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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 32 sur 39

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Curly 


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Atelier de création radiophonique - Bertolt Brecht 73, la grande méthode - Ven 29 Jan 2021, 19:54

Atelier de Création Radiophonique - Bertolt Brecht 73, la grande méthode (19/06/1973) 
par Jean Thibaudeau
avec Marianne Barzilay, Serge Bruna-Rosso, Nicole Davoli, Gérard Germain, Jean Jachimiak, Sylvie Lacroix, Pierre Olivieri, Edgar Roskis, Jean Sayag, Jimmy Shuman, Monique Teodosijevic et José Tovar Estrada
réalisation Janine Antoine 
Jean Thibaudeau propose d’entrelacer des extraits de l’enregistrement de l’audition de Bertold Brecht auprès de la Commission des activités anti-américaines en 1947 avec quelques-uns des textes théoriques du dramaturge. Au bout d’une heure, apparaissent les témoignages de membres du Berliner Ensemble ayant travaillé avec lui.
On peut aussi entendre quelques courts extraits de Ozeanflug enregistré pour la radio allemande, et Galileo Galilei pour la radio française, extrait pris dans l’émission « Anthologie étrangère » du 20/04/1960, avec Michel Bouquet et Henri Virlogeux.
L’idée de fragmenter les enregistrements permet de faire apparaître plusieurs contradictions :
- écrits théoriques, surtout extraits de Petit organon pour le théâtre, à connotation fortement communistes et Commission des activités anti-américaines, où Brecht tente de dépolitiser un maximum son œuvre, provoquant à certains moments l’hilarité dans la salle du fait de sa mémoire défaillante.
- discours pour un théâtre de divertissement pur et volonté de faire une œuvre à message, à visée didactique
- textes de théorie sur le théâtre et témoignage d’acteurs affirmant que la pratique du théâtre intéressait Brecht avant tout autre chose.
Au bout d’une heure et demie Jean Thibaudeau estime que nous en avons assez entendu de cet interrogatoire sans fin, et propose la lecture à plusieurs voix d’extraits de Me-Ti ou le Livre des retournements et de poèmes de la fin des années 40/début des années 50, qui proposent une résolution possible de ces contradictions : « Les compromis sont souvent nécessaires ».
En fond, des sons sans lien logique à priori avec le texte. Ce texte aride, peu divertissant en effet, politiquement très marqué, déraille vers sa fin, au moment où les différents lecteurs s’en amusent, sans tenir compte de son sens premier, où une des lectrices peine à lire un mot sans qu’il soit décidé de la couper au montage. Mise en abyme de l’enregistrement de l’émission en train de se faire, effet de distanciation classiquement brechtien ayant passablement vieilli.

Philaunet 

Philaunet
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Atelier de Création Radiophonique - Fragments Roger Blin (1985) - Dim 31 Jan 2021, 18:40

Le France Culture de Jean-Marie Borzeix (direction : 1984-1997) a produit deux ACR de deux heures chacun intitulés Fragments Roger Blin  1/2 (1ère diffusion : 27/01/1985) et Fragments Roger Blin 2/2 : Blin - Beckett (1ère diffusion : 03/02/1985). [Un numéro de ce diptyque a fait l'objet d'une "Proposition d'écoute" sur la page d'accueil de RegardFC]

De la radio culturelle exemplaire. Dans la désannonce du 1er volet, le contenu de l'émission et son accompagnement sonore, puisque la page des Nuits ne cherche pas, via le descriptif de l'INA ou le logiciel happyscribe, à donner ces éléments aux auditeurs :  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-19.11.2020-ITEMA_22488830-2019C3372E0621.mp3" debut="116:57" fin="119:48"]
Par René Farabet et Ida Guilbo - Extraits d’entretiens avec Roger Blin par Jean Amrouche, Jean Paget, Harold Portnoy, Marguerite Taos-Amrouche, Roger Vrigny, Philippe Esnault et Leif Olsson - Extraits d'œuvres théâtrales, de films et de musiques - Lectures de "Roger Blin / souvenirs et propos recueillis" de Lynda Bellity Peskine par Hermine Karagheuz - Réalisation Marie-Ange Garrandeau

Curly 

Curly

313
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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Dim 31 Jan 2021, 19:04

Ces deux ACR avaient été brièvement présentés dans ce fil le 21-01-2020.
Un retour au devant de la scène fort bienvenu.

Atelier de Création Radiophonique - Fragments Roger Blin
Par René Farabet et Ida Guilbo - Réalisation Marie-Ange Garrandeau
1 - 27/01/1985
Extraits d’entretiens avec Roger Blin par Jean Amrouche, Jean Paget, Harold Portnoy, Marguerite Taos-Amrouche, Roger Vrigny, Philippe Esnault et Leif Olsson - Extraits d'œuvres théâtrales, de films et de musiques - Lectures de "Roger Blin / souvenirs et propos recueillis" de Lynda Bellity Peskine par Hermine Karagheuz
2 – 03/02/1985 - Blin - Beckett
Extraits d’entretiens avec Roger Blin par Jean Paget, Harold Portnoy et Leif Olsson -Extraits des pièces de Samuel Beckett : "En attendant Godot", "Fin de partie" "Tous ceux qui tombent", "Acte sans paroles", "La dernière bande", "Esquisse radiophonique", "Oh ! les beaux jours", "Bing", "Cendres" et "Compagnie" - Avec les voix de Madeleine Renaud et Delphine Seyrig - Lectures de "Roger Blin / souvenirs et propos recueillis" de Lynda Bellity Peskine par Hermine Karagheuz

L'ACR rend un hommage copieux, un an après sa disparition, à Roger Blin, acteur, metteur en scène et homme de radio.
Montage d'extraits d'émissions de radio, pièces de théâtre, entretiens, et lectures de lettres ou de textes autobiographiques.
La première partie balaie toute la vie de Roger Blin, la seconde est un montage d'extraits de pièces de Beckett, de la création de Godot aux ACR de la fin des années 70/début 80 (Bing, Compagnie)
Devenu acteur pour surmonter une difficulté d'élocution, il collabore en tant qu'assistant avec Artaud, mais aussi avec le réalisateur Pierre Chenal. Il rejoindra aussi le Groupe Octobre des frères Prévert.
Il débute dans la mise en scène avec une pièce de Strindberg. Un échec public qui va néanmoins attirer dans la salle Samuel Beckett. Le premier ACR est ensuite consacré à Beckett, mais aussi à Arthur Adamov et Jean Genet.
Ça qui est merveilleux, c'est d'entendre un metteur en scène expliquer que son ambition est de servir au mieux le texte de l'auteur...
On peut encore entendre ailleurs en intégralité les pièces maîtresses suivantes, en attendant une nouvelle diffusion des autres.
Métro fantôme de Jacques Prévert (05-11-1951)
et
Oh les beaux jours de Beckett (16-02-1964)

Philaunet 

Philaunet
Admin

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La mise en scène selon Roger Blin - Dim 31 Jan 2021, 20:18

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p200-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#34720) a écrit:Atelier de Création Radiophonique - Fragments Roger Blin
Par René Farabet et Ida Guilbo - Réalisation Marie-Ange Garrandeau
(...)
2 – 03/02/1985 - Blin - Beckett
Extraits d’entretiens avec Roger Blin par Jean Paget, Harold Portnoy et Leif Olsson -Extraits des pièces de Samuel Beckett : "En attendant Godot", "Fin de partie" "Tous ceux qui tombent", "Acte sans paroles", "La dernière bande", "Esquisse radiophonique", "Oh ! les beaux jours", "Bing", "Cendres" et "Compagnie" - Avec les voix de Madeleine Renaud et Delphine Seyrig - Lectures de "Roger Blin / souvenirs et propos recueillis" de Lynda Bellity Peskine par Hermine Karagheuz

L'ACR rend un hommage copieux, un an après sa disparition, à Roger Blin, acteur, metteur en scène et homme de radio.
Montage d'extraits d'émissions de radio, pièces de théâtre, entretiens, et lectures de lettres ou de textes autobiographiques.
(...)
Ça qui est merveilleux, c'est d'entendre un metteur en scène expliquer que son ambition est de servir au mieux le texte de l'auteur... (...)
Fragments Roger Blin 2/2 : Blin - Beckett  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-20.11.2020-ITEMA_22490032-2019C3372E0622.mp3" debut="16:28" fin="18:51"]

Curly 

Curly

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Les lavandières de la nuit - Allen Ginsberg - La truffe - Lun 01 Fév 2021, 20:06

Les lavandières de la nuit (27/04/1995) – pas de lien pour la diffusion du 25-01-2021, mais celui du 08-12-2014 bouge encore -
de  Alain Pozzuoli
Une dramatique à plusieurs histoires très courtes.
Alain Pozzuoli évoque le peintre Yan'Dargent (1825-1899).
Le narrateur est double : l’un est à l’extérieur de l’histoire, l’autre est le peintre lui-même, que l’on retrouve dans une galerie en 1861 en discussion avec deux marchands d’art devant son propre tableau, « Les lavandières de la nuit ».
Le personnage central de la dramatique : la Mort, plus connue en Bretagne sous le nom de l’Ankou.
L’ensemble est décousu mais pas désagréable. Retour dans l’enfance du peintre, avec une histoire de bossus et de korrigans qui dansent au son des binious et de tablas, ce qui n'est pas banal, puis l’histoire des lavandières du tableau, la cérémonie des pardons, et une nouvelle rencontre avec les lavandières. Enfin, le narrateur raconte la carrière du peintre, jusqu’à sa rencontre avec l’Ankou.
Le tableau « Les lavandières de la nuit » est toujours exposé au Musée des Beaux Arts de Quimper .

avec Michel Ruhl, le narrateur
Albert Médina et Fernand Guiot, les deux marchands
Jacky Berger, Yan'Dargent enfant
Bruno Devoldère, Yan'Dargent
Fred Personne, son oncle
Nadia Barentin, sa tante
Bernard Valdeneige, Guillerm Postic
Linette Lemercier et Anne France, les lavandières
Jeanne Cellard, la mère Paillasse
Jacques Charby, l’Ankou
Bernard Bouillon, Gildas
Alain Le Berre, le prêtre …
bruitages Alain Platiau
chef opérateur du son Monique Burguière
collaboration technique Serge Ristich
réalisation Évelyne Frémy

Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 32 Les_la10

Atelier de Création Radiophonique - Allen Ginsberg's apocalypse ou la chute de l'Amérique (03/06/1979) - aucun lien, diffusion le 26-01-2021
par  Andrew Orr et Jean-Jacques Lebel
avec Allen  Ginsberg, Alain Jaubert et Gérard-Georges Lemaire - et des bouts d’enregistrements de Antonin Artaud, Bob Dylan, Jack  Kerouac, Martin Luther King, Timothy Leary, Malcom X, John Lennon, Charles Mingus...
réalisation Jean-François Vallée
Mixture chaotique de sons, patchwork varié à base de bouts de chansons, de poèmes, de spots publicitaires qui malmènent la société américaine. Le tout est bâti autour d’un entretien avec Ginsberg, dont on entend aussi quelques extraits d’enregistrements d’interprétations de ses poèmes.
Avec le recul des ans, ce n’est plus la provocation, avec notamment le recours à des images pornographiques, qui frappe, mais la naïveté de cette esthétique, sa simplicité, sa spontanéité. Ces poèmes, sortes d’incantations sacrilèges, ont une certaine force lorsque lus par leur auteur. On entend quelques extraits de disques, mais aussi un enregistrement public.
Dans l’entretien, tantôt en français, tantôt en anglais, Ginsberg revient de manière parfois plus sobre sur ses sources d’inquiétude (nucléaire, pouvoir politique, injustices sociales, société de consommation).
L’Orient a plus de grâce à ses yeux. L’homme était converti au bouddhisme, et ne manquait pas d’admiration pour la forme des haïkus.
Un portrait dont la forme éclatée colle à l’image que l’on se fait du beatnik venant tout droit des années 50.


La matinée des autres -
Petite célébration d'une truffe nommée rabasse (05/04/1994) – pas de lien, diffusion le 16-01-2021
par Marie Paul Vettes - Avec Gérard Chevalier (de l'INRA Clermont-Ferrand), Gilbert Espenon, Elie Perret, Hilaire Bosc, Thierry Talou, Colette Lussac et Jean-Marie Rocchia
réalisation Jean-Claude Loiseau 
Voyage dans le sud-ouest, mais aussi un peu le sud-est. La truffe sous toutes les coutures, et une belle matinée des autres. Le marché aux truffes, les chiens truffiers, et les mouches, l’histoire de la truffe…
Un reportage riche et varié, où l’on apprend même comment Molière a trouvé – légende ou réalité ? - le nom de son personnage le plus faussement dévot.



Dernière édition par Curly le Lun 01 Fév 2021, 22:30, édité 1 fois

Philaunet 

Philaunet
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316
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1988 Opus : Pierre Vassiliu (1937-2014) - Lun 01 Fév 2021, 21:17

Beau numéro de la série Opus qui fut une référence quand France Culture était encore une radio culturelle. Ici, c'était en 1988, pour un entretien intimiste (la famille se fait entendre) avec Pierre Vassiliu, une rediffusion du 21/11/2020 qui n'a pas de page, mais que l'on retrouvera dans une autre diffusion de 2015 et dont il a été question dans un autre post de la rubrique "Oiseaux". En 1988, France Culture  était dirigée par Jean-Marie Borzeix (de 1984 à 1997).

Une émission qui capte l'attention par la sensibilité et la langue soignée avec laquelle un jeune homme interviewe le chanteur dans la maison de ce dernier avec bruits naturels et extraits de chansons, et une visite dans un restaurant de Toulouse. Il est question d'enfance difficile (père roumain, médecin et violoniste, mère française et pianiste, un frère, compositeur, et une sœur, Anne, chanteuse) ; du service militaire en Algérie en 1959 dans une compagnie d'action psychologique, période dont il dit qu'il n'en parle jamais (comme tant de jeunes appelés plus tard) ; de sa rencontre avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibaut alors qu'il était jockey, maître d'équitation ; de ses premières chansons engagées (La fille du sergent censurée à la radio) et paillardes. Il revient très modestement sur son parcours musical, ses influences (Brassens, la musique brésilienne). Au fur et à mesure, le climat de confidence s'estompe pour faire place à un ton plus communicatif sur ses intérêts tels la gastronomie, l'Afrique (le Sénégal) où il a séjourné et sur ses goûts musicaux en variété et en classique, Maurice Ravel ("L'enfant et les sortilèges") qu'il admire. L'émission se conclut sur des rires d'enfant.

Parmi la discographie, largement disponible en ligne :



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Récapitulatif hebdomadaire : 26 contributions du lundi 25 au dimanche 31 janvier 2021 (semaine 5)

Curly 

Curly

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le cinéma (1973) - Les aventures de Huckleberry Finn (1999) - Ven 05 Fév 2021, 21:13

Miroir aux images - Le cinéma (31/07/1973) 
par Philippe Esnault
réalisation Paul Bram 
Une émission en trois temps, pour un ensemble finalement assez anecdotique. Certains passages surnagent.
D’abord des témoignages de personnes qui pour la plupart ne sont pas dans le cinéma, à quelques exceptions près, avec de  brèves lectures (Sartre, Morand, Henri Fescourt, Soupault) et des chansons (Claude Nougaro, Robert Charlebois) et un sketch de Guy Bedos et Sophie Daumier qui fait démesurément et mystérieusement rire le public.
Le cinéma vu par des enfants d’une cours de récréation. Si les références sont différentes, l’essentiel n’a pas changé, soit un amour pour les films comiques, d’action, et d’épouvante.
Monsieur René Charles collectionne les films, farfouille un peu partout, chez les forains, les particuliers, récupérant tous les films qui traînent afin d’éviter leur totale destruction. Ses préférences vont vers les films muets, surtout ceux des années 20.
Il nous présente sa copie de « Dinah la métisse » de Jean Grémillon. Le passage de cet enregistrement sera remonté et servi dans une autre série de Philippe Esnault, « Cinéromans ». Dans cette première partie aussi, Louis Féraud, couturier qui a travaillé occasionnellement pour le cinéma et qui aime aller en salle voir des débuts de films, un jeune dégoûté par les films érotiques mais qui n’en rate pas un pour en dire tout le mal qu’il en pense, le cardinal Jean Danielou qui n’aime pas Luis Bunuel sauf « L’ange exterminateur » et la « Voie lactée », le boxeur Jean-Claude Bouttier, l’athlète Michel Jazy, et Maître René Floriot, qui porte un regard aiguisé sur les films de procès.
Enfin, Agnès Varda au festival de Toronto parle de séances organisées spécialement pour les femmes, et des réalisatrices dans l’histoire du cinéma.

Seconde partie, un hommage à Jacques Feyder à partir de quelques archives, dont un sketch interminable interprété par Françoise Rosay.

Dernière partie, reportage à Lyon sur le tournage du premier film d’un jeune réalisateur, Bertrand Tavernier, « L’horloger de Saint Paul ». Plusieurs points de vue : celui de figurants ravis, et du directeur de production Raymond Hoss, qui compare les méthodes de production des années 70 avec celles de ses débuts à la fin des années 30. Il pense que le film est une œuvre collective, bien plus qu’auparavant. Or, les témoignages qui suivent montrent au contraire que le réalisateur reste le centre de gravité d’un tournage.
Suivent la costumière, Yvette Bonney, qui travaille souvent avec des indications minimalistes du réalisateur, Philippe Noiret et Pierre-William Glenn, qui parlent peu mais bien, avec beaucoup de précision et d’acuité. Philippe Noiret compare cinéma et théâtre en évitant d’utiliser les platitudes habituelles. La composition d’un acteur doit « être plus forte intérieurement » qu’au théâtre du fait de la fragmentation du tournage, et sans respect de la chronologie du film.
Noiret avoue au début ne pas connaître Bertrand Tavernier. Quelques atomes crochus toutefois…
Ils tourneront par la suite cinq autres films ensemble.
Dernier témoignage, celui du réalisateur, qui parle surtout de son adaptation du roman de Simenon, et de son travail avec les scénaristes Jean Aurenche et Pierre Bost.

Les histoires du Pince Oreille - Les aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain
1 : Comment je suis mort, -2 : Comment je suis devenue une  fille ; et -3 : Comment j'ai nagé dans le Mississipi et dans le doute  (27/03, 03 et 10/04/1999) – pas de lien, diffusion le 01/02/2021 -
4 : Comment j'ai perdu mon nom, -5 : Comment j'ai retrouvé Jim  sous un nénuphar ; et -6 : Comment j'ai fréquenté une altitude (17 et 24/04, 01/05/1999) 
adaptation Ruth Stégassy
interprétation Jérôme Kircher (Huckleberry Finn), Pascal N'Zonzi (Jim), Michèle Amiel (la femme) et Jean-Claude Leguay (Le père), Yves Pignot (homme sur la barque), Alexandre Pottier (homme sur la barque), Frédéric Antoine (un pêcheur), Pierre Peyrou (Saül Granger Ford), Elisabeth Serman (Rachel), Martin Amic (Buck), Julien Eggerickx (un frère), Delphine Braillon (Sophia), Jean-Claude Gob (l'esclave Jack), Fred Epaud (Bob), Christian Zanetti (le jeune duc), Philippe Houriez (le vieux dauphin), Véronique Borg (le gamin), Brigitte Winstel (Sally), Pierre Raymonde (?) (Silas), Reda Kateb (Tom Sawyer).
bruitages Bertrand Amiel
improvisations musicales de Jean-Marie Redon au banjo et Jean-Jacques Milteau à l’harmonica
réalisation Christine Bernard-Sugy

Une merveilleuse série du Pince Oreille. Huck et Jim, « l’enfant-sauvage » et le « nègre », descendent le Mississippi.  
Jérôme Kircher interprète Huck  en usant d'une diction hachée qui évoque celle d'un enfant. Ajouté à sa voix de jeune adulte, cela donne un personnage étrange, peu réaliste mais attachant.
L’histoire mélange la réalité du Sud et les invraisemblances calculées du conte (retour des personnages de « Tom Sawyer » à la fin...) et met en scène deux exclus : Jim l’esclave en fuite d’un côté, et de l’autre Huck, qui, lui, refuse de vivre durablement en société.
Ce n’est plus la recherche d’un trésor comme dans « Les aventures de Tom Sawyer », mais une histoire de cadavre.

Curly 

Curly

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Le ravissement de Gertrude Stein et autres Ateliers de Création Radiophonique - L'épidémie de Octave Mirbeau - Dim 07 Fév 2021, 12:45

Atelier de Création Radiophonique - Le ravissement de Gertrude Stein (16/11/1980) 
par René Farabet et Gérard-Georges Lemaire - Avec Kathy Acker, Ted Berrigan, Hélène Bokanowski, Françoise Collin, Florence Delay, Richard Foreman, Viviane Forrester, Ernst Jandl, Claude Minière, Marcelin Pleynet, Denis Roche, Jacques Roubaud et Jean-Pierre Verheggen - Réalisation Claude Giovannetti 
Les Nuits ont diffusé récemment, presque à la file, trois ACR. Après Bertold Brecht et Allen Ginsberg, voici Gertrude Stein.
Ce troisième ACR présente ce que René Farabet pouvait faire de mieux (il était aussi capable de moins mieux…) à partir de matériaux purement littéraires. Ce n’est pas seulement une émission sur la littérature, mais aussi, et peut-être avant tout, une véritable œuvre radiophonique.
Le titre durassien cache en fait son jeu : sous sa préciosité apparente (il en est question dans l’émission) se cache un magnifique montage de voix, de jeux avec les sons, les langues, les textes mis en musique se superposant à ceux lus simplement.
Les textes de Stein s’y prêtent admirablement, se mêlant aux analyses et aux souvenirs de personnes l’ayant croisée, souvenirs qui semblent sortir d’un texte de Stein.
Les poèmes sont interprétés en anglais et/ou en français par Nancy Cole, Jane Gozzett, Sally Lansing, Roger Blin, et Gertrude Stein.
A noter que contrairement à ce que pourrait laisser penser le générique, il n’est jamais question de féminisme, ni de la vie sexuelle de Stein, bien que celle-ci passe en filigrane sans prêter à un quelconque commentaire.

Cet ACR tombe à pic pour remettre au devant de la scène d’autres pièces de Farabet.
D’abord « Sœurs, combien encore vivantes ?  » (15/10/1974) où à partir de la figure de Sainte Thérèse d’Avila, il est question de la place accordée à la femme dans la société. Étrangement, aucune nouvelle diffusion depuis 2014, ni même une présentation sur le site, pas une ligne, même pas un générique.
Il faut dire que la présentation donnée par l’Inathèque peut prêter à confusion : « Évocation de Thérèse d'Avila par une voix off féminine. » Apparemment, l’émission n’a pas été écoutée avec assez d’attention. Ce qui n'est pas le cas de Marc Floriot, qui la présente brièvement et impeccablement.
Plusieurs reportages : rencontre avec une famille d’ouvriers, des lycéennes, des ouvrières. Pas de voyeurisme ni de sensationnalisme, pas de moment tire-larmes.
Pour compléter, sur un autre sujet : « Les bons samaritains  » (02-06-1985), sur les quartiers populaires de Bruxelles, déjà évoqué en coup de vent ou .

Pour finir, un double ACR sur Carlo Emilio Gadda, d’une durée totale de 3h50.
1- La connaissance de la douleur (02-12-1984)
2- Pastis, pastiche (09-12)
Lectures, analyses littéraires approfondies. Moins d’effets de montages que dans l’émission sur Stein, Farabet cette fois-ci laisse les différentes voix s’étaler sur un temps plus long. Outre la qualité des explications, les lectures sont magnifiques, d’abord avec François Périer et Farabet dans la première partie, puis, surtout, Michael Lonsdale dans la seconde.

Théâtre populaire Juin 44 - L’épidémie (14/07/1961 France II Régionale) 
de Octave Mirbeau
réalisation Roger Dathys 
Un triste constat : le manque d’originalité de cette programmation. En plus de ratisser tous les programmes sur le féminisme, les Nuits ont commencé à ratisser dans les archives tout ce qui peut traîner sur les épidémies, tout ce qui peut être mis en relation avec l’actualité la plus chaude.
Voir notamment la diffusion du « Hussard sur le toit », dont les qualités ne sont pas les raisons premières de leur programmation (les vraies raisons : misère de la production actuelle, tant sur le plan intellectuelle que financière, et parallèle avec la situation sanitaire actuelle).
Cet acte laborieux de Mirbeau met en scène des notables qui décident au cours d’un conseil municipal de ne voter aucun crédit pour juguler une épidémie de typhoïde qui sévit dans l’armée. Mais c’est la panique lorsqu’ils apprennent qu’un bon bourgeois vient d’être touché et les crédits sont débloqués illico.
« Farce féroce » soit, mais dont la lourdeur des intentions annule tout effet comique.
Les interprètes : Robert Vattier, Roger Weber, Tristan Sévère, Georges Cusin, Georges Adet, Jean-Louis Maury, Pierre Stephen, Pierre Ferval, Marcel Alba, Armand Vallé-Valdy
Cette pièce d’une demi-heure était programmée en complément d’une autre pièce, « Dansons la Carmagnole », « farce en marge de la Terreur » d’un certain « J. Kravetz » (?) d’après l’Inathèque, et que les nuits ont coupée.

Curly 

Curly

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Le Brésil - Flaubert - La nuit du chasseur - Ven 12 Fév 2021, 19:09

La matinée des autres - La révélation du Brésil (30/03/1982) 
par Olivier Germain-Thomas
avec Gisèle Cossard, Naïm Kattan et René Depestre
réalisation André Mathieu
L’introduction laisse augurer le pire : le rapport au Brésil qu’entretiennent successivement une universitaire française qui a vécu en Afrique puis au Brésil, un écrivain québecois ayant transité lui aussi par l’Afrique, et un poète haïtien.
Or, l’heure qui suit, de loin le meilleur de l’émission, laisse la parole à Gisèle Cossard, qui va nous emmener dans une cérémonie de candomblé, qu’elle va expliquer par le menu, revenant sur les significations et le déroulé de l’évènement. Le candomblé montre le croisement qu’il y a au Brésil entre le catholicisme européen et les religions africaines. Une heure environ où le producteur laisse Gisèle Cossard s’exprimer avec générosité. Elle raconte aussi son parcours personnel particulièrement atypique, avec beaucoup de pudeur. En tant que mère de saint, elle affirme avoir plongé dans cette religion, « parce que ça marche ». Sous-entendu, elle permet à chacun de se découvrir soi-même.
Les deux entretiens qui suivent sont plus brefs, surtout celui avec Naïm Kattan. Ils ne rajoutent pas grand-chose à ce qu’a dit auparavant Gisèle Cossard, et ont même tendance à servir quelques clichés sur le Brésil.

                                                                                            

Analyse spectrale de l'Occident - Flaubert (13/02/1965) 
par Pierre Sipriot
avec André Maurois (romancier, biographe, conteur, essayiste, académicien), Marie-Jeanne Durry  (universitaire, poétesse), François-Régis Bastide (écrivain, diplomate,  éditeur, homme de radio), Camille Bourniquel (poète, romancier,  peintre), Christian Murciaux (écrivain) et Philippe Sollers (écrivain)
lectures Silvia Monfort, Jean-Paul Moulinot et Jean-Marie Fertey
Plusieurs essais entrecoupés de lectures, puis une table ronde.
Cette Analyse ne revient que sur quelques aspects de l’œuvre, et en tout premier lieu la jeunesse de Flaubert, ainsi que sa correspondance. C’est Flaubert par lui-même, et aussi par ses proches, comme ce portrait de lui dressé par Maxime Du Camp qui raconte leurs premières rencontres.
Lecture d’un extrait de « La tentation de Saint Antoine »
Après une présentation de Pierre Sipriot, André Maurois raconte le procès de Madame Bovary.
La vie de Flaubert est décrite comme terne, l’auteur se projetant dans ses personnages, comme Madame Bovary dans ses lectures.
Ensuite un parcours à travers sa correspondance, lue par Jean-Paul Moulinot, dans lequel s’intercale un extrait de Madame Bovary lu par Sylvia Monfort.
Autre essai ensuite, celui de Marie-Jeanne Durry qui compare les différents états de « L’éducation sentimentale ».
 Enfin, la partie la plus stérile, mais qui se suit avec amusement, un petit débat avec quatre écrivains, Camille Bourniquel, Christian Murciaux, François Régis Bastide et Philippe Sollers, ce dernier mettant un peu d’animation en lançant des assertions qui ont le pouvoir de liguer ses trois compagnons contre lui.

                                                                                                        

Mardis du cinéma - Charles Laughton : La nuit du chasseur (27/01/1987) - pas de lien pour la diffusion du 8 février 2021
par Colette Fellous
réalisation Christine  Berlamont 
avec Jean-Claude Romer, Michel Nuridsany, André S. Labarthe, Raymond Bellour, Laurence Gavron et la petite Marianne.
Beaucoup d’extraits du film tapissent l’émission, avec un son de qualité médiocre, puisque enregistré sur un téléviseur d’époque. Autre document diffusé, quelques extraits d’un entretien de Robert Mitchum avec Claude Ventura et Philippe Garnier diffusé dans l’émission tévé Cinéma, cinémas en juillet 82. Il y raconte ce que les deux intervieweurs veulent entendre, avec concision et lassitude.

Lecture d’extraits du roman éponyme de Davis Grubb lus par Yves Fabrice. Extrait d’un article de Marguerite Duras sur le film, lu par Jacqueline Taos.

Le film n’a pas été vu depuis un bon moment par certains des intervenants. Ajouté aux platitudes et autres théories fumeuses, cela donne un Mardis du cinéma raté dans toute sa longueur.
Le film est « d’une complexité invraisemblable ». Une complexité qui est difficile à saisir lorsque l’on se base sur des souvenirs plus ou moins lointains.
Certains tentent de se souvenir de ce qu’il y a dans le film, ce qui pour nous présente un intérêt nul, d’autres ont quelques souvenirs des inspirations de Charles Laughton, de la référence à l’expressionnisme et à Griffith. Et d’autres aussi s’enferment dans des théories psychanalytiques. André S. Labarthe pense que la descente du fleuve par John et Pearl est un voyage vers la mère, avec le jeu de mots mer/mère, un grand classique des psys… mais il ne sait plus si finalement les deux enfants descendent ou remontent le fleuve. Il s’en tire par une pirouette : s’ils remontent le fleuve ils vont vers la source.
Autre association qui surprend, celle avec la musique de Mozart. La surprise est de courte durée car l’association entre les deux est ténue. La présence des forces du bien et des forces du mal, on la retrouve tellement dans une telle quantité d’œuvres, que tout cela paraît bien pédant.
Quelques informations par-ci par-là sur le tournage, mais le bilan est maigre.
La misogynie du réalisateur est plaquée rapidement sur le film, sans tenir compte du personnage de Lillian Gish.
Il nous est dit simultanément que le film doit impérativement se voir en v.o (le contraire aurait été surprenant) et que Gish est doublée par Denise Grey, qui est un choix pertinent puisque les deux actrices ont le même âge.
Lorsque certains racontent le film ou chantent la chanson de Robert Mitchum dans le film, c’est absolument inintéressant. Aucune analyse ne va très loin, et toutes les références à la Bible, qui abondent dans le film, sont passées à la trappe.
Autres remarques calamiteuses, celles, nombreuses, sur les références au conte de fée. D’après les intervenants, c’est un conte original car il contient de nombreux éléments effrayants. Or, ce film est exactement un conte de fée, il suit la trame d’un conte tout à fait classique, la cruauté étant inhérente au conte. Certains contes de Perrault sont bien plus atroces.
Que le film soit merveilleux, formidable, qu’il soit le plus grand film du monde comme on l’affirme à plusieurs reprises dans l’émission, c’est bien joli, mais cela sent fort le remplissage.
Quelques remarques sur le rêve, le passage du temps, la figure du père et de la mère sont bienvenues, mais hélas lors de survols rapides de quelques secondes.
On nous dit aussi à la fin que Charles Laughton est mort sans avoir pu venir à bout de son second film qui aurait dû être « Les nus et les morts », réalisé finalement par Raoul Walsh quelques années plus tard en 1958.
Or, la réalisation de « Les nus et les morts » lui fut retirée par les producteurs.
Et Charles Laughton est mort en 1962.

                                                                                                                                                                                                                                               
                                                                                                                                                                                                                                            Chick Corea (1941-2021)

Curly 

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Bénarès, d'eau et de feu - Eugen Fried & Les inconnus de l'Histoire - Jeu 18 Fév 2021, 20:13

La matinée des autres - Bénarès, d'eau et de feu (25/03/1986) [Proposition d'écoute du 28/02 au 02/03/2021]
par Claude Dupont - avec Pierre Amado, Loknath Battacharya, Bhadra Mishra Veer et Lannick Corre  - lecture Jean Negroni - réalisation Jean-Claude Duval 
Reportage à Bénarès, en compagnie de Pierre Amado. Le producteur, Claude Dupont, aligne quelques clichés de carte postale, mais ce ne sont que billevesées en regard des différentes descriptions, des explications des mythes et cérémonies, qui sont mêlés avec les bruits de la ville (mixage de Yann Paranthoën). Il est aussi question de la pollution, notamment sonore.
Le centre du documentaire, plus que Bénarès, s’avère être finalement le Gange.


Les inconnus de l’Histoire -  Eugen Fried
par Jean Montalbetti - réalisation Jean-Claude Loiseau
Pas de lien, diffusion du 9 au 12 février 2021
Une triple enquête fouillée sur Eugen Fried qui se révélera finalement quadruple. Grand travail de montage, avec pour chaque numéro le croisement des différents témoins autour des trois périodes racontées. Les historiens Stéphane Courtois et Annie Kriegel apportent une certaine distance dans leur analyse. Souvent les récits sont lacunaires, il est difficile de tout savoir d’un tel travailleur de l’ombre.
Les trois périodes :
- la jeunesse, la période tchèque et l’arrivée en France de celui qui sera connu sous le nom de Camarade Clément.
- les années 30, où Fried sera, en tant que représentant de l’Internationale Communiste, le cerveau de Maurice Thorez, qu’il dirige en sous-main, l’entente étant très cordiale entre les deux hommes, Fried épousant même la première femme de Thorez.
- 1939 : la fuite en Belgique, et les conséquences du pacte germano-soviétique.
La quatrième partie, manifestement non prévue au départ, est une tentative de démêler les circonstances de l’assassinat de Fried. Jean Montalbetti confronte les différentes versions des témoins de seconde ou troisième main encore en vie, et se rend en Belgique sur les lieux du drame.
Un premier bémol, tout petit : les petites virgules percussives qui servent d’enchaînements entre les séquences ne sont pas très légères, d’autant plus qu’elles sont trop souvent répétées.
1- Enquête sur un Juif  hongrois engagé dans la Révolution (25/11/1983)
avec Annie Kriegel, Stéphane Courtois, Philippe Robrieux, Ilios Yannakakis, André Ferrat, Marie Birnbaum et Artur London
2- Enquête sur l’homme de Staline dans l’ombre de Thorez (02/12)
avec Annie Kriegel, Stéphane Courtois, Philippe Robrieux, Ilios Yannakakis, André Ferrat, Jean Chaintron et Marie Birnbaum - Avec en archives, les voix de Maurice Thorez, Léon Blum, Jacques Doriot et Marcel Cachin
3- Enquête sur le délégué de l'Internationale communiste pour l'Europe occupée (09/12)
avec Claude Coussement, Stéphane Courtois, José Gotovitch, Philippe Robrieux, Marie Birnbaum, Charles Tillon, Lucette Bouffiout et Raymond Dallidet
4- Enquête sur la mort d'un délégué du Komintern (16/12)
avec Claude Coussement, Lucette Bouffiout, Stéphane Courtois, Annie Kriegel, Raymond Dallidet, José Gotovitch, Marie     Birnbaum, Artur London, Charles Tillon et Philippe Robrieux

Un second et dernier bémol, moins petit cette fois-ci : la troisième partie a été amputée de son début. Pas de générique, ni présentation. Disparu aussi, le montage mené à un rythme enlevé d’archives de l’époque, qui vient ouvrir chaque émission.
Que manque-t-il ? L’Inathèque indique une durée de 1h10, et dans les Nuits nous en sommes à 55mn.
Ajoutons à cela qu’il n’y a aucune page de présentation sur le site. Voilà comment est desservie une émission qui représente ce que France Culture peut proposer de mieux.

Du coup, voici les 11 autres « Inconnus de l’Histoire » diffusés dans les Nuits, tous sont de bonne compagnie, certains ont déjà été évoqués dans ce fil :
- Lucie Colliard - 24/02 , 02/03 & 09/03/1984
- Guillaume Le Maréchal - 16/04 & 23/04-1982 -  Les Nuits n'ont diffusé que les deux premières parties. Manque la dernière.
- Oussama Ibn Munqidh - 23/12 , 30/12/1983 & 06/01/1984
- Jean Allemane - 11/03 , 18/03 & 25/03/1983
- Isabelle de Jérusalem - 24/09 , 01/10 & 08/10/1982 - autre diffusion plus récente les 06, 07 & 08/02/2018, sans lien...
- Gilles de Gouberville - 15-01 & 22/01/1982
- A Byzance, quand l'Empereur était une femme - 02/07 , 09/07 , 16/07 & 23/07/1982
- Alexandre Privat d'Anglemont - 11/11 & 18/11/1983
- Arminius Vambéry - 07/05 & 14/05/1982
- Bernard Groethuysen - 13/01 (lien vers la diffusion de 2019, pas de lien pour celle du 24/03/2020), 20/01 & 27/01/1984
- Flavius Arrien - 16/03 , 23/03 & 30/03/1984 (pas de lien pour la diffusion du 29, 30 & 31/12/2020)

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Le Tour de la France par deux enfants (1976) - Des papous dans la tête à Clermont-Ferrand (2010) - Mer 24 Fév 2021, 13:02

Complément musical :
Pour faire suite à ce qui a été évoqué ici et diffusé ,  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/20333-23.02.2021-ITEMA_22582958-2021M36310E0027.mp3 " debut="25:47" fin="55:44"]
« Bitter Ending »
Les Swingle Singers  
Roger Guérin, trompette
Pierre Gossez, saxophone alto
Jean-Louis Chautemps, saxophone ténor
Jacques Cavallero, basse
Marcel Sabiani, batterie
Direction, André Hodeir
(Enregistré à la Maison de la Radio à Paris, en septembre 1972)


Le Tour de la France par deux enfants
– pas de liens, diffusion dans les Nuits du 04/01 au 04/02/2021
de G. Bruno (Augustine Fouillée) - adaptation Sylvie Albert - réalisation Guy Delaunay

Le choix du texte est surprenant. C’est un livre de « lecture courante » sous-titré « devoir et patrie », publié en 1877, et qui glorifie notre Patrie malmenée par les Prussiens  en 1870-71, et qui fait découvrir à la jeunesse les richesses de notre patrimoine et la profonde humanité de nos bien chers compatriotes.
Un texte marqué par le passage des ans, qu’il est difficile de lire aujourd’hui sans un regard critique.
Or, l’adaptation qui en est faite est nulle : le texte est gardé intact, seulement quelques chapitres ont sauté, et Michel Bouquet interprète le tout au premier degré, et dans sa plongée dans le texte il embarque l’auditeur avec lui. Interprétation magnifique, où les instants dramatiques, les découvertes, les apprentissages que font les deux enfants lors de leur traversée de la France, prennent des nuances inattendues. Quelques effets sonores discrets signés Joé Noël.
Bien sûr, chaque épisode contient sa leçon de morale, celle-ci étant lue, ainsi que les titres des chapitres, par Nathalie Nerval.
André et Julien viennent de perdre leur père et leur patrie, puisqu’habitants en Alsace Lorraine. Les orphelins vont traverser la France pour rejoindre un parent à Marseille, retrouvant ainsi leur famille et leur patrie. Sur le plan symbolique, tout est fait pour être bien compris de tous, y compris des enfants de la Troisième République auxquels l’histoire s’adresse.
Chaque épisode, d’une vingtaine de minutes, est construit en deux temps : d’abord l’histoire puis des « compléments musicaux », qui commentent l’action. Ces musiques sont variées, certaines choisies pour leur atmosphère, en lien avec les chapitres qui viennent d’être lus, et d’autres plus directement en relation avec le texte, comme les chansons ou les musiques folkloriques.

Les 24 épisodes, avec leurs illustrations musicales.

1- Le départ d'André et de Julien (02/08/1976)
Introduction & marche funèbre de Darius Milhaud, dirigé par le compositeur
2- Les préparatifs d’Étienne le sabotier - Les adieux - Les enfants d'une même patrie (03/08)
Symphonie Altitude, second mouvement « Le jardin vertical »,  de Jean Martinon, Chicago Symphony Orchestra dirigé par le compositeur
3- L'ordre dans les vêtements et la propreté - L'hospitalité de la fermière lorraine (04/08)
Sonate bucolique de Henri Sauguet par Jean-Marie Londeix (saxophone) et Pierre Pontier (piano)
4- Arrivée d'André et de Julien à Épinal - Le moyen de gagner la confiance (05/08)
Pièces pour piano de Erik Satie par Aldo Ciccolini
5- Les moyens que l'homme emploie pour mettre en mouvement ses machines - Un ouvrier inventeur (06/08)
Octonaire de la vanité et inconstance du monde de Claude Le Jeune par l’Ensemble Jacques Feuillie
6- La Haute-Saône et Vesoul - Le voiturier jovial - La confiance imprudente (07/08)
Chansons à boire françaises par l’Ensemble d’instruments anciens dirigé par Michel Sanvoisin et Chevaliers de la Table Ronde par Zappy Max et Aimable & son orchestre
7- Le cheval - Qualités d'un bon cheval - Soins à donner aux chevaux (09/08)
Airs populaires du Jura par le Groupe folklorique La Gentiane dirigé par Jean Cuenin
8- Le travail du soir dans une ferme du Jura - Les ressorts d'horlogerie - Les métiers à tricoter - L'étude du dessin - Utilité de l'instruction (10/08)
Extrait de la Symphonie n°101 « L’horloge » de Haydn par l’Orchestre Philharmonique de Berlin dirigé par Karl Richter
9- André et Julien sur le marché de Mâcon - Les profits de la vente - L’honnêteté dans le commerce (11/08)
Suite française de André Jolivet, troisième mouvement, Orchestre Colonne dirigé par le compositeur
10- La plus grande usine de l'Europe : Le Creusot - Les hauts fourneaux pour fondre le fer (12/08)
Le pas d’acier de Prokofiev Orchestre Symphonique de la Radio de l’URSS, dirigé par Guennadi Rojdestvenski, « les usines n’ayant pas inspiré les compositeurs français »
11- Une ferme dans les montagnes d’Auvergne - Julien et le jeune vannier Jean-Joseph - La  veillée (13/08)
Chants populaires d’Auvergne par José Rou et l’auvernha tournidjaire
12- Lyon vu le soir - Le Rhône, son cours et sa source (14/08)
Airs du Dauphiné et du Vivarais par le groupe folklorique Empy et Riaume de Romans dirigé par Marie-Madeleine Bouvier
13- Les mûriers et les magnaneries du Dauphiné (16/08)
Extrait de Mireille de Gounod dirigé par Jésus Etcheverry
14- La guérison de Julien - Le chemin de fer – Grenoble et les Alpes du Dauphiné (17/08)
Extrait de Pacific 231 de Arthur Honegger, Orchestre National dirigé par Jean Martinon
15- Les ports de Marseille - Ce qu'André et Julien demandent à Dieu (18/08)
Patrie de Georges Bizet par l’Orchestre National dirigé par Charles Munch
16- Brusquerie et douceur - Le patron du bateau "le Perpignan" et Julien (19/08)
L’horizon chimérique, mélodies de Fauré sur des poèmes  de  Jean de La Ville de Mirmont par Gérard Souzay et Dalton Baldwin
17- Lettre de Jean-Joseph. Réponse de Julien - L’Océan, les vagues, les marées, les tempêtes (20/08)
Suite en fa de Albert Roussel Orchestre Lamoureux dirigé par Charles Munch
18- Les lumières de la mer - La mer phosphorescente, les aurores boréales, les phares (21/08)
Chants de marins par Albert  Kerbonne et Jo La-Re-Do à l’accordéon
19- Le naufrage - Égoïsme et dévouement (23/08)
Symphonie marine de Jacques Ibert, City of Birmingham Orchestra dirigé par Louis Frémaux
20- Le noyé et les secours donnés par Guillaume (24/08)
Chansons par le groupe folklorique Picardie
21- La couverture de laine pour la mère Étienne - Reims et les lainages (25/08)
Récit et choral de Georges Delerue par Pierre Cochereau et Roger Delmotte
22- Les Halles et l’approvisionnement de Paris - Le travail de Paris (26/08)
Suite de François Francœur, Orchestre Jean-François Paillard  
23- La ferme du père Guillaume dans l'Orléanais - Les ruines de la guerre (27/08)
Concert champêtre de Francis Poulenc par Robert Veyron-Lacroix au clavecin, Orchestre National dirigé par Jean Martinon
24- Le bonheur par le travail - Tout est bien qui finit bien (28/08)
Rédemption de César Franck, Orchestre National de Belgique dirigé par André Cluytens

                                                                                    Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 32 Opera777

Des papous dans la tête - Clermont-Ferrand
– pas de liens, diffusé dans les Nuits les 13/02, 15/02 & 20/02/2021
par Françoise Treussard - avec Hervé Le Tellier, Lucas Fournier, Serge Joncour, Patrick Besnier, Dominique Muller, Patrice Delbourg, Patrice Caumon et Eva Almassy - réalisation Claude Giovannetti 
1- 04/04/2010
2- 11/04
3- 18/04
Les Papous en 2010 se maintenaient encore dans une forme certaine, surtout en public, malgré quelques longueurs, car les papous ne sont pas toujours également inspirés. Mais ils sont bien galvanisés par le public de l’amphi de la fac de droit et d’économie.
Quelques classiques, comme les grands airs des aires de repos, qui ouvrent chacune des trois parties - très réussis -, des homophonies approximatives ou « le clavecin bien trempé », un sublime roman interactif à base ronds-points, et un experts contre faussaires sur un texte de Vialatte.
Par contre, les aventures de Jacques Derrida en rugbyman dans la première partie, sont longues et laborieuses.

Des textes écrits en publics :  quatre romans ayant l’obligation d’intégrer en leur sein des phrases de Vialatte et des genres imposés (1ère partie), et des « folies mnémotechniques » (2nde).
Aussi, une tragédie grecque musicale, « La dixième symphonie de Beethoven ».
Et plein de quatrains montagnards.

La troisième partie propose quelques restes de l’enregistrement public, suivis d’un retour en studio d’une vingtaine de minutes.
Ce retour en studio marque un recul qualitatif net, heureusement rehaussé par la présence de Jean-Bernard Pouy. Remplissage avec pas moins de deux chansons, Higelin chante Trenet, et  Brigitte Fontaine.
Un petit rimailleur illustré pas parmi les plus inspirés, avec Gérard Mordillat et Patrice Minet, contrôlés par Jacques A.Bertrand et Serge Joncour.
Et enfin, la conférence de presse de Jean-Bernard Pouy qui va répondre aux questions des journalistes Dominique Muller, Patrice Minet, Patrick Besnier et Patrice Delbourg.
Le personnage : Ladislas Brizard, qui a retraduit en français de grandes œuvres de la littérature française signées Saint Exupéry, François Mitterrand et André Breton, en les améliorant.

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