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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » La Fiction à France Culture

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La Fiction à France Culture    Page 16 sur 37

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Nessie 


151
Répondre en citant  
Stefan Zweig - Journal d'un européen (1941-1942) - Mer 21 Oct 2015, 18:03

Je n'ai pu entendre que l'épisode de Lundi c'était le 19 octobre, premier numéro d'une série de 10, intitulée "Le monde d'hier - Journal d'un européen". L'européen c'est Stefan Zweig, auteur qui d'habitude ne m'intéresse pas beaucoup plus que d'autres. Mais l'art du feuilleton radiophonique étant ce qu'il est et la trahison artistique n'opérant pas pendant 100 % du temps d'antenne sur France Culture, j'ai bien cru qu'un sortilège m'avait renvoyé à l'avant -1999. Il s'agit d'un journal d'exil et de désespoir, certainement un témoignage de son temps mais malgré cela un livre parmi tant d'autres que je n'aurais guère eu envie d'ouvrir. Une oeuvre que probablement je n'aurais pas connue se trouve ainsi propulsée chez moi directement dans mes oreilles par une radio culturelle dont je ne pensais même pas qu'elle en fut encore capable. L'équipe radiophonique soigne le boulot. On n'entend pas d'hystérie, pas de relâchement, pas d'amateurisme. Il y a certainement une composition sonore mais c'est tellement bien fait qu'on ne la remarque pas, comme dans l'apologue du Prince et de l'architecte ("je vous le bâtirai ce Palais il vous en coûtera fort cher mais il aura la plus belle architecture dont vous pussiez rêver - et si vous me payez encore plus cher, alors vous ne verrez même plus l'architecture") au contraire du reste de l'année quand c'est mal fait on compte les erreurs et on les aligne les bâtons mais là non, monsieur Nessie le jamais-content, monsieur la gueule-de-raie, faites nous le plaisir de vous asseoir et d'écouter ça (disent-ils, monsieur le commissaire).

Ils n'ont pas eu besoin de me le dire deux fois. Echaudé par une mauvaise expérience récente (j'avais donné un conseil foireux) je pose en requête l'analyse de Philaunet, pour confirmation ou infirmation.

http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-le-monde-d-hier-journal-d-un-europeen-de-stefan-zweig-110-2015-10-19

Philaunet 

Philaunet
Admin

152
Répondre en citant  
« Le monde d'hier » de Stefan Zweig - Mer 21 Oct 2015, 22:04

@Nessie a écrit: Je n'ai pu entendre que l'épisode de Lundi c'était le 19 octobre, premier numéro d'une série de 10, intitulée "Le monde d'hier - Journal d'un européen". L'européen c'est Stefan Zweig, auteur qui d'habitude ne m'intéresse pas beaucoup plus que d'autres. Mais l'art du feuilleton radiophonique étant ce qu'il est et la trahison artistique n'opérant pas pendant 100 % du temps d'antenne sur France Culture, j'ai bien cru qu'un sortilège m'avait renvoyé à l'avant -1999. Il s'agit d'un journal d'exil et de désespoir, certainement un témoignage de son temps mais malgré cela un livre parmi tant d'autres que je n'aurais guère eu envie d'ouvrir. Une oeuvre que probablement je n'aurais pas connue se trouve ainsi propulsée chez moi directement dans mes oreilles par une radio culturelle dont je ne pensais même pas qu'elle en fut encore capable. L'équipe radiophonique soigne le boulot. On n'entend pas d'hystérie, pas de relâchement, pas d'amateurisme. (...)
http://www.franceculture.fr/emission-fictions-le-feuilleton-le-monde-d-hier-journal-d-un-europeen-de-stefan-zweig-110-2015-10-19

Guy Chapellier en lecteur, c'est la qualité assurée. De la même famille qu'un Georges Claisse, il a ce ton de conteur et cette qualité d'articulation qui captent l'attention. En effet, on ne voit pas cette petite demi-heure passer et je vais assurément en suivre les neuf autres.

Deux choses ce-pen-dant. La première importe peu, mais elle indique peut-être un parti pris pour la suite. Je n'aime que très modérément Stefan Zweig, ce qu'il ne faut normalement pas dire, car tout le monde prise cet auteur, notamment ses romans. Et la crème de la crème des connaisseurs ne jure que par Le monde d'hier, considéré comme LE livre à lire. Je ne suis jamais arrivé à aller plus loin que les vingt premières pages malgré plusieurs tentatives. Aussi, d'une certaine façon, je me réjouis que le service des fictions de France Culture en donne une version abrégée en livre audio.

La seconde chose : comment se fait-il que ces mémoires aient été choisies pour diffusion maintenant ? On sait que France Culture raccroche tout à l'actualité, soit brutalement (voir les lectures de Denis Podalydès de septembre), soit subtilement. Il n'y a rien qui soit traité, de l'archéologie (le vivre-ensemble des Néandertaliens est-il constitué ?) à l'art (Nicolas de Leyde n'est-il pas un homme d'aujourd'hui ? cf. Strasbourg) qui ne fasse l'objet d'un rapprochement permettant de dire : « Regardez, eux, ils faisaient comme ça, et nous ? Prenons-en de la graine, suivons leur exemple »).  Peut-être vois-je de l'injonction morale où il n'y a que comparaison pour rendre le sujet dynamique et stimulant ? N'empêche. Quand j'entends les deux extraits ci-dessous dans le premier numéro, je ne peux m'empêcher de penser que le choix du Monde d'hier est une nouvelle manière de France Culture de prêcher la bonne parole à ses auditeurs et d'appliquer une couleur particulière à notre époque : tout va à vau-l'eau, les nuages s'accumulent, on court au cataclysme, la fin du (d'un) monde est proche, reprenez-vous !  Bref, l'habituelle stance du discours apocalyptique (dans le sens biblique) de France Culture.

Le problème éventuel n'est pas  le texte de Zweig (sur lequel on peut quand même émettre des réserves) mais l'interprétation anachronique de sa prose dite aujourd'hui dans le contexte européen que l'on sait.

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s43/RF_C3E97841-3135-45FF-8632-D911786C63CD_GENE.MP3" debut="10:08" fin="10:16"]

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s43/RF_C3E97841-3135-45FF-8632-D911786C63CD_GENE.MP3" debut="20:51" fin="21:06"]

Dans ce deuxième extrait, Guy Chapellier laisse un silence de deux secondes après le mot « éthique ». Il est vrai que la suite du texte qui commence par « Car »  va à la ligne. Mais deux secondes en radio, c'est presque long. Le temps pour nous de bien nous imprégner de ce qui vient d'être dit * ? Deux secondes qui peuvent être ressenties comme éloquentes (et alors ? diront d'autres voix, et pourquoi pas...).

Vivre et laisser vivre, disait la célèbre maxime viennoise, une maxime qui, encore aujourd'hui, me paraît plus humaine que tous les impératifs catégoriques, et elle s'imposait irrésistiblement à tous les milieux. (...) La haine entre les pays, les peuples, les couches sociales ne s'étalait pas quotidiennement dans les journaux, elle ne divisait pas encore les hommes et les nations ; l'odieux instinct du troupeau, de la masse, n'avait pas encore la puissance répugnante qu'il a acquise depuis dans la vie publique ; la liberté d'action dans le privé allait de soi à un point qui serait à peine concevable aujourd'hui ; on ne méprisait pas la tolérance comme un signe de mollesse et de faiblesse, on la prisait très haut comme une force éthique. » (Stefan Zweig)

Philaunet 

Philaunet
Admin

153
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Stefan Zweig 2/10 - Jeu 22 Oct 2015, 23:15

Très belles pages lues sur l'école, la curiosité intellectuelle, l'histoire des lettres et le changement dans les arts au tournant du siècle dans Journal d'un européen de Stefan Zweig 2/10 .

Dans le post 151 plus haut, très justement
@Nessie a écrit: (...)  une radio culturelle dont je ne pensais même pas qu'elle en fut encore capable. L'équipe radiophonique soigne le boulot. On n'entend pas d'hystérie, pas de relâchement, pas d'amateurisme. (...)

Philaunet 

Philaunet
Admin

154
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Guy Chapellier lit Stefan Zweig (3 à 5 sur 10) - Mer 28 Oct 2015, 17:15

Guy Chapellier lit Stefan Zweig et le coup de chapeau s'impose. On en parle dans ce fil depuis le post initial 150 de Nessie Stefan Zweig - Journal d'un européen (1941-1942).

Guy Chapellier est donc le lecteur de haut vol qui donne toute leur saveur à ces mémoires. Il faut les écouter et en tirer les enseignements qui s'imposent.

Le 3e numéro a pour thème les relations entre les sexes et la sexualité dans la Vienne fin de siècle. Outre son étude des moeurs de l'époque (notamment la condition des femmes, la prostitution), Zweig rappelle qu'il a lu Freud. C'est « Eros Matutinus »

Le 4e numéro est tout aussi captivant. « Universitas vitae » retrace les études (plutôt les non-études) du jeune poète, ses amitiés intellectuelles et son lancement comme écrivain après que ses textes ont été acceptés par le Rédacteur du supplément littéraire de la Neue Freie Presse (voir ci-dessous l'extrait qui définit ce qu'est la rubrique « Feuilleton » dans un journal cultivé de langue allemande).

Qui était ce Rédacteur si estimé ? Theodor Herzl. Le portrait qui est fait de lui et  la description de son action et de son influence sont passionnants à écouter (Guy Chapellier a l'élocution, le ton et le rythme parfaits). Un 4e numéro d'anthologie.

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s43/RF_979EA270-D470-486A-A8CA-FE013445617E_GENE.MP3" debut="08:58" fin="09:50"]
(sur ces critères, on ne voit pas grand-monde travaillant actuellement à France Culture qui aurait pu collaborer à la rubrique « Feuilleton » de la Neue Freie Presse...)

Sur la première rencontre avec Theodor Herzl : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s43/RF_979EA270-D470-486A-A8CA-FE013445617E_GENE.MP3" debut="09:50" fin="12:51"]

Dans « Paris, la ville de l’éternelle jeunesse » , ce sont les promenades avec Rilke et une première visite chez Rodin qui  forment des tableaux mémorables.

De la belle ouvrage.

Hulotte 

Hulotte

155
Répondre en citant  
Rediff Morrisson - Lun 02 Nov 2015, 18:27

Stephan Zweig, c'était trop beau : après ce magnifique effort de création, v'là qu'on nous réchauffe un feuilleton déjà diffusé il y a huit mois !

Je n'arrête pas de râler contre cet abus des rediffusions. Je ne suis pas sûre que ce soit la faute de l'équipe Fiction (encore que, s'ils passaient de la musique en boucle en expliquant qu'on ne leur donne pas les moyens de produire du nouveau, ce serait plus honnête) mais c'est quand même sur leur page que j'ai envoyé mon nouveau mail de protestation. Il ne sera peut-être pas pris en compte, à moins que d'autres auditeurs ronchonnent comme moi ...

Philaunet 

Philaunet
Admin

156
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Sur les rediffusions - Lun 02 Nov 2015, 19:28

@Hulotte a écrit:Stephan Zweig, c'était trop beau : après ce magnifique effort de création, v'là qu'on nous réchauffe un feuilleton déjà diffusé il y a huit mois !

Je n'arrête pas de râler contre cet abus des rediffusions. Je ne suis pas sûre que ce soit la faute de l'équipe Fiction (encore que, s'ils passaient de la musique en boucle en expliquant qu'on ne leur donne pas les moyens de produire du nouveau, ce serait plus honnête) mais c'est quand même sur leur page que j'ai envoyé mon nouveau mail de protestation. Il ne sera peut-être pas pris en compte, à moins que d'autres auditeurs ronchonnent comme moi ...

« v'là qu'on nous réchauffe un feuilleton déjà diffusé il y a huit mois ! » ou v'là qu'on nous redonne Morrison déjà diffusé il y a huit mois ! » ?

La question des rediffusions mérite qu'on s'y arrête.  Quand sur cette antenne ou sur d'autres (des étrangères) des émissions sont rediffusées, c'est souvent lorsqu'il y a eu ou qu'il y a une période de congé scolaire. Il me paraît légitime que le personnel prenne des vacances.

Ces rediffusions peuvent être une seconde chance d'écouter une production si l'on a manqué la série et que l'on n'est pas un auditeur d'émissions en différé (rare, de nos jours, avec le podcast).

Par exemple, je suis assez heureux de pouvoir écouter pour la première fois une fiction de la BBC Honoré de Balzac - The Black Sheep (La Rabouilleuse). Vous me direz qu'elle date de 2008... Mais la BBC est coutumière de la rediffusion assez rapide (dans les trois mois) de beaucoup d'émissions (Words and Music ; The Essay ;  Private Passions, etc.) et j'attribue cela au temps nécessaire (et aux moyens) pour produire une émission de qualité.

La profusion d'émissions francophones de qualité à écouter (et réécouter, un lecteur est un relecteur disait Yourcenar, même chose avec l'auditeur) est telle qu'on est rarement en manque de bonnes choses (si l'on a l'habitude de brancher son MP3 à son poste). Par exemple à France Inter (Gallienne, pour rester dans le domaine de la lecture d'une oeuvre littéraire) ou à la RTBF ou la RTS.  Avez-vous écouté ce très beau documentaire poétique dans Par Ouï-dire : ARAN, une autre histoire du vent de Jean-Guy Coulange du 18 octobre dernier ? (un lien vers une page du numéro n'existe pas à la RTBF, voir Par Ouï-dire ).

Pour ma part, je n'ai pour l'instant écouté que les cinq premiers numéros du Journal d'un Européen de Stefan Zweig. Les cinq suivants recèlent-ils des passages que vous nous recommanderiez particulièrement ?

Hulotte 

Hulotte

157
Répondre en citant  
Re: La Fiction à France Culture - Lun 02 Nov 2015, 21:29

Des vacances scolaires pour expliquer une absence de production nouvelle ? Mais les rediffusions s'enchaînent parfois pendant plusieurs semaines de suite, indépendamment des vacances ! L'an passé, nous avons même vu annoncer la série sur la vie de la chanteuse Barbara trois fois de suite en quelques mois ...

Je pense sincèrement que ce phénomène est principalement dû à une réduction des moyens alloués à la fiction et, d'une manière plus générale, aux émissions mûrement réfléchies.

En tout cas, merci pour le lien vers la rtbf !

Philaunet 

Philaunet
Admin

158
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Stefan Zweig, « Le monde d'hier », 6 et 7 - Lun 02 Nov 2015, 22:02

Sur Le monde d'hier : Journal d'un européen de Stefan Zweig
@Hulotte a écrit: ce magnifique effort de création
Oui, on en parle depuis le post 151 de ce fil. Et votre observation est l'occasion de poursuivre l'écoute de cette lecture exceptionnelle de Guy Chapellier.

Le 6e épisode « Les rayons et les ombres sur l’Europe » se concentre sur « l'atmosphère morale » de l'Europe avant 1914. Stefan Zweig n'est pas moins dénué dans ce numéro et dans le suivant de cette capacité à créer une anxiété chez le lecteur (ici chez l'auditeur par le grand art de Guy Chapellier) que dans ses romans psychologiquement éprouvants.  

Beaux passages sur la trahison du colonel  Redel, sur la haine des Tourangeaux envers l'Autriche lors d'une séance de cinéma et sur la rencontre de l'auteur avec Romain Rolland.

Le 7e épisode est, je crois, un des sommets dramatiques de ces 10 numéros. On pourra le réécouter le 11 novembre ou dès ce soir, chaque jour, si l'on est fâché par une rediffusion dans la case Feuilleton. Cet épisode de 25 minutes, « Les premiers jours de la guerre de 1914 » , brosse un tableau saisissant des jours précédant la déclaration de la guerre alors que Zweig est en Belgique.  La description du moment où l'auteur, alors en villégiature, lisant au milieu de vacanciers, apprend l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand est magistrale.

Plusieurs émissions d'archives ont été données dans les Nuits depuis le début des commémorations de la 1ère Guerre Mondiale. Des expositions y sont également consacrées. À noter  celle qui a été montrée à la BNUS  : « La mort des poètes » , avec un catalogue en trois langues.

Pour toutes les manifestations en France : L'agenda du centenaire


Philaunet 

Philaunet
Admin

159
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Une sélection qui interroge - Mar 03 Nov 2015, 11:28

Ci-dessus, pardon de me citer, mais
@Philaunet a écrit: (...)

Le 7e épisode est, je crois, un des sommets dramatiques de ces 10 numéros. On pourra le réécouter le 11 novembre ou dès ce soir, chaque jour, si l'on est fâché par une rediffusion dans la case Feuilleton. Cet épisode de 25 minutes, « Les premiers jours de la guerre de 1914 » , brosse un tableau saisissant des jours précédant la déclaration de la guerre alors que Zweig est en Belgique. (...)

Rien à redire à la lecture de Guy Chapelier, mais il est permis de se poser des questions (pas nécessairement critiques) sur le choix des extraits fait par Florence Le Corre.

Ainsi le passage sur le retour en Autriche est-il expurgé de phrases, dont l'absence me semble dénaturer quelque peu l'esprit dans lequel l'écrivain a retracé ces moments. Y a-t-il une volonté de montrer Zweig sous un jour et un seul (le bon) ?

Aux pages 81 à 94 de La Grande Guerre des écrivains , la contribution de Stefan Zweig est justement constituée de ce passage du Monde d'hier (1941) et de « Retour en Autriche » (1914).

Antoine Compagnon, dans sa présentation, écrit ceci : « L'invasion allemande en Belgique le 4 août 1914 brise son amitié avec Émile Verhaeren. Saisi d'un réflexe patriotique, il publie dans le Berliner Tageblatt du 19 septembre une lettre publique intitulée « Aux amis de l'étranger » prenant congé pour plusieurs années des idées pacifistes et humanistes ».

Serge Niemetz, le traducteur du Monde d'hier lu par Chapellier précise la position de Zweig à travers la correspondance de ce dernier avec Romain Rolland Stefan Zweig, Le voyageur et ses mondes .

Quoi qu'il en soit, je me demande pourquoi Florence Le Corre a coupé un passage qui m'avait semblé manquer à l'écoute du 7e épisode. Le train de la Belgique vers l'Allemagne s'arrête. Silence du lecteur. Reprise de Chapellier. Le passage : « Mais à mi-chemin de Herbesthal, la première station allemande, le train s’arrêta soudain en rase campagne. Vint enfin le signal "voie libre", le train se remit à rouler (...) ». [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s44/RF_59998B94-685F-4E08-9FC0-136970CCEE33_GENE.MP3" debut="11:20" fin="11:31"] (11'20 à 11'31).

Que s'est-il passé pour que le train s'arrête ainsi en pleine campagne et reparte plus tard ? L'auditeur se le demande. Ceci a été coupé : « « Dans les couloirs, nous nous entassâmes aux fenêtres. Qu’était-il arrivé ? Et alors, dans l’obscurité, je vis venir à notre rencontre plusieurs trains de marchandises, l’un après l’autre, des wagons ouverts recouverts de bâches, sous lesquelles je crus reconnaître les formes indistinctes et menaçantes de canons. Mon cœur cessa de battre. Ce devait être l’avance de l’armée allemande. Mais peut-être, me disais-je pour me consoler, n’était-ce qu’une mesure de protection, une menace de mobilisation et non pas la mobilisation elle-même. Toujours aux heures du danger la volonté d’espérer encore se fait despotique.». (Version pdf )

Le choix de supprimer ce passage  (pourquoi ?) laisse l'auditeur interrogatif et affaiblit sa concentration (la suite immédiate est écoutée avec moins d'attention).

Il faut noter aussi que le texte de 1941 est différent par son ton de celui publié le 1er août 1914, et pour cause. Zweig, qui écrit pour un public germanophone, se montre fier en 1914 de la culture allemande. S'il entonne des accents patriotiques (et il est assez honnête pour le reconnaître), il ne se montre à aucun moment belliqueux.

Philaunet 

Philaunet
Admin

160
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Journal d'un européen de Stefan Zweig 8/10 - Ven 06 Nov 2015, 09:53

Guy Chapellier a la voix qui vibre aux moments forts, mais il n'en fait jamais trop, c'est une de ses qualités de lecteur. Le Journal d'un européen de Stefan Zweig 8/10 , c'est l'assassinat du Ministre des affaires étrangères, Walther Rathenau (1867-1922), ami de l'écrivain, juste après une entrevue avec ce dernier. C'est la description de l'inflation et ses effets, c'est la description de l'arrêt net du succès de l'écrivain, c'est la solitude intellectuelle.

On retrouve le style toujours aussi séduisant de l'écrivain qui recourt à de nombreuses généralisations.  Le genre de style qu'on retrouve chez tous les sciences-po et les autres intellectuels  invités à France Culture (qui dissertent sur la France, les Français, etc.) et chez les nombreux producteurs qui se gargarisent de visions globalisantes (l'inégalité en France, le changement climatique, etc.).

Il va sans dire qu'un homme de la culture de Stefan Zweig (il faut lire ses biographies et Les Très Riches Heures de l'humanité) a, lui, l'autorité suffisante pour s'élever au-dessus de la mêlée et distinguer les caractéristiques d'une époque.

Un petit extrait sur « le peuple allemand » : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s44/WL-ITE_00074279_RSCE-10.mp3" debut="15:28" fin="17:08"]

Addendum : Stefan Zweig raconte dans un précédent épisode sa rencontre essentielle avec Romain Rolland. En 1936, Rolland a 70 ans, et Stefan Zweig se suicidera (avec sa femme, une tradition... voir Kleist) quatre ans plus tard. Grâce à la pilule du bonheur de Nessie concernant Tucholsky, je tombe dans la même Nuit sur la Déclaration de Romain Rolland à l'occasion de son 70e anniversaire où l'on entend l'écrivain parler au micro de la Radio Suisse Romande en 1936.  Quinze minutes qui sont comme Le monde d'hier de Romain Rolland. On y perçoit un optimisme et une foi dans le progrès technique (mais trois ans plus tard...)
[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/03/s10/RF_38A82963-D14F-4D1F-BB5C-4FC97D8C1AA6_GENE.MP3" debut="04:08" fin="05:15"]

Remplacer Duhamel par... Alain Finkielkraut ? (cf. « Que reste-t-il aujourd’hui de l’idée de progrès ? »)

Philaunet 

Philaunet
Admin

161
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Journal d'un européen de Stefan Zweig 9/10 - Sam 07 Nov 2015, 14:00

Récit saisissant de l'arrivée de Hitler dans la vie publique, tableau de l'époque, réflexions politiques sur l'Autriche, l'Europe, les alliances, comparaisons historiques et bien d'autres choses  encore dans le  Journal d'un européen de Stefan Zweig 9/10 .

Les deux dernières minutes : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2015/10/s44/WL-ITE_00074280_RSCE-10.mp3" debut="22:05" fin="24:05"]

Une adaptation mémorable.

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162
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Re: La Fiction à France Culture -

La Fiction à France Culture     Page 16 sur 37

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