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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Atelier de création radiophonique

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Accueil / France Culture

Atelier de création radiophonique    Page 6 sur 6

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Curly 


51
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Atelier de Création = Creation On Air = L’Expérience - Dim 03 Fév 2019, 23:03

Atelier de Création = Creation On Air = L’Expérience
Lesbos (03-02-2019)

Déjà disponible en podcast avant diffusion.

59 minutes, c’est devenu trop long. Le podcast est découpé en trois épisodes.
Avant tout, présentation du podcast :
« Sur l'île grecque de Lesbos, au large des côtes turques, des milliers de réfugiés arrivés par la mer espèrent pendant des mois voire des années obtenir l'autorisation de continuer leur chemin vers l'Europe. En septembre 2018, des ateliers de radio ont été organisés sur l'île par Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot. Grâce aux enregistreurs que les participants emportaient avec eux, et parfois là où les journalistes ne peuvent pas entrer, ce sont eux qui racontent, avec leurs mots et avec leurs sons, leurs conditions de vie, leurs routes et leurs attentes. Ils ont enregistré la mer, les files d'attente interminables, les cigales, les trajets en bus, l'agitation du camp, le silence et la nuit. Ils ont recueilli, en anglais, en français, en farsi, en arabe, des témoignages d'amis ou d'inconnus. Réfugiés et bloqués sur l'île, ils nous font entendre leurs voix, leurs musiques, leurs sons, leurs questions, le camp de Moria, et leurs situations incertaines, déjà en Europe mais bien loin de la vie qu'ils espéraient. Lesbos est une production radiophonique collective : tous les sons et entretiens ont été enregistrés par les personnes qui ont participé aux ateliers de radio. Episode 1 : à Lesbos où les langues sont si nombreuses, les sons permettent de dire, sans mots, une impression, un lieu, une question. Avec des enregistreurs emportés sur l'île et dans le camp de Moria, parfois avec leurs téléphones, Alain Serge Soh, Anoosh Ariahmer, Sahar Mousavi, Khodadad Mohamidi et les autres participants de l'atelier de radio nous font entendre les sons de leurs vies sur l'île. Une "Expérience" signée Amélie Perrot et Gaël Gillon »
2 : « Pour leur première discussion collective autour des micros, Sarah, Sahar, Alain, Anoosh, Giscard, Farouk, Ahmad et Hadi ont choisi de parler de leur arrivée sur l'île de Lesbos et des conditions de vie dans le camp. »
3 : « A la nuit tombée, des poètes, des musiciens qui vivent à Moria sont réunis juste devant l'entrée du camp. Alain présente cette émission, et il y rencontre Mehdad, poète iranien, Mapipo, chanteur de trap congolais et célébrité de Moria, et Farshid Mohammadi, ancien candidat de The Voice en Afghanistan. »



Et maintenant,
Un : La présentation du dispositif est long et bavard car les auteurs ne misent pas sur l’intelligence de l’auditeur.
Les réfugiés ont choisi d’enregistrer un peu ce qui venait. De toute façon les enregistrements sont souvent couverts par les commentaires de la narratrice. Et on passe plus notre temps à écouter les circonstances de l’enregistrement que l’enregistrement lui-même. Était-il utile de préciser qu’un des participants a oublié d’appuyer sur la touche enregistrement ?

Deux : Les réfugiés nous expliquent qu’ils sont des réfugiés. Avec tout ce que cela implique. C’est à dire ce que nous avons déjà entendu dans moult reportages et journaux. De même pour les récits de la discussion collective qui suit. Qui sont courts car l’auditeur n’est pas en capacité d’écouter un récit long et plus complexe. A l’arrivée, c’est un reportage et non une émission de « création ». Un témoignage d’Alain Delon du Cameroun. Il ne veut pas nous raconter son périple car « tout le monde ici sait comment ça s’est passé ». Il a fait trois mois de prison, pas de détail. Musique ensuite à fonction purement décorative. (voir partie trois)

Et trois : Soirée feu de camp. Un poème en vieux persan, sans traduction. L’auditeur pourrait être bercé uniquement par la musicalité de la langue. Mais non. Il ne faut pas que ce soit trop long, et un commentaire vient vite se superposer pour nous décrire le camp. Exit le poème.
Une chanson feu de camp «J’ espère que tout le monde est chaud ce soir ! » « On est des réfugiés là.» D’accord, mais un travail de montage élémentaire aurait peut-être supprimé cette redondance. Ou alors les auditeurs sont pris pour des.
La narratrice décrit et raconte… du coup les réfugiés se retrouvent souvent en fond sonore.
La chanson de trap se déroule comme s’il s’agissait d’un disque passé dans une émission ou d’un extrait de concert.
Et ça continue avec un finaliste de The Voice en Afghanistan…
De toute façon les réfugiés n’ont pas vraiment droit à la parole. Elle est confisquée par le commentaire.
Après la soirée les participants vont dormir dans des tentes ou des containers. Était-ce utile de nous le préciser ?

                                                                       Triste fin abrupte

Philaunet 

Philaunet
Admin

52
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Sons, oui ; paroles, non. - Jeu 19 Sep 2019, 22:14

Une enseigne d'électro-ménager fort connue m'adresse un mail après un achat : "RACONTEZ-NOUS votre expérience avec D...Y". Ma réponse sera brève : bons conseils et amabilité, marchandise bien livrée et bien installée, donc...

Atelier de création radiophonique - Page 6 Scree163

oui, 9 (le prix ne justifie pas le 10).

Sur ce, le blogueur breton de Radio Fañch lecteur de notre forum à ses heures perdues (doivent être rares) me signale une "Expérience" qui mérite, elle, une note dans le rouge. Au fait, rappel à propos du nom :
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t67p40-atelier-de-creation-radiophonique#32230) a écrit:Atelier de Création = Creation On Air = L’Expérience (...)
Quel numéro ? Le dernier, Ouessant, le vent et son sang 15/09/2019.

Solidarité bretonne oblige et surtout goût de l'ouverture (vous savez la fameuse, revendiquée par FC aux œillères), jetons-y une oreille (avec casque nous dit miss Charon, le mannequin publicitaire de FC) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11983-15.09.2019-ITEMA_22149232-0.mp3" debut="00:00" fin="04:52"]

Hum, ça sent le fait divers sordide (évidemment) étiré à fond pour tenir une heure, heureusement il y a le bruit du vent et de la mer. Poursuivons encore et arrivons à la 15e minute où j'ai brusquement bifurqué vers ça qui n'a rien à voir, mais qui vous donne envie d'écouter "dans le poste".

Le vent : 10/10 ; la mer : 10/10. Je recommande donc cette Expérience de la prise de son à tout consommateur.

Le produit : 2/10 ; le vendeur : 2/10. Un premier quart d'heure d'émission  sans âme, ficelé pour rendre mystérieux une affaire et un homme, avec un montage prétentieux qui coupe les témoignages tous les 5 ou 10 mots par quelques tranches d'atmosphère sans signification censées faire dramatique. La mayonnaise ne prend pas. On s'ennuie ferme. "On" n'est qu'un seul avis. Aux auditeurs de se forger le leur, s'ils ont du temps.

À propos d'ennui, Adèle (pour les intimes) a fait une déclaration sur le site de Radio France en rapport avec l'écoute de la radio. Elle sera reproduite dans un post, demain seulement (quel suspense insoutenable !).

Curly 

Curly

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Expérience immersive et sans bouée en podcast original poil à l'orignal - 1/2 - Lun 11 Nov 2019, 10:46

Déjà, on commence par le vocabulaire convenu. Il s’agit d’une Expérience, d’une Expérience immersive en podcast original . Le vocabulaire est convenu, et je rajouterais même chargé en lieux communs de style prétentio-branchouille.
Me dites pas qu’en plus on va repenser le monde, ce serait trop. Attendez je jette un coup d’yeux…
Oui, on repense le monde, mais à hauteur d’enfant.
Un ingénieur du son a enregistré son propre enfant entre sa première et sa seconde année. Montage réduit à 28mn, afin d’apprécier l’élaboration du langage et l’interaction avec le monde extérieur.
Le tout en hommage à « Un petit chariot pour la Grande Ourse » de Yann Paranthoën (1967). Passons vite sur la référence, elle est douloureuse.
En 2019 on considère que l’auditeur est trop demeuré pour comprendre quoi que ce soit, alors au lieu de lui faire confiance, de considérer qu’il possède au moins une oreille, voire deux, paraît-il, et qu’il est capable de distinguer la diversité des voix, des sons, de percevoir même une profondeur de champ de type radiophonique (oui oui c’est possible), on va lui mâcher son écoute en le bombardant d’objets sonores d’une lourdeur d’enclume afin qu’il comprenne bien les intentions, le but de l’Expérience, car il y a un but, celui de penser le monde de la petite enfance et de bien saisir la naissance du langage, tout en autorisant l’auditeur à éplucher ses patates ou passer l’aspiro en même temps, car pour l’aspiro, il suffit de mettre le casque afin d’être en totale immersion. Pas besoin de trop de concentration, d’une grande attention auditive, on vous a fait tout le boulot, y a plus rien à comprendre.
Donc...
- Pendant les premières vocalises, les parents mettent la radio. « Les p’tit bateaux » sur France Inter, où un enfant (vous avez saisi le rapport ?) pose une question sur la voix (vous avez saisi le rapport ?). De cette manière, vous ne pouvez pas louper le tas de poussières amassé sous le bahut du salon.
- Premiers mots au bout de 5mn, pas de temps à perdre. Voyage en voiture. Il paraît que nous sommes censés être « à hauteur d’enfant ». Non, on entend les bruits que nous entendons d’habitude, accompagnés des commentaires de l’enfant.
- Dialogue d’adulte (visite chez le pédiatre semble-t-il) sur le langage de la petite, qui répète quelques sons, un peu comme lorsqu’elle entendait les « P’tits bateaux ». Explication d’adulte technique pour que l’auditeur comprenne bien. Le micro est braqué sur l’enfant, « hauteur d’enfant » de façade oblige, mais le dialogue s’adresse à l’auditeur adulte. Une enclume on vous dit.
Nous avons confirmation que l’auditeur est toujours aussi demeuré. C’est ce qu’attendent les faiseurs de radio de la part de leur auditeur. Alors pour trouver cette Expérience complètement géniale, laissez vos neurones au vestiaire.
Les adultes confirment que nous ne comprenons pas tout de ce que dit la pitchounette, qui pendant ce temps vocalise à donf dans le micro. Effectivement, merci les adultes, l’auditeur confirme. Pour ceux qui souhaitent une alternative à l’écoute de death metal, je vous confirme que l’écoute de ce passage déchire tout autant les tympans.
- 8mn : Sur le pot. Énumération des membres de la famille. Les progrès sont notables, les adultes comprennent et tentent des relances minimalistes, mais qui ne marchent que dans un seul sens. Quand c’est l’enfant qui tente une relance, y a plus personne. Alors elle pleure, en plein dans le micro. Un régal.
- Le père, qui tient à priori le micro sous le nez de la petite, demande, je cite : « Tu es où ? »
La petite répète plusieurs fois la phrase avant de trouver quelque chose de plus pertinent : il est où ce foutu doudou ? Parce que papounet je le vois il est pas loin il tient le micro.
On notera à ce moment l’amour des petiots pour les assonances et autres allitérations, alors que le poète-poète professionnel avec Bac+10 mention Rimbaud peine à les trouver.
Bon d’accord elles sont simples, mais quel naturel : « Il est où le doudou? Dododoudou ! »

Curly 

Curly

54
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Expérience immersive et sans bouée en podcast original poil à l'orignal - 2/2 - Lun 11 Nov 2019, 13:47

Suite et fin du début.

- 11ème mn, jeu d’eau. Des bulles, des jets d’eau. Jeu d’allitérations en « m » et « n ». Pour ceux qui ont des enfants ou qui en ont eu, c’est une découverte de première bourre, c’est tout pareil que votre gosse à vous, mais vraiment pareil. Alors à quoi ça sert ?
« Ça qui est merveilleux », c’est de dire toujours « je raconte ma life perso », je gagne ma vie avec, et je dis que c’est universel car tout le monde va s’y retrouver là-dedans, c’est la vie, quoi !
Concernant le travail sur le son, je ne souhaite pas faire un parallèle avec celui de Yann Paranthoën, bien que l’auteur de cette Expérience, de tendance manifestement SM, aurait souhaité que nous le fissions, et pas seulement nucléaire.
- 13ème mn, enchaînement magique : la pluie et le vent. « L’eau » dit l’enfant à plusieurs reprises.
Puis le père met des mots sur les choses, la tétine, les crayons… que l’enfant lui montre. RAS, mais vraiment R.  
- Le repas. A force de faire parler son enfant, il faut s’attendre à l’effet boomerang. La petiote insinue que son père a une couche. C’est d’une logique implacable : je porte une couche, alors mon père aussi.
Si ce passage est considéré par la direction fortement secouée (si la pulpe reste en bas, un volcan s’éveille) comme le summum de la poésie radiophonique, c’est qu'elle, elle connait les coulisses de l’exploit : la couche était taille 3 alors qu'elle aurait dû être taille 2. Il faut que j’arrête d’y penser sans ça je vais me… non, j’arrête, j’ai pas mis la mienne.
Ne nous déconcentrons pas, déjà que bon. Arrivée du suspense : la nourriture est chaude, « chauchaud » comme le dit si bien le gentil bambin. Si vous avez pas compris que la répétition de monosyllabes fait papartiti du b-a-baba de l’apprentissage de la paparole, c’est que vous êtes… ah oui vous l’êtes excusez, et moi aussi d’ailleurs, alors tout va bien.
« C’est chaud mais c’est bon » répond le papounet. Technique de base connue de tous les papounets et mamounettes afin de convaincre sa progéniture que faut manger fissa on n’a pas que ça à foutre.
Grand numéro de cirque : « Ça c’est les patates », répète la mamounette.
Nooooooooon ! Syntax Error ! On dit « pommes de terre » ! Quelle éducation ! Mais où va la France dans ces conditions ? Après on s’étonne que ce soye la fin de la civilisation. La patates permettent toutefois à l’enfant de patasiser.
Patatiser = « patatapatata » + coups de fourchettes dans l’assiette à qui mieuxe mieuxe.
- La musique. Dialogue passionnant. Où l’on se perd un peu en conjectures. L’enfant fait-il preuve d’une certaine pertinence ? Ou l’adulte s’est-il perdu dans les méandres vertigineux de la bêtification ? Laissez tomber, les questions sont fermées.
Le père : Tu veux faire quoi ?
L’enfant : Musique.
Le père : Tu veux écouter la musique ? (Pourquoi demander confirmation ?)
L’enfant : Ouais !
Du blues. Avec accompagnement festif de la petite, qui court en chantonnant des onomatopées. Et là, c’est le drame : chute et fin de la séquence. C’est censé être inattendu et piquant, à condition d’être bien immergé.
- 19ème mn : la visite à la ferme. Petite bêtise, mais le grand moment est la remarque désespérée de la mamounette, avec trémolos dans la voix : « Ohhhhh nooooon ! Tu en as cassé un ! »
- Le chat. Eh bien il est pas là : « Pas là le chat », répété ad lib, la fillette trouve que c’est drôle et elle a bien raison. Quant à l’auditeur, il préférerait réentendre la mère, 20’22’’.
Vient ensuite un dialogue puissant, qui fait suite à la séquence des crayons, cf plus haut 13ème mn. Comme on a avancé dans le temps, c'est le bambin qui nomme les objets. L'apprentissage du langage est le sujet de l'Expérience (rappel).
La mère, qui semble catastrophée à force de surjouer la surprise : Ohhhh laaa ! C’est quoi ça ?
La fille : Bateau.
- Oui, le bateau, et là c’est le … ???
- …
- Le dauphin. Dauphin.
- Bateau.
- Et ça c’est quoi ?
- Bateau.
- Oui mais le bateau il est sur quoi ?
- De l’eau.
- Sur l’eau.
- Ouaiiiiiiis. Et ça c’est quoi cet animal…
C’est quoi ça, c’est quoi cet animal etc...
Et de fil en aiguille… nouvelle enclume… « Ça sert à quoi la langue ? »
En guise de réponse la fillette s’amuse avec la sienne, alors la mère amène la réponse que vous pouvez pas discuter, surtout avec votre langue, parce qu’elle clôt le débat définitivement. Je ne la reproduis pas ici, je l’ai oubliée.
- 23ème mn. Le père fait répéter à sa fille des mots dans le micro. L’auditeur est déjà écrabouillé depuis longtemps, le début en fait, par l’amoncellement d’enclumes qui lui arrivent sur la gueule.
Au passage nous apprenons que le chat se nomme Coluche. Qu’ajouter... Voilà voilà…
« On coupe le micro » dit le père, mais en fait non, parce qu’il y a des coupures, je précise pour ceux qui croient que l’émission dure un an alors que 28mn bon sang je l’ai écrit au début.
Maintenant au dodo ! On fait aussi un bisou au micro, c’est tip top lol mdr.
- La night. C’est le moment pyrotechnique de l’Expérience.
Les bruits de la night, un hibou, le vent. Superposés avec l’histoire du soir racontée par mamounette.
« Quand tu vas fermer les yeux ton lit va s’envoler et tu voyageras à travers les étoiles... » Bruit du lit qui décolle comme une navette spatiale. Whaou !
Mais… mais nous sommes dans l’espace ! Magie ! Avec une bande-son Star Wars !
Fin du moment pyrotechnique. Naïveté du monde merveilleux des enfants adultes.
- Générique de fin. Chants des zoizeaux sur deux mn, la dernière étant la meilleure, tout le monde ferme sa gueule, les oiseaux s’éclatent.
« Premiers mots », c’est le titre, ponctué de « Papa ! », « Maman ! », au cas où vous auriez pas compris. Mais non, suis-je bête (et je le suis), nous n’avions, surtout à réaction, pas compris.
« Une Expérience sonore ».
Un synonyme d’expérience : « épreuve ».

GlennB 


55
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Re: Atelier de création radiophonique - Jeu 04 Juin 2020, 21:01

En réponse aux 2 posts précédents (un peu tardivement je m’en excuse, mais je viens de découvrir par hasard le forum, et suis tombé sur ces posts encore plus par hasard):

Merci beaucoup Curly pour cette diatribe détaillée!
J’aurais préféré une critique un peu plus constructive plutôt qu’un résumé des différentes séquences… mais bon, je fais la fine bouche là.

Juste quelques précisions:
-Il n’est inscrit nulle part « une expérience immersive ». Par contre, oui, c’est une immersion dans le quotidien d’une enfant qui apprend le langage.
-Loin de moi l’idée de « repenser le monde ». Plutôt une envie de collecter, de jouer avec les sons, de les bricoler, les assembler, comme quand je jouais au Lego quand j’étais enfant.
-Non, je ne souhaite pas être comparé à Yann Paranthoën. Je voulais juste rendre hommage à sa première oeuvre…
-Ah les patates! Oui bon OK, c’est un peu familier… On est un peu des arriérés en pays gallo… A moins que c’était des patates douces? Je ne parviens pas à m’en souvenir…
-Oui notre chat s’appelle Couche…
-Moi j’ai préféré la première minute du chant des oiseaux. Plus spontané. Ah non! En fait la deuxième était un copié/collé… Je n’avais pas enregistré assez longtemps!

En tout cas, je suis ravi de voir que mon travail fasse autant réagir. En bien ou en mal, qu’importe, l’important est de ne pas laisser indifférent!

Glenn Besnard, l’auteur de cette « épreuve »

Curly 

Curly

56
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En hommage à Pépette, l'oiseau qui pépie à la 27ème minute... - Jeu 04 Juin 2020, 23:03

Dans ce ce message, GlennB écrivit :
En réponse aux 2 posts précédents (un peu tardivement je m’en excuse, mais je viens de découvrir par hasard le forum, et suis tombé sur ces posts encore plus par hasard):

Merci beaucoup Curly pour cette diatribe détaillée!
J’aurais préféré une critique un peu plus constructive plutôt qu’un résumé des différentes séquences… mais bon, je fais la fine bouche là.

Juste quelques précisions:
-Il n’est inscrit nulle part « une expérience immersive ». Par contre, oui, c’est une immersion dans le quotidien d’une enfant qui apprend le langage.
-Loin de moi l’idée de « repenser le monde ». Plutôt une envie de collecter, de jouer avec les sons, de les bricoler, les assembler, comme quand je jouais au Lego quand j’étais enfant.
-Non, je ne souhaite pas être comparé à Yann Paranthoën. Je voulais juste rendre hommage à sa première oeuvre…
-Ah les patates! Oui bon OK, c’est un peu familier… On est un peu des arriérés en pays gallo… A moins que c’était des patates douces? Je ne parviens pas à m’en souvenir…
-Oui notre chat s’appelle Couche…
-Moi j’ai préféré la première minute du chant des oiseaux. Plus spontané. Ah non! En fait la deuxième était un copié/collé… Je n’avais pas enregistré assez longtemps!

En tout cas, je suis ravi de voir que mon travail fasse autant réagir. En bien ou en mal, qu’importe, l’important est de ne pas laisser indifférent!

Glenn Besnard, l’auteur de cette « épreuve »

Merci pour votre remerciement. Il est l'occasion de passer une troisième couche (d'accord, le jeu de mots est lourd, mais bon faut pas faire le difficile) tout à fait inattendue.
En tout cas ne faites pas le difficile comme dans la parenthèse juste avant, ni la fine bouche (et inversement), ce n’est pas à Téléram' , où vous eûtes votre pleine page de promo mimi, que vous eûtes une critique constructive. Ici vous avez eu le grand show déconstructiviste. Si vous trouvez que mon texte est un simple résumé, c'est que vous êtes d'accord avec ce qui est dit sur votre émission. Nous avons donc entendu la même chose.

Je ne vais pas refaire ce qui fut fait ici et .
Mais :
- « expérience immersive ». L’émission s’appelle en toute simplicité « L’Expérience », et sur la page de présentation il est bien écrit « L'auditeur se retrouve en immersion. »
- les chants d’oiseaux : ne jouons pas avec les copiés/collés, j’ai vérifié chaque chant en les isolant. Et je suis formel, pendant la seconde minute, aucune voix humaine ne vient saloper le chant de Pépette (c’est la mésange à droite de l’hirondelle à gauche dans votre oreille droite. Est-ce que c’est clair ?)

Mais tout ça n’est que billevesées.
La comparaison avec Yann Paranthoën était au contraire fort bienvenue. Par la mention de son nom et de l’hommage que vous lui rendîtes vous invitez forcément à la comparaison.
Mais vu le fort intérêt du public pour l’art radiophonique, entretenu par la haute tenue des programmes de France Cluturtre du matin au soir, et la quasi non diffusion des émissions de Yann Paranthoën (presque rien sur l’INA, rien dans les Nuits depuis près de 10 ans, quelques CD tirés à quelques exemplaires et donc plus que fatigués), qui va comparer ?

Comparaison bienvenue donc.
Puisqu’elle rappelle une radio de création ambitieuse. Et, sans qu’il soit question de refaire du Paranthoën, elle devrait vous inviter à plus d’ambition, de subtilité, et moins de poésie à trois balles et d'effets lourds comme des quinze tonnes.
Et l’ambition, c’est ce qui manque cruellement aux miettes d’Ateliers de Création qui traînent sur cette chaîne soi-disant culturelle.

Curly 

Curly

57
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La création radiophonique : 1967/2020 - Sam 07 Nov 2020, 12:30

Les Nuits ont eu la bonne idée, une idée peut-être quelque peu malicieuse, de diffuser une émission de 1967, « L’univers sonore, dix ans de réalisation radiophonique ». L’intention est d’autant plus louable que c’est une invite à faire le parallèle avec la création radiophonique, ou ce qu’il en reste, en 2020.
En 1967, les portes sont grandes ouvertes, les réalisateurs ont conscience des possibilités infinies que propose l’art radiophonique.
Des extraits de créations radiophoniques, pas toujours référencées.
« Le mollusque », suivi de « Histoire d’œuf »
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-06.11.2020-ITEMA_22475784-2020C3372E0247.mp3" debut="34:19" fin="40:22"]

« Le balcon sur le rêve », Robert Arnaut et le réalisateur Jacques-Adrien Blondeau
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-06.11.2020-ITEMA_22475784-2020C3372E0247.mp3" debut="45:48" fin="53:41"]

«L’univers sonore, dix ans de réalisation radiophonique », par Georges Godebert et Arlette Dave, réalisation André Mathieu avec Paul Castan, Guy Delaunay, René Jentet, Jean Chouquet, Albert Laracine, Jacques Chardonnier, Armand Salacrou, Robert Arnaut, Jacques-Adrien Blondeau, Albert Vidalie, Jean-Wilfrid Garrett, Stanislas Fumet, Michel Butor, Driss Chraïbi, Michel Bouquet, Maurice Ohana, Madeleine Attal et Marcelle Michel.

Prenons ce qu’il en reste en 2020. Prenons la dernière « Expérience », l’équivalent de ce qui se nommait dans des temps pas si anciens que cela « L’Atelier de Création Radiophonique ». Sont considérées, la quasi totalité du temps, comme créations radiophoniques : des documentaires sociétaux, ou des enregistrements de spectacles en public, les « concerts-fictions », cf le douloureux dernier prix Phonurgia Nova de la fiction sonore, dont une publicité démesurée, avec vocabulaire excessivement délirant, se trouve sur Téléram’ . Publicité qui ne fait pas honneur au « concert-fiction », puisqu’à l’écoute le choc est cataclysmique entre le dithyrambe lu et l’écoute du « chef d’œuvre sonore ».
Revenons à « L’Expérience ». Voilà donc ce que la chaîne culturelle présente comme une création radiophonique. C’est un extrait de l’émission du 1/11 dernier.
Présentation : « Les jeunes sortants de l’Aide Sociale à l’Enfance tissent les récits alternatifs d’une famille possible. Léa Capuano a recueilli les témoignages de ces parcours de vie. »
Quelle différence avec « Les pieds sur terre » ? Aucune.

[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11983-01.11.2020-ITEMA_22470582-2020C34065S0306.mp3 " debut="11:11" fin="16:00"]

La création, en 2020, elle sent le renfermé. Une fois qu’on a empilé des récits à la première personne, ou des injonctions à repenser le réel qui part en vrille, on a fait le tour des possibles dans le domaine de « L’expérience ».

Dans le domaine de la création, la direction actuelle mise plutôt sur une resucée pathétiquement drôle du Trivial Poursuit...
Le stage marketing a été profitable, mais pas pour la création radiophonique...

Atelier de création radiophonique - Page 6 Opera689

Curly 

Curly

58
Répondre en citant  
Radio Arbres à feuilles caduques - Lun 11 Jan 2021, 18:54

Suite à cette publicité charcutière diffusée ici-même le 30 décembre dernier, il était logique d’assurer le suivi de cette émission de libre antenne où les arbres pouvaient s’exprimer librement.
Le concept est complexe à expliquer, je prends mon élan, ça va pas être facile, surtout en fin de journée.

La libre antenne consiste à laisser la parole à des auditeurs qui appellent les animatrices de l’émission en utilisant un téléphone. Ils se confient, ils taillent une bavette avec elles, et puis clac ils raccrochent et on passe à un autre.
Comme une bonne fin de soirée sur Europe 1 ou RTL, si vous voulez des exemples concrets.
A part qu’ici, c’est super créatif, parce qu’à la place de gens qui appellent, ce sont des gens qui disent qu’ils sont des arbres, mais à vous on ne la fait pas, ça s’entend bien que ce sont des humains et pas des végétaux, et ceci pour deux raisons que je m’en vais vous donner juste dans la phrase suivante ne quittez pas ne raccrochez pas tout de suite j’ai pas fini.

D’abord, un végétal ne parle pas. Mais soyons fous, admettons que ça peut être amusant, voire drôle, et que par principe, une émission qui s’appelle « L’Expérience », se doit d’expérimenter quelque chose, même si ce quelque chose ressemble quand même, je n’en démords pas, à une libre antenne.
Ensuite, et j’écris ensuite parce que j’avais annoncé deux raisons et il n’y a pas de raison que je ne les sépare pas afin de les délimiter pour que vous vous y retrouviez dans vos comptes, ensuite, ces humains qui se prennent pour des végétaux ont des préoccupations assez proches de celles des humains, que c’en est troublant. On peut dire et même écrire puisque là je parle pas j’écris, que ces arbres se prennent pour des humains. Ils auraient pu se fouler et penser Arbre. Or, non, not at all du tout, ces trees and flowers sont comme des humains, ils pensent Humains, mais en transvasant juste les termes végétaux en termes humains.
Pas sûr d’être clair, mais à cette heure, faut pas pousser, soyez indulgents merci.

Un exemple, voici l’appel d’un auditeur choisi avec soin par hasard, celui du « peuplier multicentenaire finaliste du concours de l’arbre de l’année 2020 ». La syntaxe est d’origine, c’est tout simplement Excellent.
«  - Alors où est-ce que vous en êtes du concours ?
- Alors heummmm eh bien le concours euh les votes se soooooont stoppés, le 5 janvier et donc je saurai mercredi si je suis élu Miss Poupy 2020 au concours de l’arbre de l’année.
- Et ça consiste à quoi une fois qu’on est Miss euh on doit euh on est euh eh on eh chai on peut pas être bougé donc euh…
- Qu’est-ce que vous gagnez si on peut dire ? (La seconde animatrice vient en aide à sa collègue qui rame)
- Oui ? Qu’est-ce que vous gagnez ? (ajoute la première avec une voix qui semble ne pas attendre la réponse parce qu’elle semble s’en foutre complètement)
- Alors le le le titre est symbolique c’est vraiment un titre, y’a pas de prix euh particulier c’est vraiment simplement symbolique... »
Je laisse là, ça tourne en rond, le manque d’idées s’ajoutant au manque d’idées, nous sommes aspirés dans un troublant trou noir, celui du vide intersidéral de « L’Expérience ».
La qualité de l’improvisation alliée au rythme endiablé nous laissent étourdis, à tel point qu’il est impossible de tenir une heure entière, un de nos doigts s’insurge et coupe le son, empêchant nos nerfs de provoquer un accident domestique de type radio fracassée contre un mur ou ordi balancé par la fenêtre.

Passons directement à la conclusion de l’Expérience originale :
« ...nous avons entendu vos peines vos amours vos colères et vos espoirs  et nous nous en souviendrons. Nous nous souviendrons de la chaleur de la lumière, du chant des perruches, de la beauté et la violence du vent et de vos cris. Mais il viendra un jour où les végétaux et les humains ne se verront plus comme des contraires mais comme des frères et sœurs, comme des proches. Ils uniront leurs sensibilités pour s’aider à porter doucement, patiemment le poids difficile de l’espèce qui leur a été donnée. Liberté, solidarité, les arbres survivront. »

Amis de la poésie à deux balles,         [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11983-10.01.2021-ITEMA_22537448-2021C34065S0010.mp3 " debut="21:21" fin="24:29"]
                                                                                          bonsoir.

Curly 

Curly

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L'expérience, une performance en direct par un collectif qui a imaginé un dispositif - Lun 04 Oct 2021, 14:36

Ce qui fut l’Atelier de Création Radiophonique est devenu une misère. Une évidence qui mérite d’être répétée encore une fois.
Les « Expériences » (c’est la nouvelle appellation des ACR)  s’adresse à qui ? Qui peut écouter ça sans couper illico ?
Parmi les auditeurs potentiels, qui sait ce que peut être vraiment une émission de création radiophonique  ?
Il est possible de répondre de manière claire à une des questions : cette bouillie s’adresse à des auditeurs jeunes, urbains (parisiens surtout) et qui aiment parler d’eux parce que leur vie est super importante et que si ça nous nous gonfle c’est qu’on peut pas comprendre on est pas assez jeunes, pas assez parisiens, pas assez égocentrés.
Pourquoi cette parodie de pacotille existe-t-elle encore ? Parce que cela fait partie des obligations de la chaîne, qui s’en acquitte à minima.
Comme nous sommes tous plongés dans un monde moderne, nous pouvons nous offrir la joie de la réécoute en ligne ou du podcast. Une sale vacherie, parce que nous pouvons écouter à quoi ressemble ce truc en dehors de ses heures de diffusion.
L’Expérience du 3/10 était en direct, et c’était une performance. Vous voulez une vraie définition d’une performance dans le sens où l’entend France Culture ? Un bidule improvisé, où l’on se regroupe ensemble pour dire des généralités, pour raconter sa life qui est super intéressante, pour être ensemble et se dire que c’est ça la démocratie, pouvoir se réunir pour dire ce qui nous vient par la tête, parce que nous sommes libres et que nous sommes en démocratie je vous rappelle.
Non seulement ce fut une performance, mais en plus elle fut accomplie par un collectif. Le panard.
J'ai pas fini : c’était en direct oui, mais en direct de la Place de la Nation. A Paris dois-je préciser pour les ploucs qui n’y habitent pas.
J'ai toujours pas fini . Si vous avez lu mon titre, vous aurez remarqué que tous les mots pompeux n’ont pas encore été casés : c’est une expérience avec une performance par un collectif qui a imaginé un dispositif.
Et ce dispositif a été « imaginé pour l’espace public ».
Great !
Le concept mérite d’être cité en nu intégral. Il nous vient d’un penseur dont on n'entendra jamais assez les louanges sur France Cucutre (c’est de l’ironie, je précise pour les jeunes parisiens franceculturés qui pourraient accidentellement lire le plouc dans le texte) : Michel Foucault.
Le titre « Parrêsia ». D’accord ça vient du grec, mais c’est quand même du Foucault.
Parrêsia = « franc-parler »
Nous n’allons pas tourner en rond, c’est une libre antenne.
Mais dire que c’est une libre antenne, ce serait un peu nullos aux entournures. Donc – voici la citation en nu intégral, j’ai juste coupé un peu au milieu de manière totalement arbitraire, juste parce que c’était un peu long et un peu chiant (c’est un euphémisme, je précise pour les mêmes) :
« Il s'agirait d'un espace de réflexion et de paroles, idéalement permanent, (…) Un espace, un temps récurrent pour laisser la place à ceux qui ont du mal à s'exprimer la première fois mais qui pourraient revenir plus tard. Un espace pour s'exercer à l'expression et à l'écoute au cœur de la ville. Un espace manquant.
C'est un processus fragile qui laisse la place à l'inattendu, à l'inouï, puisqu'il allie un public convoqué et un public passant, où une irruption de parole est toujours possible. Une zone d'improvisation démocratique et culturelle comme aurait pu dire David Graeber. »
La mention de David Graeber, autre illustre inconnu jamais célébré par France Curtucre (je confirme, c'est de l'ironie) allait de soi, elle complétait avec harmonie la référence à Foucault.
Le reste, et j’ai pas coupé cette fois-ci juste pour vous emmerder. Vous pouvez couper vous même le texte qui suit comme bon vous semble, ne pas le lire même, on se retrouve après les guillemets.
« Le titre Parrêsia est un concept complexe que l'on pourrait simplifier par "le dire vrai sur soi-même". Il y aussi la notion du risque : oser venir parler au micro... devant qui ? et au nom de quoi ?
Il s'agit d'une expérience radiophonique de la simultanéité des événements ; incluant la possibilité qu'une personne prenne la parole sur la place après avoir entendu la radio -une piste de recherche pour poursuivre cette performance-. L'idée est de chercher une articulation entre la place publique physique et incarnée de la ville avec la place publique numérique. »

Vous avez lu le texte ? Bravo !
Vous n’avez pas lu le texte ? Vous êtes raisonnable.

Mais maintenant, le grand huit, le saut de la mort, il est temps de passer à l’écoute d’un extrait. Au programme : le monde d’après, le coronabidule, et aussi j’allais oublier, on questionne le genre. Rien de 9. Du délire. Et le son ? Il est tout simplement dégueulasse, bref, la perfection.         
                                                                                                                                        [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/11983-03.10.2021-ITEMA_22794181-2021C34065S0276-21.mp3" debut="33:33" fin="38:13"]

Curly 

Curly

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Le consortium Bruno Latour - Jeu 11 Nov 2021, 18:37

Connaissez-vous Bruno Latour ?
Sur France Turrture, il tartine la grille de long en large, de haut en bas.
« certains médias français lui ont décerné le titre "d’intellectuel le plus influent dans le monde" » peut-on lire un peu partout sur le site de France Crucru. Mais quels médias ? Qui sont ces « certains », jamais nommés ? Pourrons-nous un beau jour avoir la référence précise de ce « on » qui a décidé à l’unanimité de lui-même de décréter que Bruno Latour était, non pas l’un des plus influents, mais LE plus influent ?

Pour compléter notre connaissance de Bruno Latour, il nous faudra écouter « L’expérience  », la nouvelle mouture au rabais de l’Atelier de Création Radiophonique, qui a consacré une heure au héraut de l’Humanité, Bruno Latour, l’homme que même les cratères lunaires nous envient.

                        Atelier de création radiophonique - Page 6 Opera986

« Dans l’intimité d’une transition écologique ». Le titre allie la puissance d’une émission de M6 et la profondeur d’une chronique de matinale de type France Trutrure.

Bruno Latour est l’homme le plus fort de l’Univers, mais il a su rester simple.
« L’homme, aujourd’hui âgé de 75 ans, prend la chose avec humour, rappelant qu’il doit son succès à un simple questionnaire qu’il a proposé à la revue AOC, en 2020. »
Un p’tit coup de pub pour les potes d’AOC ne fait pas de mal au passage. Et si vous n’appréciez pas la touche d’humour du Maître de l’Univers, c’est que votre Q.I est parti en week-end à La Bourboule.
L’expérience de Bruno Latour est unique dans notre système solaire, même les martiens n’ont pas encore essayé.
Bruno Latour, oui, je dis bien Bruno Latour (j’ai fait un pari, celui d’écrire le plus possible le nom de Bruno Latour, alors vous m’excuserez) a inventé l’auto-description, une nouvelle mouture, plus friendly, de l’auto-critique d’antan.
« S’auto-décrire pour savoir où atterrir, c’est le chemin que propose Latour et son équipe aux participants qui se sont portés volontaires. »
Les participants, dont on ne sait s’ils sont tous des universitaires proches de Bruno Latour ou des personnalités politiques proches de Bruno Latour, ou Bruno Latour et sa famille que l’on soupçonne d’être proches de Bruno Latour, vont se raconter pour savoir où atterrir.

Les auto-descripteurs, vont « lire, parler, réfléchir, mais, tout autant, danser et puis rire, chanter et enfin mettre en scène [leur] auto-description, la partager pour que puisse apparaître des points de contact avec des alliés  ou, à l’inverse, des adversaires. »
Un concept inédit que Bruno Latour appelle simplement « exercices de "superposition des formes". »
Le but est de « laisser aux gens le soin de définir les questions qui les intéressent, de commencer sur ce terrain très basique pour parvenir -enfin-  à une expression politique incarnée et concrète. »
Vous trouvez que c’est juste un groupe de parole ? C’est que vous n’êtes pas initiés, que vous n’avez pas encore attrapé le syndrome de Bruno de Latourette.
« Les seules personnes à savoir ce qu'est vraiment un territoire : c'est les gens eux-mêmes ! (...)
Les laisser définir quelles sont les questions, à ras du terrain. Pour recommencer à redéfinir de quoi se constitue un territoire.
 »
Vous comprenez maintenant pourquoi tous les habitants de toutes les galaxies vénèrent Bruno Latour ? Parce qu’il dit clairement des choses absolument fondamentales, qu’il redécouvre la vertu première de la parole alors que tout le monde avait oublié à quoi que ça servait de s’exprimer avec des mots & des gestes.

A suivre ! « au Centre Georges Pompidou, (…) le bien nommé "service de la parole" propose en mai 2022 une même expérience » mais pas avec Bruno Latour qui sera en visite sur Pluton pour éduquer ses habitants. Le plan de travail a été délégué à une disciple qui imprègne à elle seule toute la grille de France Tructrucre, c’est dire l’importance, « Vinciane Despret, proche du consortium de Latour »

Pour compléter le tableau édifiant, rien de mieux qu’un neurologue pour nous apprendre que « le cerveau -pour bien fonctionner- cherche avant tout la fluidité des gestes et de la pensée », alors que nous, connement, pensions que c’était l’inverse.

Le bilan de l’’opération, même les grains de sable nous l’envient :
« cette façon de raccrocher une tradition politico-artistique à une méthodologie rigoureuse » est ce qu’il y a « peut-être le plus novateur dans l’approche de Latour ». Honte à celui qui a ajouté ce misérable « peut-être ». Honte à lui.

Cette expérience auto-descriptive, ça va être libre expression, mais pas la guinguette :
« Si ce n’est pas un sondage des opinions que propose Latour, ce n’est pas non plus une fête de fin d’année de l’association du coin, un moment simplement ludique. »

Pour le reste, voici une expérience dont le message politique est on ne peut plus clair, preuve qu’une fois de plus, même les restes des résidus d’émissions de création sont devenus des tracts politiques :
« cette transition écologique, elle est possible, ici et maintenant, sur un territoire dont les complexités finissent par se dévoiler, à revers des discours souverainistes »

Chaque mouvement de la pensée de Bruno Latour doit être salué comme un grand pas pour l’Humanité :
« Un territoire (...) qui se révèle à chacun "de proche en proche" comme le dit Latour qui franchit ici une étape dans son parcours intellectuel. »
« travailler "de proche en proche" (...) Cette proximité apparaît ici en creux et souligne qu’une part de coopération invisible est toujours induite dans l’œuvre des "grands hommes". »

La citation qui clôt la présentation est brève, sorte d’auto-description de l’expérience :

                                                            « Chaque instant à un poids.»

Ce poids, y'a comme qui dirait l'impression que ça va être du lourd.

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