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Affaires culturelles    Page 1 sur 1

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Affaires culturelles - Dim 06 Sep 2020, 11:30

Business Cullturel par Le Grand Mamamouchi

                                                                                                                           Prologue

Le lundi 1, le magazine de l'environnement se posait cette question suggestive et inédite sur cette antenne : « Le capitalisme est-il voué à mourir ? »
Mais la direction secouée de haut en bas et de gauche à droite pour éviter le repos de la pulpe a avant tout le marketing dans la pulpe.
L’anti-capitalisme =
- dans nos rêves imposés par la Ligne Générale on est très pour l’anti-machin, faut tout péter, ou plutôt non, faut tout « réinventer »
- en réalité, non non, on est super contre l’anti-truc, tu penses bien, dans chaque émission, il y a toujours forte incitation à consommer un machin qui vient de sortir. On vous envoie à des produits culturels, ciné, expo, livre... mais jamais la radio. La radio, elle invente rien, elle passe les plats.
Si vous démolissez le capitalisme, que va-t-il se passer ? Il va falloir grillager la grille, parce que ce sera comme pendant le confinement, où de nombreuses émissions ont été suspendues, non parce que le producteur ne pouvait plus tenir un micro, non, mais parce qu’y avait aucun invité prêt à causer sans avoir rien à vendre.
Bref, plus d’émissions promo = plus d’émissions.
Parce que vous croyez que les invités ils viennent en courant d’enthousiasme dans les studios, échevelés et excités comme des puces à l’idée de rencontrer les producteurs bafouilleurs qui vont leur poser des questions sur ce qu’ils ont fait pendant les vacances et comment ça va la petite santé oh ma chère tout fout le camp c’est la misère on va dans le mur ?
A ma question brève, la réponse sera brève : non.
Et c’est là-dessus que nous débuterons l’écoute de Business Culturel, celui de vendredi 4, parce que c’est le premier qui m’est tombé sous le nez.

                                                                                                       Premier acte 
Ah tiens, le même soir, belle citation des Temps qui trottinent de Mariricheux, elle est tellement belle qu’elle trône en sous-titre : « Yael Naim: "Je suis pour aller vers la vérité" »
Que la chanteuse elle soit pour, ça fait notre bonheur, en plus de nous informer, et cela promet de belles discussions en famille :
« Eh, maman, tu sais que Yael Naim, elle est pour aller vers la vérité ?
- Quoi ? Tu es sûr ? C’est dingue ! Eh Bernadette, Raymond, venez voir ici, Yael Naim est pour aller vers la vérité !
- Hein ? C’est hallucinant ! Vite du sel, des compresses, un verre d’eau, un Dafalgan, y’a mamie qui s’est évanouie ! »

Et si on mettait Business Culturel pour écouter le Grand Mamamouchi, parce que je trouve que ça traîne un peu en longueur, encore…

Scène 1 – Générique de série tv, car le Grand Mamamouchi est grand, certes, mais pas suffisamment pour se trouver un générique qui donne une identité personnelle à son Business.
Là-dessus, voix d’hôtesse d’accueil avec nom de l’émission et du producteur.
Mamamouch’ fonce dans le business direct : opération promo pour une série de Canal+.
Et il est très heureux d’accueillir une actrice de la série, alors que l’actrice, elle, elle fait sa tournée promo pour la série, alors elle est très heureuse aussi, vous pensez bien.
Mais pour masquer tout ce Business (quel intérêt, alors que c’est le titre ?), on nous promet que nous allons rentrer dans « les coulisses de la fabrication ».
Alors là je m’insurge : et la magie du spectacle ? On se la roule pour la ranger sous le bahut ?
Eh bien oui, on rentre dans les coulisses, nous allons savoir tous les trucs et astuces des zartistes, et même leurs pensées les plus intimes. Comme ce sont des zartistes, même les pires platitudes ou débilités sont à graver dans le marbre.
Première question « simple et vertigineuse, est-ce que vous croyez en la vocation ?
- Euuuuuuuuuuuuuuh oui. »
Question suivante ?  Non, n'allons pas trop vite parce que la réponse est un peu plus déveuuuuuloppée, elle est simultanément passionnante et torturée, faut bien suivre les ami,e,s :
« Ça a voir avec l’intuition en fait et la capacité d’être en lien avec l’intuition des êtres, pour moi c’est ça la vocation. »
Même pas deux minutes d’émission et c’est déjà chaud chaud la patate. Et si je vous dis qu’après plus tard y’aura Bruno Latour vous allez me dire que non, c’est pas possible.
Eh bien détrompez-vous, mais tiendra-t-on jusque là ?
                                                                                                                                                                                                                                                        .../...

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Business Culturel - Acte 1, scène 1 - Lun 07 Sep 2020, 08:01

Résumé : nous procédons à l'écoute d'un numéro pris au hasard de la nouvelle émission du Grand Mamamouchi.

Suite de la scène 1.

                                                                            Acte 1
                                                                                    Scène 1 (suite)

« Pour vous, et vers ce chemin qui allait être celui de la comédienne que vous êtes dev’nue, est-ce qu’il y a eu une épiphanie ? Est-ce qu’il y eu une révélation (au cas où personne n’a compris « épiphanie ») ? Un moment  (au cas où personne n’a compris « révélation ») où vous êtes dit «c’est ça qu’je veux faire ? »
- Oui oui ça est ça s’est passé de cette manière-là... »

Puis : club théâtre du lycée où « j’ai grandi, et euuuuuuh j’étais très malheureuse » S’ensuit une histoire ténébreuse.
Les invités du Mamamouch’ n’ayant rien à dire, il faut bien dire quelque chose, et donc s’étaler sans vergogne ni pudeur sur les drames de sa vie intime, surtout ceux qui ne les touchent pas trop directement, faut pas déconner. Avec les euh de rigueur, c’est la marque de fabrique de la chaîne.
Récit du double drame dont la chute est
« Euuhh je suis allée répéter euuuh en m’disant bon pfff enfin je toute façon j’m’en foutais je faisais ça uniquement pour suivreuh et pour être avec Emma entre midi et deux et euuuuh... »
Pendant ce temps on entend Mamamouch’ rire bien dans le micro pour faire entendre qu’il est là, qu’il revit la scène, et que c’est effectivement drôle. Je rappelle, parce que vous n’avez pas écouté alors que moi si, que l’actrice vient de parler du suicide d’un camarade de lycée, et qu’elle s’est fait plaquer dans la foulée par son mec. Mais le Mamamouch’, il ponctue la fin de cette histoire par un rire.

Après, le parcours est Exceptionnel : c’est la découverte que sur scène on est un autre.
« Tout d’un coup on est complètement dédié à l’auteur qu’on doit et des mots qu’on doit dire. »
A graver dans le marbre, même si les euh et les bégaiements ont été supprimés pour que vous appréciiez pleinement la tournure. La pensée est de toute première qualité, c'est pas du made in Taïwan.

A 17 ans, suite aux répétitions d’une pièce d’Aristophane, c’est l’épiphanie, la révélation, le moment M, l’heure H. Si vous trouvez ça sans intérêt vous pouvez sauter les dix lignes qui suivent. Attendez, non, finalement, je viens de relire, vous pouvez tout sauter et fermer votre ordi.
« Donc après très vite c’est l’inscription au conservatoire à Montpellier d’abord, à Paris ensuite ?
- C’est pas une inscription, c’est un concours en fait alors.
- ‘fin un concours oui…
- (…) moi je suis une enfant de la République, mes parents mes grands-parents étaient des instituteurs des professeurs donc de voilà je suis une grande défenseuse de la laïcité et de la gratuité…
-  Mmm
- Et donc j’ai passé le concours d’entrée de Montpellier et ensuite le concours d’entrée de Paris que j’ai passé trois fois quand même.
- Ah ! Ouais !
- C’était pas très simple d’y entrer. »
Pensez que cet extrait, de même que la totalité de l’émission, sera archivé pour des siècles et des siècles et que ce dialogue appartiendra au patrimoine radiophonique. Pensez aussi à ce que ça dira de notre époque !
Vous pourrez vous demander aussi de quoi cette émission est-elle le nom !

Pourquoi le concours d’entrée a été raté trois fois, c’est la question que nous nous posons tous, et l’actrice en promo elle tient à se justifier parce qu’elle a très mal pris l’interjection mamamouchienne.
Lorsqu’on passe un concours, nos capacités se retrouvent souvent diminuées par rapport à la normale à cause de la peur (le terme de 'trac' n'est pas employé car trop technique ou inconnu au bataillon), et non à cause du manque de talent (de génie ?), la promowoman tient absolument à ce que nous le comprenions.
«...mais je pense que mon acharnement a eu raison euh de ils ont compris que fallait qu’ils me fassent rentrer dans cette école, que j’avais très envie d’y aller. »
Effectivement, face au génie, les tacherons du jury doivent plier, c’est une obligation morale.

La question suivante, elle déchire, Mamam' il élève une batterie de questions types qu'il peut caser partout, c'est pépère tranquille les doigts de'pieds en éventail :
« Qu’est-ce qu’on apprend selon vous dans une école, qu’est-ce qui vous reste de ces années de formation ? »
Nous pourrions répondre que dans une école, on s’emmerde, on apprend rien, et que ça sert à rien plus tard.
Mais non, la réponse est encore mieux.

« Quand je suis arrivée au conservatoire de Montpellier j’avais un appareil dentaire parce que j’avais un p’tit palais vous savez c’était les fils à l’époque avec un palais. Donc ça c’était une gêne certaine et j’ai eu ce palais tardivement parce que mon père était déclaré exploitant agricole et donc j’avais la mutuelle la MSA, la mutuelle sociale agricole, et quand j’ai eu l’âge d’avoir un appareil dentaire ils ont estimé que pour une fille de paysan ce n’était pas utile des dents qui soient bien alignées (c’est pire que L’Assommoir cette histoire)  et donc j’ai été  reconduite par la dame avec ma maman, et donc c’est pour ça que j’ai une amie orthodontiste qui m’a fait ce palais quand je suis arrivée, donc j’suis arrivée à l’école avec l’accent du midi (un trauma profond) j’parlais très très vite comme les jeunes gens en général à 18 ans qu’ont beaucoup beaucoup d’choses à raconter et qui parlent trétrétrévite, mes filles parlent à une vitesse phénoménale, je n’cesse de les reprendre, et donc j’avais ces trois handicaps. Par exemple c’est quelque chose qu’on apprend dans une école, c’est-à-dire il a fallu que je corrige mon accent, il a fallu que je que je donc au début je parlais commeuh ça (elle contrefait un accent du sud, impossible de savoir lequel parce qu’il est mal contrefait) puis je faisais la boucheu pointue ça marchait pas bien (rire très solitaire) voilà et du coup j’ai appris et puis après on découvre des textes on travaille des textes on découvre tous les grands auteurs quand on a des professeurs qui sont évidemment dans l’métier depuis longtemps ils vous apprennent à voilà les ils vous font découvrir les  grand textes des auteurs que vous connaissiez pas, évidemment y’a pas que Racine Shakespeare et Molière. »

Ne croyez pas que les bégaiements et les euh ont disparu. J’ai appelé le Saint Esprit pour qu’il les efface afin de rendre la lecture plus drôle fluide.

Personne ne s’est manifesté pour résoudre l’incohérence entre : «  mes parents mes grands-parents étaient des instituteurs des professeurs »
et
«  mon père était déclaré exploitant agricole ».
Personne ne pouvait se manifester peut-être parce qu’on s’en fout un tout petit peu.
Après, nous pouvons douter aussi de la sincérité de la promowoman, mais ce serait faire preuve de mauvais esprit, et ce n’est pas le genre de la maison.
                                                                                                                                                                                                                                                                                            .../…

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Business Culturel - Acte 1, scène 1 - Mar 08 Sep 2020, 10:03

Résumé : nous procédons à l'écoute d'un numéro pris au hasard de la nouvelle émission du Grand Mamamouchi.

Suite de la scène 1 et de la scène 1.

« Est-ce que vous viviez dans vos jeunes années de comédienne la vie que vous aviez rêvée ?
- Alors moi j’ai vi j’ai vécu la vie dont j’avais rêvée au moment où j’ai été reçue au conservatoire de Montpellier... »
Les points de suspension contiennent en suspens ce qui était annoncé par le début de la phrase.
Elle brosse un autoportrait via les témoignages poignants de ses anciens professeurs (de français au lycée) : elle a « une grande capacité à l’écoute, et c’est une grande qualité pour un acteur (…) et en effet depuis je je je défends ça avec beaucoup de siss l’écoute est à mon avis la chose essentielle chez un acteur et non pas le regard qu’il a sur lui-même. »
Alors que nous les auditeurs c’est l’inverse : on se regarde sans cesse pour nous demander ce qu’on fout encore à écouter cet entretien, où l’on joue sans cesse à torturer notre capacité d’écoute qui faiblit de plus en plus chaque seconde.

Le Mamamouch’ reprend la main pour diffuser une archive dont la teneur est aussi puissante que ce qui précède. Passons si vous le voulez bien.
Le Grand Mam’ : « On apprend en écoutant Dominique Valadié (c’était l’invitée archivée) en voyant jouer en voyant jouer des comédiens et des comédiennes ? »
Je passe la réponse, vous la devinerez sans problème. Cirage de pompe énorme de Dominique Valadié, mise sur le même plan que Marlon Brando. La boîte à cirage était encore pleine, alors ça cire ça cire…en long en large et en diagonale en zig-zag, en pointillé, en couleur, en cinémascope…
et on ralentit à Alain Françon et ses expériences de théâtre amusantes.

« Vous êtes à l’armée et on vous donne l’ordre d’aller tuer un enfant, qu’est-ce que vous faites ? »
Solution : « on exécute l’ordre, ensuite on refuse d’obéir et on se suicide ».
Exemple commenté, suivez bien s'il vous plait merci : « Le soldat arrive chez sa mère  et qui dit ‘Faut tuer un enfant’ . Elle dit ‘Va chez la voisine et tue-le’ et il dit ‘Non’ enfin il dit à sa mère d’aller acheter un paquet de clopes et puis pendant que sa mère va acheter un paquet de clopes il tue l’enfant de sa mère, ensuite il va il croise pas sa mère il part il rentre, et là l’adjudant jette un paquet de clopes vide par terre  et lui dit ‘Sergent, ramassez c’paquet d’clopes’ et il le ramasse pas il refuse et tous ses copains disent ‘Ramasse-le bon sang’ parce qu’ils savent très bien que si on est insoumis bin on est exécuté voilà et c’est et c’est  cette question-là qui est et que j’trouve aujourd’hui parfaitement une question à poser par rapport aux masques par rapport à c’qui s’passe sur ce virus dont on entend beaucoup parler à toutes les informations et en même temps on voilà tout le monde est dev’nu un peu spécialiste du coronavirus pendant le confinement mais en même temps réellement les scientifiques qui sont les spécialistes de ça posent des questions, j’trouve c’est très intéressant de de d’écouter de regarder tout c’qui s’passe pour se faire une opinion propre et peut-être de désobéir. »

La promowoman est devenue donc une spécialiste aussi, et du haut de sa science, elle nous invite à ne pas tuer des clopes en allant acheter des enfants pour pouvoir ramasser des masques - eh Dédé ressers m’en un, et puis non, tournée générale c’est moi qui offre !

Suite de cette pensée que Pascal (le pilier du bar de la Marine, pas l’autre) n’eût pas niée : « Bin j’trouve que quand on écoute les philosophes parler quand on écoute les scientifiques parler, les gens en fait dont c’est le métier donc qui ont les connaissances, et je trouve que on a de quoi se faire une opinion réellement, moi j’en ai une en tout cas. »
Le Mamamouch’ est ravi : « Vous l’avez explicité ici et c’est tant mieux. »
Il est temps de rappeler la présentation faite sur site afin de rappeler ce que nous sommes en train d’écouter :
« un grand entretien avec un artiste. Il y sera d’abord question de son actualité puis le Mamamouch’ s’intéressa plus largement au processus de création (vocation, parcours, inspirations, méthode de travail…), dans la ligne des Masterclasses. »
Le Mamamouch’ s’est rendu compte de cette sortie de route alors que nous non, nous buvions du p’tit lait, ou plutôt du picon bière.

« Je reviens quand même vers l’art parce que l’art et la vie ont extrêmement à voir vous parliez de  dévotion pour certains acteurs ou actrices mais j’voulais savoir aussi comment d’autres arts pouvaient vous nourrir, alors j’imagine que vous êtes spectatrice de théâtre, de cinéma, mais est-ce que les arts plastiques, est-ce que la littérature ou les essais parce que vous en avez un sur la table qui était dans vot’sac, est-ce que ça vous nourrit aussi ? »
Là encore, devinez la réponse. Elle va pas dire qu’elle s’intéresse à rien, encore qu'elle soit moins inspirée par l'art que par les masques et les soldats qui tuent les petits enfants.
Petite info en passant, nous venons de nous coltiner les 3/4 de la première partie du « grand entretien ». La fin s’annonce au poil.
Sortons du sac, outre l’essai, les banalités :
« Les artistes sont indispensables...
Le théâtre est un art qui est pratiqué depuis des millénaires, c’est un art indispensable à la bonne vie de la société. Les gens viennent, y’a c’quon appelle la catharsis qui qui se passe... »
Eh bien la catharsis elle fait tout pareil avec le grand tableau, avec le petit livre, avec les zautres zarts, et ça m’a donné soif, Dédé, fais péter le pastaga !
« Quand on reste longtemps devant un tableau il se passe quelque chose de merveilleux en fait… on essaie de comprendre l’endroit où il a été, toutes les heures qu’il (l'artiss' ) a passées à produire cette œuvre-là...et j’trouve ça très magique.»
Vous avez compris tout de suite : nous buvons, en plus du pastaga, la parole d’une spécialiste de tout et de rien qui inonde les ondes de ces propos absolument indispensables.
La conclusion ? « Euh bin voilà ».

Pause archive avec Duras et « L’Éden cinéma », que l’actrice en promo-série va jouer en décembre, ce qui laisse une ouverture pour une future promo-théâtre.
Question, qui arrive après l'étalement à plat dans le sens de la longueur du grand tapis rouge, « C’est indispensable pour vous le théâtre ? »
La réponse pourrait être non mais bizarrement elle répond oui.
Le cinéma et la tévé, elle voulait pas, mais un réalisateur est venu la voir parce qu’elle était trop géniale, elle a réfléchi loooooooonguement, et elle a dit « ah bin oui d’accord ».
Mais la base c’est le théâtre, et d’ailleurs sur la série qu’elle promotionne, qu’à chaque fois que l’invitée en parle, le Mamamouch’ ajoute qu’ « on va en parler », eh bien sur la série, donc, tous les acteurs viennent du théâtre.
« Ils viennent de là ils viennent du blues », ajoute mystérieusement le Grand Mamamouchi.

Fin de la première partie du grandiose entretien. On se retrouve après le jingle identique au générique pour la suite de la scène 1.
                                                                                                                                                                                                                                                                           .../...

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Business culturel - Acte 1, suite de la scène 1 - Mer 09 Sep 2020, 08:10

Résumé : nous procédons toujours à l'écoute d'un numéro pris au hasard de la nouvelle émission du Grand Mamamouchi.

Suite de la scène 1, de la scène 1 et de la scène 1.

                                                                                           Acte 1
                                                         Scène 1, Business en cours, avec la Mamamouchette


Aujourd’hui, il est tellement en cours le business que c'est une rubrique nécro, avec un hommage poignant à un socio-popo qui vient de nous quitter, en compagnie du Christ de la station (les 12 en une) qui a été crucifié dans le plus beau studio de France Culttrure, et dont les lèvres ont été soudées au micro afin que chaque respiration puisse passer à l'antenne à tout moment.

Il est 19h20, alors « Mamamouchette, c’est pas un peu l’heure de vous retrouver ? »
C’est un peu et même beaucoup l’heure, car il est extrêmement 19h20. Le timing est respecté c’est le plus important. Le reste on s'en fout, time is money.

                                                                            Acte 1, scène 1 - Mamamouchette, la Grand Mamamouchi

Mamamouchette : Et je sais pas si vous vous en souv’nez Mamamouch’, mais la s’maine dernière, Christian Chabault dans cette même séquence…
Mamamouchi : J’peux encore me souv’nir de la s’maine dernière...
Mamamouchette : Bon ça va...
Mamamouchi : Je suis une personne âgée mais quand même j’me souviens encore…
Mamamouchette : ...eh bien il nous confiait que pendant le confin’ment un des livres les plus vendus était l’ouvrage du popo qui vient de nous quitter. En apprenant la mort soudaine de l’anthropopo mercredi c’est tout un courant d’pensée et un grand nombre de lecteurs qui se sont retrouvés en deuil.
Mamamouchi : Et pour l’évoquer l’œuvre importante, conséquente du Popo of the Year, c’est un autre grand popo, Bruno Latour, qui nous éclaire sur ces apports majeurs.
                                                                            
Lecture appliquée de l’intro, à la manière d’une élève de terminale qui ferait un exposé oral devant la classe. C’est tellement exaltant que tout le monde écoute respectueusement en pensant à ses futures vacances, alors que les plus proches des fenêtres, les veinards, ont la chance d’en plus regarder venir à eux les petits zoiseaux. L'été arrive vers sa fin, les feuilles vivantes vont devenir mortes, et nous pourrons nous rouler dedans, fous et insouciants.

Après avoir déroulé son exposé qui nous envoie direct en dépression pour le reste de l’année,
- Alors diriez-vous Bruno Latour, que notre Popo of the Year était un penseur optimiste ?
La fameuse thèse/antithèse. Bien joué Mamamouchette !
La réponse est une question : alors oui, la Mamamouchette a mis le doigt dans le mille, donc dans la prise, « est-ce que l’anthropologie peut remplacer la sociologie ordinaire que nous utilisons pour parler du monde et de son développement ? » That is the question of the answer.
Le tout est fortement anthopologisé et considérablement important. Les règles d’or de la nécro sont respectées : ce sont toujours les meilleurs qui nous quittent en premier.
Le maestro ne sait pas si c’est optimiste (vous vous rappelez, c’était la question) ou pessimiste, mais c’est quand même optimiste, et puis finalement zut, l’ex-vivant était optimiste mais sa mort nous rend pessimiste. A bas la mort !
Le champ lexical de l’immensité se ramasse au tractopelle. La nécro a bien de la gueule.

La Mamamouchette a une autre question super bien posée : « Vous pensez que sur cette question de l’action, c’est plutôt le penseur et le militant ou justement parce qu’il était militant et penseur que l’action a pu être aussi efficace ? »
Soyons clair, c’était un anarchiste « qui suivait ses propres écrits ». L’autorité, c’était lui.
Jésus Latour ne fait « aucune division » entre la lutte dans les livres et la lutte dans la rue. L’avenir de la manif serait-t-il donc que nous restions tous chez nous à lire du Jésus Latour en silence ? Le monde de demain réinventé, il va avoir de la gueule, autant que la nécro-popo.
Citation d’un article de Jésus qui permet de faire pour la ixième fois une méga pub à des potes.
L’œuvre immense du défunt se résume à un « p’tit livre qui a eu beaucoup de succès ».
Alors la Mamamouchette, qui souhaite analyser l’œuvre de l'ex-homme, demande au Christ sur la croix quels sont donc ces fameux métiers à la con qui pourrissent l’économie mondiale.
Ce sont les djob que l’on délègue à quelqu’un alors qu’on aurait pu les faire nous-mêmes. Bref, un truc vraiment anar, que même le MEDEF adhère à 150 %.

Retour en direct - car l’interviou est enregistrée - pour un commentaire qui vise à réveiller l’auditeur. Le Grand Mamamouchi a décidé de faire pleurer dans les chaumières avec cet ingrat mini-exposé éco-socio-anarcho-anthro-popo. « Alors on entend bien dans ces propopos de Jésus Christ qu’il y a une émotion forte causée par la disparition du Popo of the Year. »
Même pas le temps d’essuyer nos larmes que Mamamouchi balance la deuxième question à la place de Mamamouchette afin de retourner dans le passé proche enregistré pour boire la réponse à la source de Vie.
« Vous lui avez demandé, Mamamouchette, quel impact la pensée du Popo of the Year avait sur son travail ». Et non l’inverse, ce qui aurait été plus logique.
L’héritage « est très important de déséconomisation », développe Jésus en nous reformulant la chose trois/quatre fois en usant de « vieux termes marxistes ». Là, le MEDEF il adhère à -150% au dessous du niveau de la mer.
Interviou qui se dilue dans une archive de quelques secondes du Popo auquel nous rendons hommage. Sa déclaration ressemble plus à l’appel du 18 juin qu’à de l’anthropopologie : « on pourrait se débarrasser de ceux qui nous oppriment (…) je pense qu’il est très important de rejoindre les gens de bonne volonté et de les aider à résister à ce nihilisme vu dans le monde. »

Le Mamamouche confirme que nous venons d’entendre notre héros lorsqu’il était en vie, dans la Mamate à Guillaume-debout-bande-de limaces !-Erner. Nous avons surtout entendu son traducteur, mais c’était l’intention qui comptait.

                                                                                                                Fin du Business en cours par la Mamamouchette

Retour à notre invitée, et - c’est ça qu’est le plus drôle dans Business culturel - on lui demande son avis sur le petit machin qu’elle vient d’entendre.
Si vous avez suivi depuis le début, vous aurez compris que l’invitée, j’en suis un fan absolu.
Donc, je veux absolument savoir ce qu’elle en pense.
« Bin c’est-à-dire que ça rejoint exactement euh voilà tout c’que je ss je je suis tout l’temps en train d’me nourrir de de ces personnes qui là je connais pas c’monsieur mais j’ai tout à fait la sensation qu’en effet quand  quelqu’un disparaît de la Terre il part avec tout son savoir et euh et c’est une catastrophe en fait c’est une catastrophe, Bernard Stiegler euh est mort aussi et c’est une catastrophe. On fait en fait c’qu’on quand les gens partent avec sss cette connaissance-là heureusement ils ont pris le temps de nous laisser quand même des des écrits et des vidéos pour ceux qui ne savent pas lire (et des pin’s, et un Pokemon, le Berstiglair) et euh et c’est formidable. »

Coupe jingle, la prise est bonne, la catastrophe est effectivement formidable, et rappel du titre et du nom du mamamouche, parce que nous sommes just in the middle of the business.
La dernière tirade, que dorénavant nous appellerons simplement « la grande tirade du 1 », m’a requinqué à bloc. La suite, j’en raterai pas une miette.
                                                                                                                                                                                                                                                                     .../...

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Business Culturel - Acte 1, scène 1 - Jeu 10 Sep 2020, 07:52

Résumé : Nous mettons en valeur avec méticulosité une partie des immenses et fascinantes puissances du vide qui nous entourent.

Suite de la scène 1, de la scène 1, de la scène 1 et de la scène 1.

                                                                                                                                        Acte 1
                                                                                                Scène 1, l’invitée en promo – le Grand Mamamouchi


La série tévé dont il convient de cirer les pompes, on en a pas encore parlé. « Eh bien c’est maintenant » annonce le maître du business. Il était temps, l’Actrice est venue pour ça, et pas pour raconter n’importe quoi sur n’importe quel sujet, pas de ça ici les zouzous.

« On commence par la fin, continue le cireur de pompes, alors comment se sont passés les adieux de l’Âctrice avec son personnage ? », car c’est la dernière saison de la série dont je rappelle que la pub est faite ici.
La réponse, elle comble toutes nos espérances. J’adôôôre.
« Biiiin oui alors j’ai vécu pendant quinze ans avec cette Laure Berthaud qui est dev’nue qui est devenue biiiin biiin mon personnage qui évidemment que j’ai incarné le plus longtemps et je pense pas que j’aurai d’autre expérience de de du même typeuh. En tout cas comme c’est la première si jamais je rev’nais et qui m’aient couvert quinze ans avec quelqu’un d’autre eh bien euh... ça rest’ra la première (Mamam’ a confirmé en riant, cirage oblige) euh c’est euh c’est quelque chose qui est en marche depuis longtemps le le fait d’arrêter euh... »
Même avec les euh et les bébégaigaiements nombreux et avariés, la broderie autour du thème de « c’est la fin de la série, tout ce qui a commencé doit finir et patati et patatarte... » reste simple, mais riche en absence d’anecdotes. Les interviews promo données à la chaîne par les artiss’  dans les chambres d’hôtel de luxe sont tout aussi consistantes.

Mais l’Actrîîce  remonte le moral de ses fans (donc le mien) grâce à ce raisonnement complexe : la fin de la série, c’est comme quand on prend un bain, faut savoir s’arrêter avant que ça déborde bon bin euh, mais la technologie moderne nous autorise à revoir tout pour finalement tout recommencer du début, comme ça c’est jamais fini.
La conclusion, on aurait pu la caser aussi pour la double nécro de tout à l’heure : « tout a une fin et on va faire aut’chose quoi c’est ça qui est supereuh intéressant, on a fait un peu l’tour j’trouveuh... »

Mais, cling, scoop extraordinaire, l’aCtriss a tourné un docu sur le tournage. Vous savez, un docu pareil à ceux qu’on trouve en bonus sur les dévédés où tout le monde il est génial et que tout fut great et amaaaazing. Et là, le Grand Mamamouchi sursaute, d’un coup, il a un trou de mémoire et il se croit sur le plateau d’une chaîne info, il lance le breaking news :
« Info exclusive Business culturel », balance-t-il à toute vapeur : un docu sur la série !
L’acTrîsse bégaie, mais d’émotion cette fois-ci. Elle s’attendait pas à un tel barouf pour un bonus promo, et elle répète ce qu’elle venait de dire trente secondes avant, mais en bégayant mieux. On lui sort le tapis rouge, elle fonce dessus en se prenant un peu les pieds, mais c’est pas grave on fait semblant d’avoir rien vu.
Son docu est du boulot d’investigation. Elle est allée interroger les actrissteurs qui jouaient dedans la série depuis le début, « ceux du départ ».
« Ceux du dépaaaaart », répète bouche bêêêê le Mamamouch’.

Puis, tout à trac, nappe de synthé qui personnellement m’a fait sauter au plafond, que j’ai haut mais je vais pas digresser, c’est pas mon genre. C’était le générique de la série, et je l’ai apparemment perçu de traviole parce qu’il « plonge d’emblée dans une ambiance ». Je vais quand même pas lâcher le plafond et creuser un trou pour faire une piscine.
Le Mam’ il compare la nappe qui fait sursauter à son générique à lui, qui plonge aussi dans une ambiance de qualité comme vous pouvez le constater.

Mamam’, il roule le tapis rouge, le range à côté de Bruno-Jésus Latour, qui est crucifié contre le mur du studio, si je puis me permettre ce rappel christique. Puis, il sort la boîte à cirage rangée dans le dossier de presse qu’il nous lit avec application avec sa bouche tout en appliquant sur l’actRîss une couche de cirage avec sa main droite, une autre avec sa gauche, et deux autres avec ses pieds : « ...faut dire qu’cette série est diffusée dans cent pays, euh qu’elle est reconnue internationalement, y’avait eu un Nemmy Euh-Ouarde en en 2015 eum donc c’est tout toute une aventure mais au tout début, comment est-ce que vous zavez rrrencontré, j’sais pas si c’est l’bon terme, votre personnage ? 
- Ça s’est fait en deux étapes parce que euh on avait tourné un premier euh un premier euh pilote qui n’a pas été diffusé et qui s’appelait... »
Une aventure unique pour cette série : un pilote, puis une série, avec des personnages récurrents. Unique je vous dis. Encore que « récurrent, je n’aime pas ce mot en fait à chaque fois je vois le mot je vois la publicité avec...
- Une éponge un peu, coupe le Mam’, c’est ça, ouais.
- … la publicité avec le truc qui raye l’émail vous savez le à chaque fois j’vois ça donc j’aime pas…
- C’est clair.
- ...donc je dis ‘les héros’. Euuh ils avaient ils avaient donc proposé de faire ça avec vingt personnages-euuuuuh-héros (rire du Mam’) et euuuuh et en fait euuuuuuuuuuuh bin ça ne ça n’ ça n’tenait pas exactement euuuh debout en fait le le pilote du coup ils ont décidé d’extraire les personnages qui les intéressaient de ce pilote et ils ont écrit pour des acteurs précis…. »
L’histoire de cette série est absolument unique. On en apprend des trucs, « et d’une certaine façon c’est assez marrant » parce que les gens qui font des séries il font que ça alors que les acteurs, il arrivent, ils tournent  devant la caméra, et hop, pouf pouf tralala, ils font aussi autre chose à côté, comme du théâtre par exemple, parce qu’il se trouve que ce sont des acteurs, voire des comédiens.
Une idée originale de génie, bien qu’usée : les auteurs dialoguent avec les acteurs. Une idée géniale, j’insiste, parce que l’idée vient de notre invitée, sans qui rien ne serait arrivé, sans qui la Terre tournerait moins bien, alors que là, grâce à elle, elle tourne sans rayer l’émail.
Autre idée originale, made in US : il faut écrire l’histoire pour les personnages et pas l’inverse, « et ça a complètement voilà. »
Enfin en gros, ce qu’elle dit , elle « le dit dans le documentaire ».

Maintenant, l’élaboration de son personnage de la série, qui « est une évolution qui s’est faite petitap’tit » qui aboutit à la théorie dite « de la godasse ». J’ââââdore.
C’est reparti pour la masterclass. Les jeunes, prenez-en de la graine.
La grande artiste a sorti de son sac des idées très originales et précises, puis elle a pris un rouleau compresseur et elle a bien tout aplati.
La tirade qui clôture notre scène 1, la tirade dite « des godasses »,  montre l’admirable capacité de l’Artîîîste à commencer des phrases sans jamais les terminer. Enfin en admettant dans un grand moment d’indulgence que les phrases suivantes soient des phrases, si vous voyez c’que j’veux dire. Un vrai labyrinthe truffé de culs-de-sac.

« ...et surtout enfin la chose qui était la plus importante c’était les les chaussures. Les chaussures du personnage, quel que soit le personnage c’est pour moi, c’est-à-dire c’est comment vous allez marcher, comment vous allez euh et ça c’est très important par rapport à ce que disait Dominique Valadié tout à l’heure c’est ça c’est assez marrant parce que on a tous des façons assez marrantes de raconter comment les choses vous traversent quand on est acteur euh franchement moi je je j’suis dans un rapport qui est très terrien en fait euuuuh pas du tout euh euf j’suis v’nue comme ça c’est-à-dire que dans les écoles on vous enseigne pas forcément ça mais après le principe d’un artiste il fait une école et après tout l’principe c’est de euh se défaire de tout c’qu’il a appris pour pouvoir euh pour pouvoir euh laisser libre court à son intuition eeeet eeet c’est ça qui fait que ça fff fonctionne en fait a-apparaît quelque chose de vrai quelque chose de la vérité de l’être et je pense que c’est ça qui touche les gens et euh et donc moi les chaussures c’est un élément qui est primordial et et je commence te te souvent les les les costumeuh  en pensant aux chaussures en fait. »
Le Mamouche remarque que « porter des vêtements, c’est quelque chose de très physique ». Il aurait pu rajouter, mais il s’est retenu, que penser c’est quelque chose de très mental.
Oui, c’est très « physiiiiiiqueuuuuuh. Par exemple si vous devez jouer Richard III moi si je devais jouer Richard III je sais que je mettrais quelque chose dans ma chaussure pour me gêner en fait c’est-à-dire que je prends ça parce qu’il boite et tout ça il est difforme donc euh mais et donc y’a des acteurs qui disent non ils veulent y penser donc ils intellectualisent et ils vont fff jouer qu’ils moi j’ai pas envie d’y penser en fait j’ai envie que ça que ça soit présent sans que j’aie sans que mon esprit a se concentrer la-dessus et voilà donc c’est c’est c’est pour ça qu’les chaussures c’est important. »

Le coup des godasses, il faut y mettre hélas un léger bémol. Pour une actriss' qui affirme en même temps avoir appris à oublier ses apprentissages, c'est gonflé de chez gonflé, car cette histoire de chaussures, c'est un exercice tout ce qu'il y a de bateau sur l'eau et de stanislavskien dans les écoles de théâtre.
De là à laisser supposer que c'est une invention personnelle, il n'y a qu'un pas, qui a été franchi avec des chaussures de chantier.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                .../...

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Business Culturel - Scène 1 de l'acte 1 - Ven 11 Sep 2020, 07:49

Résumé : Nous plongeons dans le vide . C'est indolore, puisqu'il n'y a rien.

Suite de la scène 1, de la scène 1, de la scène 1, de la scène 1 et de la scène 1.


                                                                                                                      Acte I, Scène 1

Nous en étions à estimer la taille des chaussures dans l’art théâtral. Taille 38/39 ou 42/43 ? La question n’a pas sitôt été évoquée que le Grand Mamamouchi rebondit sur un autre aspect important : dans la série y’a beaucoup de personnages de femmes. Le Mam’ suggère que c’est certainement parce que c’est écrit par des femmes, alors que les hommes alignent les clichés, dixit toujours le Grand Mam’.
Réaction de l’Arrtiss’ : « Bin sur la saison une c’était Guy-Patrick de Saint-Saint de Richin. »
Boudiou, c’est un homme ça ! Mamamouche tente de rattraper la bourde : « Un trèès grand auteur ».
« Absolument », promotionne-t-on, en admettant, pour équilibrer la balance, qu’il « a une grande part de féminité ».

Sans transition passons à la grande part d’humilité de l’invitée, ajoutée à la grande part de serviabilité du maître de maison :
L’actrisse humble : ...mais c’qui s’est passé euh d’un peu euh euhm m miraculeux pour moi en fait c’est que euh Laure Berthaud (le nom de son personnage si je puis me permettre ce rappel) est devenue le personnage euh centraleuuuh probablement de par son métier mais peut-être aussi euh de par l’interprétation euh et l’attach’ment que çaaa…
Mamamouch’ : Oui vous n’y êtes pas pour rien…
L’actrissss : Je c’est compliqué euh de savoir ça oui…
Mamam’ : Non mais je peux vous le dire moi donc euh ça c’est pas à vous de l’dire mais...parce que c’qui est passionnant pour les téléspectateurs mais pour vous aussi évidemment en tant que comédienne c’est de vieillir avec son personnage…
L’Actriste : Mais oui et encore hier soir euh j’ai dîné au Select et y’a quelqu’un qui est passé dans la rue et qui m’fait ‘Aaaaaaah’, il vient vers moi comme pour  m’embrasser quoi.
Mon Dieu quelle histoire, « comme s’il vous connaissait en vrai dans la vraie vie ! »
Et puis l’actrice est bien exposée sur les affiches partout, « Canal + fait bien les choses pour la communication et la publicité », flagornise le Grand Mam’, un peu trop même, ce qui fait rire l’invitée. C’est trop ! C’est plus une boîte de cirage, c’est un conteneur !
L’actrice géniale : Mais je sais que le la longévité euh confère une grande familiarité et on a l’impression en effet que on fait partie des des euh voilà.

Dans son docu, elle voulait faire entendre la voix de fans de la série « qui sont dans le système judiciaire ». Un plan très chouette.
Mais elle ne l’a pas fait, faute d’autorisation de la préfecture.
Profitons de l’absence de la voix du « système judiciaire » pour clamer haut et fort que la série vendue en promo en ce jour est hyper réaliste, que les policiers, les juges et tutti quanti admirent la véracité de chaque grain de l’image. Si seulement ils pouvaient parler dans le docu, ils diraient que la série, c’est leur vie à eux au millimètre près.

Question suivante, et on souhaite bien du courage à quiconque de trouver une réponse : Bin alors quinze ans, huit saisons, alors, si mes comptes sont justes ça fait pas loin de soixante-six heures de visionnage pour le pour le téléspectateur s’il veut voir toutes les huit saisons, oui ‘fin bon ff ?
- J’crois, répond quand même l’actreuse car elle a réponse à tout, qu’c’est plus que ça en fait ça fait quatre-vingt six heures.
- Ah bon bin bon bin (vexé, Mamamouch’ nous imite la sirène des pompiers, y’a l’feu dans sa calculette interne) s’chuis désolé il faut qu’je change de boulier euuuuuuh.
Ce 'euh' est volontairement rallongé pour nous laisser le temps de rire à gorge déployée sans rien rater du rien que nous écoutons.

Mamam’ répète un truc qui a été bassiné il y a quelques instants déjà, et s’il le répète avec autant de légèreté, c’est qu’il va procéder à une transition qui va donner lieu à un lancement.
Le truc : les comédiennes et iens de la série ont commencé par faire du théâtre.
Énumération de noms, les deux lurons s’amusent comme des petits fous. Nous, on attend la fin, c’est un peu comme la lecture des pages jaunes version papier, si on cherche rien, ça sert à rien. Eh bien là on cherche rien.
Mamam’ : ... comme Audrey Fleurot, comme Philippe Duclos, comme Elisabeth Macocco ( …) bon j’arrête parce qu’on pourrait aller loin…
La comédienne : … et Reda Kateb qui n’était pas connu ! Qui a fait c’était son premier tournage quand même !
Mam’ : Ouais il avait fait un court métrage ou deux avant…
La Com’ : Oui !! M’enfin c’est…
Mam’ : Bon...On l’avait repéré à Clermont-Ferrand…
Les deux parlent en même temps, le débat est passionné, le sujet brûlant, épineux, complexe, subtil, bref, pour résumer, on s’en tamponne moyennement beaucoup.
Mais eux sont lancés pour un moment, parce qu’après cette prise de bec confuse, l’énumération continue quand même ! Ils sont tous d’immenses acteurs, Mamam’, il est cireur ET impresario !
Et l’énumération s’arrête logiquement avec cette remarque que je ne vous conseille pas de discuter :
Si la série semble si juste est-ce-que je c’est pas justement parce que ça sonne juste parce que vous êtes des comédiennes et des comédiens qui savez écouter l’autre ?

Commence alors la partie « Psychologie de pointe ». Qui écoute l’autre ferme sa boite à camembert, comme aurait pu dire le corbeau de la fable. Mais nul corbeau ici.

                                                                                    Scène 1 - Psychodrame
La Monstre Sacrée : Tous les acteurs de théâtre ne savent pas écouter.
Le Mamamouchi Sacré :  Non, mais ceux qui ont été choisis et bien choisis ici.
La Monstre Sacrée (s’en foutant, souhaitant avant tout caser une nouvelle pub) : Euuuuuuh oui. Oui. Probablement. Probablement. C’est-à-dire queeeeeuuh y’a aussi quelque chose de très spécial et là je sais qu’y a une nouvelle série qui arrive sur Canal et qui pour pour laquelle ils ont ils ont bataillé eet ils ont bien fait euh ils ont imposé un casting inconnu en fait et euuuh c’est '1900' et euuuh et je pense que c’est une très bonne idée parce que...

                                                                                    Séquence tragédie grecque, « Les choses qui parlent de ça »
...en France on a une quantité d’acteurs incroyables qui sont en plus vraiment en peine de travail en ce moment donc euh non non donc euh l’endroit où c’est possible de les faire travailler puisque le théâtre est est est en berne ‘fin c’est c’est  c’est une catastrophe donc il faut bon il faut chevaucher le tigre ok donc euuuuuuh on va on essaye de faire c’qu’on peut c’est vrai que euuuh c’est pas c’est pas simple du tout euuuuh et donc les séries-euh proposent quand même beaucoup d’choses euuh à tous les acteurs qui sont  vraiment enfin nous on a vu défiler euuuh on des acteurs mais merveilleux quoi vraiment eeet voilà  ‘fin j’ssuis bon du coup mon documentaire euh rend un hommage quand même à ça.
Le Mamamouchi-double-action (léchage de parquet + largage de transition) : Alors ça joue juste comme certains chantent juste.

                                                                                            Séquence musicale – Marvin Gaye a cappella
Durée, 15 secondes, un double choc :
- le premier, celui d’entendre une vraie voix.
- le second, le shuntage violent avec la vraie voix qui se fait piquer la vedette par l’ÂÂctrisse qui chante faux en yaourt.
La question, simple cette fois-ci, c’est : pourquoi ? Pourquoi nous torturer en nous faisant espérer l’écoute d’une voix audible pour nous l’enlever aussitôt ? Est-ce du sadisme ? De la pure inconscience ?
Non, Marvin Gaye parce que « trouver la note juste, est-ce que c’est pas ça aussi l’enjeu quand on est comédienne ? »
Quéquevouvoulez répondre ? Que jouer faux, chanter comme une casserole et défoncer les yeux et les tympans du spectateur, c’est le but ultime de tout acteureuse ?
Figurez-vous qu’il se trouve que bin non quoi. Alors cette question, si vous la trouvez conne, c’est que vous n’avez pas entendu ce qu’en fait notre Monstre Sacrée :
« Euuuuh j’crois pas qu’y ait d’note juste en fait.
- A chaque, à chaque syllabe presque.

                                                                                        Séquence musicologie appliquée à la tronçonneuse
- Evidemment euuh évidemment euh pour la musique oui euya parce que c’est c’est y s’agit vraiment de de notes et de mais voilà quelqu’un qui voilà Marvin Gaye qui est euh qui est euh quelqu’un qui a euh une capacité aaaa à chanter euh à se laisser se laisser traverser par euh pas ses notes euh merveilleuses et cette interprétation incroyable. Moi jeje je suis euh euh je pour les acteurs théâtre je dirais qu’c’est pas la même chose alors euh oui...

                                                                                            Séquence promo théâtre anticipée
...je voudrais revenir un p’tit peu sur l’extrait qu’on a écouté tout à l’heure de « L’Éden cinéma », préciser aux spectateurs qui seraient tentés de venir voir «L’Éden cinéma » mis en scène par Christine Letailleur, nous avons une interprétation beaucoup plus contemporaine. Je n’suis pas du tout zadepte de pas du tout…
Le Cireur mamamouchien pousse un rire un peu sonore pour que la Grande Actrîîîîîse corrige son accord, qui pour le coup sonnait faux. C’est vrai que cette faute est choquante venant d’une personne aussi exemplaire sur le plan de l’expression orale. Personnellement je l’aurais laissée passer, au point où on en était, à quoi bon ?
La Grande Dame se corrige, et pour sauver l’honneur, sort le gros feutre pour tirer un trait d’humour désopilant :
- … « pas du tout zadepte » voilà, « pas du tout dadepte » non plus, de de de (rire) de de...

                                                                                        Séquence théorie du théâtre contemporain
...ce type de théâtre en fait qui met extrêmement à distance et qui pour moi alors y’a des gens qui sont très fans euh voilà. Moi pas du tout. Euh je trouve que ça ne parle pas, au cœur, c’est quelque chose de très-z-éthéré (la liaison est arrivée à bon port) et ce n’est pas le théâtre que j’aime. J’ai besoin d’incarnation et donc là la note pour le coup euh y’a des gens qui travaillent avec en effet les-z-acteurs (bingo !) ils leur demandent de produire des notes et ce ne sont pas les notes ce ne sont pas les vibrations propres de l’acteur et pour moi c’qui est intéressant c’est entendre la vibration d’un être et sa vibration elle est juste. (Traduction : Duras c'est chiant sauf quand c'est moi que je le joue, venez nombreux à mon prochain spectacle !)

Et le rideau se baisse en douceur pendant que le Grand Mamamouchi ajoute une couche de cirage sur la Grande Aqueutrisse. Le soleil se baigne à l’horizon horizontal dans un feu d’artifice de couleurs, et sous les étoiles bon bin en fait invisibles euh quoi.

                                                                                                                Fin de la scène 1
                                                                                                                                                                                                                                                                            .../...

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Curly

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Business culturel - Scène 1 - Sam 12 Sep 2020, 09:41

Amis du creux et du néant, bonjour ! Grimpez dans la navette ! Vous allez explorer l’infiniment vide . Vous n’allez pas le regretter ! Avec le rien, y’a rien à espérer ! Aucune déception possible !

Suite de la scène 1, de la scène 1, de la scène 1, de la scène 1 de la scène 1 et de la scène 1.

Le soleil, après s’être couché, se lève à nouveau sur le beauté du monde, et accessoirement sur nos deux personnages qui s’affrontent en un duel sans merci : mais qui passera la plus grosse couche de cirage sur tous ces gens formidables qui gravitent autour d’eux ?
Le coup final est porté par l’invitée : « … on est tous des gens, il faut travailler avec humilité ça m’paraît euh essentiel pour que ça s’passe bien en fait. »

                                                                                               
On est tous des gens, et ça mes ami,e,s, c’est une bien belle leçon de vie. Mes yeux se mouillent en même temps que les vôtres, je le vois bien. Tenez, je vous passe un mouchoir, on s’essuie et on reprend. Si on commence à pleurer devant la beauté du monde, et la grandeur de l’humanité, on en aura jamais fini. Maintenant jetez-moi ce mouchoir, on va essayer d’aller au bout malgré toutes ces émotions qui nous étreignent. Qui veut me passer un mouchoir ? J’ai tout donné et j’ai encore ma vue qui se brouille.
Merci.
Allez, on avance dans notre grande pièce tragi-comique. Il faut bien mettre les pieds dans le plat, entrer enfin dans le vif du sujet,

                                                                                                            Scène 1, Acte 1
                                                                                                                                
Notre Grand Mamamouchi s’inquiète : « ...ce rôle de Laure Berthaud vous l’avez dit vous aura marqué quoi qu’il en soit euh de façon très particulière mais faudrait pas que il vous ait trop, marqué pour le reste de la profession ou une réticence ou une hésitation de certaiiiiiiiiins cinéastes qui pourraient bien se dire ‘Ah je voudrais bien faire jouer la Grande Comédienne cirée de fond en comble ici-même présentement, mais tout le monde va voir Laure Berthaud’ ... »
Maminouche est très inquiet, il joue à l’entremetteur, à l’agent artistique, et il adresse son appel déchirant à tous les professionnels de la profession. Mais qu’il s’arrête nom de Dieu qu’il s’arrête ! J’ai plus que dix mouchoirs ! Après je vais faire comment pour pleurer ?
Alors oui, c’est vrai, ce rôle marquant a grillé l’Actrice du Siècle comme une vulgaire cacahuète, qui va devoir, la mort dans l’âme, se recycler dans la production. Quelqu’un a un mouchoir ? Je sens que je vais pas tenir.

Il se trouve que l’invitaieuh adore faire des choses qui l’intéressent, alors que moi, personnellement, je préfère mille fois faire des trucs machins qui me gonflent, c’est plus passionnant, vous serez d’ailleurs tous d’accord avec moi.
« Je compte produire de la fiction en fait et d’écrire des choses qui m’intéressent parce que je euh c’qui est intéressant c’est de faire des choses euh passionnantes et d’être mobilisé pour ça, je n’ai pas envie de faire des choses qui m’ennuient et de dire ‘oooooh’ parce que j’ai été tellement euh, j’ai eu on peut dire euh le Graaleuh duu de c’qu’on peut faire eeeeen série en France donc euh euuuuuh  j’ai envie de continuer à faire des choses qui m’intéraiiisseuh, y’a beaucoup d’choses qui ne m’intéressent pas dans c’qui est fabriqué à la télévision et euuuh voilà donc aussi j’ai le théâtre évidemment qui est uuuun évidemment une table sur laquelle danser euh toute ma vie, mais euh mais jeuh mais j’ai a l’intention de continuer à faire des choses qui m’passionnent. »
La Grande Dame du Théâtre aime faire des choses qu’elle aime faire, ce qui est tout simplement hallucinant. On le serait à moins comme à plus.

Le Mamouche lance deux idées ma foi pas plus bêtes que d’autres : pourquoi pas écrire et réaliser ?
« ...je alors moi je suis pas auteur jeje jejeje je lance des choooseuh euuuuh j’ai travaillé j’ai j’ai j’ai travaillé avec un scénariste on a partagé on a écrit un court métrage à DDDEUX vraiment à quatre mains... »
Le problème d’arithmétique est résolu avec brio. Ce travail était « passionnant » et elle « a adoré faire ça ». Ce qui confirme la théorie exposée plus haut, soit que notre Grande Artristre est passionnée par les choses qui l’intéressent, mais elle n’est pas Dieu, elle « ne peut pas touuh faiiiireuh...

                                                                                                                        La leçon de vie

...il y a des gens qui ont des compétences, et de la même façon qu’il y a des zéconomistes qu’il y a des mathématiciens qu’il y a des scientifiques et que c’est taira...qui sont des gens importants à écouter euh c’est important aussi d’écouter de voilà que chacun apprenne moi ma compétence elle est à l’endroit du je ça c’est sûr maintenant je je je ne suis pas une usurpatrice euuuh je crois pas euuuuuuh mais euuuh mais c’est vrai que j’ai envie d’explorer d’autres d’autres zendroits pour revenir à cet endroit et puis aussi j’ai j’aime beaucoup j’ai beaucoup aimé euh diriger les zacteurs parce que dans mon travail d’actrice euh j’ai euh j’ai rencontré beaucoup d’réalisateurs et qui ne savent pas forcément ce que c’est qu’un acteur et quand on est acteur et en fait je très envie de travailler avec des réalisateurs-acteurs euuuh allo ?... »
L’appel est lancé, les gens sont nommés, les choses sont dites. Les professionnels de la profession parlent aux professionnels de la profession. Le Mam’mam’ embraye, donne encore des noms, il adore ça, il est comme son auguste invitée, il adore faire des choses qu’il aime faire.

                                                                                                                               Le conseil technique
            
C’est important les zacteurs réalisateurs parce qu’ils « connaissent comment ça fonctionne. »


Le Mamouche continue à faire l’agent de change : « Préparez une liste, je vous demanderai quelques noms dans un instant » Rires de l’invité. Mais nous, on peut pas rire, on est encore plongés dans nos mouchoirs, on chiale toujours comme des madeleines trempées dans les chutes du Niagara.

Du calme, on reprend nos esprits, le jingle is coming back, et il est toujours aussi identique que celui d’avant, sauf que l’heure n’est pas la même, l’horloge parlante indique 19h52. Une info qui aurait pu être utile si j’avais écouté le Business en direct, mais là, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse de cette info périmée ?
Six minutes avant la fin, il est temps de « sortir de ce studio, de sortir de Paris » par téléphone.

                                                                                                                        Business à suivre par le Grand Mamamouchi

Promo-expo à Bruxelles, et entretien pointu avec un plasticien qui expose. Il expose à Bruxelles, d’où le fait qu’on est en duplex avec Bruxelles.
« ...vous vous intéressez à la représentation des miracles et des croyances de la mythologie à l’ère numérique. Qu’est-ce que vous aviez envie d’interroger avec ces œuvreuh ? »
L’artiss’ n’a pas été présenté. Son nom, les dates et lieu de l’expo suffisent : t’y vas, t'admires, et surtout tu craches ton pèze.
Donc, qu’est-ce qu’on interroge ? La réponse était en très grande partie dans la question, alors que reste-t-il à dire ?
Que l’expositeur s’intéresse à la représentation du miracle de l’Apocalypse, « en parallèle avec internet qui charrie justement toutes sortes d’images qui voilà quelque part questionnent aussi la croyance aujourd’hui sous toutes ses formes en fait, sous des formes euh euh à la limite de euh de l’irrationnel, du complot certaines fois donc c’est une sorte de rebut d’internet que je tente par le dessin... »
Il interroge, il questionne, il tente l’Apocalypse.com.
Qu’il la tente pas trop. L’Apocalypse, elle arrive toute seule, pas besoin d’appât, même en dessins à Bruxelles.

Le Mamamouchi décrit les œuvres qui questionnent : La répétition, la duplication c’est aussi une interrogation sur ce qu’est une image…vos œuvres elles sont elles sont de formats très divers, du petit au très grand, mais souvent vous aimez sortez du canevas vous aimez poursuivre sur les murs euh auxquels sont accrochés les œuvres votre travail, j’sais pas si ce s’ra le cas à Bruxelles, mais pourquoi sortir du cadre ?
- Parce que je crois sinon je m’ennuie (rires enregistrés), donc j’accroche comme ça des feuilles dans une galerie, j’trouve ça très beau bien sûr, et et euh heureusement qu’il y a aussi plein d’artistes qui ne dessinent pas sur les murs euh je sais euh…
Enfin, le dessinateur, il nous explique sa technique afin qu'on pénètre au cœur du mystère de la création : « il fait tout ça assez naturellement ».
Il fait des trucs dingues pour un artisss graphique, avec des dessins marouflés sur toiles dont on ne saura que pouik de plus, où il a eu « envie de jouer avec l’espace, proposer une forme de proposer une forme d’expérience aussi pour le  visiteur, de perturber aussi ses sens, de surprendre et eummmm de sortir un peu de l’exposition  conventionnelle enfin de j’ai commencé à faire ça tôt je crois lors de mes premières expositions… »
Qui donnent l’occasion de rappeler des choses essentielles de ces premières expos : le nom de la galerie et du commissaire d’exposition.
Le Mamamou balance pour la seconde fois date et lieu de l’expo, ainsi que l’arrivée d’icelle en France, donc à Paris, qui sonne déjà le glas de ce duplex bruxellois de deux minutes. Quel dépaysement mes aïeux, quel dépaysement ! Une bouffée d’air frais.

                                                                                                Scène première - Retour au bercail

Retrouvailles avec l’Aqueuhtriss, qui nous a beaucoup manqué durant ces deuzes interminables minutes.
Mamam’mam’ : Quelques petits mots de notre Diva en Série qui avait envie de faire un tout p’tit peu d’lecture pour conclure on a une petite minute.
Quoi ! Comment ! Mais on en est qu’à la scène 1, on peut pas se quitter si tôt ! Je fais comment moi avec la scène 2, 3, 4, 5 et les quatre autres actes que j’avais prévus ?

La grande tirade de la scène 1, dite la tirade de « la p’tite minute » :

« On a une petit’minute ? J’sais pas si j’ai l’temps de de lire ça en une petit’minute, j’vais essayer de de le lire de façooon à comment faire un pas de côté comment s’esstraire, ça commence bien, comment s’extraire de notre matrice de pensée pour ouvrir de nouveaux horizons. La première étape est de constater qu’il y a d’autres manières de penser qui valent le coup et la deuxième est de remettre en question nos certitudes. A ces conditions nous pouvons envisager de vrais pas d’côté, ces pas qui sortent du cadre pour éviter d’étouffer et pour ouvrir de nouveaux chemins. Peut-être que je m’arrête juste là si j’ai qu’une minute et ça c’est le manuel des Castors Juniors le guide psycho pour aller mieux le Kama Sutra Pablo Servigne « Une autre fin du monde est possible »…
…et c’est un livre qui sur vivre l’effondrement et pas seulement y survivre et je trouve que c’est un livre indispensable à lire en c’moment voilà. »


Le Grand Mamamouchi, le maître du Business, trouve qu’il y avait des échos entre toutes les séquences. Effectivement. Et c’est extraordinaire comme le hasard fait bien les choses. A la fin d’une série répondait la mort d’un socio-popo, et à la mort du popo répondait la fin des temps en dessin, puis en lecture de p’tite minute.
Mais DJ Mam’ n’a pas envie de passer pour une brêle, ce serait bête, juste avant le générique de fin, alors qu’en plus il a assuré comme une bête pendant 55 minutes et 9 secondes, alors le hasard on le prend on l’explose à coup de tatanes et on dit...
…« il y avait beaucoup d’échos entre toutes les séquences et c’est sans doute pas tout à fait un hasard. »
Échos, échos, tu parles, ça aurait été bien qu’il y en ait assez pour ma scène 2. J’ai l’air de quoi maintenant ?

                                                                                                                             Scène 2

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Maylis Besserie, la femme invisible - Jeu 22 Oct 2020, 11:13

Affaires culturelles avec Frederick Wiseman

Commençons par un énorme coup de gueule : le Grand Mamamouchi, le boss du Business culturel, est en vacance.
A quoi voit-on qu’il est grand ?
A son melon, qui trône en grand au dessous de son couvre-chef baroque de mamamouche.
Et quand le chef se barre, on met qui ?
Une femme !
Son nom ?
Exemple 1, générique avant la vacance du boss du Business
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/21583-16.10.2020-ITEMA_22457210-2020C41226S0290.mp3" debut="00:00" fin="00:13"]

Exemple 2, générique pendant la vacance du boss du Business
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/21583-21.10.2020-ITEMA_22461378-2020C41226S0295.mp3" debut="00:00" fin="00:14"]

Cherchez la différence.

Eh bien non seulement la femme n’a pas de nom, mais elle n’existe pas !
Une honte. Sans parler d’oser le féminisme (et c’est quand même fait !), mépriser à ce point la personne qui remplace le melon creux est d’une muflerie sans nom (et c’est quand même fait, muflerie j’écris ton nom ! )
Alors certes on pourrait se dire que quand même, j’exagère, faut pas pousser… mais quand on commence à écouter l’émission avec Frederick Wiseman et qu’on arrive au bout de 5mn d’écoute, on ne sait toujours pas le nom de la femme qui présente l’émission. Et après, c’est pas mieux. Alors oui, faut pousser.
Mamamouchi se la pète tellement grave qu’en son absence, la remplaçante doit vivre dans l’anonymat le plus total afin de ne pas faire de l’ombre au boss.
Or, le problème, c’est qu’en ne faisant pas d’ombre, la remplaçante, à défaut de personnalité, fait moins la cagole. Une sobriété sans éclat, mais salutaire. Une sobriété sans nul doute liée à son statut de remplaçante.
Sur la page du site, seul le nom du Mamamouche apparaît.
Alors donnons une bonne fois pour toutes son nom : Maylis Besserie. Il faut aller dans la page des mamates pour le retrouver au détour d’une parenthèse : « Arnaud Laporte (remplacé cette semaine par Maylis Besserie) interroge ses invités ».
Touitte de France Cultrure :
Affaires culturelles 388
Sympa.

Alors du coup tressons des lauriers à Maylis Besserie, qui reçoit coup sur coup, et ce malgré la forme discutable de l’émission (traitée longuement dans les sérieux messages précédents), un pianiste (Philippe Cassard) et donc un cinéaste de premier plan, Frederick Wiseman, invité régulier des émissions de France Tructure, car la sortie de ses derniers films se fait en partenariat avec la chaîne.
Or, Frederick Wiseman fait partie de ces invités incapables de sortir une énormité, quel que soit l’interviewer. D’un entretien à l’autre, il va répéter ce qu’il a déjà dit dans ses précédents entretiens sur ses méthodes de travail, mais il est difficile de changer de méthode quand la sienne fonctionne aussi impeccablement.
Alors l’entretien avec Maylis Besserie, tantôt en anglais, tantôt en français, donne l’occasion d’apprécier pour une énième fois quelqu’un qui ne sait pas dire d’âneries sur son nombril.

Par contre, la présentation sur site n’en est pas exempte :
« Si le documentariste se défends de tout partis pris idéologique, sa filmographique compte à présent de nombreuses œuvres centrées sur la vie politique »
Jetons un voile pudique sur les fautes (elles sont quand même gratinées aux petits oignons). Une telle phrase montre l’aveuglement pathétique de la chaîne, son esprit de fermeture total : oui, on peut parler de politique sans faire d’idéologie, ce qui surprend lale rédactriceteur.

« Il signe un film-fleuve quasi testamentaire »
Magnifique « quasi », qui signifie avec élégance que l’homme va sur ses 90 ans et qu’on sait jamais. De toute façon, tous les cinéastes, passés les 80, font des films testamentaires, c’est bien connu ! Mais Frederick Wiseman a la peau dure, alors : on sait jamais…

« son premier film Titicut Follies (...) sort en 1967. Véritable coup d’éclat, ce documentaire glacial accusé d’obscénité et de pornographie fit scandale au Festival du film de New York l’année de sa sortie et est interdit durant vingt-cinq ans dans l’état du Massachusetts. Fort de son succès... »

Vous avez compris comme moi ? Le succès du film est entièrement lié, non pas à ses qualités proprement cinématographiques, mais à son scandale. Donc, succès = scandale.

« Ses films ont été pillés par les plus grands, notamment Kubrick et Gus Van Sant. »
Un grand artiste est toujours injustement brimé, c’est le mantra de l'artiss' selon France Crtuture. Le terme « inspiré » n’est pas assez poignant, alors va pour « piller ».
Ni Kubrick, ni Van Sant ne s’en sont cachés. Et la forme d’un film de fiction est tellement différente de celle du documentaire...
Lale rédactriceteur ne lésine pas sur le racolage.

Que de gaffes, que de gaffes ! Vivement qu’un homme, un vrai, revienne, et range Maylis Besserie dans son tiroir.
Dans Business culturel, le patriarcat est aux manettes !


La seule utilisation d'une musique extradiégétique dans un film de Wiseman (High School, 1968)

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Business à suivre ou les conseils beauté-culture des méga-poly-invités qui tournent en boucle dans l'esprit d'ouverture. - Mer 25 Nov 2020, 11:59

Un essaim de poly-invités se déploie sur la chaîne de toulésavoars. C’est juste l’esprit d’ouverture qui se manifeste.
Tiens, hier dans « Business Culturel » du Grand Mamamouchi, qui voilà-t-y pas de retour pour ses conseils beauté-culture ?
Le méga-poly-invité directeur du Théâtre de la Ville.
Inviter les directeurs de théâââtre, c’est un peu comme si on invitait les producteurs de ciné ou les éditeurs en lieu et place des artiss’.
La présentation du Grand Homme est du plus haut intérêt, preuve que l’entre-soi à France Tubercule, c’est pas leur rayon.
Les infos parleront à touteuzétous, c’est passionnant, c’est comme feuilleter un alboum de famille qui n’est pas le nôtre. Pour résumer : passionnant.
1- Présentation du projet du businessman, qui s’adresse à une catégorie d’auditeurtrices précise, les zacteurs de la cultures : « Demarcy-Mota construit une vision du théâtre qui se veut intergénérationnelle mais aussi ouverte aux troupes européennes. »
Un vrai dépliant promo.
2- La photo de famille : «Fort de ses origines portuguaises du côté de sa mère qui y était une comédienne reconnue, Emmanuel Demarcy-Mota entretient encore aujourd’hui un lien puissant avec le pays où il a présenté plusieurs pièces dans le cadre du festival d’Almada et où il s’investit également au sein du Teatro da Comuna que dirige son oncle. »
Vous aurez remarqué que la « comédienne reconnue » n’a pas de nom. Et comme le Grand Mamamouchi, une fois de plus, mérite une bonne leçon de féminisme, on va le lui donner : Teresa Mota.
L’oncle, la mère… c’est l’alboum de famille qui doit faire rêver dans les chaumières.
En Angleterre, ils ont la famille royale, à France Tuture, ils ont les « investisseurs » de la culture. L’auditriceteur tombe en pâmoison devant cette grande machine à rêves qu’est cet esprit d’ouverture.

Mais la question qui s’pose, c’est qu’est-ce qu’il consomme comme culture, le promoteur théâtreux, afin que le petit peuple que nous sommes puisse enfin consommer vite vite la même came ?
- Pessoa. Et vous savez quoi ? Eh bien ça parle de notre temps présent à nous malgré le fait que ça ait pas été écrit aujourd’hui maintenant.
Le Grand Homme a pris sa calculette  : « Un livre écrit à un siècle d'écart de notre temps présent ».
Et en plus il faut le lire pile maintenant, parce que Pessoa il avait pensé que un siècle après lui il y aurait un confinement, et ça, le businessman du théâtre, il l’a bien compris : « Un grand voyage intime pendant ce temps du confinement »
Alors vous allez vite le lire, vite avant la fin du confinement !
Pourquoi on lirait pile Pessoa pendant le confinement, et pas autre chose ? Et peut-on le lire après le confinement ? Ou alors peut-on ne pas le lire ? Et si on l'a déjà lu et qu'on veut pas le relire ?
Et si on ne veut pas le lire du tout maintenant, il faut une autorisation spéciale signée en trois exemplaires ?
La présentation de Demarcy-Mota est d’une précision redoutable :
« Le Livre de l'intranquilité (sic) », figurez-vous que ça « parle de l'intranquilité (re-sic)de l'être profonde », ce qui est sacrément bien vu, et qu’il « invite à la réflexion et à la sensation du monde. » Précis. Je vous avais prévenu.

- « Persepolis » de Marjane Satrapi. Nous croyions tous que c’était une BD, voire un film, mais pas pour Demarcy-Mota, pour qui c’est « Une formidable invention ».
Cette BD autobiographique « retrace les étapes marquantes de la vie de l'auteur ».
Non ! Non ! Mille fois non ! Demarcy-Mota ne nous prend pas pour des cons, pas du tout !
Non. Attendez deux secondes je me relis.
Oh la vache ! Je corrige vite vite. Ou plutôt non, j’ai pas le temps. Vous reprenez deux lignes au dessus, vous remplacez « non » par « oui » et vous faites toutes les transformations nécessaires.

Et il est comment le récit de « Persépolis » ? « Son récit est très puissant. » L’inverse eut été étonnamment étonnant.

- « The Tree of Life » de Terrence Malick
Pourquoi ?
1- c’est un film « très fort »
2- la mise en scène : c’est « magnifiquement filmé »
3- les interprètes : ils sont « extraordinaires ».
Vous êtes con vaincus ?

- « Poésie pour pouvoir » d'Henri Michaux
Michaux, c’est the-man-to-read pendant le confinement only.
Maître Demarcy nous le démontre en deux coups de fourchettes vite fait bien fait : « Henri Michaux mérite d'être lu et découvert pendant ce deuxième confinement. »
Oui, il « mérite ». Michaux, brave gars récompensé par la médaille du mérite Demarcy-Mota.
Pendant le premier confinement, il méritait pas. Michaux, il le savait quand il écrivait que ce serait juste pour le deuxième confinement.
Dépêchez-vous une fois de plus, si vous attendez le déconfinement, ce sera trop tard ! Foutu, le Michaux !

Alors pourquoi ce choix de « Poésie pour pouvoir » ? Eh bien c’est « un très grand poème ».
Demarcy-Mota donne au passage une très belle définition de la poésie, pour les cons only : « La poésie est la première source qui est nous, et qui nous permet de voyager à l'intérieur de nous-mêmes et en même de temps de saisir le monde extérieur. »
Alors avec ça, à quoi ça sert d’aller au théâtre si la poésie nous offre pareil mais de chez nous ?
Le Superman du théâtre est prêt à se tirer une balle dans le pied pour nous éviter d’aller au Théâtre de la Ville ou au Festival d’Automne. Ouf ! Heureusement qu'en ce moment y'a rien à voir !

- La musique : les chansons de José Alfonso.
Pourquoi ? « Sa douceur cosmique, maritime, à l'intérieur de ses chansons donne un sentiment qu'on pourrait appeler océanique, celui de faire partie d'un grand tout. » A ne pas confondre avec une partie de fumette cannabisée.

Le Grand Mamamouchi nous prend ensuite par la main et nous invite à « aller plus loin ». Mon Dieu, au point où nous étions, était-ce encore possible ?
Oui, c’est possible, sans ça il ne nous aurait pas pris par les quenottes.
Donc, le Grand Mamamouchi nous invite à foncer « vers l’infini et au-delà » en écoutant Emmanuel Demarcy-Mota dans l’émission du Grand Mamamouchi, Business Culturel, où il revient sur tout son plan de carrière qui l’a mené là où il est, au sommet du pic de la Mirandole de la Culture : poly-invité de France Cultrutre.
La citation qui sert d’accroche est elle-même promesse de bonheur éternel : « Le théâtre ouvre les yeux, même quand on n'aime pas ce que l'on voit. »
Quand on n’aime pas ce qu’on voit, c’est qu’on a payé quand même sa place, et qu’on s’est fait (l’émotion est telle que je ne trouve plus de mot pour finir)

Philaunet 

Philaunet
Admin

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Un traitement par-dessus la jambe de Marcel Cohen, ce gêneur... - Mar 23 Fév 2021, 21:40

Affaires culturelles, Marcel Cohen (17/02/2021) : un numéro consternant par la manière parfaitement insensible d'Arnaud Laporte de s'adresser à l'invité Marcel Cohen et de glousser à tout bout de champ pour faire ambiance sans que ces rires soient provoqués par quoi que ce soit de drôle. Notons que, pour ne rien arranger, Laporte, répète le nom de Marcel Cohen dans toutes ses reprises et questions, bref au minimum 30 fois dans l'heure. À hurler !  

À la 17e minute déjà, après que Marcel Cohen eut réussi à placer quelques phrases entre les développements de Laporte et ses rires, c'était l'heure de la chronique d'une de ces interchangeables sottes de France Culture, annoncée triomphalement, comme si le présentateur était soulagé de passer à autre chose. Ce Laporte qui se targue de sa durée d'emploi à France Culture (depuis 1984, a-t-il écrit récemment) est largement blasé et est passé en mode automatique. À quand de l'air frais dans cette station ?

L'émission du soir avait été précédée de l'impossible "À quoi pensez-vous", chronique sur laquelle Curly a écrit ce qu'il fallait penser :
Curly(https://regardfc.1fr1.net/t907p10-les-chroniques-belles-et-ambitieuses-de-la-matinale#36720) a écrit:« À quoi pensez-vous ? » demande tous les matins le Grand Mamamouchi à l’invité qui déroulera sa promo sur le tapis rouge qui enrobe le dossier de presse digéré et restitué avec un surplus de flagornerie par un Mamamouchi à la conviction d'un serveur de brasserie. Peu importe les clients, son boulot, c’est de tous les servir.
(...)
Mais le merveilleux de cette gélule « à quoi que tu penses ce mamate ? », c’est sa profonde stupidité, sa débilité intrinsèque, qui fait qu’il est difficile pour tout invité de ne pas tomber dans le piège, qui consiste à aligner les âneries ou/et platitudes pendant trois minutes. Le Mamamouchi est toujours aussi rampant devant son invité, il sait qu’il doit ambiancer le vide en ponctuant de borborygmes ou rires forcés les réponses de ses augustes clients. C’est ainsi que l’on fait croire par une méthode qui nous laisse Coué que l’on s’amuse bien dans le tombeau rempli de rien que constitue la pastille de à quoi que tu penses. Cette « humeur du jour » s’ajoute à toutes les « humeurs » de la mamate, qui créent beaucoup d’agitation pour rien, car le rien est le credo de la station de culture qui est sur le point d’en maîtriser tous les ressorts. (...)

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Re: Affaires culturelles -

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