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Accueil / France Culture

Le contenu rédactionnel du site de France Culture    Page 2 sur 2

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Curly 


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Les articles Top 10, les articles dont vous êtes les zéros - Sam 25 Sep 2021, 11:46

France Cucure, pour faire du clic avec du vide, a imaginé l'article Top 10, un concept très original. Il consiste à récupérer les mots qui font l’actu et faire remplir le contenu dudit article par les usagers de Facebook & Touitteur réunis.
Le journaliste ne fait pas appel à ses propres connaissances, mais à celles des réseaux soss'.
Le contenu ? Plus que nul. Hé oui, c’est possible.
Cette fois-ci, la journaliste, nouvelle recrue, a demandé quelles étaient, d’après nous, les meilleures adaptations ciné de romans de S-F.
Cette nouvelle recrue a dû changer et polir vite fait son profil touitteurien, suite à une remarque naïvement étonnée d’un certain Royal Max, qui rendait ouvertement hommage à un féminisme radical. Comme c’est étonnant.

Bref, son article défrise le néant, mais c’est fait exprès car :
- il implique les gens qui sont sur les réseaux soss’ directement, comme dans une libre antenne à la radio, mais à l’écrit. Dingue.
- il récupère un succès au box office pour en gratter des miettes. Donc Dune.
Dune = succès = on fait n’importe quoi dessus = clics. Sans compter qu’il convient de lancer avec fracas la sortie tévé de la série Fondation = re-clics.
La culture sur le sujet de la journaliste est vacillante, mais elle s’en fout, et nous aussi, car nous ne sommes pas naïfs, nous n’attendons strictement rien d’un tel article, qui cite un maximum de noms, de titres, d’impressions personnelles floues, étalant de la culture comme si l’on était dans un salon de précieux snobinards et qu’il convenait de balancer plein de références sans que cela ait un sens.
France Cutute suit en cela l’exemple de son pote Téléramiche qui fait son beurre avec des « Top 10 des films/romans/séries les plus mieux », souvent agrémentés des débiles « Trois raisons de (re)voir / (re)lire » tel bidule ou tel machin, voire tel machin-bidule.
Le contenu de cet article, il est douloureux d’y revenir, car il fait vraiment très mal à notre intelligence.

                                                    Le contenu rédactionnel du site de France Culture - Page 2 Opera945

Le contenu n’est qu’un bout à bout de citations prises sur Facebook ou Touitteur.
La journaliste a récupéré les réponses, relancé les touittos pour leur en demander un peu plus afin d’« étoffer » son article.
Le top 10 est établi arbitrairement, le n°1 est le Dune sorti il y a 15 jours, parce qu’il faut bien le caser en tête pour faire du clic.
« Vous avez été nombreux », dit-elle.
Sur Touitteur, il y a eu 42 réponses, dont une d'un journaliste de la chaîne.

                                                     Le contenu rédactionnel du site de France Culture - Page 2 Opera946

Les com’ enfilent les impressions personnelles, les superlatifs creux, sans surprise, mêlés à des présentations minimales des films constituées de fragments d’infos piquées sur Wikipédia ou autre, peu importe.

Le grand n'importe quoi, extraits :
- la présence de « La servante écarlate » que personne n’a citée sur touitteur.
- 2001 de Kubrick n’est pas une adaptation, mais la journaliste l’a mis quand même en le précisant d’ailleurs. De toute façon on s’en fout, plus rien ne surprend. Et puis quelle importance…
- Brazil n’est pas une adaptation d’Orwell, mais bon comme pour 2001, on le fourgue quand même, ça enrichit le name dropping. Et vous savez quoi ? On s’en fout aussi !
Pas le peine d’aller plus loin, pitié.

« Chez nous à France Culturte nous voulons que les auditeurs baignent dans la culture du présent à bras le corps et nous avons à cœur, nous à France Curtule, d’enrichir la culrtule générale de nos auditeurs et de nos lecteurs, ceux à nous qu’on a à France Turcule, en transformant avec nos compétences qui sont les nôtres, à nous à France Rtulucre, la culture en un grand Trivial Poursuit, car nous, je veux dire nous à France Rutrucre, nous tenons à ce que  nos auditeurs, ceux à nous, se culturent dans le bon sens, celui de nous à France Rucrute. »
                                                                                                                                                                                                    La Direction

Curly 

Curly

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La session secouée de rattrapage - Sam 06 Nov 2021, 11:35

La Session de rattrapage
D’autres médias le font, alors France Cultutututu ne peut pas passer à côté. L’originalité, pas possible, mieux vaut singer pour surtout ne déstabiliser personne, ne pas bousculer, que le cerveau reste coincé dans l’esprit d’ouverture.
Ailleurs, ça s’appelle « la sélection de la semaine » « les meilleurs bidules machins de la semaine », ici ça s’appelle la session de rattrapage, pour les cancres de la semaine qui ont tout loupé, les pauvres.
Ils n’ont pas écouté la radio culturelle, les malheureux, alors la session va les plonger dans l’esprit d’ouvertututure, va leur ouvrir l’esprit vers de nouveaux horizons pour ce merveilleux ouik-end.
Au programme donc, l’actu de la semaine, mais sur France Cultutututututu. Impossible d’en sortir, vous serez prisonniers de la session qui ressassera ce que vous vous êtes déjà coltinés dans les médias toute la semaine.

La culture de la semaine : COP26, Mohamed Mbougar Sarr, croyants et Pétain.
Quel titre !
Mais rassurez-vous, la rédactrice a joué à l’exercice qui consiste à caser dans son articulet un maximum de liens vers un maximum d’émissions, quitte à parfois tirer le texte par les cheveux. L'articulet s’adresse en priorité à ceux qui lisent en diagonale.
Par esprit de contradiction (=pour emmerder le monde) nous allons le lire normalement.

« Retrouvez chaque samedi la sélection hebdomadaire des programmes de France Culture à écouter. » Important d’avoir précisé « à écouter », car j’en connais qui auraient pris cette sélection de programmes et qui auraient joué aux billes avec, voire l’aurait mangée, ou, pour les plus audacieux, l’aurait fumée.
« Cette semaine vous ne serez pas passé à côté de l'ouverture de la COP26 à Glasgow. » Donc France Tuture nous a sélectionné plein d’émissions où nous ne pourrons pas passer à côté non plus. L’autrice de l’article vous renvoie à ce que vous allez vous empresser d’écouter ce ouik-end : le journal de 12h30 du 4 novembre, le journal de 7h du 5 novembre, un débat d’actu, un grand reportage de 3mn, des débats d’actu, et, le meilleur, un rédactionnel à glisser dans vos podcasts préférés, bien sûr !
Le paragraphe se termine par une petite note d’humour : « Bonnes écoutes, rendez-vous sur les ondes, bilan carbone zéro garanti ! »
Le bilan carbone zéro garanti renvoie vers une émission scientifique sur la pollution sonore. Le message est alors clair : la session des cancres de France Turulututure, on la range dans les pollutions sonores.

Vous voulez de la culture ?
La rédactrice à classé les émissions en catégories ; comprendre, apprendre, découvrir. Ce n’est plus une radio, c’est la boîte de Pandore. Vous ouvrez, et le monde est à vous ! Et comme la boîte de Pandore, à vous le monde, à vous tous les maux de l’Humanité !

Comprendre : un débat et deux chroniques de 6mn, le nec plus ultra à se podcaster ce ouik-end. Il paraît que nous vivons l’âge d’or du podcast, créatif, dingue, et tout et tout.
Fin du monde avec « Peur de l'avenir : comme (sic) l'exprimer ? » + Loi anti-avortement en Pologne + passeport avec un genre X

Apprendre
avec une énième mixture sur Pétain, afin que l’on comprenne que le héros de 14 est devenu le salaud de 40, dont on comprend ( du verbe « comprendre », voir plus haut) à la lecture du paragraphe que la raison d’être de cette émission est l’actualité dirigée en ce moment par les saillies de l’extrême droite.

Apprendre avec le monde étrange et merveilleux des croyants : « Peut-on véritablement comprendre comment les autres croient, ce qu’ils croient ? »
Plein de récits à la première personne, où le verbe « apprendre » garde tout son sens :
« Il y a quelque chose dans la conversion qui est vraiment du fruit de l'indicible et du mystère. »
Ou alors « Les dieux dans la ville », la ville étant Paris, non mentionnée dans le titre.
Ou alors croyance et militantisme féministe.
Ou alors, le bouquet final, croyance et abus et violences et neurosciences.
Quel que soit le sujet, il y a les passages obligés imposés par la Ligne Générale, tenue d’une main de fer par la direction secouée de haut en bas pour une obscure histoire de pulpe qu’il faut en ce jour éclaircir une bonne fois pour toutes.

Et enfin, apprendre avec les ZAD et les gilets jaunes.

Dernière rubrique, et nous aurons fait le tour du monde de la cultututure sur France Cutrute, la rubrique « découvrir », accompagnée du préfixe « (re) » pour au cas où vous seriez pas incultes de l’actu.
Découvrir avec le prix Goncourt, un évènement obscur trop peu mis en lumière par les médias.
Découvrir avec une pub pour une expo mise en valeur par la chronique sous-wikipédienne sur l’art de 1mn. Oui, j’ai bien écrit 1mn, mais si ça vous paraît un peu court, on va dire qu’elle dure 60 secondes.
Découvrir avec un entretien promo pour un film que vous n’allez pas voir ce ouik-end parce que vous serez trop pris par la session de rattrapage de France Chtulure.

Il y a un bonus, une citation de la semaine, à graver dans le marbre. Et qui vous renvoie directos vers l’achat du Goncourt que vous ne lirez pas ce ouik-end pour une raison déjà explicitée il y a peu.

Les photos d’illustration sont des portes ouvertes sur le monde :
- L’île grecque d’Eubée qui crame
- Pétain
- Les finalistes du Goncourt
- Le Goncourt.

En ultime conclusion, nous sommes renvoyés vers un clip de 3mn sur l’œuvre de Khalil Gibran.
Vous voilà avec un ouik-end radio bien rempli. « Très bon week-end, on se retrouve samedi prochain » si Dieu nous prête encore vie.

                                                                                                    

Curly 

Curly

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Germinal revit aux enchères - Dim 05 Déc 2021, 13:25

L’article du jour pour bien se culturer.

« Germinal, unique roman adapté au théâtre par Zola lui-même, revit aux enchères »

La culture en action, vous allez voir ce que vous allez lire :
- Émile Zola a adapté pour le théâtre deux autres de ses romans, Thérèse Raquin & La Curée, ce dernier sous le titre de « Renée ».
- Enlevons l’apposition, il reste « Germinal revit aux enchères ». Germinal était donc mort et le voilou ressuscité. L’image est hardie. A force d’exagérations pour appâter les clilles, que n’en vient-on pas à écrire.

Le sujet de l’article est la mise aux enchères du manuscrit de la pièce de Zola. D’où sa résurrection.

« Germinal fut un four au théâtre. Victime de la censure pour son caractère "socialiste et nihiliste" puis éreinté par les critiques. »

N’y allons pas par les 4 Chemins (les toulonnais comprendront, c’est dire l’aspect happy few de ce billet) ni par celui des Fours à Chaux (et ça continue ! ), l’artiste est une victime, il souffre, c’est atroce.
Quand on connaît le succès du roman lors de sa parution, il est possible de relativiser les choses, mais zut, et le cliché alors, qu’en fait-on ? Vous voulez le laisser tomber alors qu’il est tout prêt à servir ?
Lisons l’entretien avec Diana Cooper-Richet, chercheuse au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines.
La pièce est victime des bourgeois, et le critique qui l’a dézinguée est un bourgeois, tout s’explique.
Que la pièce ne soit pas passée à la postérité parce qu’elle ne valait pas bézef* n’est pas mis sur le tapis, non. Le manuscrit est en vente, alors faut accompagner l’actu, faut accompagner la vente.

* Des pans entiers du roman sont repris tels quels : ce qui marche dans un roman ne marche pas forcément sur scène.

Diana Cooper-Richet est excellente, car elle sait que le futur lecteur de l’entretien est un con fini.

« Zola a mis le paquet puisqu'il est descendu dans une mine. Il s'est intéressé à ce milieu, il a vraiment enquêté de manière approfondie. C'est une des raisons pour lesquelles il est davantage attaché à Germinal qu'à d'autres de ses romans. »

« il tient quand même dans ce roman à montrer la lutte du travail contre le capital. C'est essentiel pour lui. »

« la lecture est quelque chose de relativement solitaire. C'est une activité individuelle. Même quand le roman est publié dans la presse en feuilleton, cela ne provoque pas de danger du point de vue de l'ordre public. »

«le théâtre est une distraction très populaire à cette époque. Lors de la représentation de Germinal au Châtelet le 27 avril 1888, il y a quand même 20 000 personnes qui attendent devant les portes du théâtre. Cela montre à quel point il existe alors un engouement pour le théâtre, qui peut représenter une gêne à l'ordre public »

« Je ne connais pas le parcours de ce manuscrit. En revanche, il est clair que ce manuscrit a toute sa place à la Bibliothèque nationale de France. Émile Zola est un grand écrivain au niveau mondial. Au niveau français, il a été panthéonisé six ans après sa mort en 1908. Germinal est un grand roman pour tout le monde »

« Germinal résonne avec la question sociale, avec les gens exclus du progrès, de l’avancée de la société, du bien-être. Cela peut résonner avec les luttes de ces dernières années. »


Oui, ça résonne zonne zonne zonne…
Même ce cliché ne nous est pas épargné gné gné gné gné…

Or, un point demeure obscur. Officiellement, la pièce « Germinal » est l’œuvre de William Busnach, adaptateur régulier des romans de Zola.

Le voici éclairci en deux coups de cuillère à pot.

Extrait d’un article de Zola paru dans Le Figaro du 29 octobre 1885, où il narre sa  relation avec la Censure pour faire jouer la pièce :

« la Censure, que notre pauvre République a eu la pudeur d'enguirlander du titre de Commission d'examen, avait signalé Germinal, le drame tiré de mon roman par M. William Busnach, comme une œuvre socialiste, dont la représentation offrirait les plus grands dangers au point de vue de l'ordre. Et, tout de suite, j'insiste sur le caractère absolument politique de la querelle qui nous est faite. Rien de contraire aux mœurs n'a été relevé dans la pièce. On nous a condamnés uniquement parce que la pièce est républicaine et socialiste. »

Extrait d'un article de Zola paru dans Le Figaro du 25 avril 1888 :
« il paraît que je me cache derrière mon ami et collaborateur William Busnach.
(…)
je déclare que le drame est entièrement de moi, que Busnach n'en a pas écrit une seule ligne. Entendons-nous : Busnach et moi avons discuté et arrêté le plan ensemble ; mais, pour cette fois, pour ce sujet spécial, j'ai tenu à tout écrire.
»

Mais ça, la chercheuse au Centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines ne peut pas nous le dire, car elle sait que nous n’avons pas un Q.I. suffisant pour comprendre ces subtilités.

Curly 

Curly

14
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Décryptage de l'actualité, niveau zéro - Sam 12 Fév 2022, 12:03

Comme tout site d’informations, France Cu balance à tout va des articles de « décryptages de l’info ».
Ce qui fait la spécificité de la chaîne, allez on s’en tape, faisons pareil que les sites du Monde, Libé, Le Fig’ et tutti quanti.

Le 12, un article de décryptage qui a la particularité particulière d’être à l’avant-garde du néant.
L’article revient sur la photo buzz de la semaine, quelle surprise ! Qui n’a pas pondu son article de décryptage sur le sujet ?
Celui de France Trutru est très spécial en ce qu’il ne décrypte rien, n’analyse rien, ne fait que brasser des nuages de mots sans les assembler pour émettre ne serait-ce qu’un début de commencement d’analyse.
De cette photo franco-russe, tout un chacun pouvait en tirer des analyses fort simples, car l’image est chargée en symboles : rapports de forces, volonté de la Russie d’imposer sa toute puissance, montrer l’éloignement des deux nations, choix de l’angle de prise de vue (côté russe, pas un hasard) que sais-je encore…
Mais non, rien du tout sur le site de France Trutru, rien.
Le chef de la France il est loin du chef de la Russie, la table elle est grande, et pis voila voilà.
Le reste est englouti dans un nuage de mots qui défile, tel un défilé de haute-couture des clichés déjà mille fois lus, mille fois entendus, mots magiques sortis du chapeau magique quand on a rien à dire, rien à penser, rien, rien que du buzz.
Le titre semble pompé sur un quelconque « Paris Match ».

                                                                    Le contenu rédactionnel du site de France Culture - Page 2 Oper1189

L’angle d’approche du décryptage, c’est la guéguerre des photographes qui auraient bien voulu faire ce que le service de com’ de la propagande du Kremlin a fait. Du décryptage, de la tuture, oui, disons-le tout net : du savoir, de la connaissance, à la portée de tous !
Le nuage de mots que la journaliste en fait que dalle en raison d’averses de clichés :
                             L'image a fait le tour du monde.
                              C'est LA photo.
                              Celle que tout le monde a vue
                              L'image marque et devient très vite virale
                              L'image fait vite le tour du monde, bis repetita

S’ensuit l’entretien avec un expert qui trouve cette photo « étrange » pour les raisons que tout le monde a deviné en la regardant, à part que là c’est un expert qui le dit, alors on ferme sa gueule et on lit avec attention le psaume sacré de l’expert.

Info de la plus haute importance ensuite :
«  Sylvain Tronchet, correspondant de Radio France à Moscou, prépare ses interventions en direct. Comme ses confrères, il regarde sur la télévision de la salle de presse la retransmission du début de la rencontre en léger différé. "J'ai pris une photo de la télévision et je l'ai twittée, raconte-t-il. C'est vite devenu viral." Son message sera vu plus de 1 million de fois selon Twitter. »
Merde ! Un million de vues sur touitteur ! Merdalors ! En voilà une aventure qu’elle est intéressante !

Ensuite, on en apprend toujours de belles : que Poutine a déjà fait le même coup à d’autres chefs d’État, ce qui est super surprenant encore et toujours.

Une analyse de fond. Il ne s’agit pas du tout pour le chef de la Russie de jouer avec son image pour en foutre plein la vue aux autres, non du tout du tout.
Non, l’analyse ne s’en tient pas à ça, ce serait trop bête : « le président russe ne plaisante pas avec les gestes barrières ». CQFD et point final.
Donc, la suite de l’article détaille, en suivant les témoignages des journalistes qui sont entrés dedans le Kremlin, des histoires hallucinantes de tests PCR imposés par le dedans du Kremlin.
De la géopolitique à la France Tructruc.
La conclusion reprend le début de l’article, ce qui donne la nette impression de tourner dans du vide intersidéral : « Cette distance entre les deux présidents a évidemment fait parler. »

Mais l’article n’est pas fini, il a d’autres conclusions à nous offrir, et des conclusions définitives.
Sachez que si cette photo a marqué, c’est qu’elle était marquante.
« C'est une image facile à retenir. Il n'y a pas beaucoup de choses à regarder »
C'est comme la lecture de l'article à France Crtutrcure, quand y'a pas bezef à retenir, on retient mieux.

Le photographe expert interviouwé l'a bien compris, qui termine son raisonnement alors qu’il le commençait à peine : « C'est une photo qui restera liée à cette période de l'Histoire du monde. Elle peut être une photo de référence de ce moment.»
Pourquoi ? Parc’ qu’y a pas beaucoup d’choses à r’garder.

Vous ne vous en rendez-pas compte, parce que vous êtes trop jeunes au niveau de la pensée, mais nous avons décollé depuis des plombes vers des sommets d’analyses journalistiques. Nous sommes bien au-dessus du décodage de messages codés des agents du KGB des années 70. (Cette dernière phrase est codée, avis aux amateurs.)
Suite de l’interviou :
« Bien avant le Covid, j'ai déjà fait des photos de Vladimir Poutine dans cette salle, et, généralement, lui et son interlocuteur sont face à face, mais dans le sens de la largeur. »
Aïe, la crise covidée peut donner des idées à certains, ne serait-ce que pour allier guerre contre le virus et guerre de l’image. Mais je m’arrête, on me souffle que ce début d’analyse empiète sur la richesse analytique de l’article d’analyse et de décryptage d’analyse de France Crutrucre, qui préfère décortiquer avec précision le rôle des tables dans les photos à caractères diplomatiques. Pas facile de trouver le bon angle pour les mettre en valeur sur la photo.

« Cette image de deux chefs d'État très éloignés ne coïncide pas avec les rencontres qu'a couvertes Frédéric de La Mure [notre expert], ce qui lui fait dire que ce sont réellement les raisons sanitaires qui ont imposé cette distance, comme le dit l'Élysée. »
C’est bête, parce que si la photo a acquis cette célébrité, c’est pour des raisons autres que sanitaires.
Mais baste, tenons-nous en à la version officielle, ne jouons pas au journaliste, laissons ça à la journaliste de France Cructre, qui a décidé qu’il fallait reprendre les communiqués officiels, les dupliquer dans son analyse et ensuite s’en tenir là.

La bande-son qui va avec l’image abonde d’ailleurs dans ce sens : « On entend que Vladimir Poutine est extrêmement cordial avec Emmanuel Macron. Il veut installer une ambiance beaucoup plus chaleureuse que ce qui transparaît sur la photo. Il le tutoie même »
Un bien beau décryptage du langage diplomatique. Très premier degré, c’est parfait.
On croit ce qu’on voit et ce qu’on entend, on décrypte rien, et hop l’analyse journalistique de fond est torchée.

La suite de l’article bascule dans un point de savoir et de connaissance très technique, parce que la photo de Macron/Poutine, c’est bon on a fait l’tour, avec un rappel de la définition d’un « pool » et un renvoi discret, oh très discret, vers le site officiel perso de la photographe officielle du président de chez nous, qui - scoop - par conséquent est l’auteure des photos publiées par l’Élysée. Si vous estimez qu’en tant que lecteur on vous prend pour un demeuré, c’est normal. En ne nous apprenant rien, l’article s’adresse à tous. Et comme nous sommes tous cons, re-CQFD.

Mais...il reste deux paragraphes ! Un article de fond on vous dit !
Paragraphe 1, info 1 : Personne n’a accueilli le président de la France de chez nous à son arrivée en Russie, ce qui ne suscite absolument aucun commentaire de la part de notre journaliste experte.
Paragraphe 2, info 2 : Cette photo n’a pas soulevé les foules de journalistes en Russie. No buzz. A nouveau, aucune analyse.
Faut dire, que la presse russe, elle au moins, elle est libre, elle n’est pas obligée d’écrire des articles plein de vides pour faire du clic avec le buzz de la semaine.
(Cette dernière phrase est cryptée. Ne cherchez pas à la décrypter, vous risqueriez d’avoir les services secrets russes sur le dos.)

Curly 

Curly

15
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War porn - Mer 13 Avr 2022, 11:29

Au coeur de l'ignominie : « Images de la guerre en Ukraine  »
Un article à rallonge, avec deux entretiens de spécialistes, un sur le terrain, l'autre pas sur le terrain mais spécialiste de l'analyse d'images que vous allez lire ce que vous allez voir les amis.

L'ignominie de la guerre, où l'on découvre que quand même, la guerre c'est dégueulasse, parce que jusqu'à présent nous étions tous persuadés que la guerre pouvait être propre, faite dans les règles de l'art, dans un respect mutuel de l'agresseur/agressé, que c'était à la limite si l'on se demandait le pourquoi de la guerre alors qu'il suffisait de prendre le thé ensemble dans la joie et, bien sûr (les deux vont avec dans l'expression consacrée), la bonne humeur.
L'ignominie, elle est aussi dans le contenu de l'article. Mais ne mettons pas tout dans le même sac (autre expression consacrée qu'il fallait surtout pas louper), l'article ne fait qu'opposer la violence des mots au choc des photos (elle est pas belle celle-là ?).

Il y eut un temps, pas si éloigné que ça, où l'on tenait à avoir une sorte de réflexion éthique sur l'image, surtout celle montrant des cadavres en grande quantité. Renvoyons à Alain Resnais (Nuit et brouillard, qui montre les horreurs), Claude Lanzmann (Shoah, qui ne montre rien), aux articles de Serge Daney par exemple, et revenons à l'article.
Eh bien là maintenant, on fait d'l'image qui s'vend, alors on va te l'esthétiser, l'horreur, que ça va chialer dans les chaumières. Et l'éthique, on se la fout en vrac dans le sac à dos, on tasse bien et on ferme vite avant qu'elle ressorte, cette salope.

L'article contient donc deux entretiens : le photographe esthète, qui veut photographier les corps défunts avec subtilité et finesse et le spécialiste de l'analyse d'images, brasseur de vide à défaut de bière. Vous prenez son raisonnement, vous le tournez dans tous les sens, ça reste une merveilleuse lapalissade. La magie de la lapalissade, c'est que justement, ça marche dans tous les sens, mais ça sert à rien. Ah si : à montrer qu'on en a dans la caboche. Il faut juste croiser les doigts pour que le lecteur lise correctement en diagonale pour ne pas mettre le doigt là où le spécialiste avait posé les pieds, c'est-à-dire à côté du plat, dans un néant immesurable tant il est infini.

Les entretiens.
Les propos du photographe :

« Il n'y a pas forcément besoin d'être hyper vulgaire visuellement pour raconter des choses fortes.
"Vulgaire" visuellement, c'est-à-dire ?
Quand c'est un peu trop trash. Par exemple, avec des visages de gens morts, complètement dépecés, des corps tout froids. C'est un peu que du war porn.
(...) J'essaie d'amener un peu de subtilité.
Je me pose la question du respect de la dignité des gens.
(…)
Après, parfois, quand un truc pète à côté de toi, tu réfléchis pas, c'est mon boulot, je dois aller shooter.
(…) Ce n'est pas une course à la photographie la plus dégueulasse. Mais je nuance quand même parce que, par exemple, les photographes ont généralement bien bossé à Boutcha. Parfois, il y a nécessité aussi à heurter un peu les gens. Différentes manières permettent de raconter des choses dures : très frontalement et on peut être assez dur et cela peut être nécessaire, d'autres fois, ce n'est pas nécessaire. »

Bref, il faut pas être vulgaire, mais parfois il faut quand même. Un raisonnement qui s’tient, ma foi.
Le « war porn », si c’est le photographe de Libé qui en fait, c’est plus du « war porn », c’est juste « la nécessité à heurter un peu les gens ».

L’analyse étant insuffisante, les pros de France Cu ont fait appel à un gars de l’EHESS, qui lui va tout vous expliquer en mieux.
Il est donc temps de découvrir

Les propos du spécialiste de l'analyse d'images :
Dès le début, c'est du brutal.
« lors de conflits, de guerres, le problème, c'est quand on n'a pas d'images, quand on ne voit rien. »

Mais ce n’est rien à côté de l’analyse des images des cadavres de Boutcha.
« Ce sont des images bien particulières. Ce sont des images de violence, des images de mort. Ces images sont rares et quand on les voit, cela veut dire que ce sont des images anormales, en quelque sorte, qui ont une fonction d'alerte. Quand on voit des images de violence, ces images attirent l'attention sur un phénomène hors norme. Et en l'occurrence, on parle effectivement de crimes de guerre. Cela a l'air tout à fait justifié. »
Je sais qu’en suivant ce raisonnement vous vous êtes dit : « Mais bon sang ne saurait mentir, comme le dit l'expression consacrée ! Moi zaussi je suis un spécialiste de l’EHESS, moize aussi je pense pareil quand je pense la même chose ! C’est évident, ça tombe sous le sens, ça choit, et en même temps que choir, ça en jette plein partout dans le monde des zidées ! Mais quand même, chapeau l'artiste pour avoir dit si peu avec autant de mots. »
Ce à quoi je vous rétorquerai brièvement, avant de passer à la suite de l’entretien :
« Taisez-vous on s’entend plus, j’aimerais passer à la suite de l’entretien. »

« On voit des corps éparpillés, on ne sait pas bien pourquoi. On ignore la temporalité de l'action, ce qui s'est passé, donc on voit bien qu'il faut des témoignages. Il faut des compléments, il faut une investigation journalistique sur le terrain. Et chacun peut faire un croisement d'informations. Le public sait aujourd'hui qu'il est exposé à de nombreuses images. (blablabla) Il semble bien que dans le cas de Boutcha, on est devant ce cas là. Ensuite, il y aura l'information judiciaire. En tout cas, on peut l'espérer . »

Le résumé est offert ensuite, pour ceux qui n’ont pas eu le courage de lire le paragraphe : « L'image est donc un déclencheur. Mais l'image seule ne suffit pas pour interpréter ce que l'on voit. »

Puis, c'est l'emballement.
« Ces images sont exceptionnelles. On a très rarement vu des corps ainsi éparpillés, laissés véritablement dans les rues de villes. Je n'avais pas encore connaissance de cas de ce type. Maintenant, quelle interprétation peut-on donner de ce qui paraît être des exécutions sommaires ? (...)
l'image seule ne suffit pas à fournir l'interprétation complète de l'événement. »


Pour montrer que le spécialiste est un spécialiste, le spécialiste a recours à un truc de spécialiste, recenser des précédents dans l’Histoire. Alors y’a le Vietnam en 72, et y’a la crise des migrants en 2015, à part que ces précédents sont absolument pas pareils que ce qu’on voit à Boutcha, mais il fallait des précédents pour que ça fasse spécialiste.
« On parle beaucoup par exemple de la photographie de la napalm girl, (...) pendant la guerre du Vietnam, en 1972. Mais, en réalité, cette image n'a pas tellement changé le cours des choses.
(…) En réalité, c'est parce qu'il y a déjà ce sentiment de lassitude que cette image peut être publiée. »

&
« Plus récemment, on a eu l'image du petit Aylan Kurdi, qui n'est pas une image de conflit, mais qui est une image de mort dans un contexte lui aussi très grave, qui était la crise des migrants en 2015. Chaque fois, il y a ces effets de personnalisation (…) c'est-à-dire que l'image de sa médiatisation en fait presque une sorte de personnage de fiction (…) pour nous émouvoir »

Il serait quand même temps que le spécialiste agréé EHESS nous apporte la vraie bonne parole : peut-on tout montrer ?
«  Non (…) il y a des seuils de violence. On va utiliser la violence lorsqu'elle a une fonction d'alerte mais cette violence est quand même camouflée, filtrée. On ne montre jamais les images les plus horribles, les images les plus violentes.
(...) On a eu l'exemple récent en France de la crise des 'gilets jaunes'.
(…) Les images qui ont circulé, publiées, étaient des images un peu comme la photo du petit Aylan (…) on devine l'horreur de la situation, mais c'est une évocation, c'est une suggestion. »


L’EHESS a mis tous les œufs dans le même panier (elle est pas belle mon expression consacrée ?) avec beaucoup de subtilité : Boutcha, les Gilets Jaunes, la crise des migrants.
On peut montrer l’horreur en la suggérant avec subtilité. Une analyse de spécialiste des images qui va très très loin, et qui sera nous l’espérons tous traduite en ukrainien pour que là-bas aussi ils puissent profiter de la subtilité de nos analyses.
Une fois de plus, on peut le clamer bien haut, bien fort :
« Eux à France Cu, ils ne nous prennent pas pour des cons, ah ça c’est sûr ! »
C'est évident.
La décence, la subtilité, la suggestion, c'est même la marque de fabrique de la radio des zidées élevées sous la mère.
Le massacre de Boutcha transformé en épisode d'une grande série ? La radio des zidées élevées aussi en batterie nous invite non pas à l'écouter en podcast, mais à le lire, ce qui montre que cette radio est à l'avant-garde d'on ne sait quoi, mais à l'avant-garde quand même.

                                                                    Le contenu rédactionnel du site de France Culture - Page 2 Oper1240

Dieu merci, France Cu na pas eu l'indécence de rajouter « Saison 1 ».
C'est à ce genre de détail que l'on reconnait que la réflexion a été approfondie au niveau de l'éthique journalistique, que les horreurs de la guerre sont du pain béni, comme le dit si bien l'expression consacrée, pour entretenir le feuilleton de l'actu.

Curly 

Curly

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Le degré zéro de l'écriture, nouvelle formule enrichie en extase - Sam 21 Mai 2022, 11:32

Le site de France Cu se targue d'offrir à ses lecteurs un compte-rendu quotidien du Festiv' de Cannes.
Oh il n'est pas bien long, ça tire un peu beaucoup à la ligne, et de lignes, il y en a déjà peu. Le risque du tirage est de se retrouver vite penaud à écrire une enfilade de lieux communs qui peuvent déraper dans la bêtise pure et dure.
Comme France Cu vise de plus en plus vers le superficiel, tablant pour ses articles sur des lecteurs papillonnants qui liraient plus ou moins en diagonale, finalement ce n'est pas grave. C'est juste un alignement des contenus rédactionnels sur le contenu audio.

L'auteur de ce bidule est Antoine Guillot, le spécialiste cinéma de la chaîne.
Dans les trois premiers compte-rendus du spécialiste de sa spécialité, nous pouvons lire ce qui suit.

18 mai.
Le début de l'intro est du niveau d'un élève moyen de 3ème. La suite ne vaut guère mieux.
« C'est la nature du Festival de Cannes d'être ce lieu clos et paradoxal, dont les écrans sont des fenêtres sur le monde (...)

un film de zombies (...) tout de même un drôle d'acte manqué, pour un art qui s'interroge sur sa survie, de commencer les festivités par des morts-vivants (...)
la grande émotion d'hier fut surtout une résurrection, celle d'une œuvre mythique du cinéma français, La Maman et la Putain, de Jean Eustache, qui fit tant scandale il y a presque 50 ans à Cannes, et qui était invisible depuis des décennies. »

Extr. de la fiche du film sur Wikipédia : « Le film a été diffusé à la télévision sur Antenne 2 en 1986 (Ciné-club), Canal+ le 12 mai 1997, sur Arte le 13 mars 2000 et le 29 juillet 2013  
Le film a été disponible pendant longtemps sur internet, les ayants droit acceptant alors cette circulation »

Et comme y'a rien à ajouter de pertinent, terminons avec une banalité, le fameux hier qui parle de l'aujourd'hui. C'est vieux, mais ça dit quelque chose de l'aujourd'hui. Un classique de France Cu, qui craint de faire affront au culte du jeunisme en parlant d’œuvres anciennes.
« l'actualité inaltérée de ce film, résonnant avec une grande acuité sur l'état contemporain des relations entre le féminin et le masculin, et la réappropriation par les femmes de leur corps et de leurs désirs, a suffi à montrer combien le cinéma, quel que soit son âge, est bien vivant. »

19 mai.
Un peu de beaufitude.
« On ne s'appesantira pas plus sur le deuxième film de la compétition, tourné par les Belges Charlotte Vandermeersch et Felix van Groeningen dans le Val d'Aoste, en Italie (...) pour saluer la réussite magistrale d'un vrai Transalpin, lui »
Et pour compléter, soulignage à gros trait que le hier dit quelque chose de l’aujourd’hui, véritable tarte à la crème  des moulineurs de platitudes.
« Esterno Notte, (...) portrait implacable de (...) la solitude des "grands" au pouvoir, hier comme aujourd'hui...»


20 mai.
D'abord, une analyse brève mais puissante.
« Armageddon Time (...) histoire très autobiographique d'un garçon de 12 ans issu de la diaspora juive ukrainienne (et même par la bande, c'est encore l'Ukraine qui marque sa présence dans cette 75e édition cannoise, après la présentation hier d'un montage des images tournées à Marioupol…) (…) là où auparavant il travestissait son autobiographie sous le prisme du genre, James Gray perd en âpreté ce qu'il gagne en sincérité.
Extase
On aura été autrement emporté par EO, du doyen de la compétition, le polonais Jerzy Skolimowski, 84 ans (…) »

Puis, une énumération de formules chocs à destination d’un lectorat pressé assoiffé de superficialité. Tout doit être résumable, réductible à quelques brèves formules sonnant comme un slogan pub facile à retenir pour le lecteur en quête de pensée toute faite prête à servir. L’approfondissement, le temps de la réflexion prôné par la direction, un élément de langage masquant avec finesse l’excès inverse.
Ce qui donne « un incroyable trip pictural, musical, animiste, cosmique, complètement expérimental, mais qui transporte ceux qui s'y abandonnent aux sommets de l'extase cinématographique. »
Le vocabulaire mystique a envahi France Cu, et lorsqu’il n’y a pas de nouvelle icône à adorer, nous pouvons nous rattraper avec une bonne extase à l’ancienne, offerte par la Bernadette Soubirou du 7ème art et du 7ème ciel.

Philaunet 

Philaunet
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La fatigue printanière à France Culture (1) - Mar 31 Mai 2022, 08:38

Un thème sous-tend articles et émissions de France Culture depuis des années : la fatigue. Ce forum s'est fait en plusieurs endroits l'écho de ce sujet récurrent qui est un des éléments du discours idéologique de la station (cf. 343 ; 206). La fatigue serait en effet causée pas le système capitaliste contre lequel l'antenne publique s'emploie à lutter en promouvant le droit à la paresse.

La fatigue touche essentiellement la population féminine et prend deux formes à France Culture  :  celle de l'épuisement professionnel et celle de la la dépression pour des raisons privées.

"La société productiviste" est la grande accusée de l'épuisement professionnel. Bien que les victimes désignées (car comme partout dans la grille de FC il y a victimes et coupables) soient jeunes et travaillent dans le sectaire tertiaire, la fatigue est massive, constante et, semble-t-il, sans remède (hormis par la destruction du système économique honni). En la figure des soignants, France Culture a récemment  trouvé une catégorie illustrant son discours. Pour ce qui est de la fatigue privée, sa cause est due à une "injonction sociale" : la maternité. On ne compte plus les relais de France Culture sur la fatigue et la dépression post-accouchement.

On remarque que pour France Culture jamais le fatigué (en l'occurrence "la fatiguée") n'est responsable de son état. L'homo festivus tant valorisé par la station ne peut être fatigué par le mode de vie qu'il choisit...

La fatigue, donc, comme filigrane du discours militant de France Culture. Nouvel exemple le 30 mai sous la forme d'un article signé Pauline Petit : La ‘fatigue de printemps’, une pathologie de langue allemande. Le texte est pour sa plus grande partie une traduction et une paraphrase de l'article dont il s'inspire : Der Verkappter Winterschlaf ("L'hibernation dissimulée") d'une certaine Beate Wagner (les hommes écrivent peu sur la fatigue, semble-t-il).

Le sous-titre de l'article de l'hebdomadaire culturel de centre gauche, Die Zeit : "La fameuse fatigue printanière existe-t-elle vraiment - ou s'agit-il d'un conte médical ?". Elle existe bel et bien selon Beate Wagner, et touche surtout "les femmes et les personnes âgées" (§2). Causes ? Pas connues, mais des pistes. On entre alors dans les finesses de la physiologie réagissant aux variations de température et de lumière, pour faire court, "nous" sommes victimes d'un tsunami hormonal.  Il n'est pas dit que l'existence des saisons est une plaie, mais c’est tout comme. La planète n’est finalement pas aussi innocente qu'on le croyait...

Pauline Petit, dans le chapeau qui lance l'article, choisit de traduire l'anglicisme utilisé en allemand pour dire "gueule de bois" par le terme médical "veisalgie", "Frühjahrsmüdigkeit ist demnach so etwas wie der Hang-over nach unserem Mini-Winterschlaf" = "Une grande fatigue envahit les Allemands le printemps venu, sorte de veisalgie post-hivernale…".

On comprend pourquoi la rédactrice de FC s’est arrêtée sur cet article qu'elle élargit néanmoins à des réflexions plus intéressantes que le sujet même (voir le billet suivant) : Beate Wagner ne cesse en effet d'employer des synonymes du mot "fatigue" donnant l'impression d'un écrasement général et provoquant chez le lecteur les symptômes décrits. L'article flatte la fibre narcissique et hypocondriaque de son lectorat, lequel est plus ou moins semblable à celui du public recherché par France Culture (20 à 40 ans, féminin, csp+). Et comme dans tout article de presse généraliste sur la santé, il y a une "gute Nachricht", une bonne nouvelle (incroyable, on va le voir) pour ceux qui sont atteints de ce mal : la solution passe en effet par la consommation de fruits et légumes frais et par l'activité en plein air et au soleil, si possible sans lunettes de soleil, car "Les rayons UV ne peuvent avoir une influence sur le chaos hormonal du cerveau que si les rayons du soleil atteignent directement la rétine de l'œil.". Derniers conseils santé du Zeit (non repris par P. Petit) : faire toute l'année des cures Kneipp (illustrations parlantes de jeunes femmes, celles qui n'ont pas besoin de ces cures...), aller au sauna et prendre des douches en variant leur température du chaud au froid. "Die Zeit" autrefois référence intellectuelle, comme France Culture, a viré magazine santé féminin, ça valait bien un relais sur FC...

Pour les germanophones qui souhaiteraient en savoir plus sur le marronnier "Frühjahrsmüdigkeit" dont France Culture via P.P. s'est saisi, lire l'article développé du National Geographic allemand du 29 mars 2022 dans la catégorie "Sciences" : Frühjahrsmüdigkeit: Das steckt dahinter ("Fatigue printanière : les causes") par Simone Kapp. Deux aspects supplémentaires sont ajoutés au tableau du Zeit : l'attitude psychologique (exiger trop de soi-même) qui peut potentiellement mener à la dépression ; le changement d'heure biannuel.

Pauline Petit ne se cantonne pas à faire un copié-collé de l'article du Zeit, elle aborde, c'est son mérite, des questions sociolinguistiques qui entrent dans le cadre d'un média culturel souhaitant stimuler l’intelligence de son public. Davantage dans le billet ci-dessous à venir.

Curly 

Curly

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Culture pognon - Sam 10 Sep 2022, 12:54

Dans le fil "culture", un sujet qui passionne chacun d'entre nous : les intrigues de cour qui remuent le monde merveilleux des prix littéraires.
Un sujet véritablement pour tous, pas du tout élitiste. Je rappelle que la direction de la Ligne Générale de la radio des idées de 2 mains lutte de toute ses forces contre l'élitisme. L'élitisme selon la Ligné Gé désigne bien sûr la culture elle-même. L'art, les savoirs, les connaissances, des choses bonnes pour l'élite bourgeoise et aristocratique qui nous les brise.
Afin de s'adresser à tout le monde audimat my love, il faut absolument  trouver le dénominateur commun qui peut attirer comme des mouches tous les auditeurs, vraiment tous.
Et comme il ne reste presque plus rien à l'arrivée, il ne reste plus qu'à nager dans l'actu qui baigne dans la sociologie, art suprême qui permet d'aborder les sujets les plus racoleurs tout en alignant des platitudes bien plates, car si l'on commence à dire des trucs et des machins ayant un quelconque contenu, nous risquons un retour à l'élitisme. Aïe.

Donc, pour lutter contre cet élitisme qui menace, qui rôde, qui entre parfois par la bande et qu'il faut étouffer dans l’œuf, la direction de la Ligne a inventé l'entre-soi. L'entre-soi consiste à faire de la pub de manière décomplexée en faisant croire que l'auditeur est partie prenante d'un évènement qui en rien ne le concerne, et qui surtout ne lui apportera absolument rien. Par contre, ça rapportera un max à ceux qui font partie du petit monde de l'entre-soi. Comme à priori l'entre-soi, l'auditeur s'en tape, il convient de le présenter sous la forme la plus racoleuse qui soit. Et là, c'est tout bon.
Et là, retour aux intrigues de cour qui remuent le monde merveilleux des prix littéraires. L'objectif : faire de la pub pour des livres choisis sur des critères plus économiques que littéraires. Plus le livre racole, plus les pépettes tombent.

France Cu, qui jamais ô grand jamais ne milite pour quelque cause que ce soit, a décidé de fracasser le dernier roman choc de la rentrée, qui semble malmener le féminisme radical sans trop de délicatesse. Donc, France Cu a décidé de mener une campagne toute en douceur contre ce roman. Ce qui lui coûte finalement peu, vu les chiffres des ventes. A attaquer des best sellers on ne prend aucun risque. Les pépettes peuvent continuer à pleuvoir.

Après la chroniquette tranchante et pétillante de la businesseuse cultureuse, qui mesure la qualité de tout produit tuturel à son militantisme, voici un entretien avec une prof de lit & rature, qui ô hasard et coïncidence, n'a pas aimé du tout la star du livre de la rentrée.
L'évènement qui donne l'occasion de cet entretien est considérable, passionnant, exaltant : la star du mois n'a pas été sélectionnée pour le Goncourt. Merde merde merde, trois fois merde. Vite un article sur le site de France Cu, vite, ce sujet est passionnant. Plus on racle le fond du fond des intrigues de cour, plus ça racole, plus ça clique.
Car le dénominateur commun qui rassemble le plus d'auditeurs, de lecteurs, c'est toujours le racolage, les rumeurs, buzz, clash & cie.
Le titre contient tous les ingrédients pour que le grand clic nous croque : "Virginie Despentes est déjà autrice de best-seller, c'est vraiment gâcher un Goncourt que de le lui donner"
Et là le futur lecteur se dit qu'il s'en fout, mais qu'il va quand même lire parce que ça doit être croustillant.

La prof case qu'elle ne sait pas pourquoi il n'a pas été sélectionné, donc nous avons déjà un entretien digne d'une chaîne info en plein breaking news, et que "à mon avis de littéraire, le livre est mauvais". Tout en rajoutant après pour rattraper le tout que "J'aime la lire, ce n'est pas une autrice que je n'aime pas."
Le plus beau vient en ouverture, puisque juste après la publication de l'article, le président du Goncourt a donné une explication à ce non-évènement mondial.
Il a fallu donc ajouter en urgence cette précision au début de l'article, qui le rend en grande partie caduc dès son arrivée sur le site : "Entretien (...) réalisé quelques minutes avant les précisions de Didier Decoin."

Le reste ne ressemble pas à du remplissage, c'en est vraiment.
"Aujourd'hui, nous sommes dans une époque où le lecteur est roi, c'est lui qui achète, décide des livres"
Oui, il décide des livres. Même la syntaxe en prend plein la gueule.
Après, bien sûr, la prof ne nous dit pas que le lecteur-roi est matraqué par de la pub, et que bien souvent les chroniques lit & raires sont des pubs déguisées (c'est-à-dire zéro analyse & 100% formules chocs toutes faites prêtes à servir). Les contradictions et incohérences, la prof s'essuie avec et les met dans la poubelle. Le roi est nu, il n'est même pas roi, il n'est qu'un client potentiel qu'il faut séduire, il n'est qu'un sujet à qui on fait croire qu'il est roi pour mieux l'embobiner.
La suite tient aussi la route : "elle n'a pas besoin du prix"
et en même temps : "il aurait pu y avoir un problème si le livre était excellent". La prof est donc à même de décider qui a droit et qui n'a pas droit de concourir. Parce que, vous le savez tous, tous les livres qui ont concouru pour le Goncourt étaient tous excellents.
Le reste tient plus de la stratégie marketing que de la littérature, puisque c'est le seul angle d'approche possible. Normal, la littérature, la radio des idées de 2 mains s'en est débarrassée. La littérature, c'est élitiste. Alors que le pognon, ça parle à tout le monde.

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