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Hors-champs par Laure Adler    Page 10 sur 21

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Nessie 


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Le couple Gianikian - Amos Gitaï - Jeu 19 Déc 2013, 14:55

L'émission continue, intéressante quand le questionnement de Laure Adler se fait neutre effacé et discret, et  plus désespérante que jamais quand les soirs d'hystérie pseudo-culturelle, la harpie locale feint de s'intéresser à un sujet pour lequel elle n'a guère de sensibilité ou alors aucune aptitude. Ainsi vendredi dernier en recevant un couple d'artistes-cinéastes qui travaillent à partir de bobines documentaires ayant jusqu'à 80 années d'âge, et qu'ils récupèrent in extremis dans les stocks en instance de destruction, la pauvrette enchaine question idiote sur question idiote ("le neuf-millimètres-cinq c'est quoi ?" - Et encore, par un coup de pot elle n'a pas fait semblant de savoir que c'était le calibre d'une arme de poing), et insère d'interminables résumés en cherchant ses mots, feignant de suivre son propre entretien alors qu'on voit bien qu'elle est complètement larguée, un peu comme fait Voinchet quand dans son dialogue face à un invité un peu pointu il souligne lourdement un détail sans importance pour donner le change et masquer qu'il n'y pige que couic ce qui pour lui n'a guère d'importance car il attend impatiemment l'heure de son croissant.

Bref l'entretien avec le couple était intéressant et instructif malgré l'inévitable imprégnation idéologique des deux invités Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi , imprégnation par ailleurs bien en phase avec l'anticapitalisse de la maison. Mais serait-ce bien réaliste, que demander aux artistes d'avant-garde de faire remplacer la conscience sauciale par la conscience sociologique ?  

Et puis hier soir, ô surprise on n'osait plus l'espérer mais il est arrivé dans nos boîtes : l'entretien avec Amos Gitaï, qui avait été annoncé le 23 mai dernier et déprogrammé au dernier moment pour rediffuser un Hors-Champs avec Djeorges Moustaki disparu dans la journée. Depuis ce jour et comme il est d'usage dans le tableau des podcasts, on a vu s'afficher une bonne douzaine de fois "Amos Gitaï"  alors que c'étaient d'autres invités qui étaient au rendez-vous. Il y a une paille dans l'envoi des titres de FC à votre I-Tunes, envoi apparemment dissocié de l'envoi des MP3. Ceux qui attendent Amos Gitaï depuis Juin et qui sont excédés de l'avoir vu tant de fois annoncé à tort depuis, vont pouvoir combler leur frustration.



Dernière édition par Nessie le Ven 20 Déc 2013, 13:53, édité 1 fois

Daissie Bell 

Daissie Bell

92
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Lors, Laure... - Jeu 19 Déc 2013, 17:37

Cela fait peu de temps que je viens sur ce forum, et sans doute vais-je m'y faire huer, mais enfin je trouve l'acrimonie de Nessie, à propos de Laure Adler, bien démesurée.

Certes, la dame a des côté bien peu sympathiques ; quand elle a "mis à la porte" un Bertrand Jérome, de manière assez indélicate (il devait mourir à peu de temps de là), quand elle a supprimé les Décraqués, et quand son autorité faisait s'interroger le petit monde professionnel de la radio (article dans Télérama à l'appui), elle présentait disons, un profil durci.

Mais personnellement je lui pardonne beaucoup, à cause de son travail biographique sur certaines (Marguerite Duras, Françoise Giroux), au sérieux incontestable, à cause de certains livres d'iconographie fort louables ("les femmes qui lisent sont dangereuses " : remarquable !

J'en suis venue à me demander si ces difficultés à gouverner, pendant peu de temps d'ailleurs, radio France Culture ne venaient pas AUSSI du machisme ambiant. Pas seulement d'un ego narcissique et autoritaire (mais cela est à mon avis, et quelque soit le sexe, indispensable à toute fonction de direction), mais encore découlant des difficultés à faire accepter son autorité à de bons vieux machos de service...

Et les termes qu'emploie Nessie pour la discréditer me semblent un peu relever de ce vieux terreau-là. Il trouve visiblement les questions de Laure "idiotes". Ne s'est-il pas demandé si elles provenaient, par hasard, d'une volonté de clarification, d'explication, qui relève bien du travail journalistique ? Je passe sur les opinions concernant la voix, le phrasé, de Laure Adler : ce n'est rien d'autre que du persiflage, puisque des voix bien plus hésitantes, des phrasés bien plus hasardeux, sont acceptés sans coup férir, si leurs propriétaires est "adoubé"...

Je crois que les temps de très fortes tensions, avec Laure Adler, sont désormais en voie d'achèvement. Il reste une femme de culture, plus que de pouvoir, qui fait son boulot assez correctement, me semble-t-il tout du moins. Elle ne se commet pas comme Ruquier, par exemple...

Nessie, n'auriez-vous pas, par hasard, un tantinet la tête au fond du loch ?

Daissie Bell 

Daissie Bell

93
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Jeu 19 Déc 2013, 17:41

Oups, excusez les fautes qui émaillent mon message. "leur propriétaire", sans "s" évidemment... etc. Je n'ai pas vu qu'on pouvait visualiser un brouillon, avant de poster...

Daissie Bell 

Daissie Bell

94
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Jeu 19 Déc 2013, 17:42

et "Giroux", bien entendu, qui fait passer cette dernière pour une sorte de fille d'entraîneur de foot... Oups, derechef !!!

Daissie Bell 

Daissie Bell

95
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Jeu 19 Déc 2013, 17:44

J'aime bien la photo de Kerouac s'écoutant à la radio. Il faut dire que j'aime bien Kerouac, tout court. Je me souviens de l'émotion ressentie, quand j'ai appris que le tapuscrit d'on the road avait la forme d'un rouleau que l'on déploie, exactement comme une route se déploie devant les roues de votre automobile...

Philaunet En ligne

Philaunet
Admin

96
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Jeu 19 Déc 2013, 20:00

@Daissie Bell a écrit:Cela fait peu de temps que je viens sur ce forum, et sans doute vais-je m'y faire huer, mais enfin je trouve l'acrimonie de Nessie, à propos de Laure Adler, bien démesurée.

Certes, la dame a des côté bien peu sympathiques ; quand elle a "mis à la porte" un Bertrand Jérome, de manière assez indélicate (il devait mourir à peu de temps de là), quand elle a supprimé les Décraqués, et quand son autorité faisait s'interroger le petit monde professionnel de  la radio (article dans Télérama à l'appui), elle présentait disons, un profil durci.

Mais personnellement je lui pardonne beaucoup, à cause de son travail biographique sur certaines (Marguerite Duras, Françoise Giroux), au sérieux incontestable, à cause de certains livres d'iconographie fort louables ("les femmes qui lisent sont dangereuses " : remarquable !

Non, pas vous huer, pas du tout, mais sans doute vous suggérer d'écouter certains numéros de l'émission  Hors-Champs pour évaluer le niveau de l'art de l'interview auquel se situe Laure Adler, en toute objectivité. Car, quoi qu'on dise, il existe des critères objectifs à la bonne interview : durée de la question, ton vis-à-vis de l'invité, capacité à rebondir du fait d'une bonne préparation du sujet, qualité (justesse) de la langue employée, etc.

Si vous avez lu les huit pages de commentaires et mis "Laure Adler" dans la fenêtre "Recherche", vous noterez que bien des critiques concernant la tenue des émissions sont étayées par des exemples précis de défaillances en matière de dialogue avec l'invité.

On ne peut donner chaque jour (ou produire pour chaque jour) le meilleur de soi-même. C'est pourquoi depuis longtemps on dit et redit qu'il ne faut pas donner une quotidienne à des producteurs durant des années. La solution à la fatigue et à la lassitude (et Nessie pointe très bien, dans un post du jour, le surmenage très audible de certains producteurs qui n'ont plus le temps de se préparer ni de penser), c'est le retour des producteurs tournants (Nessie a écrit ces jours-ci un résumé très clair des changements structurels de France Culture ces quarante dernières années qui ont abouti à leur dommageable disparition).

Vous parlez du rôle de L.A. comme directrice, concentrons-nous sur ce qu'elle fait aujourd'hui dans Hors-champs, même si ce qu'elle a fait à la tête de la chaîne pourrait se discuter sur des dizaines de pages (tout cela a déjà été fait, et l'argument du machisme abondamment utilisé pour discréditer des critiques factuelles sur sa gestion et sur la perte de qualité de la radio).

Concernant ses livres, puisque vous en parlez. C'est bien de croire qu'elle a fait toute cette recherche toute seule et qu'elle a passé des centaines d'heures, seule encore, à une période de grande activité médiatique et politique, à en extraire l'essentiel. Maintenant, est-ce le cas ? On m'a dit, j'ai entendu, il paraîtrait que cela est sujet à caution.

Vous lui pardonnez beaucoup, dites-vous. Personnellement, ce qui m'intéresse, c'est ce que j'entends dans le poste ici et maintenant, pas de penser à ce qu'elle a fait dans d'autres domaines ou dans d'autres fonctions. Quand je la compare à d'autres intervieweurs français, anglais ou allemands, je crois qu'elle est loin de faire partie des meilleurs professionnels.

Je serais très heureux d'être détrompé à l'occasion et tout exemple d'émission intéressante ou des extraits de qualité que vous pourrez signaler sont d'ores et déjà les bienvenus.

Nessie 

Nessie

97
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Ven 20 Déc 2013, 00:41

Bonjour Daissie. Vous posez beaucoup de questions et faites de nombreuses remarques. Certaines me semblent appeler une réponse immédiate et aisée, tandis que d'autres m'obligent à réfléchir.  Je commencerai par un post sur le bilan radio, au risque de me répéter mais après tout, en soignant le résumé, ça n'est jamais inutile.

Donc en ce qui concerne le bilan des années de direction du programme par Laure Adler, hélas il ne se limite pas à l'éviction de Bertrand Jérôme. Au fil des pages de ce forum vous trouveriez l'inventaire de ce qu'elle a fait de bien :
- Création de Concordance des temps, de Métropolitains, de Un poco agitato
- Re-création de la Matinée des autres, et des Nuits magnétiques sous la forme 'Surpris par la nuit'
- Protection de Bouche à oreille contre des attaques venues de tous les azimuts. L'émission hélas ne survivra pas longtemps après le départ de Laure Adler. Laurence Bloch qui avait tenté de la torpiller pendant des années, aura définitivement sa peau un an plus tard.

A côté de ça, les mauvais points du bilan tombent en cascade : en premier lieu la liquidation progressive du principe des producteurs tournants qui aboutira après 5 ans à une réduction de plusieurs centaines de producteurs allant du très intermittent au très présent, à une cinquantaine de titulaires ayant chacun son créneau, avec comme habillage de cette décision le prétexte "nous pourrons les payer mieux" ce qui, quand on y songe, est d'une malhonnêteté intellectuelle colossale : virer la masse pour fonctionnariser une minorité, c'est une doctrine sociale assez dégueu pour quelqu'un qui professe en permanence de si nobles zidéaux ; quant à l'auditeur, il se retrouve avec une radio faite par 50 personnes au lieu de 500 et là, la chute de diversité on la sent. La seconde grande réforme fut la liquidation progressive de la plupart des émissions de documentaires et remplacement par du direct, en s'appuyant sur un précepte "La radio c'est le direct". Précepte des plus surprenants, car bien qu'Alain Veinstein lui-même préconise que les Nuits Magnétiques doivent se faire en direct avec du matériau préparé mis en oeuvre dans un esprit d'improvisation, en sélectionnant sur le tas et dans le feu de l'action (c'est d'ailleurs la doctrine qui prévaut pour l'Atelier Intérieur du lundi), dans les faits, avec Surpris par la nuit,il n'appliquera pas lui-même cette doctrine. D'autant plus surprenante que les années de brillant de la chaine doivent énormément à la longue élaboration en studio. Le précepte "La radio c'est le direct" réduirait à néant non seulement le glorieux passé des Paul Gilson, René Jentet, Yann Paranthoën, Alain Trutat, René Farabet, mais rendrait même impossible la création des émissions usuellement récompensées par les prix internationaux. C'est donc extrêmement bizarre. Et l'effort fut partagé puisqu'à côté de la liquidation des Chemins de la Musique, de la Matinée des autres, on força au passage en direct tant d'autres : Tire ta langue (avant la liquidation), Chemins de la Connaissance et on demanda même à l'ACR de produire sa part de numéros en direct : en 2002 Frank Smith a explicitement dit dans une conférence à l'ACSRB, à Bruxelles (dont j'ai un enregistrement sur cassette) que 70% du programme devra dorénavant se faire en direct, et que l'ACR devrait s'y plier au moins pour quelques numéros. Farabet qui avait tenté de résister à cette décision, fut brutalement viré à la fin de l'année 2001. L'ensemble de la profession le soutint en masse et en vain, lui attribuant même un prix pour le tout dernier ACR produit sous sa responsabilité.

On ne connait pas les véritables raisons de ce management autoritaire. Elles sont probablement multiples : au sale caractère de la dame il faut ajouter très probablement des résistances internes, notamment de type corporatiste. Quant au sexisme, je m'en expliquerai plus tard en ce qui me concerne, mais à l'intérieur de la maison l'hypothèse ne tient pas : Adler avait une adjointe aussi enragée qu'elle (Laurence Bloch), elle avait affaire à un personnel à forte proportion de femmes, et elle en a viré plus d'une de son bureau en même temps que de la maison, avec perte et fracas et comme des larbins, quand la discussion dégénérait à partir d'un désaccord.

Le noeud du problème pourrait être les impératifs de la gestion. On a argué que la mutation se faisait à budget constant, mais étant donné qu'aucune comptabilité analytique n'est diffusée, qu'on ne peut même pas dire à combien revient une heure de direct, une heure d'enregistrement, une heure de documentaire, il est plausible que les raisonnements se fassent sur les chiffres des grands comptes entendez des chiffres globaux, en toute opacité si on tient compte en plus des transferts de budget interne entre FC et Radio-France. Confronté à des difficultés semblables à la télévision, Pierre Schaeffer directeur d'un service toujours en danger d'être liquidé, s'en tirait en mettant des limiers à lui sur la piste des dépenses de la Maison ; on trouvera dans "Les antennes de Jéricho" le récit de ce combat dont il sortit victorieux, année après année, face au contrôle de gestion qui ne parvint jamais à avoir la peau de son Service de la recherche. Pour en revenir à notre radio, il faut aussi tenir compte de nouvelles charges qui sont venues s'ajouter aux anciennes, avec en plus le renouvellement des équipements qu'imposait la migration vers le numérique avec la compression du son, l'installation de la chaine sur l'internet, et la création de deux web-radios catastrophiques. Sans qu'on sache bien d'ailleurs qui avait décidé de tout ça, certainement pas Laure Adler. Une bonne part de ces contraintes et de ces missions lui ont probablement été imposées par sa hiérarchie, entendez le patron Jean-Marie Cavada ou bien son cabinet. Un méchant petit bouquin en très gros caractères est paru qui prétendait expliquer tout cela quand il ne faisait que jeter des minuscules lumières sur quelques aspects, le plus souvent secondaires, le tout dans un style syndical qui sentait bon la langue de bois des années Giscard.

Ce dont on est certain, c'est qu'à l'époque de ce désastreux mandat, aucune discussion avec Laure Adler n'était possible. Ni les auditeurs qui voyaient leur radio chamboulée, ni les producteurs peu satisfaits de voir démolir l'appareil de production n'ont pu en tirer autre chose que du double langage ou des explosions de colère qui n'ont pas peu contribué à sa réputation d'hystérique. J'en retiens personnellement qu'outre ce profil de caractérielle et une étonnante vanité qui lui avait fait croire qu'une grille neuve de programme pourrait en 3 mois de travail sortir toute armée de sa caboche, Laure Adler n'avait tout simplement pas l'envergure pour ce poste : ni l'envergure intellectuelle, ni l'autorité personnelle. Un Jean Lebrun ou un Michel Cazenave eussent été meilleurs. Alain Veinstein quant à lui, avait refusé le poste 2 ans plus tôt.

Le bilan après 6 années, c'est que le nettoyage de la station a été opéré : le principe des producteurs tournant a été rayé des méthodes de la maison ; les opposants et les résistants ont été sacqués ou neutralisés ; le direct et les débats d'actualité se sont taillé la part du lion ; l'équipe des fictions a démissionné d'un bloc en 2002 et c'est l'ami Bernard Comment qui, appelé à la rescousse, a reconstruit sur les ruines. Et depuis cette période la part de la culture dans le programme de France Culture est devenue une portion congrue. Donc non, quand on compare ce que la chaine produisait avant septembre 1999 et ce qu'elle fait depuis ce temps, malgré quelques belles créations, le bilan est très triste.



Dernière édition par Nessie le Ven 20 Déc 2013, 15:25, édité 2 fois

Nessie 

Nessie

98
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Ven 20 Déc 2013, 01:38

A part ça, Daissie, concernant les remarques personnelles et la mise en cause que vous me faites, soyez assurée que sans les prendre un instant en mauvaise part je n'y vois que mauvais procès. En outre c'est une habitude néfaste au débat critique, que de déplacer le débat sur la personne du critique et sur des préjugés imaginaires à lui imputés. Cela dit, tant que ça ne devient pas une habitude qui finit par remplacer le sujet du forum, je pense qu'on peut y céder, et que le critique doit se justifier de temps en temps. Voici donc ma réponse, sans dramatiser, et d'ailleurs vous verrez qu'elle se recentre périodiquement sur le sujet radio :

Je reconnais ne guère digérer le féminisme comme position morale accusatoire. Mais je tolère tout aussi difficilement d'entendre dans mon poste des adolescents attardés, des militants à la pensée unique, des incultes vaniteux, des arrogants et des goguenards. Cette galerie de caricatures est présente sur France Culture. En réaction aux sottises de la féministe, je la dépeins telle que je la vois ou plutôt telle que je l'entends : comme un cliché vivant. En réaction aux sottises de l'adolescent attardé, je souligne les traits usuels du type auquel ressortit la personne et ainsi de suite. Pour autant, être féministophobe n'est pas du tout la même chose qu'être machiste, misogyne, ni phallocrate. Je fais par ailleurs suffisamment l'éloge de bien des producteurs-femmes dans ce forum, certaines même je suis quasiment le seul à trouver de la qualité à leur émission.

Je n'irai pas plus loin sur la voie de ce mauvais procès en machisme. Il serait plus simple et plus direct d'admettre que je réagis à ce que je perçois comme de l'outrance et de la bétise, comme une faible qualité radiophonique et une bien faible pertinence de ce que j'entends dans mon poste ; et que ça fait l'objet de plus de la moitié de mes contributions dans ce forum. De là à déduire une orientation qui s'apparente à un racisme, je pense que c'est tout au plus acceptable comme hypothèse, certainement pas comme conclusion, et de toutes façons irrecevable comme reproche. Sauf bien sûr quand on nous dénie le droit à la critique, comme le fait régulièrement notre ami Vincent.

Cela dit, concernant les questions idiotes, je me suis longuement interrogé dans les années qui ont suivi la disparition de Culture Matin. C'est que, figurez-vous, de telles questions j'en entendais beaucoup trop dans la matinale de Pierre Assouline, homme dont la profondeur et l'intelligence ne m'ont jamais semblé douteuses. Un temps, j'avais attribué l'existence de ces questions à un choix personnel : un style de communication, délibérément choisi par souci de clarté et finalement par une habileté journalistique, qui le faisait opter de lui-même pour des questions simples. Et ça allait assez loin, puisque dans certains cas en écoutant sa question, on en venait à s'interroger : est-ce qu'il a vraiment compris ce que vient de lui dire son invité ? Je n'écarte pas non plus une autre hypothèse, celle de la pression du studio qui, de plus en plus bardé d'écrans et de terminaux, disperse l'attention de l'animateur et réduit fatalement son acuité intellectuelle pendant la conversation. Pour autant, j'ai toujours préféré les intervieweurs qui tirent le dialogue -et par la même occasion l'auditeur- vers le haut (ou vers la profondeur). Et très sincèrement, même en reconnaissant n'avoir pas encore liquidé ma rancoeur contre la grande destructrice du programme qu'elle fut, eh bien je ne juge pas que Laure Adler fasse partie des intervieweurs qui fasse partie de tant d'habileté psychologique. D'ailleurs son style de questions n'est pas propre à Laure Adler : on trouve le même chez Jacques Chancel et Eve Ruggieri. Les traits en sont aisément perceptibles : accent mis sur l'émotionnel via une psychologie simplette par exemple en , grandiloquence surjouée, réinterprétation des actes et paroles de l'invité sans malveillance mais dans le sens de la médiocrité, questions à la fois trop longues et fermées qui induisent soit une seule réponse possible soit une réponse dans un seul registre bref il y a tout un art de la question con que Laure Adler cultive avec une telle constance, qu'il est difficile d'y voir un calcul tactique pour se mettre au niveau de l'auditeur. Il faudrait aussi parler de son imprégnation parisianiste  qui en fait une sorte de Marie-Chantal de l'intelligentsia, alors qu'il est évident que sa connaissance de la vie des idées est des plus superficielles et soumise aux modes idéologiques. Le plus triste est que l'homme qui partage sa vie, Alain Veinstein, fait à-peu-près le contraire dans la quasi-totalité de ces domaines. Nous avons tout un fil dans ce forum pour parler de l'art de l'interview.



Je dirais encore un mot sur ses livres ou plutôt sur l'un d'entre eux : son ouvrage sur Marguerite Duras m'a semblé outrageant. On sait qu'il a été rédigé comme un long article à partir de discussions qu'elle a eues avec les proches de Duras, dont Edgar Morin. Mais il n'y a pas à proprement parler de travail d'historien. Pour ce qui est de l'historienne, je crois à ses capacités d'essayiste sinon de chercheuse. Mais pour la biographe, quand on voit la différence de sérieux avec un Pierre Assouline (par exemple, et pour le citer à nouveau) il n'y a plus qu'à tirer l'échelle.

Quand vous dites que d'aussi mauvais intervieweurs qu'elle sont ici mieux traités c'est-à-dire avec indulgence et sans reproches parce qu'adoubés, je me demande bien de qui vous parlez. Prenez l'exemple de Finkielkraut, dont je prends systématiquement la défense quand on vient lui chercher ici quelque mauvaise querelle pour des raisons idéologiques. Eh bien je ne me prive pas de brocarder sa nullité en sciences sociales en même temps que son style oral aussi fatigant pour les nerfs de l'auditeur que pour les siens. J'ai toujours dit que Chaslin parlait comme un cochon, alors que Métropolitains était mon émission préférée. Donc non, là encore je pense que vous n'avez pas bien lu avant de formuler votre reproche.



Dernière édition par Nessie le Ven 20 Déc 2013, 13:39, édité 1 fois

Daissie Bell 

Daissie Bell

99
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Ven 20 Déc 2013, 10:30

Reproche ou hypothèse, Nessie ? Je crois, pour ma part, que le machisme est si solidement ancré dans notre société qu'il fait partie intégrante des soubassements de nos pensées - et que le féminisme demande beaucoup plus de travail d'analyse de soi qu'une simple, comment dites-vous ? "position morale accusatoire" ? Mais vous avez raison sur un point : les critiques de la personne prenant le pas sur l'échange d'idées sont effectivement la porte ouverte aux dérives trollesques. Je me souviens d'un forum "DDFC" où une certaine "Reine des Belges" s'amusait à insulter autrui, à étouffer le moindre commentaire par de l'ironie pesante, à tenter de ridiculiser les intervenants. Cela alla si loin que la Reine en question frôla la plainte déposée contre elle... La charte de ce forum-ci devrait éviter un tel dévoiement, mais du coup, ne tournez-vous pas un tantinet en rond (petit patapon) ?

Je partage votre opinion sur Pierre Assouline, qui est effectivement un très impeccable biographe, qui possède les clés du milieu littéraire parisien, offre critiques et analyses littéraires pertinentes et en prime, tient un blog "ouvert" (il a même fait paraître un livre sélectionnant les meilleurs commentaires de son blog : le nouvel art de la conversation) ... Mais pourtant : il ne s'est jamais expliqué, même dans son récit le plus "personnel" (Vies de Job) de sa fascination pour les personnages pour le moins ambigus, Simenon ou Hergé. Et si vous fréquentez un tant soit peu la République des Livres, vous constaterez un très sérieux déséquilibre dans ses critiques : une proportion d'une sur cinquante, à peu près, pour des livres écrits par des mains féminines, et encore, il s'agit parfois d'un devoir d'amitié, comme pour Nathalie Reims (ce que je ne critique d'ailleurs pas, l'amitié comporte effectivement des devoirs, n'est-ce pas, et N.Reims est une écrivaine, même si son pessimisme me fait fuir). Et ce, alors même que, depuis trente ans, la production littéraire s'est encore plus féminisée - et que, le sexe ne faisant rien à la qualité, le simple bon sens voudrait qu'on s'approchât, en matière de littérature, d'une parité bien comprise. Mais comme je le disais plus haut : le soubassement inconscient est d'autant plus redoutable qu'il est tranquillement nié par la "bonne conscience". Bref.

Je ne suis certes pas une auditrice assez assidue pour vous suivre point par point dans votre analyse de "notre" radio, et je n'ai pas "remonté" non plus les fils et discussions de ce forum : aussi j'aurai tendance à vous croire sur parole, avec une seule et naïve question : vous accusez la "politique du direct", mais ce n'est qu'une technique, non ? Quand j'écoute les rediffusions - et France Cul est bien la seule à s'appuyer autant sur son fonds propre, le fait que les discussions et interviews aient été prises en direct ne me gêne absolument pas.

Quant à Finkielkraut, ce n'est pas lui (qui rabâche les mêmes thèmes élitistes et bien-pensants depuis trente ans) qui est intéressant, mais ses invités. Ce qui revient à dire qu'il y a une part de hasard dans l'intérêt des "répliques" saturnales.
Je n'ai pas le temps de relire, merci d'excuser mes fautes...

Nessie 

Nessie

100
Répondre en citant  
Re: Hors-champs par Laure Adler - Ven 20 Déc 2013, 12:31

Ne dis pas de bétises Clopine s'il te plait. LRDB ne s'amusait surement pas quand il répondait avec ironie aux militants qui ne trainaient sur le forum que pour militer politiquement et pas pour parler du programme radio. Et en dehors de ceux-là, LRDB n'avait pas de conflit. Celui qu'il a eu avec toi a été entièrement imaginaire parce que tu as fait une fixette sur lui, au point de t'imaginer qu'il avait été trainer sur ton blog, où il n'a jamais rien écrit et où d'ailleurs il n'a été mettre les pieds qu'après avoir été informé de tes délires. Ton histoire de dépôt de plainte est à la fois une erreur en général et un faux pas en particulier dans ce forum. Mais enfin tout le monde peut faire un faux pas.

Si tu veux rester sur ce forum où tu es la bienvenue à condition de parler du sujet et de ne pas t'enliser de nouveau dans des procès d'intention et des querelles aux personnes, je te conseille soit de réviser ton jugement et de changer d'avis, soit de remettre ce passé-là dans un tiroir en attendant que les choses soient plus claires.



Dernière édition par Nessie le Ven 20 Déc 2013, 13:49, édité 1 fois

La reine des belges 

La reine des belges

101
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Re: Hors-champs par Laure Adler - Ven 20 Déc 2013, 12:34

Je confirme tout ce que dit Nessie, à un détail près : je m'amusais beaucoup à brocarder les militants avec ironie. Clopine aura du mal à trouver un conflit avec quiconque d'autre qui était sur ledit forum. J'y ai conservé d'ailleurs bien des amitiés tout un groupe d'anciens de ce forum avec qui je suis encore en lien pour agapes et échanges d'émissions rares. Maintenant tous les deux calmez vous sitiplit et soyez gentils de parler radio.

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Re: Hors-champs par Laure Adler -

Hors-champs par Laure Adler     Page 10 sur 21

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