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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 25 sur 43

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Philaunet En ligne


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241
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Papiers d'Arménie - Lun 15 Juin 2020, 08:12

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p230-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35691) a écrit:Les samedis de France Culture
"Les samedis de France Culture", c'était une émission de trois heures. Une telle durée est-elle possible aujourd'hui ? Bien sûr que... non ? Oui ? Non à France Culture qui ne connaît que les formats de 50 minutes à une heure (émiettés la plupart du temps) pour des émissions dites culturelles (adjectif  mal employé) ou de 45 minutes pour des tables rondes sur le commentaire de commentaires de l'actualité sociopolitique.

Alors non ? Pas possible ? Si ! Mais pas à la radio française, évidemment. Trois heures de suite est en effet imaginable à la BBC et même réalisable. Quand ? Oh, il y a fort longtemps : le 13 juin 2020, il y a deux jours : ‘Down By The River’ *.
- La légende arménienne (09/01/1971) par Eve Griliquez, Ruben Melik et Michel-Rostislav Hofmann
Entre la diffusion et aujourd'hui, le descriptif a changé : ce qui était "La légende arménienne" a été rebaptisé "Arménie : éruption d'un peuple", un titre qui a dû faire plaisir à celle qui l'a imaginé et qui lit une introduction des plus irritantes (forcément) : "Que savons-nous de l’Arménie et des Arméniens ?". Rien, évidemment... Ce "nous" personnel est typique de ces néo-présentatrices qui élargissent leur ignorance au public auquel elles s'adressent. "que savons-nous de son histoire, de sa géographie, de sa géologie" Mais rien, on vous dit, rien du tout ! Les Nuits de France Culture  vont nous tirer de notre profonde ignorance. "de sa langue et de sa culture ?" Rien, toujours rien. L'auditeur qui va se mettre à l'écoute de 3h20 sur l'Arménie n'est pas venu pour en savoir plus, mais parce qu'il ne sait même pas que l'Arménie est un pays, sa seule notion est le papier d'Arménie.
Déroulé de l'émission plus détaillé sur le site de l'INA (...) Et présentation
« Ruben MELIK et Eve GRILIQUEZ présentent un choix de poésies et de chansons arméniennes, ainsi qu'une dramatique intitulée "L'enfant du Mal ou la Possédée". Une partie des chants sont issus des archives personnelles de Michel HOFFMANN. En fil conducteur de l'émission, Eve GRILIQUEZ raconte l'histoire de l'Arménie de l'Antiquité à nos jours. Ruben MELIK et Michel HOFFMANN font régulièrement des commentaires sur la culture et l'art arménien ainsi que sur les évènements politiques qui ont secoué ce peuple. »

Il faut remonter à l’INA, car ce n’est pas en écoutant l’émission que l’on est plus renseigné.
On ne sait pas toujours précisément la musique que l’on écoute, les textes que l’on entend, et l’identité des intervenants.
Le début, poésie et musique, laisse place à des séquences sur l’actualité culturelle, notamment les représentations de l’opéra Anouche d’Armen Tigranian à l’Opéra de Marseille.
On entend dans la dernière demi heure un acte d’une pièce, L’esprit du mal ou la possédée, pas particulièrement marquante, et dont on retient surtout les clichés les plus éculés : le mari ivrogne, la fille à marier…(...)
À propos de culture et d'histoire arménienne, on pourra aussi écouter une séquence intégrée à Music Planet du 06 juin 2020 A Road Trip to Armenia [14 min] réalisée par un présentateur de la radio arménienne, Armen Manukyan, depuis Erevan.

*From the squelchy trickle at the source of the Tyne, to the vast expanse of the Severn estuary, follow the writer Laura Barton as she explores the rivers of Britain to discover how they've shaped our stories and lives.
Through the BBC Radio archives, and brand new interviews, she will follow these rivers closely to hear the tales they share.
"

*******************

Récapitulatif hebdomadaire : 41 contributions du lundi 8 au dimanche 14 juin 2020 (semaine 24)

Philaunet En ligne

Philaunet
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242
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''La légende arménienne'' [2] la naissance de l'architecture - Jeu 18 Juin 2020, 22:54

Suite du post 241 Papiers d'Arménie en complément de
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p230-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35691) a écrit:Les samedis de France Culture (...)
- La légende arménienne (09/01/1971) par Eve Griliquez, Ruben Melik et Michel-Rostislav Hofmann (...)
La pierre arménienne, le tuf, le granit, le basalte, la sculpture sur pierre, l'art de construire, l'architecture arménienne au IVe siècle, le christianisme : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.06.2020-ITEMA_22351517-1-1779455909.mp3" debut="35:27" fin="38:43"]

"Y a-t-il des affinités entre l'architecture arménienne et les autres architectures ?" L'art roman proche de l'architecture arménienne, les couvents, la construction avec des points isolés, précurseur de l'art gothique, la Sainte-Chapelle de Paris, témoignage vivant de l'art arménien : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.06.2020-ITEMA_22351517-1-1779455909.mp3" debut="38:42" fin="42:06"]

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Philaunet
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243
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''La légende arménienne'' [3] les larmes pures des astres - Ven 19 Juin 2020, 23:22

Suite des posts 241 et 242 en complément de
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p230-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35691) a écrit:Les samedis de France Culture (...)
- La légende arménienne (09/01/1971) par Eve Griliquez, Ruben Melik et Michel-Rostislav Hofmann (...)
Poésie de l'abreuvoir * : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.06.2020-ITEMA_22351517-1-1779455909.mp3" debut="52:50" fin="55:35"]

Le déplacement des villages arméniens, une ronde sassanienne : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-01.06.2020-ITEMA_22351517-1-1779455909.mp3" debut="55:35" fin="58:13"]

* Dans le déroulé de l'émission donné par l'INA et reproduit par Curly, les références : Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 25 Scre1249

Curly 

Curly

244
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Mathieu Bénézet / Le nouvel an chinois - Sam 04 Juil 2020, 12:33

Deux Nuits magnétiques par Mathieu Bénézet, réalisations Pamela Doussaud
- Ce qui te reste de Bry-sur-Marne (04/12/1978)
Petit entretien facétieux en ouverture. Extrait : "Écrire, c'est aussi pour moi faire de la radio".
Il n’y a pas de confusion temporelle, c’est une nouvelle diffusion du 11 janvier 1980.
Si quelques lectures par des voix atones demeurent brièvement agaçantes, la richesse du montage, qui alterne ou superpose lectures, tentatives de retrouver les lieux de l’enfance, et récit à domicile du père et de la mère rattrape haut la main ces petits défauts.
Dans l’Inathèque, un déroulé complet de l’émission.


- Taxi s'il vous plaît (22/03/1979)
En deux temps : reportage, puis en studio et en direct avec des chauffeurs, une libre antenne qui semble plus ou moins mise en scène. Derrière les questions des auditeurs, on entend des chuchotements, remarques ou bribes de réponses des chauffeurs.
Mathieu Bénézet titille les taxis, qui hésitent beaucoup à se confier, en les lançant sur des sujets épineux : les commissions des boîtes de nuits, les boers – la police des taxis -, en les poussant un maximum à se confier avec un argument qui ne convainc pas complètement au départ ses interlocuteurs méfiants : la radio a le mérite de les cacher dans un confortable anonymat.


La matinée des autres - L'année du singe (17/03/1992) par Cécile Hamsy - Avec Catherine Aubier, Van Khe Tran, Juo Shiang Tong et Xuan Han Hoang - réalisation Josette Colin
Il y eut un temps où la station s’intéressait vraiment à toutes les cultures, et à autre chose qu’à des tables rondes bafouillantes et peu coûteuses en studio. L’émission offre donc des éléments d’informations sur le nouvel an chinois, les traditions et leur symbole, à l’intérieur d’un reportage construit et soigneusement monté.

Curly 

Curly

245
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Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault - Le théâtre bunraku par Mildred Clary - Mar 07 Juil 2020, 12:15

Faits divers par Pierre Véry Maurice Renault
Samuel est mort deux fois (12/07/1955 Chaîne Parisienne) - plus de liens, diffusions dans les nuits du 04-07-2020 & 19-05-2021
de Roger de Lafforest - interprétation Jean-Pierre Lituac, Jean Negroni, Marcel Lestan, Jean Chevrin, Pierre Leproux, Pierre Marteville, Yves Duchateau, André Wasley, Jean Bolo, Pierre Moncorbier et Geneviève Morel - réalisation Pierre Billard
Un « fait divers » jamais rediffusé. Même l’INA n’en a pas proposé l’écoute sur son site.
Les auteurs s’inspirent d’un véritable fait divers, dont ils ne retiennent parfois qu’un détail.
Pierre Billard a déjà trouvé la méthode qu’il appliquera aussi pour les Maîtres du mystère : rapidité d’exécution, spontanéité, et un seul accompagnement musical qui tourne pendant toute la dramatique.
Une histoire de substitution de cadavres. Samuel est un indic pour Scotland Yard, qui disparaît simultanément du monde des vivants à Marseille et à Calais. C’est surtout cet aspect qui intéresse l’auteur, dont les lauriers sont tressés en ouverture par Pierre Véry. Le démantèlement d’un réseau de trafic de diamants n’est qu’un prétexte.
Nous comprenons dès le départ, pas seulement grâce au titre, que l’indic va disparaître à deux endroits en même temps. Il y aura donc un rebondissement supplémentaire, mais attention, il n’est pas éblouissant d’originalité.
Ensuite, les rubriques habituelles avec le jeu des titres, où les auditeurs proposent des titres spirituels à un fait divers.
Et enfin, le duo Germaine Beaumont/Roger Régent.
Germaine Beaumont résume la nouvelle aventure de Nestor Burma, « Les sapins dorment dans les caves », et Roger Régent s’extasie sur une comédie italienne d’Alessandro Blasetti, « Dommage que tu sois une canaille », avec Vittorio de Sica, Sophia Loren, et Marcello Mastroggani (sic).
C’est une des nombreuses comédies italiennes qui fait la jonction entre le néoréalisme de l’après-guerre qui commence à s’essouffler et la comédie italienne plus acide dont le point de départ est « Le pigeon » en 1958.
Là, nous sommes dans de la comédie gentillette, dans la veine de « Pain, amour et fantaisie », donc Roger s’emballe et n’hésite pas une seconde : il compare sans hésiter avec la comédie américaine des années 30. Blasetti ne serait autre que le nouveau Lubitsch, le nouveau Hawks.


Notes en voyage – L’univers sonore du théâtre populaire de Edo (1980)
Huit émissions de Mildred Clary, avec Jeanne Sigee
Pendant que France Musique continue la série de 1995 sur Beethoven, un petit point sur une autre émission de Mildred Clary.
La série avait été diffusée en 2010 dans les nuits à l’occasion de la disparition de sa productrice.  C’est grâce à une nouvelle diffusion en 2015 que la réécoute est toujours disponible.
1- Introduction générale sur le bunraku et le kabuki, les différences entre les deux, un petit point historique et sur la situation actuelle (en 1980). On y entend déjà une voix qui va revenir longuement dans les deux parties suivantes, celle de Mojidayu Takemoto.
2 & 3 - Le théâtre bunraku
C’est le théâtre de poupées. Certaines sont manipulées par trois marionnettistes.
Le titre « L’univers sonore », n’empêche pas de décrire quand même comment se déroule le spectacle. Mais c’est sur le son que restent longuement ces deux émissions, avec surtout le témoignage du sus-cité Mojidayu Takemoto, qui donne une leçon de diction, non traduite en simultanée afin que l’auditeur profite de la démonstration.
Le bunraku se compose ainsi : les poupées, dont on voit sur scène les manipulateurs, l’accompagnement musical, sur un shamisen, et le narrateur, le tayû.
Le narrateur doit aussi jouer tous les personnages, sans les imiter pour autant, tout en étant assis, donc immobile, et en faisant porter sa voix dans toute la salle. C’est un travail et une technique considérable, qui s’acquiert, non pas en plusieurs années, mais en plusieurs décennies.
La troisième partie offre de très larges extraits de l’histoire des 47 rônin par Mojidayu Takemoto.

La leçon de diction, extraite de la seconde émission – la traduction s’intercale entre les interventions 

                                                                                                                                                                         [son mp3="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/static/culture/sons/2015/02/s07/RF_218824C9-627D-4C83-8C88-536A815ECB42_GENE.MP3" debut="37:55" fin="49:06"]

- en avalant la salive d’une certaine manière, on peut rendre compte de la souffrance du personnage que l’on joue.
- rendre compte de la profondeur de champ sonore alors que le narrateur reste assis au même endroit. Exemple du personnage caché derrière un paravent, faire percevoir la distance au spectateur/auditeur. La respiration est très importante, « il faut savoir faire sortir sa voix de son ventre et faire flotter l’air ».
- les rires et les larmes, la toux, différents exemples.
- « l’art consiste à montrer le vrai à partir du faux. Si on montre le vrai, ce ne peut être de l’art »



Dernière édition par Curly le Mar 18 Mai 2021, 19:14, édité 1 fois

Curly 

Curly

246
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Le théâtre Kabuki par Mildred Clary - La France dans les archives de l'Europe - Le mystère de la chambre jaune - Jeu 09 Juil 2020, 11:57

Notes en voyage – L’univers sonore du théâtre populaire de Edo (1980)
Huit émissions de Mildred Clary, avec Jeanne Sigee
Le théâtre Kabuki
Dans chaque émission sont abordés des domaines précis du Kabuki.
Un entretien en studio entre Mildred Clary et Jeanne Sigee permet de présenter les enregistrements effectués au Japon, dans lesquels Jeanne Sigee rencontre différents professeurs du Théâtre National de Tokyo. Nous assistons aussi à certains cours. S’ajoute à cela de généreux extraits musicaux.
Le Kabuki est qualifié dans l’introduction de « spectacle global », dont chaque élément va être abordé séparément.
4- Le Narimono
Avant d’écouter une partie, accompagnée de quelques explications, d’un cours de percussion, Jeanne Sigee parle de l’instrumentation variée du théâtre Kabuki.
5- La musique, et l’espace scénique
D’abord l’histoire du shamisen, déjà évoqué dans les deux volets sur le bunraku, équivalent de la guitare ou du luth dans la musique occidentale.
Ensuite la voix, les chants : le chant narratif, et le chant qui va dépeindre le cadre, l’environnement (le nagauta).
La scène, et plus particulièrement le hanamichi, le « chemin de fleurs », sorte de pont qui va étendre la scène jusque dans la salle. Les acteurs, pour certaines scènes bien particulières, se retrouvent parmi les spectateurs, mais en hauteur. Les entrées des personnages sont codifiées, le spectateur éprouve un plaisir considérable à retrouver les différents moments attendus dans le spectacle.
Par exemple, l’entrée d’un personnage important sur le hanamichi est annoncée par le crissement d’un rideau sur une tringle.
L’émission se termine par une musique de danse.
6- L'acteur, les costumes, décors
Il est question de l’extrême stylisation de chaque élément du Kabuki. En fait, l’esthétique du Kabuki vient du Bunraku, et le jeu des acteurs reproduit celui des poupées.
Après l’histoire des acteurs – il n’y a pas d’acteur femme dans le Kabuki -, les différents types de personnages.
Le summum de l’acteur consiste à interpréter les rôles féminins  [son mp3="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/static/culture/sons/2015/02/s08/RF_E9F58E53-AED7-4029-8F09-DEFB44341C45_GENE.MP3" debut="19:50" fin="24:29"]
Autres moments de bravoure :
- La scène de suicide folle et échevelée.
- A l’inverse, l’intensité tragique traduite par le silence.
- L’acteur qui va se figer progressivement. « Le mouvement intérieur est tel qu’il fige celui qui l’éprouve ».
La fin de l’émission passe très rapidement sur le décors et les costumes pour s’intéresser au maquillage.

La France dans les archives de l’Europe – série de 20 émissions – août 1982
1- Les émigrés  protestants en Allemagne après la révocation de l'Edit de Nantes (02-08)
par Jean Montalbetti - avec Michèle Magdeleine, Helmut Cellarius et des habitants de Friedrichdorf - réalisation Jean-Claude Loiseau  
Plusieurs producteurs (Jean Montalbetti, Pierre Descargues, Françoise Malettra, Thierry Garçin) de France Culture ont sillonné l’Europe pour cette série de reportages qui commence fort.
Le reportage nous amène à Friedrichdorf, une ville dont l’histoire nous est contée par les archives, et les habitants, encore francophones en 1982.
Outre la fuite des protestants français dans les pays limitrophes, c’est l’histoire d’une ville, entièrement construite par et pour les réfugiés français.


Le Mystère de la chambre jaune (1983) d'après Gaston Leroux, adaptation de Philippe Derrez, réalisation de Jean-Jacques Vierne.
La série a fait les beaux jours de nuits (on s'amuse comme on peut) en 2015 puis en 2016. La totalité de la série est donc encore disponible à l'écoute en deux exemplaires. Et donc maintenant en trois exemplaires.
L'Inathèque en indique un générique plus complet :
Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 25 Roulet10
Le feuilleton est parfaitement exceptionnel, et peut-être sa nouvelle diffusion annonce-t-elle celle du Parfum de la dame en noir, de 1985, 20 épisodes, signé des mêmes.

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Curly

247
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Magie et vérité des sons par Guy Erismann - Le garçon de chez Véry avec Robert Hirsch - Sam 11 Juil 2020, 13:02

Magie et vérité des sons par Guy Erismann, réalisation de Janine Antoine – série de 12 émissions, sur l’histoire de l’enregistrement sonore.

1- La Phonothèque Nationale – 21-07-1964
Guy Erismann nous fait visiter la Phonothèque Nationale en compagnie de son directeur Roger Décollogne, qui décrit, explique le fonctionnement des différents appareils depuis la fin du XIXème siècle, et nous fait écouter des enregistrements allant d’une version de la Habanera de Bizet de 1900 très bien conservée – certains enregistrements des années 20 ou 30 sont de moins bonne qualité – à un bouquet final de discours politiques en rapport avec la 1ère Guerre Mondiale. Le ton emphatique est de rigueur, comme pour les extraits du Cid de 1911, où les trémolos s’enchaînent à la pelle.
Les discours de responsables politiques d’alors, Poincaré ou Doumergue, devaient être enregistrés en studio, et non pris sur le vif.
Roger Décollogne revient sur l’histoire du dépôt légal, qui a obligé, d’abord avec difficulté, les différents éditeurs à déposer une copie de leurs enregistrements à la Phonothèque Nationale, dont les débuts remontent à 1938, remplaçant le « Musée de la Parole » créé en 1911.

2- Henry Barraud, compositeur et chef du département de la musique à la RTF – 22-07-1964
Il est question de la musique enregistrée. Les problèmes soulevés sont passionnants, et il est dommage que Henry Barraud ait été ici le seul intervenant.
Deux aspects :
- la haute-fidélité, qui est en fait d'une hauteur toute relative.
- les enregistrements en studio et les captations en direct.
Henry Barraud ne cache pas sa préférence pour l’enregistrement en direct, avec ses couacs, mais aussi avec son élan, sa vie, que l’on ne retrouve pas dans les enregistrements studios, souvent trafiqués pour cacher les imperfections.
Le concert est une expérience collective, mais écouter de la musique chez soi permet de ne pas être dérangé par les coups de coude de ses voisins. Henry Barraud est partagé…
Henry Barraud a du mal à s’en dépêtrer : il admet prendre beaucoup de plaisir à écouter des disques au fin fond de son fameux fauteuil (il manque la cheminée et la pipe pour que le cliché soit complet).
Pourtant, une fois admis qu’écouter un enregistrement chez soi et assister à un concert sont deux choses différentes, que la qualité sonore n’est pas comparable, pourquoi ne pas apprécier un enregistrement studio, qui n’est pas nécessairement dénué de vie d’ailleurs, même trafiqué, en tant que tel ?  
Deux exemples : l’enregistrement studio du premier tableau de « L’enfant et les sortilèges » dirigé par Lorin Maazel, un classique, et l’enregistrement en public, intégral (un peu plus d’une heure) d’une rareté, la « Médée » de Darius Milhaud, dont la date de captation n’est pas signalée (05-06-1964), dirigée par Pierre-Michel Le Conte, avec Jacqueline Brumaire, Christiane Eda-Pierre, Jean Mollien, Robert Massard et Solange Michel.
Pour apprécier « Médée », la simple écoute n’est pas suffisante selon Henry Barraud, il faut la voir sur une scène d’opéra. A noter que nous en entendons une version de concert.
Guy Erismann se permet quand même d’ajouter qu’à la radio on peut aussi imaginer la scène.
Sur le plan musical, le rapprochement dans la même émission de Ravel et Milhaud est cruel. Cruel pour Milhaud, dont on retient de « Médée » un chant très ampoulé et des orchestrations peu originales, plats décalques de Stravinski.

Autres points, abordés timidement par Henry Barraud : la musique électronique, et les émissions spécifiquement conçues pour la radio, « pour le prix Italia », qu'il met à part.


Lectures à une voix - Le garçon de chez Véry d’Eugène Labiche (01-01-1962 Chaîne Nationale)
avec Robert Hirsch
Les Nuits avaient proposé les années précédentes deux autres Labiche interprétés par Robert Hirsch, Célimare le bien-aimé (31-12-1964) et Les suites d’un premier lit (22-121-1961).
Celui-ci est encore un très grand moment. Ce n’est pas une lecture à une voix, mais une interprétation de la pièce. Pour chaque personnage, l’acteur crée une voix immédiatement identifiable, et il passe de l’une à l’autre avec une facilité telle que nous avons vraiment l’impression d’assister à une représentation de la pièce. Les quelques coupes effectuées au montage, même si elles sont clairement perceptibles n’enlèvent rien au plaisir de ce feu d’artifice radiophonique.

Curly 

Curly

248
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Deux pièces de Eugène Labiche et Auguste Lefranc - Faits divers avec supplément meule - La France dans les archives de l'Europe - Le Kabuki par Mildred Clary - Mer 15 Juil 2020, 13:06

La Société des Comédiens Français  (07/12/1975)
Deux pièces de Eugène Labiche et Auguste Lefranc -
Embrassons-nous Folleville
interprétation Marcel Tristani, Louis Arbessier, Georges Audoubert, Philippe Rondest, Catherine Salviat
musique originale Alain Marconi
réalisation Jacques Reynier
Une dent sous Louis XV
interprétation Jean-Paul Roussillon, Jérôme Deschamps, Philippe Etesse
Il y avait une troisième pièce au programme, « Tous les comédiens ne sont pas au théâtre », qui n’a pas été diffusée ici.
La première pièce est surtout connue par son titre. C’est un vaudeville, et la musique originale est dans la tradition des airs d’opérettes de la fin du XIXème siècle. L’ensemble est très désuet.
Par contre, le monologue qui suit, d’environ un quart d’heure, « Une dent sous Louis XV », suscite un plus vif intérêt.
Un acteur se retrouve coincé sur scène devant le public, les portes vers les coulisses étant malencontreusement fermées, et le rideau hélas restant accroché d’un côté.
L’acteur va résumer la pièce que les spectateurs auraient dû voir, pièce qui aurait pu être d’ailleurs « Embrassons-nous Folleville », en démontant les procédés grossiers du vaudeville, les facilités d’écriture du genre.
De l’humour parfois totalement absurde : les amoureux, au lieu de s’échanger une mèche de leurs cheveux, décident de s’échanger une de leurs dents.
Interprétation impeccable de Jean-Paul Roussillon.
La lecture des didascalies au début coupe le monologue inutilement, puisque plusieurs d'entre elles font doublon avec les bruitages.

Faits divers par Pierre Véry et Maurice Renault - L'assassin n'est pas coupable (26/06/1956 Chaîne Parisienne)
de Claude Gevel - bruitage Gabriel de Rivage - Interprétation Robert Murzeau (le commissaire Fautral), Silvia Monfort (Fabienne Saliroy), Josette Vardier, Jacqueline Carrel, Becky Rosanes, Lisette Lemaire, Robert Basile, Henri Virlojeux, (Monsieur Lafarge), Albert Gercourt et Jean Négroni - réalisation Pierre Billard, assistant Jean Garretto
Pierre Véry explique directement dans l’introduction ce titre mystérieux, qui du coup ne l’est plus. Il a beau se rattraper en prédisant quelques rebondissements à l’auditeur, c’est trop tard.
Donc au programme, spiritisme et réincarnation.
Souvent dans la série, les auteurs essayaient d’inventer un enquêteur original. Le commissaire Fautral est toujours secondé par sa femme dans son enquête, et celle-ci, bien qu’ayant l’esprit très affûté, reste muette de bout en bout.
Germaine Beaumont fait ensuite l’éloge de Claude Aveline, auteur qui a œuvré aussi beaucoup à la radio, avant de descendre en flèche un certain Charles Franklin.
Roger Régent n’aime pas quand ça déborde : quand c’est trop c’est trop.
Il a apprécié « Sourires d’une nuit d’été », et Ingmar Bergman est nommé à la fin mais en tant que « grand scénariste ». Après avoir énuméré les qualités du film, Roger se rend compte soudain que c’est trop. Donc, c’est trop. Le film est en fait trop riche, il a trop de qualités, et il met en garde les futurs spectateurs.
Pour résumer les qualités de la mise en scène, une seule formule passe-partout suffit : « c’est un film plein de qualités cinématographiques ».
Il a apprécié aussi « Les assassins du dimanche » d’Alex Joffé. Et là aussi, c’est trop. Il y a trop de choses, ça s’éparpille. Mais les « intentions sont bonnes » et « l’auteur mérite des compliments ».

Les Nuits ont fait sauter la rubrique « L’accident de la semaine ». C’est dommage. En voici donc l’essentiel.
C’était un accident survenu dans un atelier de meulage. L’accident n’est pas rappelé, à vous de l’imaginer.
Les deux questions posées aux auditeurs étaient les suivantes :
- Quelles sont les deux fautes commises ?
Réponse : Le support de pièces mal réglé laissait un espace trop grand entre lui et la meule – L’ouvrier ne disposait pas de matériel de prévention pour sa pièce.
- Quelles sont les éléments de sécurité indispensables que doit comporter une meule commandée électriquement ?
Une meule commandée électriquement doit comporter un carter protecteur muni d’une bavette réglable à sa partie supérieure et d’une buse de captation de poussière à sa partie inférieure, un écran transparent, un support de pièces réglables, une plaque signalétique très visible comportant la vitesse de rotation, la nature des meules pouvant être utilisées, et les diamètres maximum et minimum de ces meules. Et enfin une borne de mise à la terre.
Pourquoi avoir coupé un tel moment de poésie, si rondement meulé ?

La France dans les archives de l'Europe -
2- Les Huguenots en Hesse de Göttingen à Karlshaffen (03/08/1982)
par Jean Montalbetti - Avec Etienne François, Rudolf von Thadden et Michelle Magdelaine - Réalisation Jean-Claude Loiseau
Suite directe de la précédente émission signalée plus haut, consacrée à l’histoire des Huguenots français et de leurs descendants dans la Hesse.
Lecture et explication d’archives, et dans cette seconde partie, l’histoire de ces protestants depuis leur arrivée, leur intégration, leur attitude face aux grands événements historiques, mais aussi l’architecture de leurs villes.
Un émission toujours aussi bien construite.
Les Nuits ne diffusent pas l’intégralité de la série, puisque nous passerons ensuite directement à la la sixième partie.

Notes en voyage – L’univers sonore du théâtre populaire de Edo (1980)
Huit émissions de Mildred Clary, avec Jeanne Sigee
Le théâtre Kabuki
7- La danse et le duel
Les deux sont proches. Des extraits des cours du Théâtre National de Tokyo, avec les explications de professeurs. Là aussi, les entretiens permettent d’entendre longuement les intervenants parler leur propre langue, la traduction arrive en net décalé, et ne couvre jamais totalement la voix de l’interviewé.
8- Théâtre Est et Ouest
La mise en relation du théâtre occidental et oriental. Un professeur d’art théâtral en Californie, Leonard Pronko parle de ses propres adaptations de pièces élisabéthaines pour le kabuki, et Jean-Louis Barrault de ce qu’il a appris auprès d’acteurs de kabuki. Une partie de cet entretien est une reprise de celui diffusé dans la sixième partie.
En final, une lecture de larges extraits du « Poète et le Shamisen » de Paul Claudel, avec Jean Bollery – qui a assuré les lectures de la série – dans le rôle du shamisen, à droite, et René Farabet dans celui du poète, à gauche.
La prise de son était assurée par Guy Level, qui a été responsable de nombreux enregistrements de la collection Ocora-Radio France.
Mildred Clary a signé aussi dans le cadre de l’émission « Notes en voyage », une vaste série sur la musique populaire du Rajasthan...



Dernière édition par Curly le Ven 21 Mai 2021, 22:35, édité 1 fois

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Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault avec supplément polyandrique - Lun 20 Juil 2020, 12:34

Faits divers par Pierre Véry et Maurice Renault  - L'aventure est au bout du fil  de Jacques- Daniel Norman
26/06/1956 Chaîne Parisienne – nouvelle diffusion de l’émission du 03/05/1955
interprétation Pierre Trabaud (Jacques Dubois), Rosy Varte (Claire Dornet), Jacqueline Rivière (Irène Ponsard), Jacques Morel (Lucien Ponsard), Nicole Vervil, Loleh Bellon, Becky Rosanes, Evelyne Langey, Guy Decomble, Jean Bolo, Armand Vallé-Valdy, Lucien Plaissy, Nicolas Amato, et André Wasley - réalisation Pierre Billard

Encore une fois, la présentation de Pierre Véry écrase tout le mystère que pouvait contenir la première partie de la dramatique. D’abord parce qu’il rappelle le fait divers qui l’a inspirée, et ensuite parce qu’il va nous livrer le résultat de ses réflexions sur la jalousie, sentiment qui entretient selon lui la bonne entente dans le couple. Est-ce vraiment une invite à pimenter son quotidien ?
Donc, la révélation concernant le mystérieux coup de fil suivi de celui de pistolet est émoussée dès le début. Heureusement que l’auteur, présenté comme scénariste pour le cinéma, mais qui a aussi été réalisateur, a eu l’idée d’une péripétie supplémentaire, rappelant sur certains points, sur un mode plus léger, « D’entre les morts » de Boileau-Narcejac, paru l’année précédente, qui a inspiré le « Vertigo » d’Alfred Hitchcock.
Heureusement aussi que l’interprétation soit toujours aussi réjouissante.

Les Nuits ont fait encore sauter une rubrique, et c’est toujours dommage. Car cette émission, sous le verni de la bienséance et du bon goût – que l’on sent dès le générique dit par Jean Toscane, le speaker le plus décontracté de l’histoire de la radio, toutes époques confondues - se réjouit dès que l’immoralisme pointe son nez - avec ou sans cadavres, peu importe - avec une délectation qui dépasse l’entendement.
La rubrique manquante est celle du jeu des titres. Un fait divers est proposé aux auditeurs, qui ont à lui trouver un titre, si possible spirituel.
Le fait : une londonienne a résolu le problème de la lutte des classes en se mariant à un industriel fondeur et à un ouvrier métallurgiste.
L’ouvrier travaillant de nuit, et l’industriel de jour, la chose fut possible, mais certainement quelque peu épuisante, puisqu’arriva le jour où la mariée s’emmêla les pinceaux, et fut donc découverte, gagnant le privilège d’être la vedette du jeu des titres dans « Faits divers ».
Parmi les titres proposés, plein de jeux de mots de bon ton : « Une femme, deux ménages », « Objectif à deux foyers », « Double mixte », « Les deux font l’affaire », « Une femme qui met les couchées doubles », « Une femme, deux poires, et beaucoup de pépins »...
Le winner s’inspire de l’actualité de l’époque, il tombe donc un peu à plat pour nous : « La poule (/pool) charbon-acier ». Il gagne donc le roman policier de la semaine, à condition d’envoyer à la RTF une adresse plus précise que « Dreux ».
Le fait divers sélectionné pour le prochain jeu des titres : Un docteur de St Germain des Près attaqué par quatre voyous qui le rouent de coups, lui prennent son portefeuille, et, pour parachever le tout, son pantalon. Le docteur a pu rentrer chez lui drapé dans une couverture « aimablement prêtée par les gardiens de la paix ».

Le petit courrier des amateurs de mystère et d’aventure :
Germaine Beaumont raconte presque en entier deux romans qu’elle a appréciés, et Roger Régent, qui n’est amateur ni de mystère, ni d’aventure, propose deux spectacles qui n’ont aucun rapport ni avec l’aventure, ni avec le mystère.
« Le sel de la terre » de Herbert J. Biberman, qui a beaucoup attiré l’attention à l’époque, est un film américain largement influencé par le courant néo-réaliste italien. Roger va vite nous donner envie d’aller le voir : « film attachant, un peu ennuyeux aussi parfois par des longueurs et une sorte de piétinement et de monotonie dans les caractères. Mais il fait courir en ce moment tout Paris et c’est réconfortant. Il n’y a pas que la Série Noire... »
Toutefois, les images sont « très faits divers », ce qui permet in-extremis de coller au titre de l’émission.
Roger ne voit rien d’autre à nous proposer au cinéma, parce qu’il n'y a rien vu de bon. Alors il se tourne, une fois n’est pas coutume, vers le théâtre, et plus exactement une pièce de Clifford Odets mise en scène par Raymond Rouleau, « Pour le meilleur et pour le pire » (The Country Girl).
Mais le sujet n’est pas bon : ce devrait être un sujet de roman ou de film et pas d’une pièce. L’étude psychologique, c’est pas pour le théâtre, Roger a bien réfléchi à la chose, et il est formel.
La pièce n’est pas si terrible que ça. La seule personne qui trouve grâce à ses yeux, c’est Raymond Rouleau.

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Magie et vérité des sons par Guy Erismann avec Lise Caldaguès et Michel Philippot - Mer 22 Juil 2020, 12:23

Magie et vérité des sons3 - Lise Caldaguès (24/07/1964) & 4 - Michel Philippot (28/07/1964) par Guy Erismann – réalisation Janine Antoine
Suite de « l’enquête sur l’art et l’usage des enregistrements sonores » commencée avec Roger Décollogne et Henry Barraud.
Lise Caldaguès dirige les archives de la Radio, qui se trouvent alors depuis peu dans la tour de la Maison de la Radio.
L’entretien est bien préparé, que ce soit au niveau des questions et des réponses, qui semblent parfois lues d’une voix appliquée. Pendant la première moitié de l’émission, rappel des différentes techniques d’enregistrement, avec quelques exemples. Dans la seconde partie, présentation de quelques extraits de documents choisis.
Présenter la voix de personnes qui ont été familières, et qui ne sont plus, font passer les archives pour un immense placard à fantômes. L’affect joue beaucoup lorsque, en 1964, sont diffusées les voix de Louis Jouvet ou de Charles Dullin.
Le passage du temps ont fait disparaître cet affect pour mettre en avant la valeur historique et/ou artistique de certains enregistrements, car tous ne se valent pas, et tous présentent un intérêt différent.
Lise Caldaguès face à des milliers d’enregistrements, doit choisir ceux qu’elle va reporter sur bandes.
En 1964, on n’hésite pas à effacer des programmes que l’on considère comme inaptes aux archives.
Mais ce choix demeure un problème, valable pour tous types d’archives. Comment peut-on savoir que ce qui ne présente aucun intérêt en 1964 n’en présentera pas quelques décennies plus tard ? Nul ne le sait. D'où l'intérêt de tout garder.
L’enregistrement n’est pas simplement un témoignage de l’époque, c’est un témoignage de ce que l’on a voulu faire entendre de cette époque, et de ce que le service des archives a voulu garder.

La restauration des documents : dans les années 60, les reports de documents plus anciens, notamment ceux sur disques en cire d’abeille ou sur disques souples se font sur bandes magnétiques. La réduction des parasites rend l’écoute plus aisée, mais, en enlevant les parasites, on rabote aussi une partie du spectre sonore, ce qui présente certainement un inconvénient nul sur des enregistrements de voix déjà très altérés.
Quant à la conservation, le passage d’un support à l’autre n’est pas, ou jamais, terminé : le passage au numérique permet de garder plus, mais il n’en est pas forcément plus fiable. Un bug peut faire sauter la totalité d’un disque dur, alors qu’un microsillon a une durée de vie de plus de 150 ans.

Certains documents diffusés jouent sur l’émotion pure, ce qui met parfois l’auditeur mal à l’aise, comme ce discours de Leslie Hore-Belisha, qui meurt au micro pendant un discours prononcé à Reims en 1957.
Un moment plus plaisant : le discours de Marcel Achard, accueillant Marcel Pagnol à l’Académie Française avec beaucoup d’humour et de subjonctifs imparfaits.

L’émission suivante revient sur l’histoire de la musique enregistrée, et la notion d’écoute, avec le musicologue Michel Philippot. C’est un point de vue différent de celui exposé par Henry Barraud. Michel Philippot défend plus ouvertement la musique enregistrée, qui est une création à part entière, l’ingénieur du son étant lui aussi considéré comme un interprète.
Sur l’évolution de l’écoute, ses idées sont parfois plus discutables. Les orchestres au temps de Haydn ne sonnaient certainement pas très juste, mais les solistes, eux, n’étaient pas des amateurs. Lorsque Michel Philippot oppose les premiers enregistrements à ceux plus récents, il met de côté certaines conditions d’enregistrements. Il admet que techniquement, c’est rudimentaire, mais il ne tient pas compte de l’enregistrement en une prise et sans filet.
De plus, certains ont refusé l’enregistrement, comme Busoni, qui a préféré les rouleaux, et d’autres solistes fameux avaient un âge bien avancé, comme Francis Planté.
Donc les propos de Philippot sur la supériorité des solistes du XXème siècle se basent sur des preuves peu solides.
Le beau programme musical choisi pour la seconde partie de l’émission est constitué de deux mouvements d’une symphonie de Haydn, la 46ème, « Jeux » de Debussy dirigé par Ernest Ansermet, et deux pièces de Webern, la « Passacaille » et les « Six pièces pour orchestre » dirigées par Robert Craft.

Concernant l'émission avec Lise Caldaguès, voir aussi Le grand entretien 2/2

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Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault - Lun 27 Juil 2020, 12:49

Faits divers par Pierre Véry et Maurice Renault - Madame Roc ne reçoit plus (12/10/1954 Chaîne Parisienne)
de Yves Jamiaque - bruitage Gabriel de Rivage
interprétation Marcelle Géniat (la voyante), Martine Sarcey (le Dr Anna Fontier), Lucien Nat (le professeur Verdier), Geneviève Morel, Becky Rosanes, Pierre Moncorbier, Françoise Jacquier, Jeanne Dorival, Yves Duchateau, Jean Bolo, Jean Chevrin, Pierre Amel, Robert Miller, Gaétan Jor, Jean Mauvais
réalisation Pierre Billard

La présentation de Pierre Véry laisse cette fois-ci un peu plus de place au mystère. De plus, coup de chance, Yves Jamiaque n’a vraiment pas gardé grand-chose du fait divers envoyé par Raymonde Dufour (qui gagne une brochure dédicacée), et sa lecture en ouverture ne dévoile rien de la dramatique qui va suivre.
La comparaison avec « Fantôme à vendre » de René Clair est tirée par les cheveux, et la conclusion de Véry, qui ouvre sur un débat autour des pouvoirs surnaturels des voyantes n’est que la démonstration du manque momentané d’inspiration du maître de cérémonie de « Faits divers ».
Comme très souvent dans la série, autant les rubriques accusent nettement le passage du temps,  autant l’interprétation des dramatiques se défend bien contre ledit passage.
Madame Roc est une voyante qui ne reçoit plus (c’est le titre), et qui annonce des événements qui ont la mauvaise idée de se produire. Le dénouement est assez niais. Celui proposé par Raymonde Dufour était plus excitant.
Marcelle Géniat, qui joue Mme Roc, n’a pas peur d’en faire trop, le rôle s’y prêtant bien.  

Les rubriques que les Nuits ont fait sauter :
Le lancement du tout premier « jeu des titres ». Maurice Renault propose un premier fait divers pour lequel il faudra trouver un titre. L'histoire : un message de naufragés d’une goélette vénitienne datant de la fin du XVIIIème siècle a été retrouvé par un jeune homme sur une plage italienne.

L’annonce de la dramatique du 26 octobre. Pierre Véry laisse la parole à son auteur, Pierre Léaud - le père de Jean-Pierre -, qui résume le fait divers qu’il a choisi, une histoire de contrebande de cigarettes sur la Côte d’Azur.
Maurice Renault demande en quoi ce fait l’a inspiré, et c’est là que nous apprenons que l’inspiration n’est pas encore venue, que la dramatique n’est pas encore écrite, et que le futur auteur espère avoir suffisamment d’imagination pour en tirer quelque chose de présentable. Maurice Renault le reprend énergiquement là-dessus : il a tout intérêt à en avoir !
En tout cas, il y a promesse d’actions, de coups de feu, « pas de fumée sans coups de feu » ajoute Véry qui là d’un coup a son moment d’inspiration. « Touchez pas aux blondes », renchérit Léaud.
Cela donne une idée de la rapidité d’exécution des dramatiques, puisque celle-ci sera diffusée seulement 15 jours plus tard, le 26 donc, sous le nom de « Mektoub ».

Le petit courrier des amateurs de mystère et d’aventure :
Germaine Beaumont résume toujours la quasi totalité des histoires, sachant s’arrêter juste au dénouement pour que le lecteur n’ait plus que les dernières pages à lire.
Cette semaine, c’est au tour du dernier Simenon, « L’horloger d’Everton ». La synthèse qu’elle en livre ne manque toutefois pas de pertinence : « nous voyons se dérouler en sens inverse deux destinées, celle du fils roulant vers l’abîme, celle du père remontant vers le passé... ». Bertrand Tavernier l’adaptera au cinéma, en transposant l’action à Lyon (« L’horloger de Saint Paul », 1974).
Autre roman qui a attiré l’attention de Germaine Beaumont, « Vague de chaleur » de Dana Moseley. L’héroïne, « abondamment pourvue de beauté et de gentillesse », commet une impardonnable maladresse : en pleine canicule, elle s’approche trop près de sa fenêtre ouverte, et dans le plus simple appareil. Et vous devinez quoi ? On l’a vue ! Et ce « on » est nombreux, bouffi de méchanceté. Le tout s’achève par un meurtre, « bien entendu », Germaine faisant l’effort suprême de ne pas nous nommer la victime.

Les spectacles vus par Rodger :
Roger Régent s’entraîne au grand écart. Le principe : choisir deux spectacles qui n’ont strictement rien à voir entre eux et leur trouver des points communs en se coupant les cheveux en quatre. Après les avoir tirés avec « Fantôme à vendre », ce devrait être plus facile.
Une pièce et un film « dont les sujets sont identiques, mais les analogies s’arrêtent là car ce film et cette pièce ne se ressemblent guère. Quant aux auteurs, à l’esprit de qui viendrait-il de comparer Jeanson et Tchekhov ? »
Les deux œuvres comparées sont donc « Madame du Barry » de Christian-Jaque, et « La cerisaie » mise en scène par Jean-Louis Barrault.
Comparaison : « Le propos des auteurs est semblable en ceci, qu’ils s’attachent l’un et l’autre à brosser le tableau d’un monde, d’une société, d’un régime disparu et enfoui sous les tumulus des révolutions. A ceci près toutefois que lorsque Tchekhov écrit « La cerisaie » (…) la société qu’il décrivait était toujours debout, alors que le Versailles du XVIIIème siècle, (…) il y a près de deux cents ans qu’il s’est écroulé. »
Bravo Rodger.
Maintenant les points saillants de ces deux œuvres :
« Madame du Barry » : les bons mots de Jeanson et les décolletés de Martine Carol. « Les premiers sont inégaux, et les seconds sont égaux à eux-mêmes » Roger a eu le temps de prendre les mesures. C’est d’un goût douteux admet-il, mais on ne s’ennuie pas.
« La cerisaie » : « très grande qualité...admirable sûreté de trait...troupe parfaitement homogène...compositions saisissantes... »
Après la pommade, le supplice de la roue : « en réalité il n’y a pas de pièce. Et c’est peut-être pour cela qu’en définitive malgré la qualité de cette soirée, nous restons un peu sur notre faim. » Fin.

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