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Les Matins de France Culture    Page 73 sur 81

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Lisez le Résumé de la Conclusion, ne perdez plus votre temps ! - le Ven 25 Jan 2019, 09:48

"Ne perdez plus votre temps à écouter La Conclusion. Lisez le Résumé de la Conclusion.
Notre ex-ce-llllent Journal de la philo du 23-01-19 posait à juste titre la question : que faire des cons ?
Nous avons donc engagé un nouveau stagiaire ! Il est ex-tra-o-rdi-nai-re. Et qu’il est drôle ! Rencontré au Bar des Amis où se trouve son bureau, il a accepté pour vous cette tâche que d’aucuns trouvent ingrate.
                                                                                                                                                La  Direction du vent"

                                                                    Les bouquins
                                                                                               par Gros Dédé du Bar des Amis

Partout où j’vais, oh pétard !,  y a des gonzes qui lisent toujours les mêmes bouquins vachement strange.
Dans ma vie de la night, des bouquins à la pelle que j’ai vus ! Et du coup peuchère, je les ai pas lus because la déco était hyper plus classe.
A quoi que ça sert d’avoir des bouquins si c’est juste pour faire le kéké. En plus à force de pas y toucher, les bouquins y deviennent absolument dégueulasses. Ça devient des machins qu’on voit dans les musées. C’est tarpin zarbi.
Fatchedeu, y faut vraiment qu’j’achète de quoi astiquer tout ça. Mais en fait non... j’sais plus...
En les remuant par la fenêtre comme des tapis, y s’nettoieront tout seul.
Vous savez qu’j’ai racheté un bouquin passe que j’le retrouvais plus ? J’en ai du blé pour me la péter comme ça. Les veinards ce sont ceux qu’ont que d’la daube dans leur bibli. Eh, entre nous, les biblis, ça a rétréci avec le temps. Misère !
Y va faire faillite du coup le mec qui fabrique les machins pour nettoyer les bouquins.
En fin finale on peut dire qu' c’est p’t être pas mal de lire.

                                                                                                                                                    Alien Br, le 25-01-2019



Dernière édition par Curly le Sam 26 Jan 2019, 12:31, édité 1 fois

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722
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Re: Les Matins de France Culture - le Ven 25 Jan 2019, 22:52

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t19p710-les-matins-de-france-culture#32150) a écrit:"Ne perdez plus votre temps à écouter La Conclusion. Lisez le Résumé de la Conclusion.
Notre ex-ce-llllent Journal de la philo du 23-01-19 posait à juste titre la question : que faire des cons ?
Nous avons donc engagé un nouveau stagiaire ! Il est ex-tra-o-rdi-nai-re. Et qu’il est drôle ! Rencontré au Bar des Amis où se trouve son bureau, il a accepté pour vous cette tâche que d’aucuns trouvent ingrate.
                                                                                                                                                La  Direction du vent"

                                                                    Les bouquins
                                                                                               par Gros Dédé du Bar des Amis

Partout ou j’vais, oh pétard !,  y a des gonzes qui lisent toujours les mêmes bouquins vachement strange.
Dans ma vie de la night, des bouquins à la pelle que j’ai vus ! Et du coup peuchère, je les ai pas lus because la déco était hyper plus classe.
A quoi que ça sert d’avoir des bouquins si c’est juste pour faire le kéké. En plus à force de pas y toucher, les bouquins y deviennent absolument dégueulasses. Ça devient des machins qu’on voit dans les musées. C’est tarpin zarbi.
Fatchedeu, y faut vraiment qu’j’achète de quoi astiquer tout ça. Mais en fait non... j’sais plus...
En les remuant par la fenêtre comme des tapis, y s’nettoieront tout seul.
Vous savez qu’j’ai racheté un bouquin passe que j’le retrouvais plus ? J’en ai du blé pour me la péter comme ça. Les veinards ce sont ceux qu’ont que d’la daube dans leur bibli. Eh, entre nous, les biblis, ça a rétréci avec le temps. Misère !
Y va faire faillite du coup le mec qui fabrique les machins pour nettoyer les bouquins.
En fin finale on peut dire qu' c’est p’t être pas mal de lire.

                                                                                                                                                    Alien Br, le 25-01-2019
Je prends. Ai d'abord lu l'original, puis cette synthèse Comme toujours, cette dernière est plus facile à comprendre et plus agréable à lire.

La Direction du vent : oui, la copine Serrell ayant fait un billet Ping sur la littérature complexe, le pote Bellanger se devait de lui répondre Pong. Comment se fait-il qu'une radio comme FC paie quelqu'un à parler de sa vie chaque matin, vie dont personne n'a strictement rien à cirer. Notez qu'il y a eu une nuit de la lecture sur FC, aussi lecture et livres...

Au fait pour qui voudrait, à propos de livres et de bibliothèques, penser à l'avenir, ouvrir le champ des possibles, je recommande  cette présentation et la transcription de l'émission avec ou sans écoute : Die Zukunft der Wissensorte - Bibliothek ohne Bücher SWR 2 Wissen 19 01 2018 [L'avenir des lieux de savoir - Bibliothèques sans livres].

Ça change des considérations narcissiques du sieur Bellanger sur ses lectures d'enfance et ses étagères suédoises.

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La discrétion communique - le Dim 27 Jan 2019, 20:45

Pour la semaine prochaine nous avons engagé un DJ dans la matitinale.
Nous l’avons rencontré au Bar des Amis, c’est un employé de Gros Dédé, car nous sous-traitons un peu en douce mais chuuuuut.
Il s’occupera tout spécialement de notre moment préféré à toutoutes, mais je n’en dis pas plus.
Nous espérons juste que notre Adrien Belgentier sera à la hauteur de DJ Marcel qui soit dit en passant mixe tous les vendredis au Bar des Amis entre 2h du matin et 2h05 du matin.
Vous me direz, c’est un peu court, mais il se trouve que les habitants du quartier, aidés par une brigade suréquipée de CRS  ne comprennent rien à la musique.
Nous oui.
DJ Marcel interviendra dans la journée, accompagné de son imprésario Gros Dédé. Mais que va-t-il nous proposer ?
Nous ne cachons pas une certaine excitation mêlée d'inquiétude.

                                                                                        La direction contrôlée

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724
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Dans la famille B., je choisis l'architecte et le créateur de jardins - le Dim 27 Jan 2019, 21:19

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t19p720-les-matins-de-france-culture#32174) a écrit:Pour la semaine prochaine nous avons engagé un DJ dans la matitinale.
Nous l’avons rencontré au Bar des Amis, c’est un employé de Gros Dédé, car nous sous-traitons un peu en douce mais chuuuuut.
Il s’occupera tout spécialement de notre moment préféré à toutoutes, mais je n’en dis pas plus.
Nous espérons juste que notre Adrien Belgentier sera à la hauteur de DJ Marcel qui soit dit en passant mixe tous les vendredis au Bar des Amis entre 2h du matin et 2h05 du matin.
Vous me direz, c’est un peu court, mais il se trouve que les habitants du quartier, aidés par une brigade suréquipée de CRS  ne comprennent rien à la musique.
Nous oui.
DJ Marcel interviendra dans la journée, accompagné de son imprésario Gros Dédé. Mais que va-t-il nous proposer ?
Nous ne cachons pas une certaine excitation mêlée d'inquiétude.

                                                                                        La direction contrôlée
Nous de même...

Puis-je profiter de l'occasion pour lancer un appel : je cherche une émission sur le sieur Bélanger.

Il y a juste 10 ans, le 17 janvier 2009, la très talentueuse Simone Douek nous proposait un numéro d'Une vie une oeuvre intitulé François-Joseph Bélanger (1744-1818). J'ai le descriptif d'origine avec la photo (disparue du site entre-temps), mais, pour une raison ou une autre, cette émission n'est dans aucun de mes coffres-forts. Un appel à l'ANPR ? À Philippe Garbit ?

Recueil des Commémorations nationales 2018 : François Joseph Bélanger Paris, 12 avril 1744 – Paris, 1er mai 1818.

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Les p'tits Brueghel par DJ Marcel - le Lun 28 Jan 2019, 14:11

Les p’tits Brueghel
ou l’histoire réduite à ma life à 17 ans (28/01/2019) de Amélien Bourlinguer

fidèlement adapté par DJ Marcel du Bar des Amis

Yo check men
Au Louvre tout le monde va voir plein de méga tableaux
Mais moi y a qu’les trucs tout p’tits qui m’intéressent.
Les p’tits Brueghel le Vioque.
Le Louvre pour moé c’était un p... de Blockhaus.
Kif kif les tableaux et les dispositifs de sécurité.
Y’avait qu’les anecdotes pourraves sur Nietzsche qui m’passionnaient.

Quand j’étais djeune, j’étais pas un peu facho sur les entournures des bords ?
J’suis sans pitié avec myself quand même.
Et allez donc, Brueghel le Vioque on s’en fout.
On va parler fachos.
Ah, si j’m’étais éclaté à donf à 17 ans avec des montages trop fun sur le net !
Le mix de ouf entre le RER D, ma zone et le Louvre dézingué que j’t'aurais pas fait.
Ce montage de dingue était une suite de raisonnements logiques à faire fumer tes neurones de djeune.
Une tuerie trop intello pour les nazis, coucou les revoilou.
On est en plein Houellebecq/Zemmour là, c’est trop.

Ce montage de délire tourne bien sur les sites fachos. Mais pourquoi y vais-je, vieux fusil !
Pour eux, c’est Donald par-ci, et Donald par-là : c’est Donald le Big Boss.
J’ai compris que dalle. Il faut que j’arrête la fumette deux minutes là.
Alors là, Brueghel le Vioque, le come-back. C’est le titre bon Dieu !
Une de ses croûtes serait pas d’lui ! Jure !
Oh ! Elle flotte devant moi !
Les oinjes, faut qu’j’arrête vraiment au moins deux minutes quoi.
Si j’compare ces dingues de fachos au mec qui s’est occupé de la croûte du Vioque, en fait, je dis qu’ça marche bien ensemble tout ça.
Le Donald des yankees, c’est pas un con du tout. C’est juste nos neurones qui débloquent complet.

Tout est dans tout, y m'semble. Et là eh oh Nenette c'est plutôt le p'tit blanc dans mon auge !

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726
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La vraie matinale du 29/01/2019 - le Mar 29 Jan 2019, 17:40

Le réveil culturel :
[son mp3="https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2014/01/s04/RF_1FBB9EAB-74A0-40AD-AE57-21ED1EDFBDD2_GENE.MP3" debut="64:35" fin="69:30"]

L’humeur du matin :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-29.01.2019-ITEMA_21965294-3.mp3" debut="48:46" fin="53:07"]

Le billet culturel :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-25.03.2018-ITEMA_21601414-1.mp3" debut="01:30" fin="06:05"]

La Conclusion :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-18.01.2019-ITEMA_21955115-1.mp3" debut="33:09" fin="36:38"]

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727
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A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 1 - le Mer 30 Jan 2019, 14:41

Aujourd’hui, A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 1. A suivre les parties 2-3-4 & 5 et puis après hop fini. A plus besoin.
Le transcripteur n’a pas souhaité toucher à l’écriture très personnelle de Barbelivien Baldanger : toutes les réponses sont rigoureusement authentiques. (Fin août/octobre 2018)


1-
- Bonjour Arménien Blachanger. Vous avez passé vos vacances au bord de la mer cet été. Ma première question est : L’eau était-elle bonne ? Il paraît qu’au début elle est toujours un peu froide mais qu’après ça va.

J’ai commencé cet été les Mémoires de Saint-Simon. Moitié par curiosité, c’est un monument de notre littérature, moitié par masochisme. 
Non pas que cela soit difficile à lire — les Mémoires de Saint-Simon c’est une excellente lecture de plage. Saint-Simon c’est rien et c’est tout. Alors je lisais cet été Saint-Simon au milieu des châteaux gonflables installés sur le port de Saint-Valery-en-Caux quand je suis tombé dans une sorte de trappe.

- Une farce que des enfants malveillants vous auront sans doute joué.
On vous prête des tendances paranoïaques. Vous pouvez je pense démentir ces propos scandaleux.

Je ne peux pas me retrouver plus d’un quart d'heure dans une pièce avec plusieurs personnes sans imaginer qu’un sort quelconque va nous retenir prisonnier ici pour un nombre indéfini d’année. J’ai besoin d’une prison. 

-  D’aucuns disent que vous pensez avoir été ministre sous François Hollande ?

Je suis un citoyen plutôt contre-productif, et souvent un troll authentique — un excellent candidat au sacrifice, ou le seul ministre heureux du quinquennat de Hollande. 

- Alors, d’autres prétendent que vous vous prenez pour le Christ ?

Mes connaissances, à peine plus grosse qu’un grain de blé, suffisent sans doute pour faire de moi un être quasi-messianique.

- Vous avez des problèmes de sommeil ? Travaillez-vous la nuit ?

J’avais cherché, il y a quelques années, une photo de Pluton dans un moment d’insomnie. La planète mort-née se résumait alors à un tas de petit de pixel gris, à la mauvaise photo en noir et blanc de la face irrésolue d’un Rubik's Cube. 
C’était un peu décevant ; j’avais vu, dans un tas de faire-parts caché dans un tiroir du bureau de ma grand-mère, de plus jolies photos d’enfants morts.

- Mmm… Cela nous amène naturellement à drogue.

Je n’ai jamais pris de LSD, jamais mangé de champignons hallucinogènes. C’est un petit regret : même Steve Jobs en recommandait la consommation. Je suis devenu un expert dans l’art moins controversé de la sieste et des rêves contrôlés.  Je n’en suis pas encore à ce degré de précision, mais je sens année après année que mes rêves s’améliorent.

- Tant mieux pour nous.


Pour être tout à fait honnête je préférais écrire mes romans en dormant : ils seraient plus gracieux, plus fluides, plus cohérents peut-être.

- N’est-ce pas authentiquement contre-productif ?

Je m’exerce pour l’instant avec des objets plus petits : je cherche en m’endormant des idées de chronique. Cela ne se voit presque jamais hélas mais j’ai un idéal platonicien de la chronique : ce devrait comme une idée, une idée entière et vivante qui se laisserait déraciner et transplanter sans mourir — un rêve communicable. 
Je m’étais endormi cet après midi en revoyant le GIF d’une opération de micro-chirurgie sur un grain de raisin…

- Oui oui nous espérons que vous avez bien dormi, cela rassurerait nos auditeurs.

Je me suis réveillé en sursaut quelques secondes plus tard.

- Aïe. Quel dommage !

J’avais eu une idée et il fallait absolument que je la note sur mon téléphone. Le temps de l’attraper l’idée avait déjà fané. La pensée fonctionnait comme les moustaches d’un chat. C’était à peu près tout ce dont je me souvenais.

- Et les drogues, vous êtes vraiment sûr ?

(A suivre...)



Dernière édition par Curly le Sam 09 Fév 2019, 15:36, édité 1 fois

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728
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A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 2 - le Mer 30 Jan 2019, 18:09

Aujourd’hui, A noix vue avec Amolien Blouzanger. Partie 2, comme ça une fois arrivé au cinquième hop c’est fini. A plus besoin.
Le transcripteur n’a pas souhaité toucher à l’écriture très personnelle de Amelinien Beltrenger : toutes les réponses sont authentiquement rigoureuses.

2-
- Alors Boulingrin Balonget, quel est pour vous l’idéal de bonheur ?

Mon bonheur a longtemps été assujetti à la couleur des bornes Vélibs : vert liberté ou rouge désespoir. Je me suis lancé plus récemment dans l’aventure du freefloating, j’ai déjà trois abonnements pour des trottinettes électriques et je commence à lire sérieusement des comparatifs sur les différentes offres de roues gyroscopiques. 

- C’est tout à votre honneur. Vous êtes cinéphiles m’avez-vous confié tout à l’heure.

Parmi les films qui m’ont le plus marqué, ces dernières années, trois sont, techniquement, des westerns — Cartel, de Ridley Scott, Sicario, de Denis Villeneuve et Savages, d’Oliver Stone.

- Le cinéma est lié pour vous aux cauchemars ?

Je ne suis allé qu’une seule fois au Pathé voisin, c’était il y a dix ans pour aller voir le second film tiré de la série X-Files. C’était assez était raté mais la tête coupée de David Duchovny me hante encore.

- Vous vous rebelliez déjà par rapport à l’autorité que représentait pour vous Télérama.

J’étais moi-même plutôt critique : un T seulement à La Cité de la peur, c’était un peu mesquin, les trois T de chef-d’œuvre à L’Impossible monsieur bébé d’Howards Hawks, qui m’avait fait beaucoup moins rire, c’était exagéré. 

- Effectivement, vous êtes un vrai cinéphile.

J’ai dû lire la totalité des notices critiques de Télérama : une cinéphilie de papier à peu près exhaustive. Repenser à Télérama me ramène aussi à un vieux téléviseur Brandt qui diffusait parfois, éteint, d’étranges sinusoïdales arc-en-ciel. Repenser à Télérama me renvoie plus singulièrement dans le garage d’un pavillon de l’Essonne où mes parents stockaient les vieux Télérama 
J’aurais aimé qu’on les garde tous. Des piles de 52 numéros dans le garage, les vieux Télérama comme un paysage romantique — les hypocaustes de mes années d’enfance.

- Quel dommage vraiment. Et quel beau paysage. Bon, changeons de sujet. Vous avez un rapport particulier avec votre radio réveil, pouvez-vous, mais brièvement s’il vous plaît pitié nous en parler ?

C’était un excellent radio-réveil : il avait servi pendant dix ans d’épouvantail dans le potager de mon grand-père et il m’a accompagné, malgré des traces de terre, jusqu’à l’année dernière, transpercé à intervalles réguliers par les voix déclinantes des testaments sonores des grands témoins de notre temps — comme des coups de bêches contre l’indifférence du temps...
J’ai dû jeter cet été, après presque 20 ans d’usage, mon vieux séchoir à linge et j’ai renoncé au passage à l’antonomase, un peu vieillie, qui m’avait longtemps conduit à l’appeler Tancarville.

- Oui oui mmm... Revenons à vos projets. Quel était alors le but que vous vous étiez fixé ?

J’avais ainsi, à 20 ans, une conception de la vie très simple. Je devais accomplir de grandes choses, pour pouvoir être interviewé un jour.

- Très intéressant... Demain avec Oulipien Bisouchien nous parlerons du lien que vous entretenez avec la peinture.

(A suivre...)

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729
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A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 3 - le Mer 30 Jan 2019, 20:21

Aujourd’hui, A noix vue avec Raelien Blaisanpier. Partie 3, comme ça une fois arrivé au cinquième hop c’est fini. A plus besoin.
Le transcripteur n’a pas souhaité toucher à l’écriture très personnelle de Amoulinien Bastinguanjer : toutes les rigoureuses sont d'authentiques réponses.

3-
- Nous en étions restés à la peinture.

Les peintres, en cette toute fin de XX e siècle, jouissaient pour moi d’un crédit moral illimité. Il s’agissait alors essentiellement, de mémoire — je me souviens de Fromanger — de vétérans de la figurations narrative des années 60. Aucune idée de la raison pour laquelle ça me plaisait autant : je n’avais pas internet, et aucun moyen de voir ce qu’ils peignaient.

- Pas Internet ? Mais dites-moi, c’est authentiquement inimaginable ! C’était une époque bien difficile. Et vous êtes toujours vivant. C’est à peine croyable. Alors, comment avez-vous fait ?

La première chose que j’ai fait évidemment, en arrivant à Paris, ça à donc été de me trouver un ami peintre. Ça m’a pris presque deux ans. Je lui avait offert, j’étais ému comme si j’allais chez Caravage, une version contemporaine de la corbeille de fruit du jeune Bacchus, en pensant qu’il ferait aussitôt une nature morte. Vexé, il avait peu apprécié mon cadeau.

- Et du coup vous êtes passé à autre chose. Monde cruel. Quel lieu vous a le plus marqué dans votre vie ? L’autoroute A6 ?


La plus bel endroit où j’ai jamais été, la pastille déco, l’instant maison qui m’a le plus marqué, c’était la salle fumeur de l’internat du lycée ou j’étais en prépa.  La réussite esthétique était totale.

- Vous avouez votre nostalgie pour une certaine époque.

L’ancien logo de la SNCF me manque. Je me désole de la réapparition des ornements floraux dans le bâti contemporain. La seconde peau déchiquetée  de la tour First, dans l’axe de la Rue de Rivoli, me blesse encore les yeux. Un mauvais goût hostile se répand dans les choses.  J’aime aussi beaucoup les vieilles cartes scolaires de la France industrielle.

- Beaucoup de blessures en vous donc. Mais quel est votre idéal de beauté ?

J’ai mis 20 ans à m’habituer à la tête un peu bovine de Di Caprio mais Ryan Gosling me demeure inexplicable... 

- Pardonnez-moi mais ce n’est pas ce que je vous avais demandé.

Mon idéal de beauté a pris la forme futuriste ramassée et désuète, au mur de mon bureau, d’une Renault 5 Maxi Turbo jaune et blanche. 

- Mouis... Et vous êtes un bon vivant, vous aimez bien rire m’a-t-on dit.

Je ne pense pas que le rire soit le propre de l’homme.
Edouard Baer ne m’a jamais fait rire.  Je lui ait toujours préféré Clovis Cornillac. J’ai regardé sur Netflix les dix premières minutes du retour de Dany Boon devant son public lillois c’était terrifiant. 

- Que de souffrance, mon cher Millemillien. Alors, merci Armeluvien. A demain pour le quatrième entretien. Nous parlerons des jouets. (Des jouets ?)


(A suivre...)

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730
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A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 4 - le Mer 30 Jan 2019, 21:24

Aujourd'hui, A noix vue avec Balisien Bourbembier. Partie 4, comme ça une fois arrivé au cinquième hop c’est fini. A plus besoin.
Le transcripteur n’a pas souhaité toucher à l’écriture très personnelle de Amichien Blaguempied : toutes les authentiques sont des rigoureuses réponses.

4-
- Pour le quatrième entretien avec vous Midorien Buttanjet, nous allons parler jouets. (Jouets ?)

J’avais enfant une sorte de petit chantier robotisé en plastique, un excellent jouet, merveilleux et répétitif : un tombereau venait chercher des billes noires dans un sorte de silo, puis il déversait sa cargaison à l’autre bout du circuit. Les billes étaient alors ramassées par une pelleteuse, qui les déposait dans un camion-benne. Celui-ci les rapportait au silo de départ. J’y aurais joué enfant pendant des heures. Et c’est précisément ce qui m’intrigue ici : je n’ai aucun souvenir d’y avoir joué.
Je le sais car j’ai mystérieusement conservé cette sorte de locomotive orange. Elle était dans ma table de nuit avec d’autre artefacts de ma petite enfance — un silex taillé, un canard en savon fabriqué à l’école, ma collection scotchée de trèfles à quatre feuilles.C’est mon premier, mon plus ancien souvenir. J’ai un rapport un peu maniaque à la mémoire. J’ai ainsi passé mon week-end, entre des sites de collectionneurs et les pages électroniques du Bon Coin, à rechercher le nom de mon premier radio-cassette. De regarder les arcs-en-ciel de mon premier CD — une compilation Mozart achetée 5 francs chez Carrefour. 

- C’était une bonne affaire en effet. Les auditeurs auront été certainement captivés par cette anecdote d’une grande précision mais aussi bien émouvante, mon cher Maximimilien.
Parlons maintenant d’argent. Et de votre modestie que vos contemporains considèrent comme légendaire.


J’ai été reçu dans toutes sortes d’administrations dès la sortie de mon premier livre et une part conséquente de mes revenus d’écrivain est financée par le Trésor : je suis payé, c’est la loi, quand je vais parler dans un lycée ou dans une bibliothèque. Je me retrouve inévitablement à assurer un peu la fonction officielle d’historiographe du régime. 

- Mais c’était encore un rêve. Ou plutôt un cauchemar d’après ce que vous m’avez confié tout à l’heure.

J’ai été réveillé de ce cauchemar patriotique par une publicité radiophonique entendue en voiture : il existait encore un lectorat en France, il existait encore un littérature populaire. 

- Fichtre !  Racontez-nous tout. C’était une publicité pour un roman je crois.

Le roman s’appelait : Changer l’eau des fleurs. Changer l’eau des fleurs, répété plusieurs fois d’une voix blanche et chaude. 
J’ai éclaté de rire sur la longue ligne droite qui sépare Fécamp de Cany. 

- Ah ?  Une ligne... des rires… Les drogues, vous êtes vraiment sûr ?
Alors maintenant vous êtes un pédaleur hors pair. Mais pas sur l’A6 je présume.


Depuis que je me suis mis au vélo je fréquente moi-même des cimetières isolés pour y remplir mes bidons.

- Ah... Écoutez, demain pour le dernier entretien nous ne parlerons hélas pas de bidon mais de la grenouille des Smacks. (Des Smacks?)

(A suivre...)



Dernière édition par Curly le Mer 30 Jan 2019, 21:51, édité 1 fois

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731
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A noix vue avec Amiens Blanger. Partie 5. Et c'est fini. Snif. - le Mer 30 Jan 2019, 21:42

Aujourd’hui, A noix vue avec Autrichien Billambais. Partie 5, et nous voilà arrivés à la fin. Hop c’est fini. A plus besoin.
Le transcripteur n’a pas souhaité toucher à l’écriture très personnelle de Amblidien Bouillonchais : toutes les péronses authenteuses sont des rigoutiques.

5-
- Dernier entretien aujourd’hui. Déjà pourrait-on rajouter. Le temps passe vite avec un homme comme vous Auriculien Barbilangée. Pouvons nous revenir à votre naissance et à votre enfance ?

Je suis né en Mayenne et j’habite depuis presque quinze ans, sans sentiment de panique ou de déracinement, dans l’un des arrondissements les plus densément peuplés de la capitale.

- Vous avez tenté d’en savoir plus sur vos origines via Internet, qui est comme chacun sait la source d’information la plus fiable qui puisse exister.


Mon nom ne viendrait pas de l’univers du pain mais du vieil allemand Bär hanger, montreur d’ours. C’est plutôt réjouissant mais le site demandait de payer pour en savoir plus, et c’était sans doute une alléchante arnaque. 

- Vous auriez dû payer ! Quel dommage. Et quel suspense… Passons à votre enfance. Quel est votre plus ancien souvenir ?

Mon plus ancien souvenir, le premier objet que j’ai distinctement vu, c’est une banane jaune pâle en plastique dans le coin cuisine de la crèche.

- Captivant. Mais ensuite, je crois que vous faisiez travailler votre imagination de manière fort poussée.

J’étais assez petit encore pour pouvoir m’entourer de boîtes de céréales et petit-déjeuner en réalité virtuelle. Et ce n’était ni la grenouille des Smacks caramélisés ni le tigre des Frosties glacés qui avaient ma préférence, pour l’écran principal, mais bien le plus petit et le plus sobre magasin de campagne de mes Country Store. L’emballage des Country Store était alors mieux composé qu’une planche de Tintin. J’aimais mes Country Store. J’ai presque appris à lire devant des emballages. Je lisais tout, les ingrédients, les calories, les dates de péremption, les conseils de préparation.

- Cela vous a beaucoup influencé dans votre travail d’écrivain, paraît-il. Autre moment important et traumatisant, Super Mario.

Je n’ai jamais dépassé le deuxième ou le troisième château dans Super Mario Bros. Un problème de timing et de lave. C’est à peine plus brillant avec Super Mario World : j’accède bien, au fond du lac du deuxième monde, au raccourci d’où on devine au loin, clignotant et maléfique, le château de Bowser, mais le sol glisse horriblement, je meurs à la première carapace, ou si j’arrive, par miracle, jusqu’au point de sauvegarde intermédiaire, voire jusqu’à Yoshi, je reste en général prisonnier des deux tuyaux hantés par une tortue. Je meurs tout le temps, en fait, c’est pénible et vexant. 

- Oui donc Super Mario pour vous est en lien avec la mort. Et on retourne ainsi à ce que nous disions lors du premier entretien à propos de votre côté messianique.

Super Mario, il faut le rappeler sans cesse, et je m’en souviens avec amertume, est un jeu très difficile. Mario tombe, meurt et recommence, la machine affine ses réglages, tente des séquences différentes jusqu’à ce que ça passe. C’est peut-être la peur de la mort qui m’empêche de terminer Mario : je m’identifie trop au personnage.

- D’où votre passion pour les pizzas. Vous pratiquez encore les jeux vidéos. Des témoins qui souhaitent rester anonymes souhaitent savoir ce que vous faisiez, immobile et pensif, samedi dernier devant l’Apple Store.

J’étais devant l’Apple Store et je me suis demandé soudain où j’en étais, par rapport au minimalisme.

- Du coup, ce n’est pas chez eux que vous vous fournissez en jeux.

J’ai acheté le jeu Spiderman au Micromania de Beaugrenelle : c’était clairement le bon endroit, c’est le lieu de Paris qui ressemble le plus à Manhattan.

- Ah Manhattan, les États-Unis… Vous avez noué des relations importantes là-bas.

J’ai quelque part une photo de moi avec Hillary Clinton et j’en veux personnellement à Trump pour tous les likes que son élection m’a coûté.

- Pour finir, dernièrement vous avez séjourné sur une aire de repos de l’autoroute A6.


J’y suis passé en voiture. J’ai pique-niqué sur le parking. Je me suis assis là, avec un sandwich, devant une fontaine. Des touristes belges ont garé leur camping-car puis ils sont repartis. Une femme et sa fille sont venues remplir un nombre impressionnant de bouteilles d’eau. J’ai frôlé là-bas la panne d’essence sur ce qui est à ma connaissance la plus longue section autoroutière non ravitaillée de France.

- Je pense que nous ne pouvions rêver aussi belle conclusion, Omoulien Berbangeais. Merci de nous avoir reçu. Au revoir.


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Amoulain Milouchien en cycliste positivement intuitif (Studio Art-Court, janvier 2019)

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