-->
Forumactif

Forum des auditeurs passionnés et critiques de France Culture

france culturelongpont demainGoogle

Le forum des auditeurs critiques de France Culture

 


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » La musique à France Culture

Aller à la page : Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16, 17  Suivant

Accueil / France Culture

La musique à France Culture    Page 15 sur 17

Bas de page ↓   

Philaunet 


Admin

141
Répondre en citant  
''Juke-Box'' élue meilleure émission de l'année - Ven 03 Juil 2020, 14:24

Déjà dans Bravo Amaury Chardeau, je saluais la qualité de l'émission "Juke-Box" du samedi soir à 19h avec le somptueux numéro ‘A tire-d’aile’ . Voici que deux autres numéros viennent confirmer professionnalisme, intelligence de la narration historique, choix des pièces ("bande-son de l'Histoire") et voix (prosodie renouvelée, rythme, timbre).

Un numéro exemplaire, patrimonial : L’Arménie, des montagnes de chagrin [14-03-2020], mêlant musiques variées et pertinentes, archives parlées, le tout lié par un récit historique clair, précis, sans pathos et sans jugement. Du travail d'expert, soutenu par une petite équipe et ici des conseillers avisés, mentionnés avec courtoisie en fin d'émission.

Le descriptif ? Résumé, photos et références complètes (aucune faute) :
Voyage en Arménie, ancien royaume florissant et premier Etat officiellement chrétien, changé au cours des siècles en une petite république montagneuse enclavée au sud du Caucase, au gré des conquêtes et des appétits de ses voisins byzantins, perses, ottomans, russes, soviétiques puis azéris. (...) Pays de forte tradition musicale - depuis le répertoire ancien exhumé au début du XXème siècle par le prêtre et musicologue Komitas jusqu’au jazz ou aux échos pop de ses exilés - avide l’Arménie déroule ses passions, ses fiertés, et ses rêves brisés.
Même niveau de qualité de la composition pour Lisbonne, Salazar, et le Fado [06-06-2020]. Curieux de savoir combien de temps requiert la mise en place d'une telle émission. Du travail qui fait jeu égal avec des émissions étrangères de toute première bourre, voire les surpasse.

Le début de ce numéro surprend, excite l'intérêt (l'acheteuse en pharmacie) et c'est parti pour une histoire politique et culturelle du Portugal sous  Salazar.
De 1932 à 1974, le Portugal est soumis à la dictature salazariste de l'Estado novo : travail, famille, culte du chef et empire colonial. Ce sont aussi les années où se diffuse le fado, cette musique triste des quartiers populaires de Lisbonne, que le pouvoir autoritaire tente d'orchestrer... (...) Lorsqu'António Salazar s'empare du pouvoir en 1932, le fado était depuis longtemps, la musique des bas-fonds de Lisbonne : marins, dockers, marchands ambulants, prostituées, canailles en tous genres s’époumonaient, le soir tombé, sur les drames de leur destinée :  la misère, l'amour envolé, la mort, entre colère et saudade, cette nostalgie intraduisible (...)
"Juke-Box" : avez-vous vu le nom de cette émission à la Une du site franceculture.com ?  Moi, non. L'émission d'Amaury Chardeau bénéficie-t-elle d'une promotion sur Twitter ? Non.

C'est quand même curieux (en fait, non). La meilleure émission de la station, soigneusement montée et réfléchie, est ignorée. Elle risquerait peut-être de faire de l'ombre au reste (= à l'ensemble) de la production de jour...

Juke-Box "Un événement du passé mis en récit par un texte original, des archives et des musiques inspirées par son sujet."

Philaunet 

Philaunet
Admin

142
Répondre en citant  
''Je voudrais pas crever'', Boris Vian, Amaury Chardeau - Sam 18 Juil 2020, 08:19

Amaury Chardeau et son équipe réalisent une des seules émissions culturelles (avec Carbone 14) dignes d'être écoutées sur France Culture : "Juke-Box" (mentions récentes ici, et ).

Ce numéro du 05-10-2019 en rediffusion le 28 mars dernier conte la vie de Boris Vian, son œuvre et brosse un tableau de l'époque, Boris Vian, à toutes fins utiles
Ses cheveux sagement plaqués en arrière dégageant un large front, ses grands yeux clairs écarquillés comme ceux d’un poisson, ses lèvres épaisses et dessinées, sa jeunesse un peu gauche, son sourire gentil, timide. Ce visage qu'un jour il était allé faire mouler par un sculpteur spécialisé dans les masques mortuaires, près du jardin des plantes. Il était revenu à la maison avec sa gueule en plâtre.
Dans ces traits floutés par la mise au point, on tente de déchiffrer la fracture, le mal qui l’affecte, ce nénuphar qui lui ronge le cœur, qui lui pompe l’air, qui aura bientôt raison de lui, ce nénuphar morbide comme celui de Chloé dans L’écume des jours, ce nénuphar comme il en croisait si souvent, enfant, dans les étangs de Ville-d’Avray...
Composition du programme et narration : du grand art. Avec cet exergue au début :  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-05.10.2019-ITEMA_22167733-3.mp3" debut="00:00" fin="00:24"]

Jean-Louis Trintignant : Je voudrais pas crever, sur l'album Vian-Prévert-Desnos (2001) :



Pour une version donnée en public : Jean-Louis Trintignant : Je voudrais pas crever (Boris Vian)

Curly 

Curly

143
Répondre en citant  
Alors dans cette expo-là, c'est quoi l'idée ? - Dim 16 Aoû 2020, 12:03

La tablinette méridienne s’essaie à la musique orientale . Nous allons nous contenter de la première rallonge, la seconde proposant un énième entretien avec une chanteuse qui continue son tour de grille.

Il fallait bien arriver au creux du mois d’août pour voir débouler une telle tablinette. Bon, comme d’habitude, c’est à l’occasion d’une promo musée, car c’est la règle dans les tablinettes, on fait de la promo.
Le titre est « Musique d’Orient. Garder la mémoire. » et il est trompeur car nous n’allons pas écouter une émission sur la musique orientale, mais une émission sur l’expo du MUCEM sur la musique orientale, ce qui n’est pas exactement pareil.
Comme souvent, les invités font ce qu’on leur demande, ils ne se demandent pas ce qu’ils viennent faire dans cette galère, ils ne sont pas invités souvent sur la chaîne de toutes les cultures, alors ils font avec, comme tant d’autres.

La tablineuse applique la même méthode que la Robocop matinale. Elle pose des questions dont elle connaît les réponses, parce que tout est dans le catalogue de l’expo, et dans la page d’accueil de l’expo du Mucem qu’il n’y a qu’à plagier sans vergogne pour torcher son intro, si possible sans mettre de lien sur la page pour que ça passe inaperçu. Le lien, le voici , vous avez aussi accès à un entretien avec les deux commissaires d’exposition qui va être allègrement siphonné par la tablineuse méridionale. Sans compter que le MUCEM propose une émission de près de 110 mn avec les mêmes invités plus les commissaires, avec présentation détaillée, suivie d’un concert.
Avec ça, votre malheureuse tablinette, vous pouvez déjà la plier et la ranger derrière le frigo, comme ça on la verra plus.

Allez, on fait quand même un petit effort, avec la première question/réponse, les euh et autres bégaiements ont été supprimés : « On va commencer par parler de cette exposition – cette grande exposition – qui a lieu en ce moment au MUCEM alors avec des tapis, des lieux dans lesquels on peut s’asseoir, et se mettre en état un peu de contemplation presque hypnotique devant ces vidéos et ces musiques qui ont été numérisées pour ne pas les perdre, c’est ça l’idée ? »
Si vous voulez vous asseoir et vous mettre dans un état (« un peu » hein, soyez prudent) de contemplation hypnotique (mais « presque » hein, sinon faites appel à un capitaine de soirée) arrêtez de fumer des oinjes dans le  parc Borély, y’a le MUCEM qui propose pareil (enfin « presque ») mais climatisé et avec des tapis. C’est en gros « l’idée », car nous sommes sur la radio des zidées.

Une leçon de géographie pour ceux qui croient que l'Orient c'est un pays :
« Alors on voit à quel point justement en ce qui concerne les musiques de l’Orient alors quand on parle de l’Orient on parle à la fois du Moyen Orient et des pays du Maghreb, des musiques influencées aussi par la langue arabe mais pas simplement y’a aussi la musique kabyle... »
Après la tablineuse nous apprend que les enregistrements les plus anciens datent de 1903 parce qu’avant y’avait pas d’industrie du disque en Orient, et que les premiers enregistrements ils sont super fragiles, vous pouvez pas les mettre sur votre platine toutes les cinq minutes pour le fun. C’est ce qui s’appelle des pièces de musée, d’où le fait qu’ils sont exposés dans l’exposition.

L’invité explique que les enregistrements en 78 tours ne permettent pas de reproduire des enregistrements de musique savante, qui durent plus d’une demi-heure. Remarque pertinente non dénuée d'un certain sens logique de l’hôtesse de table : « le temps s’étirait beaucoup plus ».  
Puis, retour en roue libre sur des généralités, avec la découverte de l’utilité de l’enregistrement. C’est le fil à couper le beurre réinventé, une fois de plus :
« ...on voit que la mission c’est de perpétuer ces musiques-là, garder des traces sonores, et en même temps, au moment où ces musiques ont dû se conformer aux enregistrements elles ont perdu quelque chose de leur tradition. » La tablinetteuse a bien calculé qu’en compressant un morceau long sur plusieurs faces de 78 tours, il y a comme qui dirait une déperdition dans le contenu musical, qui mérite que l’on s’y attarde longuement pendant 20 secondes, d’autant plus que le problème s’est posé aussi avec la musique dite classique occidentale. Mais ça y en a déjà être trop compliqué pour la tablinetteuse, ça y en a pas être dans catalogue MUCEM.
Alors que depuis le début, le sujet de l’émission est la collection Amar, l’hôtesse d’accueil s’exclame d’un coup, à la sixième minute « C’est un travail de collectionneur hein qui a été fait ? »
L’invité, comme pour les autres questions, n’a plus qu’à toutafaitiser.

Un coup de mou soudain, il est temps pour moi de faire une pause afin de ménager ma tête.
Je vous explique pourquoi : l’autre jour, j’ai fait la folie de lire les 5 textes de la semaine de Machin à la file, cinq minutes de lecture qui se sont terminées par du Doliprane 1000.
Alors à suivre ? Inch’Allah, d’autant plus qu’après ça semble s’arranger un peu, la tablineuse va peut-être presque un peu s’auto-détruire pour laisser place aux invités, si j'ai bien compris l'idée.

Philaunet 

Philaunet
Admin

144
Répondre en citant  
Warda al-Jazairia, وردة الجزائرية, « La rose algérienne » (1939-2012) - Lun 17 Aoû 2020, 08:17

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t261p140-la-musique-a-france-culture#35938) a écrit:La tablinette méridienne s’essaie à la musique orientale . Nous allons nous contenter de la première rallonge, la seconde proposant un énième entretien avec une chanteuse qui continue son tour de grille.
(...)
L'illustration de l'émission est un peu "monogenrée"...

La musique à France Culture - Page 15 Scre1371

Heureusement, voici Warda al-Jazairia durant une petite demi-heure sur Youtube, une suggestion qui mérite écoute et réécoute, peut-être même avant de commencer sa journée :
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p260-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35933) a écrit: (...)


Nuits magnétiques - Un conte des mille et une nuits avec Warda l'Algérienne par Daniel Caux, réalisation Bruno Sourcis (20-11-1984)
avec Warda al-Jazairia
Le producteur a choisi d’aborder la vie de la chanteuse comme un conte. Un entretien avec la chanteuse est croisé avec le récit de ses proches (par ex. son frère), et les impressions des habitants de Belleville. (...)

*******************

Récapitulatif hebdomadaire : 19 contributions du lundi 10 au dimanche 16 août 2020 (semaine 33)



Dernière édition par Philaunet le Lun 17 Aoû 2020, 20:59, édité 1 fois

Curly 

Curly

145
Répondre en citant  
Alors dans cette expo-là, c'est quoi l'idée ? - Seconde partie - Lun 17 Aoû 2020, 12:13

Résumé du début : enregistrer la musique permet de la conserver, et pour bien la conserver, de nos jours, vaut mieux la numériser. Voili voilà.

Continuons cette riche émission où les invités pataugent dans la bouillie en direct par la grâce de la tablineuse en chef. Apprécions aussi la pertinence du direct sur l’ensemble de l’antenne, où chaque producteur déploie sa personnalité sans personnalité. Ils sont tous interchangeables, sans esprit, sans savoir autre que le mouliné de fiche bristol pondu frais du matin, ne faisant que passer les plats par dessus la tablinette, indéfiniment, inlassablement, sans passion, usant d’un langage approximatif et auto-dérapant que l’on pouvait déjà apprécier dans la première partie de ce billet dur.

Nous nous étions arrêtés au moment où la cheffe de table constatait avec fierté que collectionner des enregistrements était un travail de collectionneur.
L’invité confirme, mais il ajoute vite que si on garde pour garder, ça suffit pas. C’est comme collectionner des tableaux, les empiler n'importe comment dans une salle de musée, et démerdez-vous salut.
Certains enregistrements de la collection sont publiés, enrichis de livrets explicatifs. La tablineuse n’a pas pour fonction de nous raconter la musique orientale, ça on avait compris, mais de vendre (mal, parce qu'aucune référence n'est donnée nulle part à ces publications).
Donc, quant aux explications sur les musiques, restons dans les banalités si vous le voulez bien, car c’est l’idée de l’émission de rester dans les banalités le plus possible pour que les auditeurs puissent tout comprendre sans vraiment écouter :
« Alors vous à l’intérieur des livrets vous avez participé notamment à deux sujets qui sont évoqués. Vous expliquez dans ces articles que l’histoire des musiques traditionnelles c’est aussi l’histoire des instruments...des instruments traditionnels et du contact avec l’Occident et de l’apport de nouveaux instruments...»
C’est une question, contrairement aux apparences. Pensez-vous que l’invité va dire que non, c’est pas ça, alors que c’est ce qu’il a écrit, certainement dans l’intro de son livret, parce qu’on peut supposer aisément qu’il a développé un peu juste après et je mets un point d’interrogation pour la forme parce que c’est une fausse question, mais une question quand même ?
L’invité profite du peu de temps qui lui est imparti. Sa réponse, de 30 secondes, elle aurait pu être coupée et remontée, agrémentée d’exemples musicaux dans une émission racontant une histoire de la musique orientale, du type des Notes en voyage de Mildred Clary, mais ne rêvons pas, ne comparons pas une Rolls avec une trottinette électrique déchargée.
La passeuse de plats a demandé à son invité de choisir des disques de l’expo (le sujet, c’est l’expo, pas les disques), et elle nous re-offre sa précédente remarque en nouvelle diffusion, parce qu’elle est vachement bien, et originale, cette histoire de cultures qui se mélangent. Y’a-t-il quelqu’un pour couper le fil à couper le beurre ?
« Alors en même temps ces contacts aussi avec l’Occident, l’arrivée des nouveaux instruments ça a engendré aussi des réappropriations de ces instruments, vous avez choisi de nous faire écouter plusieurs archives de l’exposition, notamment celle de taksim mujannas je ne sais pas si je prononce comme il faut, on va l’écouter c’est en 1905 ». Pour les explications, comme d'hab', vous pouvez vous les fumer. Seule la bonne prononciation importe, parce que c’est exotique oulala !. Enregistrement shunté au bout de quelques secondes pour qu’on nous précise ce qui aurait pu l’être avant, mais cela permet de couper vite cet enregistrement qui craque par un claquement de langue bien sonore « ...c’est Ibrahim Sahloun qu’on entend c’est lui qui a introduit le violon ». L’invité place des « tout à fait » à tout va, il peut pas plus, il est coupé par la tablinetteuse lancée à toute vitesse, qui se sert de l’invité juste pour confirmer ce qu’elle dit.
Elle constate d’ailleurs, juste après l’écoute de ces quelques secondes de 1905, qu’« Alors on voit que ces musiques sont extrêmement variées à la fois dans leur périodicité mais aussi dans leurs influences. Il y a bien sûr l’influence de la musique arabe mais il y a aussi des influences byzantines, il y a des influences qui viennent de Mésopotamie... »
Cette relance mérite toute notre admiration. Elle est d’ailleurs récompensée par un « tout à fait » de l’invité, qui donne, mais rapidement (il sait que sa parole est chronométrée) quelques exemples, qui ne seront pas suivis d’exemples musicaux, ce qui aurait été bienvenu, mais il eut fallu préparer l’émission plus en amont. (Rires.)
L’idée, car il y a idée, c’est que tout le monde influence tout le monde, c’est merveilleux, cela mérite que l’on tourne en boucle là-dessus, sans aller beaucoup plus loin qu’asséner cette généralité indiscutable à coup de relances qui se ressemblent toutes, puisque c’est l’Idée.
Puis, l’invité s’installe avec son oud pour jouer, je cite la présentation détaillée « de la wasla, ces suites égyptiennes ».
Une fois installés, les musiciens apportent quelques précisions toutefois. La tablineuse se gomme un chouille, et là nous avons un autre passage, très court, qui aurait pu être coupé et remonté dans une émission plus construite et moins bafouillante.
Excellente remarque de l’hôtesse au moment où les musiciens se lancent : « On écoute. » Une excellente idée effectivement, car la radio des zidées n’en manque pas.
On écoute, oui, mais la consigne de faire court oblige les musiciens à ne pas jouer plus de trois minutes, une éternité radiophonique pour les poiscailles rougeoyantes que nous sommes tous.

D’ailleurs, ça suffit pour aujourd’hui. Il reste dix minutes, on se les garde pour une autre fois.

Curly 

Curly

146
Répondre en citant  
Alors dans cette expo-là, c'est quoi l'idée ? - Fin de la seconde partie - Mar 18 Aoû 2020, 12:38

Suite du début et fin de sa suite.

Nous en étions à la pause musicale, ou plutôt non, nous en étions au cœur même de l’émission avant la pause blabla.
L’écoute de ce moment musical inspire notre héroïne : « Ça m’fait penser à cette émotion dont on parle aussi dans cette exposition du MUCEM, l’effet tarab, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c’est ? »
Après la brève explication, réaction enthousiaste (je rigole…) « alors ça c’est le signe que la musique est vivante ? » Je vous passe qu’à chaque prise de parole, nous avons droit au nom de l’interlocuteur, mais c’est la règle : on pense toujours à l’auditeur qui prend le podcast en cours de route (je rigole).
Allez, au boulot tout le monde, veuillez apprécier avec componction cette free-relance :
« Alors vous cette quête que vous avez menée ensemble ça a été justement de ressusciter des musiques qui avaient un peu disparu, de reprendre ces mécanismes des temps et de re-composer des musiques dans cet esprit-là. »
L’invité toutafaitise, il a vite pris le coup, et prend comme exemple la wasla, puisque c’est ce qu’il a joué tout à l’heure. Chaque suite doit être basée sur le même mode. Et voilà, mais ne nous égarons pas plus de trois secondes dans des considérations musicales, recentrons le débat, nous sommes sur la radio des zidées, je vous le bassine depuis tout à l’heure.
« En même temps la wasla elle a une origine égyptienne, non ? » Une excellente question, puisque si vous vous rappelez dans ma deuxième partie la même présentait la wasla comme une suite égyptienne. Alors c’est dire la puissance technique de la question. Mais quelle va en être la réponse ?
Vous savez, je pense sérieusement m’arrêter ici, vous planter comme des pruniers, et laisser cette question en suspens.

                                                                                                                            FIN

                                             

Mais non. Nous terminerons avec dignité (je rigole…) la première rallonge de la tablinette méridienne.
Réponse : la wasla est une suite musicale égyptienne, même si dans d’autres pays du Maghreb elle porte d'autres noms.  Ça vous la coupe ? Oui ? Alors on recolle tout et on continue.

« Alors quand on reprend cette histoire de disparition musicale ça passe par cette renaissance, la Nahda, dont peut-être vous pouvez nous dire quelques mots (puisque j’ai la définition sur ma fifiche) puisque les enregistrements de 1903 y sont encore au cœur de cette période-là ce moment d’effervescence culturel en Orient… »
Définition rapide, puis sortie de route bienvenue, puisque l’invité parle de la transition vers l’après-Nahda. Mais au bout d’une minute, ne creusons pas, ça pourrait devenir trop intéressant alors il faut recentrer à nouveau le propos vers :
« Alors on voit aussi les influences politiques et sociétales qui s’passent en même temps par exemple en 1932 il y a eu ce congrès de la musique au Caire qui a aussi déterminé une sorte d’entrée dans la modernité d’l’Égypte en tout cas c’était l’idée, et qui a mis partiellement d’côté le folklore les musiques traditionnelles, tout ce qui était considéré comme tel en tout cas...»
Retour rapide sur le congrès, l’invité oriente vite sa réponse sur ce qui nous intéresse présentement : les enregistrements effectués durant le congrès, plus de 300 faces de 78 tours gravées, et éditées par la BNF en 2015 sur 18 CD .
Mais la tablineuse s’en fout, elle veut pas continuer dans cette voie de garage, elle préfère continuer son trip promo MUCEM :
« Alors c’que l’on retrouve aussi dans l’exposition du MUCEM c’est des vidéos et des documents qui montrent des traditions qui sont aussi menacées aujourd’hui...le youmouhabi notamment…
- Le ????, coupe l’invité.
- Le youmbaoui, j’sais pas comment prononcer comme il faut… »
Mais l’invité se reprend, il est sympa, il enchaîne direct. Des chants disparaissent parce que certains métiers disparaissent. Au Koweït, avec l’exploitation du pétrole, le métier de marin a tendu à disparaître. Mais l’invité a répondu trop vite, et la tablineuse a oublié de mettre le frein à  sa question suivante, dont la réponse venait juste d’être donnée, « Alors pourquoi pour quelle raison, le rapport entre les deux ? » Imperturbable, l’invité répète sa réponse précédente.
La conclusion logique, la tableuse la sent tellement bien qu’elle en coupe la chique à sa guest star : « ...et donc la musique est morte avec ... »

C’est pas tout ça, mais un peu de musique peut adoucir cette dure réalité. Notons juste que la promesse de nous faire écouter plusieurs archives (voir seconde partie) est passée sous la guillotine après l’écoute d’une dizaine de secondes d’un enregistrement de 1905.
La musique, c’est celle de l’invité qui va se remettre auprès de son oud.
«...on va écouter un deuxième morceau, peut-être vous pouvez nous en dire deux mots ? »
Explication, puis notre boss lance le percussionniste pour meubler pendant que l’oudiste s’installe : « Tarek Abdallah (c’est l’oudiste) dit « style boiteux » ? (silence gêné, la gaffe) ... « rythme boiteux » (là c’est bon), qu’est-ce que c’est (rire solitaire) ? »
Réponse : c’est un rythme ternaire et non binaire.
« Merci (d’avoir meublé) on vous écoute... »

Et après ces presque quatre (oh my goodness !) minutes de musique, on remercie tout le monde, on rappelle les références tout bien comme il faut du disque et de l’expo, et salut la compagnie, on enchaîne, invité-promo suivant, et qu’ça saute !

                                                                   

Philaunet 

Philaunet
Admin

147
Répondre en citant  
''Anastasia Kobekina Bach Suite 6 Prelude'' - Dim 25 Oct 2020, 09:37

"Grâce à" France Culture, de belles découvertes...En effet dans l'émission "À présent", Ce qui est vital avec André Comte-Sponville du 23/10/2020, les choix musicaux de l'invité vont vers Mozart et Bach. Les pièces diffusées sont qualifiées de "chansons", misère...

La musique à France Culture - Page 15 Scre1529

La musique à France Culture - Page 15 Scre1530

L'interprétation de Tortelier est évidemment remarquable, mais Anastasia Kobekina met l'auditeur en transe :





Philaunet 

Philaunet
Admin

148
Répondre en citant  
Amaury Chardeau, Juke-Box : ''Le monde à 78 tours par minute'' - Mar 03 Nov 2020, 11:25

Une fois par semaine durant une heure, Amaury Chardeau propose une émission dont le projet est ainsi libellé :  
C’est la rencontre de deux ambitions : le sens du rythme et celui du récit.

Un événement du passé mis en récit par un texte original, des archives et des musiques inspirées par son sujet.
C'est Juke-Box dont il a été plusieurs fois question dans ce fil pour louer ses qualités. Dernier billet qui renvoie aux précédents : ''Je voudrais pas crever'', Boris Vian, Amaury Chardeau

Le numéro le plus récent ne déroge pas aux qualités mentionnées : art de la construction du récit et de sa narration, choix des extraits, montage habile. Du temps a passé depuis que le producteur réalisait Métronomiques, et pour le meilleur. Cette émission est devenue une référence.

Dans Le monde à 78 tours par minute [01-11-2020] on découvrait les aspects techniques de l'enregistrement et de la reproduction du son à ses débuts : l'apparition du 78 tours, Fédor Chaliapine : Les bateliers de la Volga (1922) ; le destin du chanteur ; le support des disques à partir de 1897 [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16999-01.11.2020-ITEMA_22470671-2020C27300E0036.mp3" debut="18:25" fin="24:00"]

Toutes les pièces diffusées mériteraient une mention (notamment Stella Haskil : Mes tis polis ta stena (1952), elles sont soigneusement référencées sur la page de l'émission.  

Pour saluer l'équipe très méritante de cette émission, ici la dernière pièce Su-Chat Thianthong : Nam tok Nang Loi, et la désannonce avec les noms des collaborateurs : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16999-01.11.2020-ITEMA_22470671-2020C27300E0036.mp3" debut="55:20" fin="58:58"]

Question : la durée des chansons de variété, autour de 3'30'' provient-elle de la contrainte initiale des 4' maximum du 78 tours ?

La musique à France Culture - Page 15 Scre1544

Philaunet 

Philaunet
Admin

149
Répondre en citant  
Juke-Box, Amaury Chardeau, ''Éloge des naturalistes'' - Dim 15 Nov 2020, 20:36

Il fallait quand même l'oser : faire une émission musicale intitulée Éloge des naturalistes "Juke-Box"  08-11-2020.
Retour aux origines des sciences du vivant dans les traces de quelques grands explorateurs et naturalistes qui, au cours des XVIIIe et XIXe siècles, avaient patiemment déchiffré les richesses de la nature terrestre : sa faune, sa flore, ses entrailles, le mystère de l’évolution de ses peuplements.
Amaury Chardeau était sur la corde raide, car en direct (pourquoi ? pourquoi ?), mais il a réussi a conserver son ton habituel, malgré quelques tout petits dérapages de lecture. Un sans-faute à la réalisation.
Explorant les horizons lointains, rapportant des milliers de spécimens, comparant et classifiant les espèces dénichées pour mieux satisfaire les curiosités, ces naturalistes-explorateurs avaient, par là-même, posé les bases de nombreuses disciplines qui deviendront la botanique, la zoologie, la géologie, la paléontologie ou d’autres.
Plusieurs choix musicaux ainsi que des archives valent le déplacement. Par exemple, Agnès Capri : Le naturaliste :



et, la chanson El botánico qui rend hommage à Aimé Bonpland (1773-1853) le compagnon de voyage d'Alexander von Humboldt (1769-1859) en Amérique du sud, dont Chardeau retrace le périple.



Mais on peut se demander si étaient vraiment appropriés, hors leur titre, Bruce Springsteen : Part man, part monkey * et  Artichoke : Charles Robert Darwin **, vu que sans doute personne n'a compris quoi que ce soit aux paroles, notamment le premier titre, peu pertinent au sujet.

En tous les cas, encore une numéro original, notamment le récit écrit par Chardeau, qui détonne dans la grille branchée actu ou promotion éditoriale ou événementielle de France Culture.

*  They prosecuted some poor sucker in these United States
For teaching that man descended from the apes
They coulda settled that case without a fuss or fight
If they'd seen me chasin' you, sugar, through the jungle last night
They'da called in that jury and a one two three said
Part man, part monkey, definitely

(...)

** Darwin, grandson of a poet
Also of a potter
Was brought up by his sister
When his mother was dead

At 16, he knew about the classics
He thought he'd be a doctor
He studied for a while at Edinburgh

But surgeons used no anesthesia
He wondered 'bout the clergy
So off he went to Cambridge
Where he earned a degree

(...)

Philaunet 

Philaunet
Admin

150
Répondre en citant  
''Mercy'' - Jeu 19 Nov 2020, 10:01

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t241p360-rendez-vous-du-mediateur-et-courrier-des-auditeurs#36351) a écrit: (...) Un dernier aperçu sur le royaume enchanté de Maître Guillaume [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/21713-18.11.2020-ITEMA_22488020-2020C29703S0323.mp3" debut="00:05" fin="00:33"]
L'air lancinant de la sottise.

C'est d'ailleurs ce mot, sottise, qu'il faut substituer à "adversity" dans le morceau ci-dessous :

You know, sometimes we're not prepared for adversity.
When it happens sometimes, we're caught short.
We don't know exactly how to handle it when it comes up.
Sometimes, we don't know just what to do when adversity takes over. (chuckle).
And I have advice for all of us, I got it from my pianist Joe Zawinul who wrote this tune.
And it sounds like what you're supposed to say when you have that kind of problem.
It's called mercy, mercy, mercy.

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t241p360-rendez-vous-du-mediateur-et-courrier-des-auditeurs#36351) a écrit:En lisant les messages envoyés à la médiatrice, nous sommes constamment à la merci des mercis qui défilent à la chaîne, (...) Pitié, merci !

                           

Philaunet 

Philaunet
Admin

151
Répondre en citant  
''La Syrie d'antan (1970-2011)'' par Amaury Chardeau. - Ven 27 Nov 2020, 22:07

Pourquoi l'émission "Juke-Box" d'Amaury Chardeau n'a-t-elle pas sa rubrique ? Elle la mérite pourtant. Question technique inhérente à la plateforme.

Pour retrouver les précédents signalements, il faut donc remonter dans ce fil ou taper "Juke-Box" dans la fenêtre de recherche. Le 03 juillet dernier, trois émissions étaient mentionnées ici, puis ont été mentionnées celles sur Boris Vian, sur le disque 78 tours et sur les naturalistes.

Voici venu le moment de mettre en lumière La Syrie d'antan (1970-2011) [25-01-2020, rediffusion le 15/08/2020.

Parfois on se dit que des talents sont sous-utilisés. Pourrait-on confier "Les Enjeux internationaux", émission de géopolitique, à Amaury Chardeau ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-15.08.2020-ITEMA_22402707-2020C27300E0024-1779455909.mp3" debut="17:45" fin="21:08"]
Voyage dans la Syrie d'avant l'éclatement de la guerre civile.
Une réussite que cette évocation historique illustrée de musiques. L'on remonte à 1920 pour arriver jusqu'à presque aujourd'hui. D'ailleurs, celui à qui était promis un procès international par divers acteurs internationaux, Bachar el-Assad, que devient-il ?

Amaury Chardeau s'en tient aux faits sans jamais faire montre d'engagement politique, tant par le ton que par le verbe. C'est très rare, notamment pour des sujets qui émeuvent l'opinion. Une attitude à saluer qui considère les auditeurs comme des adultes et non comme une foule de militants venus entendre des discours engagés, comme c'est si souvent le cas ailleurs dans le programme.

Comme toujours, un détail soigné de toutes les pièces et les remerciements de l'animateur aux conseillers et à son équipe.
Retour donc ce soir dans la Syrie éternelle de Damas, d’Alep, de Homs, de Hama ou de Palmyre, tant célébrée jadis par les orientalistes, et qui avant le fracas des bombes, avait résonné d’autres rythmes : musiques classiques et traditionnelles, mais aussi métissés par l’introduction de nouveaux instruments.
Après la fin du mandat français et l'accession à l'indépendance en 1946, le pays avait traversé de fortes turbulences politiques et économiques. En 1970, Hafez el-Assad s'était emparé du pouvoir, sur fond de forte instabilité régionale (guerre des Six jours, guerre du Liban...) et de répression brutale des oppositions sunnites. Malgré cela, la population syrienne avait tenté de faire le dos rond, célébrant sa diversité culturelle et son art de vivre, tout en s’accrochant à l’idée qu’elle se relèverait, une fois de plus, même du pire.

Contenu sponsorisé 


152
Répondre en citant  
Re: La musique à France Culture -

La musique à France Culture     Page 15 sur 17

Haut de page ↑   

Aller à la page : Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16, 17  Suivant

Accueil / France Culture

Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum