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Regards sur France Culture » LES FORUMS » France Culture » Le programme de nuit, îlot de culture (II)

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Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 15 sur 39

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141
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Erratum - Lun 01 Avr 2019, 08:13

Erratum :
Dans ce billet du 2 décembre 2018 j'ai écrit :
"La direction de France Culture crache sur ses archives. Soit.
Mais elle rentabilise bien ses anciens programmes. (voir le site de l’INA)"
Le terme "rentabilisé" a été utilisé de manière bien maladroite.  
Je souhaitais dire que France Culture crache sur ses "archives" (là aucun souci de compréhension) mais qu'en même temps elle ne se gêne pas pour en diffuser toutes les nuits.
Par ailleurs une source sûre qui se reconnaîtra si elle lit ceci précise bien que France Culture verse à l'INA de l'argent pour la diffusion de ces "archives".
Le terme d'archive est gênant, car lorsqu'on lit un roman de Balzac de 1834 on ne parle pas d'"archive" de la littérature.
Leur écoute ne peut être comparée à "la consultation d'un vieil album photo ou au visionnage d'un film super 8." Certaines émissions radiophoniques, quelle que soit leur ancienneté sont de véritables œuvres, et là, enfonçons une porte ouverte, ajoutons que ces œuvres appartiennent à leur époque tout en la dépassant.
ex. Le bahut noir de René Jentet (30/03/1974) est avant tout une œuvre et non une archive.

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Luc Ferrari, Pierre Schaeffner - Mer 03 Avr 2019, 07:48

Atelier de création radiophonique - Du côté d'un hétérozygote : portrait de Luc Ferrari (11/11/1979)
Par Daniel Caux - Avec Luc Ferrari, Pierre Schaeffer, Alain de Chambure, David Abramovitz, Patricia Cohen, Jacqueline Brunhilde et Sophie Brunhilde - Réalisation Yvette Tuchband
Dans la lignée des nombreux portraits d'artistes que l'on retrouve dans les ACR. "Hétérorygote" car c'est le titre d'une pièce de Ferrari ; il semble qu'il ne faille pas chercher plus loin.
L'accès à l'atelier du compositeur, les quelques répétitions, surtout avec le pianiste David Abramovitz ne sont certes pas sans intérêt. La discussion autour de la préparation d'une salade ainsi que le repas qui s'ensuit sont l'occasion de considérations culinaires d'une part, et musicales ensuite.
Pour le repas, outre que les bruits de mastications sont désagréables à l'oreille, elles mettent bien en relief un des aspects de cette émission : les protagonistes de l'émission jouent, s'amusent, mangent, mais l'auditeur reste parfaitement étranger à tout cela.
Grande réflexion de Luc Ferrari sur le fait que les parties improvisées de certaines de ses compositions donnent une grande liberté au musicien, et le fait accéder au rang de "passeur" au même titre que le compositeur. L'auditoire s'extasie de la profondeur de cette pensée d'une très grande banalité.
Autre moment : un "jeu de rôle" entre musicien. Une fois de plus, l'auditeur est bien le seul à ne pas jouer. Luc Ferrari propose, peut-être conscient de ce problème, d'intégrer le public à ce jeu avec des règles du genre "le spectateur présentera son métier à son voisin"...

Enfin, Luc Ferrari semble avoir des comptes à régler avec Olivier Messiaen, son enseignement, et ses oiseaux.  
La grosse brouille entre Pierre Schaeffer et Pierre Henry est aussi évoquée.
A ce sujet, le 25/09/1979, soit quelques semaines avant la diffusion de cet ACR, Roger Pillaudin animait une rencontre entre Schaeffer et Henry, Dialogues - Il y a trente ans la musique concrète . Rencontre tellement tendue,  que l'auditeur a l'impression d'assister à un duel de western, les deux combattants, surtout Schaeffer, qui monopolise la parole, usant d'un maximum de mauvaise foi dans le seul but de contredire son adversaire.


La musique et les hommes - Hommage à André Schaeffner (04/02/1981)
par Rémy Stricker - Avec Gilbert Rouget, Georges-Henri Rivière, Madame Paule Schaeffner, Claudie Marcel-Dubois, Tran Van Khê, Mireille Helffer, Jacques B. Hess, Guy Erismann, François Lesure et Claude Lévi-Strauss - Lectures Rémy Sticker
Hommage classique et un peu terne : les intervenants défilent pour parler de Schaeffner. Le jazz, la musique que l'on appelait "exotique" au début du siècle, Stravinsky, et bien sûr Debussy. André Schaeffner est un des premiers à avoir enregistré de la musique "baga", vietnamienne, de Bali, ou de Java.
Peu de musique en réalité : elles sont coupées au bout d'une ou deux minutes.



Dernière édition par Curly le Mer 03 Avr 2019, 21:47, édité 1 fois

Philaunet En ligne

Philaunet
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143
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Le Don Giovanni de Mozart et la bonne chère - Mer 03 Avr 2019, 13:37

Curly(https://regardfc.1fr1.net/t852p110-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#32328) a écrit: (...) Autre promenade, musicale celle-ci : Le festin musical (13-06-1979) , près de 2h30 avec Pierre Lartigue.
L’auditeur se laisse en effet promener à travers des paysages musicaux variés, le Moyen-Âge, Marcel Duchamp etc..., et un texte généreux, évitons les métaphores faciles, qui ne se contente pas d'évoquer seulement le thème de la nourriture dans la musique mais qui considère aussi la musique comme nourriture. Pour ne pas gêner le rythme de la balade, aucune annonce ou désannonce systématique de la musique entendue*, musique qui parfois se mêle à la voix de Pierre Lartigue et qui de toute façon dans la plupart des cas est diffusée de manière fragmentaire.
A noter une grande séquence autour du Don Giovanni de Mozart. (...)
De la minute 52 à 1h26, vraiment superbe ! Début de la séquence (on n'est pas dans une lecture sur les chapeaux de roue) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-09.02.2019-ITEMA_21977289-2.mp3" debut="51:29" fin="57:11"]

[Autre extrait dans le post ''Douze enclumes frites au saindoux'']

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Curly

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Histoire du théâtre espagnol - Lun 15 Avr 2019, 10:06

Prestige du théâtre - Splendeurs du théâtre espagnol (19/04, 17 & 24/05/1955 Chaîne Nationale)
par la Société d’Histoire du Théâtre - Texte de Léon Chancerel - Interprétation Léon Chancerel (Sébastien le secrétaire), Olivier Hussenot, Maria Casarès (La comédienne) et Maurice Jacquemont (Le comédien) - Réalisation René Guignard
Même auteur et même série que Le théâtre en voyage avec Louis Jouvet où est racontée l'histoire de Molière et sa troupe avant leur arrivée à Paris.
Ces trois numéros sont consacrés au théâtre espagnol du XVième / XVIème siècle.
Maria Casarès, lorsqu'elle déclame des vers, est parfois bien emphatique (1ère émission surtout). Léon Chancerel raconte l'histoire du théâtre à la manière d'une conversation faussement spontanée où sont intégrés citations de pièces, poèmes, ou extraits d'ouvrages sur le théâtre, le tout de manière extrêmement dynamique et rythmée.

Toutefois les 3 épisodes diffusés par les Nuits s'intègrent dans une grande série sur l'histoire du théâtre espagnol.
Il est dommage que nous nous contentions de trois seulement : l'émission, hebdomadaire, commence en réalité le 05/04/1955 (épisode introductif semble-t-il) puis continue par Fernando de Rojas avant d'arriver à
1-  de Juan Del Encina à Lope de Rueda
Après, 2 émissions sur Cervantès avant
2- Lope de Vega, le prodige de la nature
Sa vie en moins d'une demie heure.
3- Lope de Vega, Tout l'univers sur quelques planches
Avec Charles Vincent Aubrun directeur de l'Institut d'Etudes Hispaniques
Son œuvre, avec interprétation de quelques scènes.

Puis la série continue : Tirso de Molina, Mira de Amuesca, Calderón, l'influence sur le théâtre français (de Rotrou à Molière), la décadence du théâtre espagnol, les romantiques, Ramon Maria del Valle-Inclan, et Federico Garcia Lorca. En tout pas moins de 18 émissions jusqu'au 02/08/1955. (Source Inathèque)

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Tennessee Williams - Ya Rayi - Les pygmées Aka - Mer 17 Avr 2019, 09:35

1- Dans le bar d'un hôtel de Tokyo de Tennessee Williams (12/02/1990)
Adaptation Bruno Villien - Réalisation Claude Mourthé
Avec Malka Ribowska et Patrick Chesnais
Pièce courte écrite en 1969 reprenant certaines obsessions de son auteur. Histoire d'un peintre new-yorkais, sorte d'épave humaine, et de sa femme qui souhaite se débarrasser de lui.
La pièce se déroule entièrement dans le bar mentionné dans le titre. La réalisation de Claude Mourthé, fonctionnelle, met en valeur l'interprétation, qui, contrairement à de nombreuses dramatiques de France Culture aujourd'hui, est de premier ordre.

2- Barbès Stalingrad : Ya Rayi ! (07/05/2000) par Marie-Hélène Bernard
Réalisation : François Caunac
Ce reportage dans ses meilleurs moments (en gros la première moitié) fait penser aux Nuits magnétiques, et dans la seconde, la rencontre avec une chanteuse, aux Pieds sur terre parmi les plus supportables, ceux du début des années 2000. A noter qu'il s'agit d'un des derniers ACR produit par René Farabet.
La vie du quartier, la rencontre avec des habitants, l'évolution du quartier depuis les années 50, la guerre d'Algérie... Et surtout la vie des artistes algériens des années 60, qui pouvaient commencer en France une véritable carrière discographique, tout en étant régulièrement arrêtés par les forces de l'ordre.
Première question de la productrice à propos des chanteurs algériens : "Les grands noms c'était quoi ?" Bienvenue dans les années 2000 sur France Culture.
Concernant l'histoire d'un quartier de Paris et son évolution, un prochain billet reviendra sur "Il était une fois Belleville " de Clément Lépidis, qui lui assume une totale subjectivité, et qui sur le plan radiophonique est d'un tout autre niveau. A suivre donc.

3- Musique de notre temps - La musique des pygmées Aka (14/11/1978)
Par Georges Léon - Avec Simha Arom
En 1978 paraissait le coffret ci-dessous édité par Ocora/Radio France.
Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Page 15 Pygmzo10
Simha Arom est au départ corniste. Au cours d'une tournée en Afrique il va rencontrer les pygmées Aka et étudier leur musique.
La publication de ces enregistrements vont influencer des compositeurs occidentaux, les plus notables étant Luciano Berio, qui de toute façon se nourrit de toutes les musiques, et György Ligeti qui après la composition de son opéra Le Grand Macabre (1977) va ressentir la nécessité de renouveler son écriture. En plein milieu de l'entretien, Georges Léon propose l'écoute d'un mouvement du trio pour cor, violon et piano op 40 de Brahms, avec l'invité au cor. Aucune mention des noms des deux autres musiciens.
En 1982, c'est par l'écriture d'un trio pour les mêmes instruments, en hommage à Brahms, que Ligeti va intégrer ces nouvelles influences.
Au cours de l'émission, retour sur la formation de Simha Arom, et son travail "d'ethnomusicologue". Curieusement, alors qu'il les étudie depuis environ 15 ans déjà, nous comprenons qu'il a besoin de l'entremise d'un interprète pour communiquer avec les pygmées.
Chez les pygmées, tout le monde est musicien. Et leur musique peut avoir une fonction éducative, morale.
Les différences de perception entre cette musique et la nôtre font tout le sel de cette émission : la réaction des pygmées à l'écoute de la musique occidentale est bien sûr la même que la nôtre à la première écoute de leur musique. Les nuances, les subtilités, nous échappent complètement. C'est une invitation à changer nos habitudes d'écoute.

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Il était une fois Belleville, mais j'ai mis des bouts de Beyonce et PNL dedans pour racoler un minimum - Ven 19 Avr 2019, 10:05

1- Il était une fois Belleville  par Clément Lépidis et Georges Godebert (13/07/1974), texte de C. Lépidis interprété par Henri Poirier et Pierre Trabaud.
Promenade nostalgique ou plutôt "itinéraire sentimental" : la vie du quartier dans la première moitié du XXème siècle avec les récits d'ouvriers soit retraités, soit encore en activité, les Folies Belleville, les spectacles de variétés (certaines chansons d'époque sont de  tout aussi mauvais goût que celles d'aujourd'hui), la boxe, l'histoire du quartier depuis le Moyen-Âge, l'Occupation (pour cette partie le côté "nostalgique" a beaucoup de mal à passer), les promoteurs.
Les auteurs sont conscients d'une chose : la nostalgie, c'est la jeunesse, et la jeunesse, c'est toujours mieux*. 
Le plus fort de l'émission, ce sont les récits des habitants, leur langage, leur vision d'un monde qui n'est plus.
Les échanges sont aussi d'une grande précision car Clément Lépidis connaît le quartier. A comparer avec les promenades ethnologiques d'André du Bouchet : lorsque l'on ne connaît pas la population, les échanges sont plus distants.
L'émission est bien construite, bien écrite aussi, deux comédiens jouant les commentaires écrits par Clément Lépidis, les intervenants ont parfois un tel sens du récit qu'il aurait été dommage de les couper. La rafle de juillet 42 dans la rue Piat est particulièrement forte : la radio c'est aussi la voix, une manière de raconter, qu'il est impossible de transcrire à l'écrit sans en perdre l'essentiel.
Les promoteurs justifient avec logique la transformation du quartier : ces propos sont encadrés par ceux d'un habitant qui pleure sur ce qu'est devenu son quartier, et par la réponse argumentée d'un artisan.
La page de l'émission  a disparu momentanément. En attendant son retour, voici le lien avec la rediffusion précédente .
*Mais ça se discute...

2- Les jours envahissent les nuits :
C'est une tendance qui se confirme surtout dans les nuits spéciales du samedi au dimanche.
Les sujets abordés sont de moins en moins variés, et les voix entendues sont les mêmes que celles de la journée.
Bel exemple dans la nuit du 20 au 21 avril avec une première nuit (il y en aura deux, chic) sur Les femmes et la psychanalyse. Avec beaucoup d' Elisabeth Roudinesco, de Sarah Chiche etc...
Que ce sujet soit abordé, soit. Mais on attend de cette radio un esprit d'ouverture : plus elle le clame, moins elle en a.
On pourra dire "oui, mais c'est l'époque qui est comme ça, il faut coller avec notre temps, bla bla bla et je te mets une émission de philosophie sur le dernier alboum de Beyonce où la philosophie n'est qu'un prétexte, et je te fais des simili Masque et la Plume sur l'alboum de PNL (alors Bidule, l'alboum de PNL en un mot c'est quoi pour vous ? ),  et je te récupère les auditeurs d'une station privée en chute libre...."
A ceux qui pensent ceci, je leur souhaite de pousser ce raisonnement jusqu'au bout, si c'est possible : le résultat ne manquera pas de les étonner.

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Dramatiques policières - Mar 23 Avr 2019, 09:14

En octobre/novembre 1982 France Culture proposait un Cycle de pièces policières. Génériques prestigieux et réalisations de Georges Godebert, Jean-Wilfrid Garrett et Jean-Jacques Vierne.
Beaucoup de Simenon, avec un Maigret interprété d'abord par Daniel Gélin, puis , surprenant mais convaincant, Jean-Marc Thibault, et un Monsieur la Souris avec Maurice Biraud.

Le cycle s'ouvrait par une adaptation de Claude Aveline "La Double mort de Frédéric Belot", en deux parties, avec notamment Jean Rochefort et Guy Tréjean.

Les Nuits viennent de proposer Un Noël de Maigret (06-11-1982), avec J-M Thibault donc, mais aussi Simone Renant dans le rôle de Mme Maigret, qui joue ici un rôle important puisque Maigret mène son enquête à domicile.
Adaptation, Eulalie et Jean-Jacques Steen.

Par ailleurs :
La première enquête de Maigret (28-10-1982), générique identique, mais avec Daniel Gelin en Maigret, Jean Rochefort, Marthe Mercadier, Maurice Biraud...

et, toujours aussi réussi,
Le mannequin assassiné (13-11-1982) d'après Stanislas André Steeman. Adaptation de Pierre Dupriez et Serge Martel.

Peut-être que les Nuits (re)diffuseront le reste du cycle, qui se termine par "120 rue de la Gare", en deux parties, d'après Léo Malet, réalisé par J-J Vierne, avec Philippe Nicaud en Nestor Burma.

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Le montage au cinéma, Montgomery Clift, Michel Simon - Jeu 25 Avr 2019, 09:56

Le montage, anatomie du film (06/09/1994)
Par Jacques Munier Avec Marie-Josèphe Yoyotte, Henri Colpi, Claude Miller, Christiane Lack, Yann Dedet (chefs-monteurs) et Pierre Samson (coauteur de "Les conceptions du montage", CinémAction, n°72) - Réalisation Josette Colin
L'émission n'est pas à la hauteur du sujet. Oui, quand on change de place certains plans on change le rythme du film, son sens aussi, mais il eut fallu aller un peu plus loin. Les propos de Yann Dedet ou d'Henri Colpi sont de loin les plus intéressants. Mais il faut encore supporter les propos de Marguerite Duras sur Hiroshima mon amour. "Supporter" car ces propos n'ont strictement aucun rapport avec le montage du film.

Le long regard de Montgomery Clift (20/04/1993)
Par Jacques Munier - Avec Michel Ciment, François Guerif, Hugo Marsan, Macha Meril, et Robin Renucci - Réalisation Claude Giovannetti
Beaucoup de remplissage ici aussi, avec de nombreux et longs extraits d'un documentaire télé américain semble-t-il, et accompagné des poncifs habituels, c'est-à-dire celui de l'acteur torturé que l'on compare abusivement à James Dean. 
Évidemment, vu le sujet, la vie privé est au centre de l'émission. Et les interventions des deux acteurs (Méril & Renucci) n'apportent rien.

Michel Simon ou les jubilations d'un anarchiste : 1895-1975 (09/02/1993)
Par Pascale Lismonde - Avec Denise Dax, Claude Gauteur (professeur à la Femis) et Jean-Marc Loubier (journaliste, auteur d'une biographie sur Michel Simon), Vincent Ostria - Réalisation Josette Colin
L'émission revient surtout sur le début des années 30, ce qui est normal, puisque c'est à cette période que Michel Simon s'investit le plus dans le cinéma, pas seulement en tant qu'acteur, mais aussi financièrement.
Encore des extraits d'archives dont l'intégralité est disponible ailleurs dans les Nuits (voir ci-après).
Des oublis, dont un, de taille, qui explique bien des choses concernant le peu de films tournés par l'acteur à partir de l'après-guerre, le sommet étant atteint dans les années 60/70 où ses apparitions deviennent rares : Michel Simon méprisait profondément le cinéma, ce qui n'enlève rien à son talent bien sûr, et imposait au réalisateur de tourner toutes ses scènes en une seule prise. Ce qui arrangeait bien Sacha Guitry qui aimait tourner très vite. De plus les deux hommes s'entendaient bien.
Nombreux sont les films de cette période où Michel Simon ne fait à peu près rien. On peut penser à La vie d'un honnête homme de Guitry, dont il est question dans l'émission, où Simon joue deux rôles. C'est l'un des Guitry les plus laborieux. Alors que, parenthèse, son tout dernier film, Les trois font la paire (avec Simon, qui ne fait strictement aucun effort, en commissaire) est un pur régal, de même que L'ibis rouge de Mocky, son dernier film. Mais on ne peut pas dire que Simon s'investisse beaucoup. Ce sont surtout Galabru, Serrault et Le Poulain qui semblent s'y amuser le plus.

On peut retrouver Michel Simon dans les deux émissions suivantes. Il reçoit chez lui, en compagnie de sa ménagerie :
Boudu sauvé des eaux, avec Jean Renoir et Michel Simon , Histoire sans images (17/09/1966)
Par Michel Polac - Réalisation Annie Coeurdevey
Lecture de scènes de Boudu, et conversation à bâtons rompus. Simon rejoue, très différemment, Boudu, et Renoir les autres personnages.
Tout cela entrecoupé de souvenirs et d'anecdotes.
Pour compléter, en fin d'émission, un bout du "Voyage au bout de la nuit" lu par Simon, et une chanson "Réglement", de et par Céline, extraits de disques.

Les chemins du jour (12/08/1956)
Par Luc Bérimont - Réalisation Bernard Gandrey-Réty
Michel Simon revient sur sa jeunesse, sa fréquentation des gangsters et des prostituées. Le récit est haut en couleur, certainement bien enjolivé, expurgé aussi de passages trop crus.

P.S. : A suivre dans un prochain message, Mardis du cinéma sur Orson Welles (1995)



Dernière édition par Curly le Jeu 25 Avr 2019, 15:28, édité 2 fois

Yann Sancatorze En ligne

Yann Sancatorze

149
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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) - Jeu 25 Avr 2019, 14:36

Argh, moi qui les avais tous gardés en réserve et me réjouissais à l'avance d'en profiter. Ce serait donc comme le numéro des Mardis du cinéma consacré à Orson Welles , éminemment frustrant. Des témoignages de collaborateurs français, quelques récits de fin de carrière, une problématique sur l’œuvre finie ou inachevée, mais rien de bien substantiel sur l'art et le pouvoir de l'image dans sa filmographie (quelques références à la tromperie et à l'illusionnisme du médium cinématographique). Ce n'était pas toujours mieux avant...

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Curly

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Orson Welles - Sam 27 Avr 2019, 08:31

Mardis du cinéma, Orson Welles (10-10-1995) par Jean Daive, avec François Thomas, Vassili Silovic, Oja Kodar, Dominique Antoine, Willy Kurant et Edmond Richard. Réalisation, Claude Giovannetti.

Une émission consacrée surtout aux inachevés de Welles, ce qui change un peu, à l'occasion de la sortie du documentaire que l'on peut apprécier en intégralité ci-dessous.
Il va être question du Welles des années 60/80 avant tout, en compagnie des chefs opérateurs Willy Kurant et Edmond Richard, et des collaborateurs plus ou moins proches des dernières années. Sa vie quotidienne (à la fin de sa vie Welles tournait seul, la nuit, dans son jardin, des bouts du Roi Lear...), sa mémoire prodigieuse, et surtout, son art du montage, art qui a usé bon nombre de monteurs. 
Quelques anecdotes sur les tournages de Don Quichotte, The Deep, de The Other Side of The Wind (une plateforme de diffusion dont le nom m'échappe en a financé l'achèvement), mais aussi du Procès.
Sur le plan de l'analyse, nous sommes très loin du Hitchcock  par Jean Douchet, évoqué précédemment.

Par contre c'est une bonne occasion pour signaler :

Orson Welles, L'homme-orchestre, dont il est question dans l'émission. On y entend même quelques extraits.



Plein de petits films, des pochades, ou des bouts de films inachevés. Dans "The One-Man Band" (52ème mn) on peut apercevoir Tim Brooke-Taylor  en reporter.
Et à 1h15, une scène torride, magistralement montée, extraite de The Other Side of The Wind.

Disponibles en intégralité, gratuitement,
1- Filming Othello , dernier film/essai d'Orson Welles. Mais aussi Filming The Trial  (1981, inachevé), échanges de Welles avec des étudiants. Des films "rares", mais en libre service sur internet, sans problème de droits semble-t-il.  
2- Les enregistrements  des entretiens avec Peter Bogdanovitch (1969/72).
3- Et enfin, les fameuses dramatiques radiophoniques du Mercury Theater  (1938). La guerre des mondes, Dracula, Pickwick, Monte-Cristo... en versions accélérées.
Les textes de présentation sont d'une grande précision.

Un précédent message renvoie à d'autres émissions d'Orson Welles, en anglais et en français.

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Curly

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L'adolescent au cinéma - Lun 29 Avr 2019, 08:50

Mardis du cinéma, L'adolescent au cinéma  (31-01-1989) par Francesca Piolot, avec Claude Miller, Jean-Claude Brisseau, Laurence Cote, Françoise Audé, Fejria Deliba, Anne-Marie Faux, Jacques Fayet, Claude de Givray. Réalisation, Josette Colin

Première moitié de l'émission : la carrière de Danielle Darrieux dans les années 30, Jacques Fayet à propos d'un film d'André Cayatte, puis "analyse" d'un film de Rozier, Willy, pas Jacques, n'exagérons pas. 
Les films choisis permettent d'avoir une vision de l'adolescent caricaturale, faussée. Ce qui pouvait servir de point de départ s'éternise une heure et demie.
Pour les années 30, il y avait "Zéro de conduite", qui permettait de sortir de toutes ces visions de l'adolescent truffées de clichées et à la forte odeur de naphtaline.
Il existe un certain nombre de films de Luigi Comencini consacrés à l'adolescence (Casanova un adolescent à Venise, L'incompris), mais aussi Deep End de Jerzy Skolimowski. 
Nous restons en France. "Baby Doll" ou "Lolita", balayés. 
Les années 50, ce sont les starlettes de type Bardot et compagnie. Là, Francesca Piolot tique un peu. Sommes-nous bien dans le sujet ? Elle insiste auprès de son interlocutrice, sans succès. 

La seconde partie de l'émission voit défiler Truffaut, passage obligé, avec le témoignage de Claude de Givray, puis surtout trois films qui en 89 font l'actualité : "De bruit et de fureur" de Brisseau, "La petite voleuse" de Claude Miller, et "La bande des quatre" de Jacques Rivette. Les témoignages des actrices de ce dernier film est particulièrement significatif : bafouillis, résumé du film et conclusion, avec en gros, "ce sont des histoires de mecs et de nanas... et les nanas se rendent compte que la vie c'est un peu plus que ça". De toute façon la confusion est faite entre les adolescents et les jeunes adultes. 
L'adolescent, c'est soit un délinquant, soit un dépressif suicidaire, soit les deux, soyons subtil, et dans tous les tout cas, quoi qu'on en dise, il est perçu par un réalisateur qui, lui, est adulte.
Depuis 1989, beaucoup de films sur l'adolescence ont un peu changé cette vision compassée, caricaturale. Cf notamment "Mud" de Jeff Nichols, les films de Céline Sciamma ...

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) -

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