nous retrouvons toujours avec le même type d’émissions, et avec toujours les mêmes invités. D’où les répétitions. Ne revenons pas sur le caractère très bafouillant de la Cie des auteurs.
Mais ne prendre, comme dans ces Chemins de la connaissance, que certains aspects précis de l’œuvre et de l’auteur ouvre des horizons plus lointains. Sans compter l'absence de direct, le montage, tout l'attirail habituel qui rend l'écoute de ces émissions plus agréable et ces Chemins de la connaissance de 20mn plus denses qu'une heure de Cie des auteurs où la bio se déroule, morne et monotone, sorte de Wikipédia sonore, pour laquelle on invite un spécialiste pour lui faire dire des généralités, en ne lui donnant pas trop longtemps la parole merci, les auditeurs sans ça ils ne comprennent plus rien.
Le Nuits n’ont diffusé que trois des cinq parties de la série. La quatrième parlait des « expériences vécues » avec la psychiatre Lydie Salvayre. Étonnant que les Nuits l'ait laissée de côté.
Dans la cinquième partie, intitulée « Îles à la dérive »  Roger Asselineau revenait au micro pour parler de ce roman posthume publié en 1970.

Première partie : L’aspect biographique des romans d’Hemingway, et la constitution chaotique du recueil des nouvelles avec le personnage de Nick Adams.
Seconde : Les poèmes ne font pas partie des œuvres majeures de leur auteur. Roger Asselineau donne son avis très tranché sur les relations avec Gertrude Stein, auteur qu’il ne porte pas dans son cœur.
Troisième : Philippe Sollers présente une des dernières œuvres, qu’il tient particulièrement en estime.
Il termine par la lecture d’un extrait.


Le 2 juillet 1961, Hemingway se suicide. Le lendemain, la Chaîne Nationale rediffusait deux nouvelles adaptées par Raymond Rouleau pour les Soirées de Paris en 1955.
"L'Invincible" et  "Cinquante mille dollars" (23/10/1955, diffusion du 03/07/1961, Chaine Nationale) 
adaptation Raymond Rouleau
interprétation "L'Invincible" : Daniel Gélin, Gérard Oury, Yves Brainville, Dou Tassek, François Joux et Diaz Roncero & Raymond Rouleau
"Cinquante mille dollars" : Raymond Rouleau, Gérard Buhr, Gérard Oury, Dou Tassek, François Joux, Jacqueline Oury, Georges de Caunes et Yves Brainville
réalisation Pierre-Christian Renard
Deux milieux que l’on associe volontiers à Hemingway, celui de la corrida et celui de la boxe. Les acteurs jouent comme s’ils étaient dans un film américain. Les dialogues incitent à le faire. Les deux histoires ne sont pas sans points communs. Le point d’orgue à chaque fois est un combat, commenté comme pour une retransmission radio.
Le plus de cette diffusion de 1961, l’ajout d’une introduction, avec la promesse d’un retour sur Hemingway dès le lendemain :
     
Belles lettres - Numéro spécial, Ernest Hemingway, homme des bois (04/07/1961 France III Nationale) 
par Roger Vrigny
avec Dominique Arban (journaliste, critique littéraire, femme de lettres) et Michel Mohrt (écrivain, historien de la littérature, éditeur, traducteur, critique littéraire)
lectures Yves Peneau, Jean Topart et Laurence Mercier
Une manière d’apprécier avec quelle rapidité la radio française était capable, à chaud, de rendre hommage à un écrivain, à travers une émission bien construite, et enrichie par des lectures, courtes mais visiblement choisies par des connaisseurs de l’œuvre et non des journalistes tout-terrains qui se contentent de rester à la surface des choses et d’enfiler les généralités.
L’émission, de modeste ambition, est relativement courte, 45mn, mais dresse un portrait de l’écrivain. On retrouve « Au-delà du fleuve et sous les arbres », que Michel Mohrt considère comme la suite, vingt ans après, de « L’adieu aux armes ».
Quelques lectures, pas forcément des textes d'Hemingway, mais des portraits qu'ont fait de lui Malcolm Lowry, Adrienne Monnier et Gertrude Stein.
Les aventures de Nick Adams se prêtent bien à la lecture. On pouvait déjà le constater dans la première partie des Chemins de la connaissance.

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Les zodiaques - Journal d'une défaite mai-juin 1940 - Robert Desnos - Le soleil se lève aussi par Michel Bouquet - Dim 03 Oct 2021, 12:34

La matinée des autres - Les zodiaques (23/09/1980)
par Jacqueline Kelen
avec René Alleau, Jean Bottero, Christiane Desroches-Noblecourt, Jacques Soustelle, Claude Gregory, Simone Waisbard et Jack Waisbard
textes : Rondeur des jours (Jean Giono), Le livre des merveilles (Marco Polo), La pensée chinoise (Marcel Granet), L’eubage  aux antipodes de l’unité (Blaise Cendrars), Adam et Eve (Charles-Ferdinand Ramuz)
lectures Betty Berr, Martine Régnier et Jean-Marie Fertey
réalisation Christiane Mallarmé
Une émission impeccable, qui fait honte à la grille actuelle de France Culture.
Cette Matinée des autres est un podcast d’exception puisqu’elle s’écoute et se réécoute volontiers, tant la matière est dense.
Montage au cordeau, pas de gras, pas de blagounettes indigentes ni références incongrues à l’actu, pas de pause djingle ni indication de l’heure, ni intro sans fin et interventions intempestives d’un producteur qui tient à se mettre en avant en ne laissant pas trop longtemps la parole aux intervenants afin de ménager la concentration supposée limitée des auditeurs. Non, rien de tout ça.
De plus les moyens techniques ne sont pas les mêmes. Ils sont plus importants. Une aberration. Nous avons l’impression (ce n’est pas qu’une impression mais une réalité) qu’à côté, les émissions de 2021 sont faites par des amateurs bafouilleurs.
L’émission voyage dans le temps et dans l’espace, et alterne conversations et entretiens, où les questions et relances de la productrice ont été coupées.

De la même eau :
Les samedis de France Culture - Journal d'une défaite Mai-Juin 1940 (05/06/1982) 
par Dominique Chagnollaud
avec Hervé Alphand (ambassadeur de France), Jacques Barietti (professeur à Paris-IV), François Bedarida  (historien, directeur de l'Institut d'Histoire du Temps présent), le  Général Delmas (chef du service historique de l'armée de terre), François Goguel  (politologue, président de l'Association française de science politique), Paul-Marie de La Gorce (écrivain, journaliste), Elisabeth de Miribel (femme de lettres, diplomate), Henri Michel (historien, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale), Léon Noël (ambassadeur de  France, homme politique) et Éric Branca
archives, les voix de Charles de Gaulle, Paul Reynaud, Hubert Pierlot, la reine Elisabeth II, Winston Churchill, Joseph Goebbels,  Benito Mussolini, le Général Maxime Weygand et Philippe Pétain
lectures Martine Sarcey, Pierre Olivier, Didier Conti et Jacques Morel
Comme annoncé dans le titre, nous suivons la chronologie de ces deux mois agités. En 1982, certains acteurs et témoins de cette époque sont toujours de ce monde.
Les explications alternent avec des archives et des lectures de documents.
Rien à jeter, pas de gras non plus ici.
Quelques moments forts, comme le récit de l’Armistice de juin 40 raconté par l’interprète d’Hitler qui reste très factuel jusqu’à ce qu’il mentionne les « yeux plein de larmes » des membres de la délégation française, qui viennent contredire illico les paroles des allemands, qui certifiaient qu’il n’y avait dans cette armistice « rien contre l’honneur » du peuple français.
Dans la forme, comme dans le fond, cette émission, comme la précédente, est une gifle radiophonique envoyée à ce que produit la chaîne actuellement.

Surpris par la nuit - Reconnaissances à Robert Desnos (07/09/2007) 
par Mathieu Bénézet
avec Anne Egger  (auteur d'une biographie de Robert Desnos chez Fayard), Pierre Lartigue  (essayiste et romancier), Marie-Claire Dumas (membre de l'Association  des Amis de Robert Desnos) et Dominique Desanti (écrivain, journaliste,  historienne) - Avec les voix de Henri Cliquet-Pleyel, André Breton,  Alain Trutat, et Robert Desnos
lectures Sarah Chaumette
réalisation Anne Franchini
Le meilleur de cet hommage à Robert Desnos : la mention, avec extraits à l’appui, de Desnos homme de radio, avec des passages qui ont dû lors de leur diffusion laisser des auditeurs fort surpris. Desnos raconte ses rêves, qui sont mis en onde de manière très illustrative, tente d’hypnotiser les auditeurs.
Pour le reste, si l’on peut aussi apprécier la qualité des quelques lectures – celles de Sarah Chaumette -, on retrouvera un Mathieu Bénézet fatigué, las, qui met en scène sa propre lassitude en jouant à faire des remarques qui prennent l’auditeur et ses invités à rebrousse-poil de manière trop systématique pour que ce soit véritablement sincère. La conversation en studio avec Anne Egger et Pierre Lartigue n’est pas une grande réussite, à mettre au crédit du producteur, cabotin en diable, qui surjoue avec préciosité un duo fatigant avec Pierre Lartigue. Une conversation de salon vaine.

Un chef d’œuvre pour finir :
Lecture du soir - Le soleil se lève aussi (1957 France IV Haute-Fidélité) 
de Ernest Hemingway - traduction Maurice-Edgar Coindreau
lecture Michel Bouquet
     1- 30/09/1957
     2- 01/10
     3- 02/10
« Lecture du soir » (1954-1960) était diffusée trois soirs à la suite tous les quinze jours. Elle proposait la lecture de plus ou moins larges extraits de romans, de classiques comme de romans récents. Plus rare, la lecture intégrale, comme celle de « L’étranger » de et par Albert Camus, qui inaugurait la série.
De nombreux numéros de « Lecture du soir » sont édités en CD par Frémeaux et associés, d’autres sont disponibles via les programmes des Nuits.
Il ne faut surtout pas se lamenter sur le fait que ce soient des extraits.
« Le soleil se lève aussi » se suit tout aussi bien sous cette forme, c’est seulement une œuvre légèrement différente, de par les passages omis. Les errances éthyliques des personnages peuvent très bien s’arrêter avant que le narrateur, Jake, ait retrouvé Brett, comme dans le roman.
Michel Bouquet fait preuve d’une énergie époustouflante. L’adjectif n’est pas excessif. Il est capable de lire avec force, à une vitesse parfois extrême, sans que jamais son articulation soit prise en défaut. L’auditeur est vite happé dans cet univers désespéré où les personnages semblent vivre sans véritable but en attendant leur mort.
En 1957, cette lecture faisait écho opportunément à la sortie sur les écrans de l’adaptation cinématographique du roman réalisée par Henry King.

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Anthologie étrangère / Anthologie française / Bonnes nouvelles, grands comédiens / Histoires sans dessins - Sam 09 Oct 2021, 12:51

Les Nuits viennent de diffuser « Anthologie française, Gérard de Nerval » par Georges Charbonnier.
Les séries « Anthologie française » et « Anthologie étrangère » (1958-1963, France III Nationale) présentent un auteur à travers avant tout la lecture, ou plutôt l’interprétation d’extraits choisis.
Les producteurs lisent leur texte, liant l’œuvre à des éléments biographiques, expliquant, commentant certains textes.
Dans l’émission sur Nerval, nous pouvons entendre en début d’émission, combinées entre elles, la lecture du El Desdichado et son interprétation faite à l’aide des tarots et de l’alchimie.
Les lectures sont parfois l’occasion de véritables morceaux de bravoure. On peut y entendre Michel Bouquet, Alain Cuny, Jean-Roger Caussimon, Rosy Varte, Henri Virlogeux, Marie Dea, Pascal Mazzotti, Anne Carrère, Jean Topart, Catherine Sauvage, François Chaumette, Françoise Fechter...
Petit catalogue des émissions disponibles actuellement, pas toujours faciles à retrouver tant la chaîne se fout complètement de les mettre un tant soit peu en valeur. Pourtant, on retrouve des textes de présentations signés Marthe Robert, Pierre Sipriot, ou Stanislas Fumet.
Toutes les réalisations sont de Georges Gravier.

Anthologie étrangère :
Machado de Assis par Stéphane Frontès (04-11-1959)
Jonathan Swift par Georges Charbonnier (24-05-1960)
Christopher Marlowe par Jean de Beer (28-06-1960)
August Strindberg par Georges Charbonnier (07-12-1960)
Boris Pasternak par Stanislas Fumet (07-06-1961), pas de lien vers le site, diffusion dans les Nuits le 23/04/2021.
Mark Twain par Stéphane Frontès (12-07-1961)
Panaït Istrati par Georges Ribemont-Dessaignes, cf aussi billet du 6/10/2019.
Heinrich Von Kleist par Marthe Robert (24-01-1962) Pas de lien vers le site, diffusion dans les Nuits le 19/04/2018.  Marthe Robert a signé une seconde émission sur Kleist (31-01-1962), alors que Georges Charbonnier en avait consacré une autre le 02-12-1959.
Laurence Sterne par Serge Jouhet (02-05-1962)
G.K Chesterton par Stanislas Fumet (30-05-1962)
Thomas Hardy par Stéphane Frontès (27-06-1962), déjà évoqué dans un précédent billet de Philaunet.
Richard Brinsley Sheridan par Pierre Sipriot (20-02-1963)

Anthologie française :
Gérard de Nerval par Georges Charbonnier (15-10-1958)
Guy de Maupassant par Georges Charbonnier (04-03-1959)
Bernardin de Saint-Pierre par Stanislas Fumet (22-07-1959), pas de lien vers le site, dernière diffusion dans les Nuits le 24/12/2020.
Jules Laforgue par Stanislas Fumet (24-06-1959), idem, diffusion le 25/05/2021.
Charles Cros par Serge Jouhet (25-05-1960)
Racine prosateur par Jean de Beer (11-07-1962)
Émile Littré, esprit universel par Roger Pillaudin (24-04-1963). Cette émission est répertoriée par l’INA dans la série « Anthologie française », mais fait partie en réalité d’une série d’émissions intitulée « Connaissez-vous Littré ? »


Petite suite de l’inventaire des « Bonnes nouvelles, grands comédiens », cf billets du 7 et 8 avril 2021.
Ajoutons à Ercole de Daniel Boulanger lu par Michel Piccoli (02-08-1971) déjà signalé plus haut :
- Cinq nouvelles de Stephen Leacock par Jacques Martin (03-09-1970) : Lui dire ses défauts, Comment ne pas se marier, Géométrie des pensions de famille, Hommes qui m’ont rasé, Lettre de Noël.
- Cinq nouvelles de Robert Benchley par Jacques Martin (05-10-1970) : L’affaire Mozart, Des testes faciles, Hé garçon !, Comment, pas de Budapest ?, L’offensive européenne contre-attaquée.
- La tombe sans fond et L'épreuve du feu de Ambrose Bierce par Danièle Lebrun (25-07-1984)
Gabriel-Ernest de Saki par Jean Rochefort (03-09-1984) Attention : dans la même émission, Jean Rochefort lit une autre nouvelle de Saki, Sredni Vashtar, non diffusée.

Et ce n’est pas totalement fini, puisque dans la même série « Archives de l’été » de Philippe Garbit, deux autres lectures, plus courtes, extraites de la série « Histoires sans dessins  » par Jeanne Rollin-Weiss  :
- L'infortuné fiancé d'Aurélia de Mark Twain par  Philippe Noiret (27-09-1965). La série est renommée dans le générique « Humour sans dessins »
- Est-ce que les insectes pensent ? de Robert Benchley par Gaëtan Jor (14-10-1965)

Philaunet 

Philaunet
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Deux nouvelles de Vladimir Nabokov : ''Ici on parle russe'' & ''La sonnette'' - Dim 24 Oct 2021, 10:57

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p60-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#31898) a écrit:Et de un : Pour compléter l'écoute de "L'enchanteur", deux nouvelles berlinoises de Vladimir Nabokov lues par Eric Génovèse et François Marthouret où il est question de deux retrouvailles, l'une, sadique et jouissive, avec un agent du Guépéou, et l'autre avec  une mère perdue de vue depuis longtemps.
Deux nouvelles de Vladimir Nabokov : -1 : Ici on parle russe, -2 : La sonnette (1ère diffusion : 28/04/1999) réalisation Anne Lemaître
Pardon de "réagir" près de trois ans après le conseil d'écoute (c'est le temps moyen), ces deux nouvelles méritent en effet une écoute attentive (quelle émission vraiment culturelle n'en est pas digne ?). La chute de "Ici on parle russe" est délectable, et la description minutieuse de la mère et de la pièce dans "La sonnette" donne véritablement à voir à l'auditeur, et le suspense matière à trembler.

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Les lundis de l'Histoire - Un certain capitaine Dreyfus - Cheikh Imam - Dim 24 Oct 2021, 13:06

Les lundis de l'Histoire - "L'Après-guerre - Naissance de la France moderne : 1944 - 1952" de Paul-Marie de La Gorce (03/07/1978) 
par Pierre Sipriot
avec Paul-Marie de La Gorce (journaliste, écrivain, historien),  Maurice Schumann (homme d'État, journaliste et écrivain), Lucien Bodard (écrivain, journaliste), Pierre Messmer (Homme politique, Premier Ministre) et Jacques-Francis Rolland (écrivain, journaliste)
L’émission est une table ronde dont le sujet est la parution du livre de Paul-Marie de La Gorce signalé dans le titre.
D'abord un tour de table sur le livre en question, où les éloges se finissent parfois par une petite pique.
Les invités ont bien connu l’après-guerre, certains ont été des acteurs de cette période. Le livre sert de point de départ, et la conversation continue vivement, mettant l’accent sur non seulement les gouvernements de la IVème République, mais aussi sur la décolonisation.
A certains signes sonores qui ne trompent pas, on comprend vite que le studio des lundis de l’Histoire devait être bien enfumé ce jour-là.

Un certain capitaine Dreyfus (08/10/1995) 
de Pierre Belfond
interprétation Thibault de Montalembert (Alfred Dreyfus), José Valverde (Commandant du Paty de Clam), Claude Piéplu (Général de Boisdeffre), Yves-Marie Maurin (Commandant Henry), Nelly Borgeaud (Lucie Dreyfus), Jacques Charby (Zola), Henri Poirier (Clémenceau), Marcel Cuvelier (Vaughan), Jean Menaud (Maître Labone), Véra Feyder (la narratrice) et Patrick Martinache
réalisation Claude Roland-Manuel
Une fiction richement mise en onde, et à l’interprétation sans faille.
Pierre Belfond, surtout connu comme éditeur, a signé une pièce qui assemble les différents éléments de l’affaire en de longs dialogues explicatifs. On devinera donc que l’écriture reste impersonnelle, même si l'auteur a pris quelques libertés avec l'Histoire, inventant des séquences de toute pièce. Ces inventions sont au demeurant parfaitement plausibles.

                                                                                        

Nuits magnétiques - Le Cheikh Imam à Paris (16/04/1984) 
par Daniel Caux - réalisation Bruno Sourcis 
Émission constituée d’entretiens et de larges extraits musicaux. Daniel Caux avait profité d’un concert à Paris du Cheikh Imam pour le rencontrer. A apprécier, outre la musique et les propos, qui tournent autour de la situation politique compliquée en Égypte, la traduction qui réussit à ne pas noyer la voix des intervenants.
« Daniel Caux rencontre Cheikh Imam, musicien, chanteur contestataire égyptien, accompagné de son parolier, le poète Ahmed Fouad Najm, et du musicien Mohamed Ali, à l'occasion de leur premier concert en France à l'invitation du ministère de la culture, après vingt deux ans d'interdiction, et des années passées en prison. Ils parlent de leur résistance au régime répressif d’Égypte, leurs choix artistiques et leurs chansons révolutionnaires. Des lectures de poèmes, des extraits musicaux et des interprétations en live illustrent la discussion. » (Source INAthèque , qui reproduit ensuite en intégralité le texte de présentation de Albane Penaranda)

                                                                                        

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Les peuples sibériens - Michel Serrault - Les larmes de Ah Kim de Jack London - Mer 03 Nov 2021, 11:58

La matinée des autres - Les peuples sibériens (13-12-1983) 
par Marie-Hélène Fraissé
avec Anne-Victoire Charrin (assistant à l'INALCO), Roberte Hamayon (directeur d'études à l'Ecole pratique des Hautes Etudes ), Laurence Delaby (ingénieur au CNRS), Boris Chichlo (chargé de cours à l'INALCO) et Marie-Lise Befa (linguiste)
lectures Frédérique Cantrel, Jacques Frantz, Jacqueline Taous et Maurice Travail
réalisation Christine Berlamont
Une Matinée dans la lignée de celles de la fin des années 70/début années 80. Un panorama des différents peuples, leur mode de vie, précédé d’un point de géographie. En ouverture, brève évocation du bagne.
L’émission a vieilli dans l’utilisation de musiques synthétiques typiques de ces années, ce qui finalement est peu de chose quand on sait le désintérêt des programmes de jour actuels pour ce qui n’est pas franco-français, sauf lorsque l’actu la plus brûlante le justifie. Et une fois de plus, il convient de rappeler, que comme l’émission est soigneusement montée, elle permet un confort d’écoute non négligeable. Les propos entrent immédiatement dans le vif du sujet. Adieux bavardages creux, bégaiements, cirages de pompes, rappel du CV des intervenants pendant 5mn, avec le passage obligé sur la bibliographie détaillée qui sonne comme une page de pub.

                                                                                            

Nuits magnétiques - Michel Serrault, un oiseau sombre et bariolé (20-12-1985) 
par Olivier Kaeppelin
réalisation Marie-France Thivot
L’émission ne dure qu’une heure. Les premières vingt minutes de cette nuit magnétique étaient consacrées à un autre sujet, inconnu à ce jour. Elles sont déclarées manquantes à l’INA.
Olivier Kaepplin est avec le peintre Jean-Claude Latil, grand amateur de l’acteur, dans une salle de cinéma. Ils commentent en temps réel la prestation de Michel Serrault dans un film qui n’est pas nommé. Ils attendent le moment où l’acteur va faire dérailler le film, lui faire prendre une dimension inattendue. Ils guettent ce moment, qui sera ici furtif. Plus tard, O. Kaepplin passera un coup de fil à un autre ami, le peintre Georges Touzenis, après la diffusion tévé d’un film avec M. Serrault pour faire quelques commentaires sur son jeu.
Pendant l’entretien avec l'acteur aussi, l’auditeur guette ces moments où la discussion va balayer les conventions, les banalités. Il y en a quelques-uns, mais peu. Par exemple lorsqu’il explique comment il choisit un film dans lequel il va jouer, ou alors le très bref moment où il perd le fil de son propos. Peut-être fait-il exprès parce qu’il sent qu’il s’enferre dans quelques platitudes…
Concernant sa notion d’interprétation, rien de neuf ici. Sa préoccupation majeure au moment de l'entretien est sa future interprétation du personnage d'Harpagon.
Une particularité de l’émission : aucun film n’est nommé, ni réalisateur. M. Serrault mentionne brièvement Christian de Chalonge, et un ami de O. Kaepplin « Les fantômes du chapelier », c’est tout.
Pour information, le film que vont voir en salle O. Kaepplin et J-C Latil est « On ne meurt que deux fois » de Jacques Deray.

                                                                                                

Nouvelles des États-Unis - Les larmes de Ah Kim de Jack London (29-05-1986)  Dernière diffusion : 27-02-2017, pas de lien, pas de page, mais disponible à l’écoute, ce qui rend la recherche difficile... A retrouver au choix dans l’aspirateur du Forum ou sur YouTube .
traduction de Louis & François Postif
présentation Marie-Claire Pasquier
lecture Cécile Hamsy, Claude Dereppe et Jean-Bernard Guillard
réalisation Jacques Taroni
Belle mise en onde de cette lecture. De grandes plages de musiques et de sons d’ambiance viennent aérer la lecture à trois voix, un peu comme lorsque Stéphane Pizella dans ses « Nuits du bout du monde » laisse l’auditeur s’imprégner de l’ambiance de son récit en laissant une musique évocatrice prendre le relais pendant quelques minutes.
L’histoire se passe à Hawaï et parle de relations entre une mère possessive et violente, et son fils, un riche commerçant.

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) -

Le programme de nuit, îlot de culture (II)     Page 37 sur 38

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