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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 20 sur 39

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Racine, la suite - René Caillié - Michelet par René Jentet - Jacques le Fataliste - Dim 22 Sep 2019, 12:15

Jean Racine 2/2
Lectures a une voix - Britannicus (13/09/1956 Chaîne Nationale)
Par Michel Polac - Lecture Jean Marchat (Sociétaire de la Comédie Française) - Réalisation Guy Maxence

Phèdre (14/07/1947 France III Nationale)
Par la Compagnie Marie Bell - Mise en scène de théâtre Jean-Louis Barrault - Interprétation Jacques Dacqmine (Hippolyte fils de Thésée), Jean Chevrier (Théramène), Louise Conte (Oenone), Marie Bell (Phèdre), Denise Noël (Aricie), Josette Harmina (Ismène), Nadine Marziano (Oenone) et Maurice Escande (Thésée) - Réalisation Jean Serge
Il existe une autre version en studio (16/07/1953) avec une distribution quasi identique, dans une réalisation de Jacques Reynier. (Diffusée dans les Nuits mais plus disponible à l'écoute.)

Deux petites merveilles : l'interprétation est passionnée, les acteurs ont du coffre,  à l'exception de Denise Noël (Aricie) qui chevrote de manière un peu ridicule.
Britannicus : Jean Marchat, selon le principe de l'émission, joue tous les rôles, et comme souvent dans cette série, l'acteur maîtrise parfaitement son texte. L'acteur est progressivement pris par le texte, la machine s'emballe et c'est de la haute voltige.
Pour "Phèdre", il s'agit d'une version enregistrée en studio (à Montevideo ?). Au moment de la diffusion en France de la pièce, le 14 juillet, la troupe est censée la jouer à Montevideo. Avec le décalage horaire cela paraît peu évident.
La présentation de Jean Cassou, qui enfile les perles, est insupportable.
Mais les acteurs n'ont pas peur d'y aller franchement dans le bruit et la fureur.

Terre des merveilles - Le voyage à Tombouctou 1ère partie (10/04/1984) , 2ème partie (17/04) , 3ème partie (24/04) & 4ème partie (08/05)
Par Marie-Hélène Fraïssé - Avec Alain Kerjean - Texte "Voyage à Tombouctou", de René Caillié - Lecture Jacques Frantz - Réalisation Eliane Milhaud
Jacques Frantz lit quelques passages du journal de René Caillé, tandis qu'Alain Kerjean, qui a refait le voyage, ajoute quelques commentaires. Une belle lecture certes, mais qui laisse sur sa faim : tout est très fragmenté, enrobé d'une nappe musicale continuelle, et pas toujours pertinente (les synthés…)

Deux autres merveilles :
Anniversaire Michelet - Les dossiers de l'histoire, un homme devant l'histoire (19/06/1967)
Par Denise Centore - Avec Alain Cuny, Patrice Galbeau, Jean Negroni, Jean-Roger Caussimon, Sylvie Artel, Edith Loria et Jean Topart - Réalisation René Jentet
Une émission qui, sur le plan de la réalisation et de l'interprétation est d'une grande virtuosité. Le premier quart d'heure qui balaie les deux premiers volumes de l'Histoire de France est un voyage dans le temps et dans l'espace. Un extrait : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-13.09.2019-ITEMA_22147969-2.mp3" debut="06:08" fin="12:02"]
On dépasse de beaucoup l'ambition originelle, l'évocation de la vie et de l'œuvre de Michelet, à travers ses textes, ses méthodes de travail, et les souvenirs de Chateaubriand.
Les soldats du roi Pharamond (Les Martyrs, Chateaubriand) par Jean Topart : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-13.09.2019-ITEMA_22147969-2.mp3" debut="47:19" fin="50:35"]


Le (vrai) feuilleton de cette quinzaine, dont il a déjà été question ailleurs.
Jacques le Fataliste et son maître 1/10 (11/11/1963 RTF Promotion)
De Denis Diderot - Adaptation Roger Pillaudin - Bruitage Robert Maufras - Interprétation Jean-Pierre Cassel (Jacques), Jean-Roger Caussimon (son maître), Judith Magre, Maurice Nasil, Jacques Morel, Yves Peneau, Jean Péméja, Pierre Peyrou et Jacques Dumesnil (Diderot) - Réalisation Henri Soubeyran
En dix épisodes de durées variables, le récit de Diderot, à la radio, n'a presque pas besoin d'être vraiment adapté, seulement coupé par ci par là. Les longs dialogues entre Jacques et son maître, les récits interrompus, tout passe comme sur des roulettes. L'équipe s'est même permis d'en rajouter un peu, puisque Jean-Roger Caussimon dans les trois derniers épisodes est remplacé par un autre acteur, qui interprétait déjà un personnage secondaire dans le feuilleton.
L'ensemble est enlevé, dynamique, c'est-à-dire le contraire du feuilleton de la semaine, "Les anneaux de Bicêtre", où France Culture a réussi une véritable gageure : rendre Simenon soporifique. Bravo !

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L'Irak - Temps mort - Panaït Istrati - Le Fantôme de l'Opéra - Ivanov - Dim 06 Oct 2019, 00:57

Samedis de France Culture - Irak, le dieu caché 1- L'Euphrate (20/05) 2- Le Tigre (27/05/1978)
Par Hélène Tournaire - Avec Pierre Rossi - Réalisation Georges Peyrou
Une visite à travers le pays : calme et sérénité en Irak, mais en 1978.
Pierre Rossi raconte avec beaucoup de passion la civilisation mésopotamienne : traversée sonore avec des arrêts, non seulement dans des lieux sacrés (existent-ils encore aujourd'hui ?), mais sur la langue, l'épopée de Gilgamesh, la religion, l'histoire, la musique (l'oud, les maqâm), quelques lectures par Med Hondo, et un peu par Anouck Ferjac, surtout de textes d'auteurs du XXème siècle (Badr Shakir al-Sayyab, Mahdi Issa al-Saqr, Abd al-Wahhab Al-Bayati...)
L'émission en tout dure un peu plus de 4h20, mais on la trouve trop courte tant finalement la variété des sujets abordés pouvait permettre de nombreux développements.


Atelier de Création Radiophonique - Temps mort (12/03/1974)
Par Jacques-Pierre Amette, Andrew Orr, Alain Sotto et René Farabet - Avec Helena Manson et Pierre Santini - Réalisation Anne-Marie Abou, Albert Morin et Viviane van den Broek
Tiens, le petit nouveau des nuits, dont la présentation est d'une indigence qui tranche totalement avec l'émission présentée (le choc est rude), a déniché une émission sociopopo pour meubler la nuit.
Il la trouve déroutante. Normal, c'est un ACR de 1974 donc : de l'humour en lieu et place du pathos attendu par le p'tit bleu et des inventions sonores au lieu de l'analyse clairvoyante du sociologue de service qui pourrait nous aider à bien penser le monde. Non, ici c'est plus compliqué, on n'arrive pas à comprendre quelles leçons il faut tirer de tout ce bouzin afin de réinventer la société.
Le chômage en 1974 n'a pas encore l'ampleur qu'il aura peu de temps plus tard... et les récits de chômeurs (pas de sociopopos du tout) sont parfois de savoureux numéros : celui qui décortique le phénomène du chômage en dégustant une glace, celui qui vante les vertus du chômage, moment où il a pu enfin profiter de sa vie...
Les agences pour l'emploi sont de belles machines à broyer, sorties d'un roman de Kafka.
Les lectures des définitions au début et des différentes petites annonces ramènent le chômage à un problème froidement administratif, alors que le racisme des employés de l'agence, et la souffrance, quand même, de certains chômeurs, sont perceptiblement humains.
La fin de l'ACR se demande si tout cela ne va pas aboutir à un nouveau mai 68. Comme la révolte n'est pas ce qui caractérise ce que nous avons entendu, nous signalerons pour rassurer le p'tit jeune des nuits qu'il s'agit d'un trait certes déroutant, mais aussi quelque peu sarcastique.
Le temps mort est ce temps que l'on peut mesurer car on n'a rien d'autre à faire : une grande partie de l'émission est rythmée par le tic tac d'une pendule.


Anthologie étrangère - Panaït Istrati (27/09/1961 France III Nationale)
Par Georges Ribemont-Dessaignes - Textes Panaït Istrati - Lectures Françoise Fechter, Roland Bourdin et Jean-Roger Caussimon - Réalisation Georges Gravier
Parcours à travers la vie et l’œuvre d'un écrivain roumain déjà un peu oublié en 1961, découvert par Romain Rolland, et qui se présente lui-même comme un "écrivain amateur". Une vie plus ou moins vagabonde,  et un parcours politique un peu voilé par la présentation de Georges Ribemond-Dessaignes (il va devenir anti-communiste à la fin des années 20, période où le communisme en Europe a le vent en poupe) qui indiquera, sans rentrer trop dans les détails, que l'oubli de son œuvre est lié à son absence d'engagement dans une période où l'engagement politique est considéré comme essentiel.
F. Fechter et R. Bourdin lisent la présentation tandis que Jean-Roger Caussimon interprète les textes (c'est bien plus que de la lecture à ce niveau). Des histoires de mère battue, de trio amoureux, et de révolte des paysans face aux boyards.
L'émission se termine par un extrait de la fin des "Chardons du Baragan", qui est devenu aussi en 1981 un feuilleton radiophonique de tout premier ordre.
La fin tombe un peu à plat : juste après qu'un premier obus, envoyée par les boyards, est tombée sur les paysans, démarre le générique guilleret de l'émission, second obus qui vient anéantir l'intensité dramatique.


Deux très belles dramatiques :
Le Fantôme de l'Opéra (03/10/1964)
de Gaston Leroux - Adaptation Jean François Hauduroy - Bruitages Robert Maufras - Interprétation Danièle Ajoret (Comédie Française, Christine Daaé), Alain Cuny (Erik), René Farabet, Jean-Roger Caussimon (Le persan), Christian Lude (Firmin Richard, le nouveau directeur), Hubert Deschamps (Armand Monchardin le nouveau directeur), Jeanne Frederique, René-Jacques Chauffard, Raymond Pelissier, Raymond Jourdan, Micheline Bona, Dominique Jayr, Pierre Decazes et René Renot - Réalisation Claude Roland-Manuel

et

Théâtre populaire Juin 44 - Ivanov (02/06/1966)
d' Anton Tchekhov - Traduction Antoine Vitez - Interprétation Michel Vitold, Michel Galabru, Jean Negroni, Marcel Alba, Armand Vallé-Valdy, Pierre Ferval, Jean Daguerre, Raymond Jourdan, Robert Verany, Fanny Robiane, Catherine de Seynes, Katia Vaninka, Fanny Marette, Jane Val, Olga Nilza, Andrée Gire et Max Harry - Réalisation Arlette Dave

Du grand art. Dans les années 60, la radio française atteint la perfection dans la réalisation des dramatiques. La qualité du son est meilleure aujourd'hui, pas l'intelligence.
Dans Ivanov, le mélange entre le grotesque et le tragique est rendu de manière magistrale. Magistrale parce que justement les acteurs n'ont pas peur de jouer, ils n’ânonnent pas platement leur texte.
La réception chez les Lebedev (2nd acte) est un grand moment : beaucoup de personnages et une tension  dramatique croissante. Un tour de force, tout simplement parce que l'auditeur, pris par les personnages, ne s'en rend pas compte immédiatement.

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Un écran plus large qu'au cinéma : Le château aux mille couloirs de José Pivin - Dim 13 Oct 2019, 18:12

Extrait d’un article promotionnel de Téléramoche au sujet de Plan large, l’émission sur le cinéma, avec grosse photo du producteur en mode « gros melon ». Le cinéma ? La radio ? Non, moi moi moi le beau gosse.

Donc, extrait :
«... il déniche des extraits de films qu’il diffuse selon son bon plaisir, convaincu qu’ils en disent aussi long qu’un invité. Privé de l’image, nourri du son, l’auditeur fait appel à son imagination. (…) « Si j’arrive à placer certains auditeurs dans un état onirique, c’est formidable ! » ajoute Antoine Guillot. Qui partage l’avis d’Orson Welles : « A la radio, l’écran est plus grand qu’au cinéma. »

Orson Welles, carrément. Lorsque Welles a prononcé cette phrase, il ne pensait pas à de la radio qui diffuse des extraits de films avec un peu de blabla pour faire le lien. On peut aussi sourire en pensant à moult émissions de la même chaîne.
Une idée : pourquoi ne pas diffuser des films entiers à la radio. Que de créativité. Et puis on va dire que ça fait appel à l’imagination, et c’est emballé pour pas cher. En espérant que l’auditeur n’ait pas vu le film.
Miteux et prétentieux.

« L’écran plus grand qu’au cinéma » on le retrouve plutôt avec "Le château aux mille couloirs" de José Pivin, un conte de près de deux heures, diffusé pour les fêtes de fin d’année 1966.
Le début et la fin (très belle) suivent le schéma traditionnel du conte : un sabotier, dont la femme a disparu mystérieusement, vit avec sa fille Frédérique (Edith Scob) qui va être entraînée dans un château merveilleux par un jeune homme, Louvier (Pierre Vassiliu) qui souhaite retrouver la châtelaine. Il affirme qu'elle est sa mère, mais ce n'est pas sûr.
Alors que l’on pense que Frédérique va partir à la recherche de sa mère, l’on va se retrouver dans un château, à la recherche d’une châtelaine.
A la fin, José Pivin ne choisit pas la facilité : la châtelaine et la mère disparues ne sont pas la même personne. C’est mieux encore...
Dans le château à géométrie variable, plusieurs épisodes se succèdent, le plus important étant celui du fantôme noir (Roger Blin) qui crée ses fantômes en les gonflant comme des ballons.
On peut ajouter à cela un grillon colérique, une fantôme couturière, des draps magiques, de la confiture de cassis, une petite cuillère…
Pour la musique, José Pivin fait appel à un compositeur de choix, Georges Aperghis, avec qui il a plusieurs fois œuvré.
José Pivin a beaucoup écrit de contes dans les années 40, qu’il a réutilisés plus tard dans ses émissions pour France Culture, notamment dans la série « Fermez vos cahiers  ». Peut-être que ce Château aux mille couloirs est un mélange de plusieurs d’entre eux.


Le château aux mille couloirs (29/12/1966) de José Pivin
Interprétation Jean Topart (le narrateur), Edith Scob, Pierre Vassiliu, Marc Eyraud, Rosine Favey, Bernard Callais, Philippe Chauveau, Marie-Thérèse Arène, Sylvie Pelayo, Catherine George, Roger Blin, Jean Glénat et Nelly Borgeaud
Musique composée et interprétée par Georges Aperghis
Réalisation José Pivin

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Raymond Queneau - Joë Bousquet - Le Wasa - Paul Gégauff - Jeu 24 Oct 2019, 15:38

Chansons d'écrivains - Raymond Queneau
28/12/1952 , 04/01 , 11/01 , 18/01 , 25/01 , 24/07 /1953
Réalisation Jean Chouquet
Raymond Queneau présente ses textes, dits ou mis en chansons. Six émissions d’environ vingt minutes, chacune consacrée à un thème particulier.
Queneau explique brièvement certaines de ses règles d’écriture, ou parfois de réécriture : réutilisation de la structure d’un poème de Verlaine, ou d'un thème, comme dans « Si tu t’imagines ».


Deux émissions de Françoise Estèbe et Jean Couturier :
Joë Bousquet, l'inconnaissant
22 & 29 /10/1975
avec Alfred Ponsinet, Henriette Bousquet, René Nelli, Ginette Augier, Henriette Patau, Jean Cassou, Elsie et Poisson d'or  - Extraits de textes de Joë Bousquet, lus par Michael Lonsdale
Une fresque de trois heures : en 1975, les participants ont tous bien connu le poète, décédé en 1950. Les voix de sa sœur, ou de ses amours, se mélangent avec celle de René Nelli, qui aborde aussi l’aspect plus littéraire. La diversité des voix entendues, de celle, riche d’un magnifique accent du sud-ouest, de Nelli, ou celle plus désespérée de « Poisson d’or » qui conclut la seconde émission, sans oublier Michael Lonsdale, lecteur de poèmes ou lettres de Bousquet, et le rythme, lent et envoûtant, sans compter la réalisation de Jean Couturier et son usage de musiques synthétiques planantes, font tout le prix de ces deux émissions.
La vie de l’auteur est particulièrement romanesque : casse-cou et grand séducteur, il fut grièvement blessé durant la Première Guerre Mondiale et paralysé jusqu’à sa mort en 1950. Le personnage n’apparaît pas toujours séduisant ou attachant, mais il a manifestement exercé une fascination sur ceux qui l’ont connu : romantisme ténébreux, mysticisme… La vie et la mort pour lui ne font qu’un, et son éloge de l’ignorance donne son titre, un peu précieux, à l’émission.

Le Wasa(18/09/1976) - plus de lien, dernière diffusion le 03-03-2021
Même esthétique radiophonique donc, mais sujet totalement différent. Romanesque encore, certes, avec l’histoire d’un navire de guerre suédois du XVIIème siècle au destin tout aussi perturbé que celui de Joë Bousquet. Le navire coula après deux heures environ de navigation, dans le port de Stockholm.
L’émission raconte l’histoire du navire, sa construction, son naufrage, la remontée à la surface des canons puis du navire.
L’histoire est racontée par ceux qui ont découvert puis remonté le navire à la fin des années 50/début 60.
Précisions sur l’histoire de la plongée sous marine, la conservation des épaves, les techniques inventées pour remonter le Wasa qui, par les bienfaits de la mer baltique et du port de Stockholm, 350 ans après son naufrage, a été retrouvé quasi intact.


Surpris par la nuit - Paul Gégauff, une partie de plaisir (13/02/2007)
par Christophe Deleu - Avec Paul Gégauff, Danielle Gégauff, Claude Chabrol, Michel Subotzky, Jean-Baptiste Morain, Matthias Debureaux, André-Sylvain Labarthe et Jean-Baptiste Morin - Réalisation Anna Szmuc
Encore un casse-cou. Le portrait de l’écrivain et scénariste est plus conventionnel. Les témoignages sont hachés menus dans la peur d’endormir l’auditeur, qui du coup reste sur sa faim.
Personnage provocateur, dont le principal fait d’arme a été de se déguiser en soldat allemand en 1950 à l’occasion d’un bal costumé parisien-branché, il a accompagné surtout Claude Chabrol, dont il a écrit plusieurs films, le moins connu, « Une partie de plaisir » (1975), étant celui où il s’est le plus investi, en tant que scénariste et acteur principal, aux côtés de sa femme. Aux dires de Chabrol, Gégauff se prenait pour Robert Mitchum alors que madame comptait sur ce rôle pour faire carrière. Des récits de proches (sa femme, son fils, Chabrol) mais aussi d’un journaliste ayant fait une thèse sur Gégauff, pour la simple raison qu’il n’en existait aucune. Misères de la vie universitaire…
Écoute commentée de la fameuse scène du repas dans « Que la bête meure » : tout ce que crie Jean Yanne dans la séquence est ignoble, et Gégauff se délectait du fait qu’en même temps, tout était rigoureusement vrai, de la manière de faire réduire la sauce du rôti, au prix de la viande, en passant par la niaiserie du poème de sa femme. On entend aussi un extrait de la bande son de Week End de Godard, où Gégauff, cigare au bec, joue avec hargne et désinvolture une sonate de Mozart, avec commentaires personnels bien sentis. Dans le film, c’est un long plan séquence assez fatigant, comme souvent chez Godard.
Le personnage, démesuré, grossier et cultivé, provocateur et romantique, aurait pu donner matière à une émission de plus grande ampleur (voir plus haut).
Il meurt en 1983, assassiné à coups de couteau par sa maîtresse.

Pour une autre grande émission de Françoise Estèbe et Jean Couturier, consacrée à Fernand Deligny, cf encore plus haut.



Dernière édition par Curly le Jeu 27 Mai 2021, 20:23, édité 2 fois

Philaunet 

Philaunet
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Quand France Culture ressemblait à France Culture : Paris, 1991, Geneviève Huttin - Mer 30 Oct 2019, 15:20

"PARIS, litanie des cafés" ou la dérive de deux amants à Paris 1ère diffusion : 19/12/1991 (50 min) - Nuits 16/06/2018

Rendant hommage à Geneviève Hutin, la poétesse Véronique Pittolo écrit ceci :

"Je ne sais si l'autobiographie fut chez elle un pacte, un sacerdoce, une obsession… Loin des chemins balisés de l’autofiction, elle s’inscrivit dans une manière de vagabondage, une façon très personnelle d’habiter poétiquement les espaces. Depuis ''PARIS, litanie des cafés'', j’ai toujours relié son écriture mélancolique au climat d’un certain cinéma sentimental et intellectuel - (Rivette, Rohmer) - qui avait pour décor la grande ville, l’anonymat, les rencontres, le poème."


Quand Paris s'élevait à un universel poétique, grâce à une déambulation sonore habitée, à la lecture d'un texte à la prosodie proche de l'étonnement naïf, à des voix de la ville insérées avec beaucoup de tact et de grâce, et quand le silence était un matériau.

1991 | "PARIS, litanie de cafés" de Geneviève Huttin a été édité dans la collection Poésie des éditions Seghers au mois de mai 1991. C'est l'adaptation qu'elle en donnait cette même année sur France Culture que nous écoutons, dans une réalisation de Jacques Taroni. Interprétation : Françoise Lebrun, Jean Thibaudeau, François Garnier, Geneviève Huttin, Luis Mizon et Jean-Claude Schmitt.

Extraits : la presque fin (après avoir évoqué le monde des clochards) [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-22.04.2019-ITEMA_22042189-4.mp3" debut="41:57" fin="44:35"] et la fin avec une voix tellement (nuit) magnétique et une désannonce sur des cordes de Schubert [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-22.04.2019-ITEMA_22042189-4.mp3" debut="44:35" fin="49:35"]  

Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 20 Scree276
À la minute 45 il est question de l'Astro coiff, puis plus loin du Yang Tse.

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Curly

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Trois Ateliers de Création Radiophonique - James Joyce - Jules Supervielle - Mar 05 Nov 2019, 11:54

Atelier de Création Radiophonique :
- Confidences (25/04/1971)
par Colette Garrigues, René Farabet, Harold Portnoy et Robert Valette
Réalisation Janine Antoine et Viviane Van Den Broeck
Le thème permet d'accueillir une grande variété de pièces qui sont parfois mélangées.
1- Deux courtes pièces de musiques concrètes - Radio Bremen (compositeur inconnu) et le GRM avec une pièce de François Bayle, Solitude.
The Private moment par et avec Lee Strasberg
L'homme qui parle tout seul de et par Roland Dubillard, disponible d'un seul tenant par ailleurs .
Les différents éléments sont combinés ensemble. Le témoignage d'un "ilote niçois" complète le tout.
2- Samedi soir, Bals (Prix Ondas 1970) par Jean Thibaudeau et Colette Garrigues
Reportage en partie scénarisé par ses auteurs. Cette seconde partie se distingue par son montage haché, fragmenté. Les témoignages se superposent à un rythme parfois effréné, pendant que Jean Thibaudeau essaie de séduire Colette Garrigues...
Retour de Lee Strasberg et de son Private Moment. Il s'agit de travailler la concentration des acteurs en leur faisant jouer sur scène un moment de leur intimité.
3- La Fêlure de Francis Scott Fitzgerald lue par Denis Roche, accompagné d'enregistrements de Bix Beiderbecke.
Un ACR particulièrement riche donc et dont le charme réside dans le collage d'éléments hétérogènes, comme le niçois qui mal y pense inséré en plein mitan de la musique concrète.


- Trans-Parant (09/10/1977)
par René Farabet - Avec Jean-Luc Parant, Titi Parant, Marie-Sol Parant, Sibylle Parant, Alain Borer, Michel Butor, Michel Camus, Jean Clareboudt, Gérard Durozoi, Patrick Garcia, Jean-Marie Le Sidaner, Bernard Noël, Georges Raillard, Michel Sicard et Michel Vacher - Réalisation Marie-Ange Garrandeau
Un excellent exemple d'ACR qui frise constamment avec l'inaudible. Tout cela est alambiqué, brillant, et dur.
Jean-Luc Parant, ses boules et ses textes sur les yeux. Les cinquante dernières minutes, où Parant psalmodie son texte sur les yeux, ne frise plus l'inaudible, il le dépasse.

- Le rouge et le blanc (07/05/1972)
Par René Farabet, Robert Georgin et Jean-François Vallée - Avec Nicolas Ruwet, Pierre Smith, Dan Sperber, Claude Levi-Strauss, Gilles Archambault et Jacques Larue-Langlois - Textes de Michel Butor, William Eastlake, Leslie Fiedler, Claude Lévi-Strauss et Maurice Roche - Lectures Maurice Roche - Réalisation Janine Antoine, Janine Groléas et Viviane Van Den Broeck
La relation entre amérindiens et européens, entre la notion de nature et de culture, les différents mythes amérindiens, les explications et de Claude Levi-Strauss, que l'on entend longuement, surtout durant la dernière heure, et d'un indien qui parle de la vie dans les réserves.
La dernière heure semble moins construite, le dialogue avec Claude Levi-Strauss y prend toute la place, coupée juste par quelques intermèdes musicaux (Indian Queen de Purcell).

Un homme une ville - Michel Butor sur les traces de James Joyce à Dublin
1 - 01/12/1978
2 - 08/12/1978
par Thierry Garcin -  Avec la voix de James Joyce lisant Finnegans Wake (document phonothèque de la radio irlandaise) - Réalisation Danielle Fontana-Rosa
Un numéro particulièrement réussi. Première partie consacrée à "Ulysse", seconde à "Finnegan's Wake". Les explications de Michel Butor sont d'une grande clarté.

Théâtre populaire Juin 44 - La Belle au bois (28/12/1951 Chaîne Parisienne)
De Jules Supervielle - Présentation Maurice Bertrand - Interprétation Jean Davy, Germaine Dermoz, Arlette Thomas, André Burgère, René Hiéronimus, Olga Nilza, Pierre Ferval, Odette Brianne et Andrée Gire -  Réalisation Roger Dathys
Une belle dramatique, comme souvent dans la série "Théâtre populaire juin 44". Jules Supervielle mélange les personnages de différents contes de Perrault. Le Chat botté est amoureux de la Belle au bois, mais celle-ci a la bonne idée de tomber amoureuse de Barbe Bleue.
Petite correction : Supervielle ne "mélange pas" les personnages des contes, suis-je bête, il les "réinvente"...

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Robert Flaherty - Grégoire & Amédée - Les Décraqués - Jean Anouilh - Sacha Guitry - Geneviève Huttin & Catherine de la Clergerie - Mer 13 Nov 2019, 08:18

Atelier de Création Radiophonique - Robert Flaherty, prospecteur et cinéaste ou Le rêve d'un prince (03 & 10 -03-1985)
Par Jean-Daniel Lafond - Avec les cinéastes Maurice Bulbulian, Michel Brault, André Gladu, Arthur Lamothe et Pierre Perrault ; l'anthropologue Asen Balikci ; les critiques Noël Burch, Louis Marcorelles et Gilles Marsolais - Avec les voix de Jean Renoir et de Robert Flaherty - Réalisation Claude Giovanetti
Jean-Daniel Lafond propose un voyage à travers la vie de Robert Flaherty, de ses débuts de prospecteur à la réalisation de quelques films marquants comme Nanook of the North (1922), Moana (1926), Man of Aran (1934) et Louisiana Story (1948).
L'ensemble est pesant, frisant souvent avec le prétentieux. J-D Lafond prend 20mn pour mettre en place son émission expliquant longuement ce que nous allons entendre. Comme si cela ne suffisait pas, un entretien avec René Farabet termine la première partie et commence la seconde. Beaucoup de prétention donc, alors qu'il s'agit d'une biographie balayant la carrière du réalisateur, avec une visite sur les lieux de ses tournages. Le voyage sur l'île d'Aran dans la seconde partie permet d'entendre des habitants qui ont croisés Flaherty, sans qu'ils racontent quoi que ce soit de vraiment marquant. On reste dans l'exotisme, donc dans le superficiel.
Des réalisateurs comme Maurice Bulbulian ou Michel Brault notamment, sous couvert de parler de Flaherty, parlent surtout d'eux, quitte à marquer leur supériorité par rapport aux documentaires très romancés du réalisateur de Nanook.
Parfaitement significatif, à la fin J-D. Lafond rend visite à la fille de Flaherty, qui refuse catégoriquement de se confier et d'être enregistrée.

Rendez-vous avec Jacques Prévert (12/01/1950 Chaîne Parisienne)
Par Jean Basset - Réalisation Yves Darriet
Émission au générique un peu pompeux, mais après, grâce aux petits textes de liaison de Jean Basser, l’ensemble forme un tout cohérent, de type parfois marabout-bout d'ficelle, comme un récital alliant poésies jouées, lues par l’auteur, avec « Pour faire le portrait d’un oiseau » et « Barbara »), ou chantées. Avec entre autres Les frères Jacques, Yves Montand, Roger Blin, Serge Reggiani, Pierre Brasseur.

Tribune de Paris - Grégoire et Amédée : Le manuel du parfait lauréat (31/12/1954 Paris Inter)
par Roland Dubillard et Philippe de Cherisey, présentation de Jean Dutourd
Un Grégoire et Amédée un peu particulier. La présentation balourde (décidément…) de Jean Dutourd détruit la fantaisie du dialogue qui suit. Il présente Dubillard et de Cherisey en déformant les noms de Bouvard et Pécuchet. Il se sent obligé d’excuser leur insolence.

Les Décraqués : "Le Prix Frédéric Pagès" (01/11/1995)
Par Bertrand Jérôme - avec Jacques A. Bertrand et l'heureux lauréat.
Parodie de remise de prix avec discours de Jacques A. Bertrand, suivi de celui du lauréat, bien connu des Papouphiles. Discours qui sont tout sauf barbant. Inutile d’en dévoiler plus. Si toutes les remises de prix pouvaient être comme celle-ci…
De là à lire l'ouvrage du lauréat, il ne faut mie exagérer.

Nouvelle diffusion de : Lectures à une voix - La Folle de Chaillot de Jean Giraudoux (14/03/1957 Chaîne nationale)
Lecture Jacques Mauclair - Réalisation Guy Maxence
Occasion de rappeler l'existence de cette série, où un acteur joue la totalité des personnages d'une pièce, en public. L'ensemble bénéficie d'un montage. Les coupes sont  audibles. Les acteurs maîtrisent l'ensemble de la pièce, et c'est souvent très réussi.

Autres Lectures à une voix, mais avec
Jean Anouilh
Sur le site de l'INA :
- Cécile ou l'école des pères (24-01-1954) lu par Michel Bouquet
Chassé croisé amoureux entre père et fille, lecture donnée "en première audition".

Quelques constantes de son théâtre, l'érosion de l'amour au fil du temps, l'innocence d'un premier amour pas toujours si innocent, et qui ne dure qu'un instant. Anouilh mélange toujours le tragique avec le ridicule.
- Eurydice (01-04-1961) lu par Raymond Rouleau
Bande un tout petit peu abîmée à environ 1h25. Les sauts sont tout à fait négligeables.
R. Rouleau a mis en onde avec Pierre Christian Renard la pièce en 1955 , la bande son est même réutilisée dans la lecture.

Mais le meilleur, ce sont les pièces lues par l'auteur. Anouilh est un interprète magistral de ses propres pièces. Il contrefait aussi très bien le cri du paon dans "Ardèle".
- Ardèle ou la Marguerite (11-11-1956)
Plusieurs couples qui ne s'aiment plus, qui se trompent, quel que soit leur âge. Le vrai couple d'amoureux sont deux bossus, la femme étant l'Ardèle du titre, qui n'apparait jamais sur scène.
- Léocadia (12-04-1956),  dans les nuits de France Culture.
Une de ses premières pièces. Une histoire d'amour terminée tragiquement, mais ce n'est que le point de départ.

Deux pièces de Sacha Guitry, bien interprétées par la Comédie Française, déjà diffusées dans les nuits à l'occasion d'une nuit Guitry dont c'était le sommet,
Le voyage de Tchong Li & La jalousie (17-06-1960), mise en scène de Jean Meyer.

- Geneviève Huttin, qui a été une des voix des nuits de France Culture, & Catherine de la Clergerie, deux amies d'enfance. La seconde a écrit aussi pour les enfants, on retrouve souvent son nom dans les génériques des Histoires du Pince Oreille.
Pour faire suite au message de Philaunet consacré à Paris, litanie des cafés, deux doubles émissions, toutes réalisées par Marguerite Gateau.
- Tant de choses et pourtant rien. Souvenirs d'enfance à Montargis. Combinaison entre récit autobiographique et documentaire.
42 rue Lazare Carnot (28/03/1994) par C. de la Clergerie
19 rue des Basses-Varennes  (31/03/1994) par G. Huttin
Les deux parties communiquent fortement entre elles, mais elles s'écoutent indépendamment l'une de l'autre.
- Née en 51, Les années d'absence (10/04/1989) par C. de la Clergerie
Les Glaces (17/04/1989) par G. Huttin
Les années 60 et les premiers amours. "Les années d'absence" est entièrement joué par Bernadette Le Saché, le passage du temps étant marqué par les flashs infos de France Inter, et "Les glaces" est joué par plusieurs acteurs, la narratrice étant G. Huttin. Contrairement à ce qui est indiqué sur le site, il n'y a pas de première ou deuxième partie.

Pour terminer, la pastille, élue pastille de l'année 2019 par un jury constitué de que moi, qui mérite de figurer dans tout fil qui se respecte, la pastille dite Ohhhhh nooooon ! Oh bin non t'en as cassé un ! [son mp3="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/11/850dbcb5-b1a3-4bf0-b477-2893ff8d00ce/premiers_mots.mp3" debut="20:22" fin="20:25"]

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Le grand cirque de la Formule 1 - Fumée - La condition humaine- Le théâtre des Champs-Elysées - Grégoire & Amédée - Jeu 28 Nov 2019, 07:49

Nuits magnétiques - Le grand cirque de la Formule 1 (18 , 19 , 20 et 21 /06/1985) par Jean-Philippe Domecq - Avec Laurent Condominas, Jean-Philippe Domecq, Jean Tinguely, Johnny Rives, André Velter,  Jean-Philippe Held - Textes de José Rosinski, Jean-Philippe Domecq, Michel Leiris, Mishima, Pierre Fisson,  Roger Vailland- Réalisation Mehdi El Hadj
Balade dans le milieu de la Formule 1. Une série à la construction très relâchée : l'émission a tendance à s'éloigner du thème annoncé en ouverture... ici ce n'est pas un défaut. Une radio qui respire, qui a du rythme, qui superpose lectures, musiques, récits. Il n'est pas nécessaire d'être passionné par ce milieu, ce n'est d'ailleurs pas le cas de l'auteur de ces lignes. Des histoires de pilotes, leurs tactiques, les récits d'accidents, le public, et la faconde du journaliste Johnny Rives.  


Deux dramatiques ratées :
La Compagnie Art et Travail - Fumée (03/03/1962 France II Régionale) d'Ivan Tourgueniev - Adaptation Charles Mère - Interprétation Anita Soler, Yvonne Villeroy, Denise Montreal, André Burgère, Harry Krimer, Paul Amiot, Julien Lacroix, Philippe Laudenbach, Robert-Maxime Aubry, Dominique Buckardt, Geo Wallery, Régine Serva, Pierre Ferval, Robert Verany, Marguerite Guéreau, Madeleine Lhote, Henry Prestat et André Delferrière (compagnie delferriere André) - Réalisation Ange Gilles
et
La condition humaine (31/12/1947 Chaîne Nationale) d’André Malraux - Adaptation Luc Decaunes - Interprétation Alain Cuny et Lucienne Lemarchand - Réalisation Ange Gilles
Que les adaptations traficotent les romans n'est pas le principal défaut de ces dramatiques. Une fois de plus, répétons qu'une adaptation est une œuvre autonome, elle n'a pas de devoir de fidélité : les deux ne se sont pas mariés au sein de l'Eglise catholique et romaine.
La condition humaine : malgré la présence d'Alain Cuny, la dramatique est une vraie purge. Tout est lourd, les aphorismes pleuvent, et il est difficile de s'attacher au destin de ces révolutionnaires. Luc Decaunes a voulu comprimer le roman en 1h37.
Fumée : c'est pire. Là aussi, la fidélité au roman n'est pas en cause : l'histoire suit l'ordre chronologique, le retour en arrière a disparu, et la fin est changée. Soit. Mais de là à en faire une bluette, il n'y a qu'un pas qui est ici franchi. Le happy end achève de rendre inintéressants ces personnages déjà peu crédibles. La brutale réconciliation entre le héros et sa future femme, qu'il a failli quitter, montre que les personnages sont des pantins. Le pire est l'interprétation de Litvinov et d'Irène. Des voix vieillissantes incarnent de jeunes personnes. Irina au début a 17 ans, on dirait qu'elle en a 60.


15 avenue Montaigne, par Pierre Barbier -
1 - Le théâtre objet (26/03/1963 Chaîne Nationale)
Avec Marie Dormoy, Jean Wiener, Arthur Rubinstein, Ossip Zadkine, Dominique Denis, Pierre Bertin, Lucienne Astruc, Jacques Hébertot, Lorin Maazel et Olivier Messiaen
2 - Du concert inaugural aux Ballets Joss (28/03)
Avec Lucienne Astruc, Georges Auric, Henry Barraud, Pierre Bertin, Gabriel Bouillon, Jean Cocteau, Marie Dormoy, Jacques Hébertot, Désiré-Emile Inghelbrecht, Serge Lifar, Henri Sauguet, Ossip Zadkine et Claude Rostand
3 - De Stanikawski au bi-millénaire de Paris (29/03)
Avec Jean Wiener, Jacques Hébertot, Serge Lifar, Salvador Dali, Henri Sauguet, Serge Golovine, Rosella Hightower, Jacques Bazire, Jean Robin, Georges Auric, Henri Dutilleux, Leslie Caron, Janine Alexandre-Debray, Grégory Chmara, Liane Daydé et Brassaï
4 - La Grande soirée (01/04)
Avec Lucienne Astruc, Maurice Leroux, Olivier Messiaen, Arthur Rubinstein, André Jolivet, Serge Lifar, Lorin Maazel, Georges Auric, Liane Daydé, Ossip Zadkine, Jacques Hébertot, Jean Wiener, Jean Cocteau, Pierre Bertin, Henri Sauguet, Pierre Schaeffer, Robert Bronstein, Samson François, Roland Charmy, Lily Laskine, Pierre Dervaux, Salvador Dali, Serge Golovine, Olga Adabache, Rosella Hightower, Andres Segovia, Manuel Rosenthal, Désiré-Emile Inghelbrecht, Jean Robin, Zizi Jeanmaire, Leslie Caron, Brassaï, Yvette Chauviré, Jean Jouve, Pierre-Henri Dutilleux, Antal Dorati, Henry Barraud, Georges Prêtre, Rosanna Carteri, Maurice Chevalier, Grégory Chmara et Cléopâtre Bourdelle-Sevastos
5 -  Les Grands concerts (10/04)
Avec Arthur Rubinstein, Pierre Bertin, André Jolivet, Lily Laskine, Jean Wiener, Manuel Recasens, Raymond Gallois-Montbrun, Georges Prêtre, Jacques Bazire, Manuel Rosenthal, Marguerite Long, Paul Kletzki, Robert Bronstein, Henryk Szeryng, Olivier Messiaen, Maurice Leroux, Antal Dorati, Pierre Schaeffer, Gisèle Kuhn, Jean Cocteau, Nicolas Nabokov, Henri Dutilleux, Fred Goldbeck, Henri Sauguet, Pierre-Jean Jouve, Henry Barraud, Gabriel Bouillon, Claude Rostand et Cléopâtre Bourdelle-Sevastos
L'histoire du Théâtre des Champs-Elysées.
Des émissions de "gala", pour célébrer les 50 ans du théâtre. La première, qui raconte la construction, est celle qui recèle quelques récits dignes de ce nom. Après, ce sont des roucoulades, des remerciements à la chaîne, des énumérations de programmes où tout le monde est formidable, extraordinaire, exceptionnel, admirable, charmant, délicieux... Les questions, en partie réenregistrées, sont d'une force de frappe de grande précision : "Pouvez-vous évoquer untel ?" Forcément, les réponses sont convenues.
Salvador Dali regrette que son idée de rideau de scène n'ait pas été retenue : un rideau de motos, toutes en marche cela va de soi.
Pierre Schaeffer cabotine autour de la création de Déserts de Varèse ; Varèse qu'il admire bien sûr (voir plus haut) mais à qui il envoie quelques pichenettes en passant.
Les grands maîtres sont tous de grands hommes admirables (toujours, voir ci-dessus).
Exemple d'anecdote de Pierre Bertin sur Debussy : il était à côté de lui lors d'un concert où l'on jouait une de ses œuvres. A la fin Debussy se lève et dit à Bertin qu'il n'a pas aimé. Fin. Sans intérêt.
La quatrième partie proposait aussi une reconstitution du concert inaugural du théâtre, dirigée par Inghelbrecht, qui était l'un des chefs de ce concert cinquante ans auparavant. Les Nuits ne la diffusent pas. Pour quelle(s) raison(s) ?

Grégoire et Amédée (19/10/1958 France I Paris-Inter)
de et avec Roland Dubillard et Philippe de Chérisey
Une rocambolesque histoire de voiture. Des effets spéciaux à couper le souffle.
Combien reste-t-il de Grégoire et d'Amédée dans les planques de l'INA ?

Philaunet 

Philaunet
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Le Fantôme de l'Opéra (03/10/1964), pur chef d’œuvre - Sam 07 Déc 2019, 20:48

Il faudrait pouvoir réagir à toutes les recommandations, l'une d'entre elles pour remercier vivement de ce conseil
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p190-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#33936) a écrit: (...) Le Fantôme de l'Opéra (03/10/1964)
de Gaston Leroux - Adaptation Jean François Hauduroy - Bruitages Robert Maufras - Interprétation Danièle Ajoret (Comédie Française, Christine Daaé), Alain Cuny (Erik), René Farabet, Jean-Roger Caussimon (Le persan), Christian Lude (Firmin Richard, le nouveau directeur), Hubert Deschamps (Armand Monchardin le nouveau directeur), Jeanne Frederique, René-Jacques Chauffard, Raymond Pelissier, Raymond Jourdan, Micheline Bona, Dominique Jayr, Pierre Decazes et René Renot - Réalisation Claude Roland-Manuel (...)

Du grand art. Dans les années 60, la radio française atteint la perfection dans la réalisation des dramatiques. La qualité du son est meilleure aujourd'hui, pas l'intelligence.
Et quelle interprétation de tous les acteurs, d'Alain Cuny, le fantôme, qui vous met la chair de poule ; et quelle mise en scène, quelle réalisation ! On reste figé.

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Knock - François Périer - Robert Hirsch - Dac & Blanche - Roger Blin - Marcel Bozzuffi - Henry James - Nathalie Sarraute - Kaye Mortley - Lun 09 Déc 2019, 18:31

Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains, réalisation de Yves Darriet, avec Serge Reggiani, Berthe Bovy, Marguerite Pierry, Raoul Marco, et notamment Jacques Dufilho, Christian Alers...
Ce brave docteur transforme en patient tout ce qui passe sous son nez. Serge Reggiani accentue le côté menaçant du personnage. Tout repose dans cette version sur le brio de l’interprétation puisque la mise en onde se résume à quelques bruits de portes et à celui, peu réaliste, de la voiture du docteur Parpalaid, ce qui explique pourquoi elle ne tient pas la route. L’humour un brin pince-sans-rire et relativement noir n’avait toutefois pas besoin de ce générique de farce grotesque.

Même pièce, Lectures à une voix (16/11/1954) avec François Périer
L’interprétation de François Périer, qui joue, c’est le principe de la série, tous les rôles, est plus joviale, mais tout aussi réussie.

Même acteur, même série,
Nouvelle diffusion de
Jean III ou l’irrésistible vocation du fils Mondoucet de Sacha Guitry (16/08/1956 Chaîne nationale), réalisation de Guy Maxence
Une pièce de théâtre sur le théâtre. Les Lectures à une voix contiennent de véritables morceaux de bravoure.

Une dernière Lecture à une voix,
Les suites d'un premier lit d’Eugène Labiche (22/12/1961 Chaîne Nationale) avec Robert Hirsch
Un régal. Un jeune homme de 29 ans peine à se marier car il traîne avec lui une fille d’un premier mariage âgée de 20 ans de plus que lui. Oui, c’est possible.
La pièce est courte, et  Labiche n’a pas tarabiscoté son intrigue comme aurait pu le faire Feydeau à partir d’un tel point de départ. Mais Robert Hirsch est grandiose.

Le Médecin malgré lui , Comédie Française (27/07/1950, Chaîne Nationale) avec Jean Meyer, Robert Manuel, Denise Gence, Michel Vadet...
Un seul point noir dans la distribution, et de taille : Jean Meyer. Le metteur en scène joue un Sganarelle qui a oublié qu’il était un bûcheron saoul et qui se croit dans une pièce de Marivaux. Les effets comiques tombent à plat. Dommage car les autres acteurs, eux, savent dans quelle pièce ils sont, mais ils débitent leurs répliques à toute allure, ce qui est fâcheux, sauf pour Lucinde.

Le parti d'en rire de Pierre Dac et Francis Blanche (19/06/1949 Chaîne Parisienne), réalisation de Pierre Arnaud de Chassy Poulay
Il ne reste que très peu des émissions de Pierre Dac et Francis Blanche de la fin des années 40 début 50, le feuilleton Malheur aux barbus ayant carrément disparu. Les quelques numéros restant du Parti d’en rire, parodies de la radio de l'époque, contiennent quelques perles, ici un reportage à l’hospice des papa gâteaux et une grand saga, « La glande illusion ». Dans les années 50 et même au-delà, étaient archivées les émissions dites de prestige, marquées souvent du sceau de l’ennui. Dac et Blanche passaient à la trappe.

Le livre de chevet par Jean-Vincent Bréchignac - Ligéia d'Edgar Poe, avec Roger Blin, parties 1 à 4 (23, 24, 25 et 28/02/1966) Réalisation Janine Antoine
Les Nuits ont eu deux bonnes idées : diffuser cette lecture magistrale de Ligéia, et assembler d’un seul tenant les quatre parties d’une dizaine de minutes. Les coupures auraient gâché l’ambiance.  

La vie secrète de Walter Mitty et Le cas très remarquable de Monsieur Brull , (06/09/1973) Bonnes nouvelles, grands comédiens de Patrice Galbeau, avec Marcel Bozzuffi, réalisation de Évelyne Frémy
Deux nouvelles de James Thurber où un personnage d’employé falot devient héros d’aventures trépidantes. La première est la plus connue, et la plus courte. Dans la seconde, un petit employé croise la destinée de son sosie, qui est un gangster renommé pour sa cruauté. Marcel Bozzuffi : une belle voix grave qui tranche avec ces voix d’adolescents sans relief  qui inondent les fictions actuelles de la station.

L'image dans le tapis (23/08/1966) de Henry James - Adaptation Roger Pillaudin - Chef d'orchestre Jean-Jacques Werner - Bruitage Louis Matabon - Interprétation Martine Sarcey, Jacqueline Rivière, Liliane Gaudet, René Farabet, Jacques Castelot et Jacques Berthier - Réalisation Henri Soubeyran
Les nouvelles de Henry James, contrairement à ses romans, surtout les derniers, se prêtent aisément à une adaptation, notamment radiophonique. Celle-ci, une des plus connues, met en scène un critique littéraire interprété par René Farabet qui tente de percer le secret des œuvres d’un grand romancier, le « motif dans le tapis ». Quand on pense qu’en 1966 France Culture consacrait une journée à Henry James...

Carte blanche - C'est beau (16/10/1972) de Nathalie Sarraute - Interprétation Catherine Sellers, Claude Piéplu, Annie Legrand, Jean-Paul Cisife, Madeleine Barbulée, Pierre Garin, Maurice Bourbon, Laurence Mercier et Juliette Pacley - Réalisation Jean-Pierre Colas
Une pièce spécialement écrite pour la radio, et dont la phrase titre constitue une source de conflit entre un couple et leur fils adolescent. La dramatique bénéficie d’une chouette interprétation. Elle tranche avec celle, prétentieuse et gonflée à la melonite, proposée par France Culture en 2013 sous la direction de Jacques Lassalle, avec les pâlichons Comédiens Français.

Atelier de Création Radiophonique - The Dreaming – The Desert (25/03/1984)
par Kaye Mortley - Avec Leigh Hobba, Anne et Patrick Poirier (Lectures de fragments d’un journal anonyme), Hazel Carr, René Farabet, Jean-Louis Jacopin et Claude Royet-Journoud - Réalisation Viviane Van den Broek, Monique Burguière, Michel Creïs, Claude Rossi et Yvette Tuchban
Un ACR sur le "désert" australien et la notion du temps chez les aborigènes. Une véritable composition radiophonique, un rêve de 2h18, où le son de la clarinette n’est pas moins musical que celui des différentes voix, avec lesquelles Kaye Mortley joue comme avec des instruments.



Dernière édition par Curly le Mar 10 Déc 2019, 14:53, édité 1 fois

Philaunet 

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Reggiani en Knock, ou comment la manipulation mène à la dictature - Mar 10 Déc 2019, 09:32

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p190-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#34404) a écrit:Knock ou le triomphe de la médecine de Jules Romains, réalisation de Yves Darriet, avec Serge Reggiani, Berthe Bovy, Marguerite Pierry, Raoul Marco, et notamment Jacques Dufilho, Christian Alers...
Ce brave docteur transforme en patient tout ce qui passe sous son nez. Serge Reggiani accentue le côté menaçant du personnage. Tout repose dans cette version sur le brio de l’interprétation puisque la mise en onde se résume à quelques bruits de portes et à celui, peu réaliste, de la voiture du docteur Parpalet, ce qui explique pourquoi elle ne tient pas la route. L’humour un brin pince-sans-rire et relativement noir n’avait toutefois pas besoin de ce générique de farce grotesque. (...)
Je n'y ai pas vu ce que vous relevez. Le broum-broum de la voiture doit occuper un pourcentage infinitésimal de ces 45 minutes.

En revanche, cette interprétation de 1955, dix ans après la 2e guerre mondiale, autant dire hier pour les contemporains, et après l'expérience stalinienne, est un véritable réquisitoire contre la dictature et le tyran, et pointe la crédulité des masses. Parpalaid, habituellement pris pour un niais, est en fait un résistant qui finit néanmoins par se faire avaler par Knock qui l'a mis sous son emprise en lui faisant peur.

Grâce à l'interprétation magistrale de Reggiani, la pièce de 1923 quitte le domaine de la médecine traitée sous l'angle de l'humour pour prendre des accents politiques largement plus audibles et convaincants que tous les appels militants actuels.
Le Médecin malgré lui , Comédie Française (27/07/1950, Chaîne Nationale) avec Jean Meyer, Robert Manuel, Denise Gence, Michel Vadet...
Un seul point noir dans la distribution, et de taille : Jean Meyer. Le metteur en scène joue un Sganarelle qui a oublié qu’il était un bûcheron saoul et qui se croit dans une pièce de Marivaux. Les effets comiques tombent à plat. Dommage car les autres acteurs, eux, savent dans quelle pièce ils sont, mais ils débitent leurs répliques à toute allure, ce qui est fâcheux, sauf pour Lucinde.
Vitesse d'élocution à couper le souffle. On n'en peut plus après cinq minutes. C'est une représentation publique de la Comédie française de 1950 radiodiffusée "en différé", comme l'annonce le présentateur, et non une pièce radiophonique. En 2019, France Culture sous-traite pour la radio des spectacles publics. C'est généralement mauvais, les acteurs ne jouant pas pour des auditeurs écoutant individuellement, mais pour des spectateurs vibrant collectivement.

Il ne faut pas confondre radio d'art et d'essai et plateforme de diffusion radiophonique pour des productions données en spectacle.

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