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La Quarantaine par Aurélien Bellanger    Page 1 sur 2

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Curly 

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1
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La Quarantaine par Aurélien Bellanger - le Sam 27 Juin 2020, 15:23

Un journal de confinement, un genre casse-gueule et tarte à la crème ?
Mais il est un héros que rien n’arrête, ni les chutes, ni les tartes à la crème.
Et ce héros nous offre le feuilleton de l’été que tout le monde attendait, en tout cas tout le monde vivant non animal, non végétal, et non humain.

Cette chronique , basée sur de l’intime mêlé à de l’universel, est placée sous le signe de l’humour. Le double sens de « Quarantaine » mêle intime et universel, en un jeu de mots désopilant.

C’est dans un souci de faire apprécier cette grande œuvre par tous qu’a été pensée cette édition commentée d’extraits choisis.

« Dernier jour du monde d’avant. Premier jour d’avant le monde d’après. Retour d’Aurélien Bellanger sur le moment de bascule qui n’a peut-être pas eu lieu. Transition insouciante ou mode d'emploi du naturel cours des choses ? »

Entrée en matière complexe, où nous apprenons que peut-être il ne va rien se passer, à moins qu’il ne se passe quelque chose. L’avant devenant très rapidement l’après après être passé sous le rouleau compresseur du présent, l’après ne peut être car il ne sera jamais présent.

« Le premier jour de la quarantaine commence entre la fin du mois de décembre et la mi-mars – jour indistinct, prolongé, oriental. »

Une hypothèse vient expliquer le flou temporel quant à l’existence de ce jour : il s’est peut-être disséminé sur deux mois et demi donc sur 75 jours, ce qui fait un peu plus de 3mn par jour. Mais une question demeure : à quel(s) moment(s) de chaque jour ont eu lieu ces trois minutes ?

« Le front de la guerre contre le virus s’étendait, mentalement, d’une ville chinoise inconnue aux premiers touristes masqués des Galeries Lafayette – j’habitais à peu près au milieu. »

Dans ce passage ouvertement désopilant, l’auteur avoue ne pas savoir où habiter exactement.
« J’habitais à peu près au milieu » = des Galeries Lafayette ? Cette hypothèse est largement suggérée par le Maître, et annulerait la précédente.

« Il y aura eu des alertes récurrentes, des visions de Venise désertes comme dans des films de Duras, des constructions d’hôpitaux en trois jours en Chine comme dans des documentaires de publi-information sur la mondialisation – mais rien de décisif, vu de mon calme appartement parisien : plus près des Galeries que de Wuhan, quand même. »

L’hypothèse dite « des Galeries Lafayette » se précise. La vue de la maison de Maître se précise aussi : il ne voit pas Wuhan de la fenêtre du balcon du troisième étage des Galeries Lafayette. Par contre la tévé de l’appart’ ne semble pas fonctionner, d’où les films de Duras, films que seule une tévé éteinte est capable de diffuser.

« On chercherait en vain à faire l’archéologie de la catastrophe : pendant qu’elle ne s’était pas produite, il n’y avait pas de catastrophe »

Passage extrêmement ésotérique qu’il convient d’éclairer à la lampe à arc.
L’auteur nous invite à ne pas trop réfléchir, car il le fait pour nous. Ce qui n’est pas arrivé avant ne pouvait pas arriver à ce moment-là, puisque l'avant méprise l’après, l’ignore. Alors que l’inverse n’est pas vrai, sauf si l’avant a eu lieu après, bouleversant toute la chronologie des faits, déconstruisant le réel.

                                                                                                                                                                                                                                                        .../...

Curly 

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Re: La Quarantaine par Aurélien Bellanger - le Lun 29 Juin 2020, 07:54

.../...

Rappel de la règle du jeu : Un journal de confinement, un genre casse-gueule et tarte à la crème ?
Mais il est un héros que rien n’arrête, ni les chutes, ni les tartes à la crème.
Et ce héros nous offre le feuilleton de l’été que tout le monde attendait, en tout cas tout le monde vivant non animal, non végétal, et non humain.

Cette chronique, basée sur de l’intime mêlé à de l’universel, est placée sous le signe de l’humour. Le double sens de « Quarantaine » mêle intime et universel, en un jeu de mots désopilant.

C’est dans un souci de faire apprécier cette grande œuvre par tous qu’a été pensée cette édition commentée d’extraits choisis.



« L’annonce de la maladie d’un ministre nous a tous au plus étonnés, comme celle de Tom Hanks. »

L’adverbe « tout » lui aussi a été tatin, puisque le voilà basculé en adjectif indéfini, enfin c'est juste une hypothèse, car l'art du Maître reste impénétrable.
Il faut plus que de l’étonnement pour scier en deux l’esprit aiguisé – je marque une pause pour que vous visualisiez l’image -
de l’auteur.

« J’avais sans hésiter consacré le matin même ma chronique au problème de la doudoune dans le siècle de la mi-saison »

Mériterait un ample développement. En fait il faut tenir compte de plusieurs paramètres, et notamment celui-ci : la mi-saison n’est pas la même à Paimpol, à Annecy et à Toulon. Il est clair que la doudoune est plus un problème à Toulon qu’à Annecy, par exemple, si l’on s’en tient à la mi-saison et que l’on met de côté les saisons pleines et entières.
La vie d’avant était mouvementée, il fallait se protéger, d’où la doudoune.
Le monde d’après aussi, mais y’a plus la doudoune.
Ici il aurait été cocasse de caser une assonance en «ou», comme « Ouh ! Ouh ! Où es-tu douce doudoune, mon doudou mou doublé de doute... » mais après mûre & framboise réflexions, c’est une facilité que je prendrai soin d’éviter.


« Le mardi j’ai mangé, avec un ami, rue Richelieu, d’excellentes Currywurst et un sublime Apfelstrudel – et je me suis promis d’y revenir souvent. Je lui avais raconté, plein d’exaltation, le sujet de mon prochain roman, qui se passerait en Allemagne, en 1932. »

Promesse non tenue, et magnifique effleurement du point Metro-Godwin-Mayer, d’où l’exaltation.
C’est le moment de bascule dans la chronique, le moment où l’on bascule un tout petit peu dans l’intime. Depuis le début, il y a beaucoup de bascules, mais elles sont toutes petites pour que l’auditeur/lecteur ne tombe pas. L’auteur nous ménage, il va pas nous foutre d’entrée dans une centrifugeuse, je vous dis pas la digestion.
A propos de digestion, notons – notez bien s’il vous plaît, j’en vois qui flanchent – que celle des Currywurst a été coupée au montage car l’auteur dans un élan lyrique qui n’appartient qu’à lui - l’élan lyrique s’est écrasé sur sa prose et personne n’a pu l’en décoller – avait prévu   de glorifier le trajet glorieux du repas jusqu’à son expulsion définitive après transformation, hommage troublant aux Métamorphoses d’Ovide, qui hélas nous emmenait dans un hors-sujet qui nous aurait éloigné du sujet, c’est-à-dire du corps de l’auteur.


« C’est ce jour-là que j’ai appris que mon voyage pour New-York, prévu pour dans deux semaines, était annulé — je ne m’y étais jamais rendu, j’aimais l’idée, in extremis, d’y aller avant mes quarante ans, au mois d’avril. »

Nous pouvons faire chacun d’entre nous la liste de tout ce que nous n’avons pas fait à ce jour, et en faire une encyclopédie en 15 volumes.  
Avoir quarante ans en avril c’est ne pas se découvrir d’un fil, donc direction doudoune.
Je dois avouer que moi aussi j’ai eu quarante ans il n’y a pas si long temps, et que c’est un passage vraiment difficile, surtout quand il n’y a pas une pandémie mondiale pour fêter la chose. Y’en a qui ont trop de la chance, c’est proprement dégueulasse - notez l’oxymore au lieu de vous gratter l’oreille droite, j’en vois qui se dispersent.
Avoir quarante ans et n’être jamais allé à New-York : la honte. En plus en ce moment le tourisme ça marche pas trop fort, c’était la bonne période pour y aller.

« J’ai su, pendant toute la première moitié de la vie, des concours ou des documentaires me le rappelaient parfois, que j’aurais 20 ans en l’an 2000. »

L’auteur commence actuellement sa troisième moitié. Dans 20 ans nous ne serons pas en l’an 2000, il faudra donc organiser les festivités qui conviennent afin de célébrer dignement la fin de la troisième moitié de la vie de notre écrivain.
L’UNESCO est déjà sur le coup.


« Le monde de demain, après l’heureuse bascule de l’an 2000, serait aussi sécurisé qu’un laboratoire P4. »


Attention, ce moment de bascule n’est peut-être pas le même que celui signalé au début.
Ou alors c’est le même mais à un moment différent. Ou alors ce ne sont pas les mêmes en même temps. Ou alors ce ne sont pas des bascules identiques en même temps mais différemment.
Un laboratoire P4 est un laboratoire qui a été réformé. A l’origine il s’agissait d’un laboratoire PS4, mais dans l’élan de la réforme, tout a été désinfecté.
A noter que l’ajout d’un second S nous aurait plongé en plein point MGM.

« On finirait même par ne plus y mourir bêtement d’accidents domestiques car nous aurions domestiqué l’apesanteur. »

Nous aurions pu basculer dans le monde de la mort intelligente, le monde de l’apesanteur résurrectionnel. Mais non, car peut-être nous n’avons pas basculé, c’est le thème de la chronique.
Domestiquer l’apesanteur = prendre l’ascenseur.

« Il n’est pas d’outil, et j’emploie le mot d’outil au sens large, comme synonyme de civilisation, que je n’ai tenu avec solennité — comme mes cosmonautes Playmobil tenaient leurs visseuses métallisées dans le vide de la fin de l’histoire. »

La première partie de phrase pourrait être grivoise. Je vous laisse imaginer l’auteur tenant son outil avec solennité.
Je reprends. En tenant un outil de manière solennelle, nul accident domestique, au sens large toujours, ne vous attend. Suivez les conseils avisés de l’expert en outils au sens large.
Conseils qui nous amènent à la classique chute dite « des Playmobil », un classique du Maître, qui métaphorise à tout va à coups de Playmobil ou de Lego, les seuls outils définitivement anti-bascule.

                                                                                                                                                                                                                                                       .../...



Dernière édition par Curly le Mar 30 Juin 2020, 07:52, édité 1 fois

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Re: La Quarantaine par Aurélien Bellanger - le Mar 30 Juin 2020, 07:48

Rappel de la règle du jeu : Un journal de confinement, un genre casse-gueule et tarte à la crème ?
Mais il est un héros que rien n’arrête, ni les chutes, ni les tartes à la crème.
Et ce héros nous offre le feuilleton de l’été que tout le monde attendait, en tout cas tout le monde vivant non animal, non végétal, et non humain.
Cette chronique , basée sur de l’intime mêlé à de l’universel, est placée sous le signe de l’humour. Le double sens de « Quarantaine » mêle intime et universel, en un jeu de mots désopilant.

C’est dans un souci de faire apprécier cette grande œuvre par tous qu’a été pensée cette édition commentée d’extraits choisis au hasard.
Il n'est pas impossible qu'à un moment donné je commente sans lire ni reproduire d'extraits.


« Je continue à ressasser les jours d’avant le confinement – ne serait-ce que pour garder en tête le concept de semaine, dans le désordre confus des jours de confinement. »

Nouveau concept, celui de « désordre confus », qui bat en brèche l’ancien concept de « désordre pas confus », dit en terme technique « désordre ordonné ».
Mais le plus important dans cette phrase est son message caché au sein d’une syllabe elle aussi ressassée : « continue / confinement / concept / confus / confinement ». Tirez-en la con-clusion qui s’impose.

« Le dernier mercredi j’ai con-sacré ma chronique à com-parer l’état émotionnel dans lequel me plongeaient les blockbusters »


Riche intertextualité, la fameuse chronique fut résumée en son temps avec un soin minimal afin de ne pas abîmer la prose délicate de l’écrivain. En voici la fin, sauvagement prémonitoire :
«...Y a que les films qui me font pleurer toutes les larmes de mon corps...Avec la sortie dans nos salles du nouveau Covid (19 ! Déjà !) je sens que je vais encore vider de la glande. »

Le passage suivant mérite toute notre attention.
«De là j’ai filé, à La Rimaudière, petite terrasse ensoleillée de la rue des Martyrs, où j’ai mes habitudes, le mercredi. Il y a aussi un groupe de retraités qui arrive un peu après moi, vers 10h30, et dont je connais toute la vie, mais pas les visages : concentré sur l’écriture de la chronique du lendemain, je me contente de les écouter, c’est une façon de mesurer ma concentration. »

«De là » = il n’y a aucune indication de lieu avant. C’est la mise en pratique du concept de « désordre confus ».
Certains exégètes pensent qu’il sort d’un studio où il vient de brandir sa chronique résumée ci-dessus. Mais non, « là » désigne la chronique elle-même. L’homme vit dans son œuvre, c’est terrifiant.


« J’ai récupéré mes enfants à l’école (...) après un léger détour par le Naturalia pour acheter des pizzas à la babysitteuse : nous avions un dîner le soir, et c’était quelque chose comme la deuxième fois seulement que nous prenions une babysitteuse. »


Le narrateur est :
- soucieux de l’état de la planète
- soucieux de l’état de son employée d’un soir
- soucieux de ne pas ennuyer les lecteurs/auditeurs

Bref, pour résumer, contrairement aux apparences, derrière cette phrase légère et guillerette se cache un auteur soucieux, et plutôt trois fois qu’une.

« En réalité nous allions l’annuler aussitôt, mon fils avait la varicelle, sa mère resterait à son chevet. C’était en tout cas l’excuse idéale pour acheter un thermomètre auriculaire à 50 euros, sans m’avouer tout à fait que je le faisais, un peu, par peur du coronavirus. 
J’ai laissé là ma famille pour aller déjeuner à Saint-Ouen avec mon ami Thomas, qui finissait un gigantesque fusain. »


Quel coup de retournement de situation de théâtre.
L’achat du thermomètre : l’Homme est béni des dieux qui lui envoient un nouveau signe. Ce passage est comparable à celui de Yahvé désignant Noé comme l’Élu.
Et second retournement de théâtre : l’Élu, au lieu de prononcer un discours d’investiture, abandonne le navire avant même sa construction.
Le lecteur se pose une question, et de taille : mais que sont devenues les pizzas ?

« Nous sommes allés manger dans un petit restaurant encore rempli, et à la carte génialement caricaturale : confit de canard, foie gras, blanquette et andouillette. »

« encore rempli », manière de souligner avec beaucoup de subtilité qu’il va se passer quelque chose d’inattendu dans pas longtemps, enfin inattendu pour les non-terriens, et encore, j’ai des doutes.  
Une seule chose semble se remplir de manière certaine, l’estomac du Maître.
« génialement caricaturale » : une association banalement dramatique.

L’Illustre passe à la téloche et il se fait piquer la vedette :
« J’ai parlé, sur la plateau, de poésie et de voitures autonomes, en découpant deux pommes, pour monter l’étoile cachée dans celle qu’on coupait sans respecter sa symétrie (…) Mais je passais après le recordman de pizza au fromage, qui était venu avec la titulaire de l’actuel record du monde, et on retiendrait sans doute plutôt l’envahissante odeur de ses 290 fromages que la fraîcheur de ma démonstration. »

Ah ! Monde injuste ! Pomme divine écrasée par une armée de pizzas puantes !
Remarquez le retour en force des pizzas, suivi d’un nouveau concept, la tévé en odorama, et enfin la légendaire modestie du tueur de pommes.

« J’ai rejoint enfin mon dîner en ville. »

Révélation XXXXXLLLLLLLLLL, nous savons enfin qui va manger les pizzas bios : le thermomètre auriculaire à 50 euros.

« Il y avait là un ministre (...)
On n’avait clairement encore rien vu – la crise serait effroyable. (...)
Je suis rentré chez moi un peu ivre en trottinette électrique. »


Notre homme mange décidément trop. C’est ce que lui annonce le ministre, ministre qui n’est pas à un paradoxe près puisqu’il l’a invité à manger. Résultat, notre héros noie ses soucis (voir aussi plus haut) dans la boisson.
Mais saura-t-il se ressaisir ?
Sachant que nous savons tous ce qui va se passer, aurons-nous le pacemaker assez solide pour supporter la suite de ce grand feuilleton à l’ambiance envoûtante ?
La réponse est oui, mais après mon shake-up cardiaque.

Curly 

Curly

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Re: La Quarantaine par Aurélien Bellanger - le Mer 01 Juil 2020, 07:48

Rappel de la règle du jeu : Débrouillez-vous.

Cette chronique a le mérite d'exister, mais avons-nous mérité cette chronique ?

C’est dans un souci de faire apprécier cette grande œuvre par tous qu’a été pensée  cette édition commentée d’extraits choisis au hasard.

                                                                        --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- --- ---

Nous avons retrouvé dans les archives la première version du texte, qui commence ainsi :
« Le dernier mardi est marqué par une sortie à vélo du président Macron.
(…) J’ai peu de souvenirs de Fontainebleau .
J’ai consacré ma journée à la forêt.
J’ai pris un café en terrasse avec l’attente de l’allocution solennelle de mon ami Etienne à 20h, rue Cadet, café essentiellement passé à commenter ma chronique matinale, et à préparer pour le jeudi suivant les municipales »

La version finale transfigure par des effets de styles ébouriffants la morne réalité. En voici l’essentiel :
« Le (...) à vélo »


« Le soir, avant Macron, j’avais mis mes filles devant les Gremlins (...) pour éviter Trotro, Pat’Patrouille et le lapin Simon »


- « Le » : c’est un soir en particulier, pas n’importe lequel, l’auteur a toute sa mémoire des faits encore vive au dedans de lui.
« Le » permet de commencer la phrase de manière classique.
Nous ne nous attendons pas à ce que la phrase commence de manière aussi attendue, ce qui déjoue nos attentes et la rend inattendue.
L’auteur aurait pu écrire « La », mais l’effet aurait été un peu trop facile.
- « soir » : complète avec harmonie « Le ». L’auteur ne se fout vraiment pas de notre gueule.
- la virgule : met en valeur ce qui va suivre, tout en marquant une légère pause dans la phrase, alors que nous ne sommes qu’au deuxième mot. - Pause douche -
- « Simon » : nom du petit lapin. Boucle avec maestria la phrase commencée par « Le ». C’est du travail de pro.


« Le président annonce essentiellement la fermeture des écoles. 
Je ne leur relance pas le film, à 20h30 – c’est à ça qu’on voit que la situation est grave : j’estime soudain que Gremlins c’est un peu anxiogène : tant pis pour la scène du mixeur. »


Petit point d’histoire. Les Gremlins datent de 1984, bien avant l'invention du Thermomix. La scène du mixeur est d’une saleté sans nom, même la scène n’a pas de nom, les connaisseurs l’appellent sobrement « la scène du mixeur ». La même scène avec un Thermomix, et tout de suite c’est plus propre. Les connaisseurs l’auraient alors sobrement appelée « la scène du Thermomix ».
Petit point sur le mot clé de la phrase : « relance ». L’auteur ne montre pas de films, il les lance. La télé est dans un sale état, mais tant que l’écran tient, il les relance.
Petit point de croix : comme un lointain écho revient notre « Le » en début de phrase. C’est à ce genre de détaux (pluriel de « détail ») que l’on reconnaît les véritables stylistes de la langue.


« On ne sait pas encore que le petit débrief des Matins, dans l’open space du sixième étage, est notre dernier (...) j’en profite pour faire une grande photo panoramique.(...)
Mauvaise blague : je me vante de ma photo, en précisant qu’il ne me restera plus, pour les jours qui viennent, qu’à mettre des croix noires au-dessus de la tête des gens. »


Ce passage est entièrement écrit en code : vous enlevez tous les « o », vous les remplacez par des « a », vous permutez ensuite les « s » et les « n », retournez les « p » en « b », vous barrez un mot sur cinq, puis vous remettez tout en place, et étrangement, vous obtenez le même texte. Quel tour de passe-passe, c’est admirable.


« Un dernier café en terrasse, au soleil, avec Hervé et Mathilde, puis je passe chez Gallimard  récupérer le manuscrit annoté de mon prochain roman (…)
Je commande néanmoins au magasin les trois tomes du Principe espérance d’Ernst Bloch.
D’ultimes courses au Naturalia – j’hésite un peu, devant le vrac, mais j’aime trop les mangues séchées. »


Il est bien là, terrible, menaçant, il arrive sur nous, il ne va pas nous épargner, et rien, vraiment rien, aucun principe espérance ne viendra éclaircir cet horizon ténébreux. La souffrance est à nos portes, toquant sans pitié, enveloppée dans son grand manteau de sang et de venin, dégoulinant de bave et farcie de pustules purulentes.
Mais qu’est-ce qui nous menace aussi violemment ? (Plusieurs réponses possibles)
Réponse A – le manuscrit
Réponse B – le manuscrit annoté de mon prochain roman
Réponse C – mon prochain roman
Réponse D – les mangues séchées
Réponse E – le manuscrit annoté


« Le premier samedi j’ai dû me lever à 8h10, l’équivalent d’une belle grasse matinée, et à 8h15 je ne supportais déjà plus aucun de mes enfants.
Nous sommes allés à la médiathèque Françoise Sagan, pour rendre des livres, mais elle était déjà fermée, puis nous sommes allés acheter des mangas dans une librairie en face du Rex »


Trois petits pois se retrouvent au fond d’une assiette. Le premier dit au second : « Tu connais la blague des carottes qui se retrouvent dans le congélateur ? Tu vas rire !
- Oui, je la connais, laisse tomber.
- Ah zut ! Mais peut-être que lui ne la connaît pas…, dit le premier petit pois en roulant vers le troisième.
- Ah non, laisse tomber, il est sourd, lui ré -pause cuisine -


« L’après-midi, en traversant le square Montholon, nous avons été repérés par une camarade d’école de ma fille, et je suis allé, contre toutes les consignes de prudence, prendre un café chez ses parents.
Le père m’a montré qu’il écoutait ma chronique quotidienne en la diffusant sur deux enceintes Phantom synchronisées : jamais ma voix n’avait été aussi belle. »


Un leitmotiv que Wagner n’eut pas renié traverse cette épopée : la prise du café par l’armée des Playmobil.
Le dernière phrase est en cours d’adaptation par le Studio Marvel. Aucun réalisateur pour l’instant n’a voulu relever le défi. Scarlett Johansson et Josh Brolin sont pressentis pour interpréter les deux enceintes.


Dans les brouillons de l’auteur nous avons retrouvé ce passage qui nous enseigne beaucoup sur la pensée contemporaine du monde d’aujourd’hui :
« C’est là que j’ai eu la Reine des Neiges au téléphone, qui m’a proposé un coffre-fort Playmobil – ma directrice a pris quarante chronique chez JouéClub et nous avons été chez moi.»

L’auteur l’a développé comme suit, à vous d’en savourer les multiples embranchements :
« C’-  pause repas -té. »

Curly 

Curly

5
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Vacances apprenantes - le Jeu 02 Juil 2020, 08:13

                                                                        Vacances apprenantes


Activité 1 -
1- Lisez le texte suivant.
« Le dernier dimanche, nous sommes allés pique-niquer à Fontainebleau, comme le dimanche précédent. (...) j’avais fait plein de sandwichs.
C’est là-bas que j’ai grandi, entre mes 7 et mes 18 ans, aux portes du Gâtinais – entre ces deux capitales, Fontainebleau et Paris, celle des bois et celle des villes, reliées à la fois par l’A6, le grand chemin de mon enfance, et plus subtilement par l’aqueduc »


2- Avez-vous lu le texte ? Justifiez.
3- Mettez le premier verbe conjugué au passé composé. Pourquoi la version de l’auteur est plus pertinente ?
4- Relisez attentivement les deux premières lignes. Comment vous sentez-vous au réveil ?
5- Dégagez les trois axes principaux de cet extrait sans créer d’embouteillages.

Les réponses :
2- Oui. Justification : voir question 1.
3- « nous sommes allés ». C’est moins bien, la version de l’auteur est plus mieux, c’est pas pour rien que c’est lui l’auteur.
4- Tout dépend de la digestion des sandouichs.
5- Un seul moyen de vérifier que vous avez tout bon : une fois les trois axes dégagés, il ne reste normalement plus que quelques sandouichs.



Activité 2 -

1- Ne lisez pas le texte suivant.
« Mais la véritable merveille de ce double hinterland, c’était la présence, à Villiers-en-Bière, du plus grand Carrefour de France – et l’orée de ses caisses me fascinait bien plus que celle de la forêt de Fontainebleau »

2- Relevez dans un tableau : - les conjonctions de coordination – les verbes conjugués – les pronoms personnels – les déterminants – les prépositions.
3- Que constatez-vous ?
4- Remplacez chaque mot relevé dans le tableau par un autre mot de classe grammaticale différente.
5- Mettez-vous debout, levez la jambe droite, tirez la langue, grattez-vous le cuir chevelu trois fois, tombez dans les pommes. Attendez les secours.  

La réponse :
1- Passez directement à l’activité 3.



Activité 3 -

1- Chantez le texte ci-dessous sur la mélodie de l’Hymne à la Joie.
« mes meilleurs samedis je les ai passés au Gel 2000 ou à la Halle aux chaussures. »

2- Comment allez-vous ? Justifiez.
3- Fermez les yeux et méditez l’utilisation du verbe « passer ». Ne pas justifier.
4- Soulignez l’adjectif « promener » (qui n’est pas un adjectif) et le pronom « là » (qui n’est pas un pronom). Pourquoi l’auteur les utilise ici ? (sachant qu’il ne les utilise pas)

Les réponses :
1- En cas de difficulté, aidez-vous en mettant la musique – interdiction de mettre du Beethove, c’est trop facile.
2- Vous êtes en pleine forme. Justification : vous êtes en train de me lire.
3-  Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm ooooooooooooooooooooooooo mmmmmmm mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm aaaaa nnnnnnnnnn mmmmmmmmmm rrrrrrrrrrrrr fffff mmmm  ssssssss mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm m mmmm mmmmmmm.
4- promener /
L’auteur les utilise afin de démontrer l’inutilité de leur utilisation ici. Justification : il ne les utilise pas ici.



Activité 4 -
1- Tracez un triangle équilatéral.
« c’était parti pour une heure de survivalisme décontracté.
Nous avons trouvé le rocher idéal sur lequel pique-niquer. »


2- Découpez-le, et pliez-le en quatre. Justifiez.
3- Placez-vous à 5 m de votre poubelle que vous aurez ouverte à 18h36. Jetez le triangle déplié dans la poubelle. Vous avez droit à trois essais.
4- Sachant qu’un train passe toutes les 15mn et qu’il est 18h51, à quelle heure le train parti à 18h45 passera au niveau du triangle équilatéral que vous avez jeté à la poubelle à 18h42 ?

Les réponses :
1- Prenez une règle, un papier et un crayon, dans l’ordre que vous voulez.
2- Coupez avec des ciseaux, suivez les traits. Pliez avec votre main. Utilisez les deux si nécessaire.
Justification : Parce que vous êtes soucieux de respecter les consignes.
3- Au delà de trois essais, vous devez reculer d’un mètre. Si vous n’avez assez de place chez vous, cassez le mur.
4- Le train passera à 55.
51 + 15 – 42, qui ne font pas 55, alors pour être dans les clous vous rajoutez 31, et c’est bon.



Activité 5 -
1- Regardez le texte sans le lire, puis répondez aux questions.
« Nous sommes montés, inquiets, au sommet de la plâtrière d’Apremont, pour chercher la Tour Eiffel à la jumelle
(…) Nous nous étions soigneusement dissimulé jusque-là, ma compagne et moi, notre niveau de paranoïa – nous avions fait l’un et l’autre, sans nous concerter, des courses gigantesques.
Nous avons tout pris, plus le chat et la Nintendo Switch, des livres évidemment, les doudous, quelques jeux et enfin deux grands sacs poubelle de linge mouillé.
(…) j’étais programmé, depuis toujours, pour remplir cette voiture. »


2- Pourquoi le verbe « concerter » et « remplir » sont à l’infinitif alors que « plâtrière » se termine par un -e ? A partir de vos observations, tirez en la conclusion qui s’impose.
3- Lisez le texte ci-dessous.
4- Lisez-le texte ci-dessus.
5- Relevez dans un tableau à 5 colonnes les indications de lieu. Déduisez-en la position géographique de la voiture : latitude, longitude, altitude.

Les réponses :
1- Ouvrez vos yeux. Un truc : pour éviter de lire le texte, fixez les parenthèses, elles sont là pour ça.
2- La terminaison est différente. Le radical aussi. Conclusion : ce sont trois mots de sens différents.
3- Lisez le texte ci-dessus.
4- Lisez le texte ci-dessous.
5- Les indications de lieux en 5 colonnes.
Colonne 1 – Nintendo Switch – linge mouillé - moi - la
Colonne 2 – les sacs poubelles – le – j’ – linge mouillé
Colonne 3 – jusque-là – linge mouillé
Colonne 4 – soigneusement – pour – linge mouillé - pour – deux
Colonne 5 – avions – linge mouillé – paranoïa
Le reste est une évidence : lat. 78,43°C ouest, long. 14,02mn ouest, alt. - 3,2dm²



Activité 6 –

1- Que penser de la manière dont le soleil couchant frappe de front ceux qui lui font face ?
2- Commentez l’utilisation du « n’ ». Quel nouvel évènement n’annonce-t-il pas ?
3- Quels sont les enjeux du texte. Ne pas développer.
4- Quelle heure est-il ? (Plusieurs réponses sont possibles.) Justifiez.
5- Lisez le texte suivant sans le regarder.
« Paris n’était pas tout à fait vide mais déjà nous étions sur l’autoroute de l’ouest, assis face au soleil couchant – et je pensais, un peu coupable, à cette scène du livre de Berl sur la fin de la Troisième République »


Les réponses :
1- Vous pouvez en penser ce que vous voulez, ça n’empêche pas le soleil de faire ce qu’il veut, c’est-à-dire des trucs assez répétitifs. Comme quoi, ceux qui sont libres n’en profitent même pas.
2- Il est fort pertinemment utilisé. L’apostrophe laisse en suspend des évènements lourds de conséquences qui ne se sont pas encore produits. L’ambiance à ce moment est particulièrement tendue.
Le nouvel évènement non annoncé : l’opération promo sur les tomates marocaines au Géant Casino de Pontivy du 3 au 12. Une tomate offerte pour l’achat de trois aubergines.
3- Multiples.
4- Ex. : 19h15. C’est marqué en bas à droite.
5- Une astuce pour ceux qui ont rencontré quelques difficultés à cet exercice : fermez les yeux, dormez.

Curly 

Curly

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Vacances apprenantes - numéro triple ! - le Ven 10 Juil 2020, 10:43

Vacances apprenantes -

                                                                                                                    Numéro triple à trois niveaux de difficulté

Lisez les textes suivants et répondez aux questions. Comme vous êtes obligé,e,s de lire les textes pour répondre aux questions, icelles sont faciles afin de ne pas rajouter de la difficulté à la difficulté.
Par conséquent, vous n’aurez pas les réponses en cadeau.


                                                                                Niveau Super facile

« la ferme de mes grands-parents maternels (…)
Lisant deux ou trois ans avant Proust les Rougon-Macquart, j’avais cruellement fait de ce lieu le côté Macquart de mon ascendance – le côté Paumard, du nom de mon grand-père, le nom de jeune fille de ma mère, quand le côté Rougon, grâce au pivot d’un seul G, allait aux Bellanger…


1- Si vous permutez dans « Rougon-Macquart » le « r » de Rougon et celui de Macquart, vous obtenez la même chose. Par quel miracle ?
2- Enlevez le « g » pivot de Rougon et observez l’effondrement.
3- Qui est l’auteur des Rougon-Macquart ? Est-ce Émile Zola ? Répondez oui.

...Les Paumard étaient plus autoritaires, voire plus colériques, que les Bellanger, et cela me paraissait suffisant pour faire de moi un Etienne, un Claude ou un Jacques Lantier – un leader révolutionnaire ou un artiste, en espérant ne pas tomber, j’avais une chance sur trois, quand même, sur le frère meurtrier…

1- Sachant que le frère meurtrier est Jacques, quel est le prénom du frère meurtrier ?
2- Sachant que les Paumard étaient plus autoritaires, les Paumard étaient-ils plus autoritaires ?
3- Sachant que l’auteur a une chance sur trois de devenir meurtrier, a-t-il une chance sur trois de devenir révolutionnaire ?


...mes grands-parents (…) avaient (...) voulu donner des prénoms littéraires à leurs enfants : ils ont appelé (...) ma mère Gervaise – ils ne devaient clairement pas avoir lu L’Assommoir. Moi non plus, d’ailleurs, c’est l’un des rares Rougon-Macquart que je n’ai pas lu, j’en suis resté à la dispute au lavoir…


1- Gervaise est-elle l’héroïne de L’Assommoir ?
2- Pourquoi l’auteur n’a-t-il pas terminé la lecture de L’Assommoir, alors que la scène du lavoir, c'est quand même mieux qu’un match de catch féminin ? Merci de ne pas répondre.
3- L’Assommoir fait-il partie des Rougon-Macquart ?


...les établissements Bellanger, négociants en grains de père en fils (…) j’ai (...) grandi dans les ruines de ce paradis capitaliste. (…) J’ai toujours considéré les Indiana Jones comme des documentaires sur l’histoire familiale – sur cet empire-industrie disparu. »

1- Qu’est-ce qu’un grain ?
2- Indiana Jones a-t-il un grain ? Réponse libre, lâchez-vous dans le cadre de l'opération Vacances défoulantes.
3- Un grain de père en fils a-t-il une chance de se retrouver dans le prochain Indiana Jones ? Répondez oui.
4- Peut-on décemment grandir dans des ruines ?

                                                                                Niveau Fastoche

« Géographie d'Argentré
Une description des lieux s’impose.
Argentré, bourg de presque 3000 habitants, est situé 10 kilomètres à l’est de Laval – soit à peu près au centre de la Mayenne. (…)
Sans beauté particulière (…) Argentré, sans doute grâce à sa position proéminente, et à son nom, encore plus, a gardé quelque chose d’orgueilleux. (…)  On l’aperçoit de l’autoroute – on me l’a dit, je suis toujours descendu 10 kilomètres avant, à la sortie Vaiges. (…)


1- La description souffre-t-elle à ce point de surpoids pour s’imposer aussi violemment ?
2- Combien d’habitants compte  Argentré approximativement?
3- Combien d’habitants compte approximativement Argentré après l’arrivée de l’auteur ? Après son départ ?
4- 10 habitants d’Argentré jouent à cache-cache. Doit-on à ce moment précis déduire ceux qui se cachent du nombre d’habitants ?
5- Avant la construction de l’autoroute, pour quelle(s) raison(s) plausible(s) ne pouvait-on apercevoir Argentré de l’autoroute ?


...Pour l’amateur de pittoresque, c’est assez vite vu : le patrimoine local tient à deux rues perpendiculaires (...)
Il existe aussi un manoir, celui des Nuillés, propriété des pharmaciens (...) Il y avait, c’est tout ce dont je me rappelle, la guitare électrique de leur fils posée quelque part sur le sol (…)


1- En tenant compte de la vitesse du vent et de la densité de la population en 1996 et en 2005, combien de temps un amateur de pittoresque rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr je nettoie la touche désolé reste-t-il pour visiter Argentré ?
2- Combien de rues perpendiculaires contient Argentré ? Relisez le texte si besoin.
3- Décrivez le manoir en reprenant uniquement les éléments du texte.


...J’ai involontairement négligé le château de Montaigu (…) dont j’ai tenté de donner une transposition romanesque dans mon deuxième roman (…) Je lui avais prêté une place centrale dans un gigantesque complot, largement attesté, appelé aménagement du territoire – c’était le titre de mon roman, et c’est encore là que je me suis retrouvé emprisonné par le confinement (…) la chose frôlant le kitsch borgésien de l’écrivain retenu à l’intérieur de son propre roman.
Mais ce roman, c’était tout mon orgueil de romancier de l’affirmer ainsi, ce n’était pas moi qui l’écrivais, c’était la terre elle-même (…)


1- Qui est le tâcheron employé pour écrire le deuxième roman de l’auteur à la place de l’auteur ?
2- Si Borgès est kitsch, à quels degrés la circonférence du carré de l’hypoténuse enferme le théorème de Thalès dans la prison de Nantes ? Donnez une réponse au hasard, on sait jamais.
3- L’auteur qualifie son deuxième roman de « deuxième roman ». Comment qualifieriez-vous son premier roman ?

...Le méandre, tel que je l’ai toujours connu, était tenu, comme une nouille, entre la double baguette de la route du Mans et de l’autoroute armoricaine (…) Ce coin de campagne (...) est devenu comme un goulet d’accélération du temps (...) et on attendrait en vain, sur le pont de l’autoroute, qu’un camion nous emporte.»


1- A partir de combien de méandres vous pouvez vous préparer une soupe chinoise ?
2- Combien de camions passent sur cette autoroute, à 1 près.
3- Montrez qu’avec deux coins de campagne vous pouvez enfin ajouter du canard dans votre soupe chinoise.

                                                                                Niveau Facile

« Pour rester dans la thématique de la forclusion proustienne (...) je dois noter la révélation que fut la découverte, adolescent, d’un nouveau chemin reliant les maisons de mes deux grands-mères (...) révélation égale à celle, éminemment proustienne, d’une communication entre le côté de Guermantes et le côté de chez Swann.

1- Les Rougon-Macquart sont devenus les Guermantes-Swann : mais qu’est devenue la guitare électrique du fils du pharmacien ? (Deux réponses possibles : Madame Verdurin ou l’abbé Mouret)
2- Montrez en citant un seul exemple que l’auteur est bien resté, quoique discrètement, et avec légèreté, dans la thématique proustienne.
3- A quel auteur l’adjectif « proustienne » fait-il référence ?


...le four à chaux (…) c’est là que nous étions allés fumer un joint avec mon ami Mathieu Pierre, vers 1995, avant de rejoindre toute ma famille à table (…) par le petit sentier que j’ai emprunté l’autre jour, je n’ai rien retrouvé du paysage fantastique qui s’accordait si bien avec la désolation révolue de l’ivresse cannabique. (...)
J’ai noté aussi, en chemin, la présence au bord de la route d’une canette de Red Bull – quel travailleur l’avait jetée par sa fenêtre ? L’objet, petit fétiche d’un monde prolétaire où l’on se couche trop tard et où on se lève trop tôt, a remplacé, dans les fossés, les paquets de Gitanes…


1- Quel est le prénom de Mathieu Pierre ?
2- Quel est le prénom du joint ?
3- Le petit sentier est :
- petit
- moyen
- moyennement grand
- grand
- c’est pas un sentier, c’est l’A6
4- La canette de Red Bull a, elle aussi, noté la présence de l’auteur sur le chemin de la route. Elle a aussitôt noté (une seule réponse possible, celle que vous voulez) :
- que l’auteur a été jeté par un prolétaire de tous les pays.
- que l’auteur a été abandonné par sa grand-mère du côté Guermantes ou Macquart, elle sait plus trop.
- rien du tout, elle était en pleine lecture du Temps retrouvé.

...La route, après les fours à chaux, bifurque insensiblement, remonte après avoir passé une ferme, et le miracle proustien apparaît : le clocher d’Argentré (...) C’était la route idéale pour (...) jouer avec le gros rétroviseur que j’avais trouvé là (…) La route remonte enfin, le panneau Argentré apparaît, et de façon à chaque fois aussi inattendue, on arrive sur la place de l’église, devant la boulangerie. (...) c’est une forme de magie (...) on n’est jamais loin du miracle, et la transformation démoniaque, à ma droite, de l’ancien presbytère en mairie, ne peut rien contre lui. »

1- Comment la route remonte avec autant de souplesse et d’aisance ? Jouez au dé la bonne réponse.
n°1 Elle prend l’ascenseur.
n°2 Elle suit la route.
n°3 Un camion la prend en stop puis s’écrase contre l’église d’Argentré, puisqu’il n’y a plus de route.
n°4 C’est elle qui a bu le Red Bull.
n°5 Un vent de force 7 la pousse en haut du clocher afin de ne pas louper le miracle proustien.
n°6 Elle est tirée par un troupeau de vaches normandes.

2- A quelle période de l’année se déroule l’histoire ? Une aide : c’est la saison des gros rétroviseurs.
3- Que va faire la mairie pour se venger de la boulangerie ? Trois possibilités. Toutes les réponses sont acceptées.
- La solution de facilité : La mairie va mener la boulangerie à la baguette.
- La solution la plus efficace : La mairie va déménager la boulangerie dans le clocher.
- La solution torturée : la mairie se déguise en presbytère pour attaquer la boulangerie à coups de rétroviseur.
- La solution miracle (en plus parce que la première est vraiment trop facile) : la mairie engage Jacques Lantier pour liquider à coups de couteau toute la famille Guermantes, propriétaires depuis six générations de la boulangerie d’Argentré.

Curly 

Curly

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Vacances apprenantes - Méthode progressive : six niveaux de difficulté ! - le Sam 18 Juil 2020, 11:24

Vacances apprenantes.
Cette semaine, pas moins de six niveaux vous attendent, avec des questions à chapeaux pointues sur une sélection de textes choisis avec tsoin.
Comme le rédacteur en chef de la rubrique a considéré que c'était vraiment trop long, il a fallu prendre une décision : la bonne.
Nous avons donc coupé les extraits. Il ne reste que l’essentiel, les questions, parce que sans questions, comment voulez-vous répondre ?
Bonne chance !



                                                                                Niveau -30                                                     

1- L’auteur s’est croisé dans le miroir un matin.  
A- Il s’est aperçu qu’il (le miroir) était sale.
B- Il s’est aperçu qu’il était sale.
C- Le miroir a éternué à cause de la poussière.

2- A quel philosophe du XXème siècle environ l’auteur s’identifie-t-il mais pas trop ?

A- Attila le Hun
B- Danton
C- Roger Carel
D- Mme de La Fayette

3- Quel est le projet secret de l’auteur ?

A- Envahir la Terre avec son armée de miroirs, à condition d’en croiser un peu plus chaque matin.
B- Faire le concours du plus gros mangeur de saucisses avec des baguettes.
C- Énucléer les mouches qui ont déféqué sur le miroir de l’entrée.

4- Pour accomplir son projet, l’auteur a d’abord

A- jeté d’une falaise sa Peugeot 5008 avec les mouches énuclées dans le coffre, après avoir achevé le GPS au bazooka, pour que les cadavres ne soient jamais retrouvés par la police des mouches.
B- écrit un livre sur la crise des sanitaires, une commande des éditions Villeroy & Boch.
C- appris à chanter tout le répertoire de Tino Rossi en vietnamien.

5- L’auteur, toujours lui, a confié dans une interview aux Inrocks que :
A- Faut tout péter, mais pas chez moi j’ai pas fini de refaire ma salle de bain.
B- La gestion de la crise des sanitaires ne passera pas par Canard WC, mais en se prenant tous par la main et en poussant très fort.
C- Devenir le chef du monde lui permettrait de rallonger l’A6 jusqu’à Washington en passant par Nagoya et Gonfaron, le pays où les ânes volent.

6- Quelle est la philosophie proposée par l’auteur ?
A- C’est de ne pas en avoir, ce qui n’est pas facile quand on est philosophe.
B- Vous disposez d’une centaine de concepts en kit à monter vous-même. L’auteur vous fournit la mallette à outils comprenant une brosse à dents, trois mètres de fil barbelé, six piles plates, un scarabée, trois sandales gauches, un tournevis, et, bien sûr, un tabouret pivotant.
C- La monade flambée au cognac. Après il reste plus rien.

7- L’auteur a pris un pied monumental en
A- dévissant le bouchon de la bouteille d’huile d’olive. C’est très excitant.
B- savonnant les pattes de son cochon d’Inde. C’est très excitant.
C- marchant sur un piano droit en équilibre sur un patin à roulette posé sur un skate. C’est très excitant.

8- Quel est le nouvel aphorisme inventé par l’auteur ?
A- Si tu rentres en premier, prends une baguette tradition pas trop cuite.
B- Qui c’est qui a rangé le déodorant dans le beurrier, ça va pas non ?
C- 2 tranches de jambon, chips, fromages, desserts dont pana cotta, vinaigre d’alcool, crème fraîche, beurre, pâtes colorées, un thermomètre.

                                                                                Niveau +4,5²

1- Quelle est la publicité qui fait fantasmer à ce point notre auteur, qui décidément est amateur de sensations fortes ?
A- Le nettoyant à l’huile de lin Terra de Johnson, celle avec Jean-Marie Proslier.
B- Jex Four, celle avec Alice Sapritch.
C- Le dépoussiérant Pliz de Johnson, celle avec Marie-Pierre Casey.

2- Qu’est-ce que cette publicité lui a appris comme leçon de vie ?
A- La propreté, c’est le vol.
B- Pour être un homme, un vrai, il faut tout astiquer du sol au plafond.
C- Nous ne sommes que poussières.

                                                                                Niveau à bulle

1- Dans les propositions suivantes, relevez celle où l’utilisation de l’adverbe « anormalement » est normale.
A- Le fil rouge était anormalement branché sur le bouton rouge.
B- Le retour anormal à la normale s’effectuera anormalement dans les normes.
C- Après avoir atomisé toute la planète, Prtgtfcbhml le plutonien eut anormalement une envie d’un week-end à Pornic.

2- L’auteur sort ses jumelles pour
A- taper sur une colonie de fourmis rouges infiltrée clandestinement dans ses chaussures.
B- faire l’hélicoptère avec la lanière.
C- les lancer sur un camion Norbert Dentressangle pour provoquer un carambolage monstre sur l’A6, ce qui donne à l’auteur une envie anormale de passer un week-end à Pornic.

                                                                                Niveau d'huile

1- L’auteur rêve de
A- faire un 400 mètres nage libre dans la cuve de la centrale de Fukushima.
B- danser nu sur les ailes du Moulin Rouge.
C- transformer la butte Montmartre en cratère lunaire juste en grattant avec une fourchette en plastique.

2- L’auteur collectionne des photos de

A- tournevis cruciformes sur fond de bataille de Trafalgar de Turner.
B- poudre à canon vue de nuit.
C- tartines de confiture de prune/pommes de terre vues de dessous à 6h52 le lundi 8 exclusivement.

                                                                                Niveau 5

1- Qu’est-ce qui réjouit et effraie simultanément l’auteur ?

A- Le futur bug de l’an 2000.
B- Le mariage de Jeffrey avec Janice dans le 12345ème épisode des Feux de l’amour.
C- Le sac de l’aspirateur, qu’il va falloir changer la semaine prochaine.

2- Comment l’auteur réussit-il à rester moderne en toutes circonstances ?
A- Il connecte Ursuline, une des vaches du champ voisin, sur la wifi.
B- Il pose des caméras de surveillance dans les trous creusés par Félicie, la taupe du voisin.
C- Il envoie tous ses spams sur la messagerie d’Ursuline.

                                                                                Niveau 1

1- L’auteur appartient à la génération qui
A- mange les spaghettis agenouillé sur le coude droit.
B- se gratte le plexus solaire avec l’auriculaire gauche.
C- s’abrite du soleil avec un piano de concert Erard de 1904.

2- L’auteur a découvert les services des urgences

A- en suivant au pas de course une ambulance Croix Bleue.
B- en se coupant le plexus solaire avec l’auriculaire droit (la gaffe).
C- à l’occasion d’une journée portes ouvertes au CHU de Pontigny-sur-Orge.

3- Les urgences sont le symbole de

A- la paix dans la foi du monde de la République (sur RDV uniquement).
B- l’équipe de football amateur de Juvisy-sur-Argens.
C- la bourgeoisie de Blainville-sur-Odon aux ordres du Grand Capital.
D- la fin du niveau 1 de vos activités apprenantes : c’est gagné !

Curly 

Curly

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Vacances apprenantes - le Dim 26 Juil 2020, 11:24

Cette semaine, apprenez à compléter de manière cohérente les phrases suivantes. Choisissez, parmi les propositions proposées, la bonne proposition.
Viendrez-vous à bout des 5 niveaux de non-difficultés ?
Toutes les réponses sont acceptées comme justes, ce qui n’empêche de faire très attention aux multiples non-pièges.
A vous de jouer.

                                                            Niveau lundi
1 - Je cours tous les jours
A- sur les parois des falaises avec des ventouses collées à mes sandales.
B- comme la maladie d’amour dans le cœur des enfants de sept à soixante dix-sept ans.
C- Sans jamais m’arrêter, par delà les champs, par delà les forêts,
                                Dans la bouse ou dans les graviers,
                                Quelqu’un pourra-t-il m’aider
                                A stopper ma déroute,
                                A stopper ma fureur ?
        Ô Muse, construirez-vous un mur
                                Sur lequel m’emplâtrer sans douleur ?

2- On est ici (…) sur (…) Une terre acide, mauvaise (...) Mais ici, c’est flagrant, les vaches sont

A- belles belles belles comme le jour.
B- habillées à la ville comme au champ par Givenchy.
C- en plein pause clopes, cachées derrière les fours à chaux pour pas se faire gauler par Céladon, une vraie vache celle-là.

3- Rares sont d’ailleurs, de Marylin Monroe à Di Caprio, les authentiques icônes à ne pas posséder, dans leur structure osseuse,

A- une métaphyse gonflée aux hormones.
B- un tissu spongieux Dolce Gabbana enrichi en calcium.
C- des os plats cylindriques, des os courts longs et des os longs courts, des os irréguliers réguliers, et des câbles électriques flexibles à la place des vertèbres.

4- Mon dernier pas, après 10 000 ou 20 000 autres pas silencieux à travers la terre meuble, mon dernier pas, quand je suis allé courir à travers champs, vient toujours frapper
A- la fenêtre de la chambre du second.
B- la balle de golf vers le trou n°4.
C- la mesure au lieu de la battre.

                                                            Niveau mardi

1- Quel livre j’emporterais
A- qui soit pas trop lourd parce que dans ma valise y’a déjà toute ma collection de tubes de dentifrice et ça je peux pas m’en séparer, plutôt mourir trois fois.
B- qui plaise à Josy, la vache sacrée de mon cœur ?
C- sur les montagnes russes de la foire de Mézidon-Médonzy-sur-Médizan ?

2- Le dictionnaire de l’abbé Angot (...) J’en ai acheté jadis les quatre tomes verts

A- pour les laisser mûrir dans mon jardin.
B- les transposer en opéra baroque.
C- pour décorer le salon, parce que le vert s’harmonise bien avec les trois cyclamens en souffrance dans la cheminée.

3- les quatre tomes verts (…) je les ai laissés là-bas, dans mon inexplicable
A- incommensurable table indéboulonnable.
B- remarquable cartable microprogrammable.
C- contestable et minable bac à sable aspirable.

4- les différentes composantes du complexe industriel d’extraction de la chaux à Saint-Pierre-la-Cour…
Ses carrières comblées par différents remblais (…) dévoilent cependant

A- tous les mystères de l’Orient, mais sans mystères et sans Orient.
B- un érotisme échevelé accentué par l’énormité imposante des cheminées.
C- qu’une partie de leurs charmes. Pour en voir la totalité, il faut ajouter une pièce dans la fente.

                                                            Niveau mercredi

1- C’est ici que j’ai commencé
A- à biner mes salades à la dynamite sans tire-bouchon.
B- mes étirements auriculaires avec tire-bouchon.
C- à sniffer du lait en poudre derrière la grange de chez mémé.

2-  Mon journal porte la trace
A- du passage d’un troupeau de sanglier, surtout à partir de la page 4.
B- de ce que j’ai écrit, sauf entre la page 2 et la page 154, mangées par une famille de hamsters des bois.
C- de lézards écrasés - pages 85, 32, 79 et 21 - malencontreusement lors de fermetures trop brusques mais rigolotes parce que ça faisait sursauter mémé.

3- Le faubourg Saint-Germain ne m’a jamais autant

A- déboîté la rotule que la promenade en ski sur le toit de la grange giboyeuse.
B- effrayé que les scolopendres en gelée du Restoroute de Giberville.
C- amusé que les chatouilles aux pieds des limaces carnivores de la plage de Ver-sur-Mer.

                                                            Niveau jeudi

1- Les églises sont fermées (…) j’ai vu
A- l’église fermée.
B- l’église se rouvrir.
C- l’église de refermer.

2- J’ai vu
A- mon albatros s’écraser dans la tarte tatin.
B- un concert de trompettes marines dans la cathédrale d’Évreux.
C- toutes les photos d’écrous du catalogue Leroy-Merlin.

3- J’ai vu
A- le marché au fleurs de Collemer-sur-Ville. C’est très sympa, vous devriez.
B- la foire aux timbres de Givreville. Personne n’avait le timbre à l’effigie du pneu Michelin de 1954.
C- le salon de toilettage pour asticots domestiques. Très surfait, à éviter.

4- J’ai vu
A- Coucou ça va ? Je tape l’incruste dans les questions, j’espère que ça ne vous dérange pas. Je
B- profite parce que je sens bien que vous fatiguez un peu. On vous demande beaucoup d’efforts,
C- les questions sont très compliquées. Bon je vous laisse, j’ai plus de place.

                                                            Niveau vendredi

1- Je cherche en vain
A- la cravate bleue à pois roses que j’avais rangée dans le tiroir du milieu.
B- la vis de la cuvette des toilettes qui empêcherait les dérapages incontrôlées.
C- l’andouille de Vire que je mangeai le 23 mai 1987 au Restoroute de Bambigny-les-Bambineaux. Elle me manque. Dis, andouille, quand reviendras-tu ?

2- La Mayenne n’est pas
A- une entreprise de location de matériel de BTP.
B- la sœur de la tante de ma mère par alliance.
C- le nom de la vache du père de la sœur de mon oncle par alliance.

3-  J’ai trouvé le pont
A- je me suis approché, je l’ai léché, et nous avons couché côte à côte dans l’apothéose du crépuscule.
B- j’ai monté dessus, puis j’ai promené dessougllblbgllbg lbglll, bblggullbbl. Bulggglb.
C- très sympa. L’accueil et le cadre étaient parfaits, je recommande chaudement, je reviendrai avec plaisir, félicitations à toute l’équipe.

4-  Le département de la Mayenne (...) aurait pu frôler
A- le pare-choc de ma voiture, mais je lui ai fait une queue de poisson pour l’envoyer bouler dans la Sarthe.
B- le burn out si Josy ne lui avait pas meuglé in extremis le Prélude et fugue en mi bémol majeur BWV 552 de Bach.
C- la mer Caspienne, s’il avait été plus grand, plus fort, et qu’il s’était un peu plus bougé le troufignon au lieu de regarder les trains passer sur les ponts.

Résultats :
Vous avez répondu
- un maximum de A : Franchement, à votre place, j’aurais honte. Pourquoi avez choisi les réponses les plus tordues ? Refaites les activités en évitant de répondre A.
- un maximum de B : Ah... que dire...c’est désespérant. Relisez-vous, et essayez, je dis bien « essayez » - parce qu’il n’est pas certain, au stade où vous êtes, que vous puissiez réaliser pleinement l’étendu des dégâts - de refaire les activités en évitant de répondre B.
- un maximum de C : Quelle pertinence dans le raisonnement, c’est admirable. Vous avez fait preuve de beaucoup de discernement, c’est prometteur. Toutefois, je ne suis pas sûr de ce que j’avance ici, je suis un peu perdu. Alors dans le doute refaites les activités en évitant de répondre C.

Curly 

Curly

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Vacances apprenantes - Commentaire décomposé - le Lun 03 Aoû 2020, 10:41

Commentaire décomposé
Sujet : Déployez toute la richesse des textes suivants qui ont été encore coupés en raison de leur longueur, et surtout dégagez les principales problématiques. Résolvez-les en une synthèse qui amènera à une conclusion assez rapidement parce que c’est pas tout ça mais j’ai un creux.

Correction :
Le préposé habituel à la section des vacances apprenantes a tenté de jeter son ordi par la fenêtre du premier après la lecture du début du premier des cinq textes de la semaine.
En fait, je ne vais pas mentir. Il l’a vraiment jeté.
Et puis non, je vais être franc. Il s’est jeté avec l’ordi.
La bonne nouvelle, c’est que ce n’était que le premier étage. La mauvaise, c’est qu’étant plus lourd que l’ordi, le préposé a touché le sol en premier, amortissant la chute de l’ordi qui est arrivé à bon port sur sa tête. C’est une bonne nouvelle pour l’ordi. Et une mauvaise pour l’ex-préposé.
Le commentaire décomposé sera donc assuré par un remplaçant non humain, afin d’éviter la casse. C’est Josy la vache sacrée qui a souhaité assurer l’intérim. Le fait qu’elle ne sache pas lire était un atout non négligeable. Il a juste fallu traduire en français le commentaire éclairé. Merci donc à Gougueule Traye d’avoir su traire l’essentiel de la pensée bovine.

Voici donc ce commentaire. Vous pourrez le lire uniquement après vous être essayé vous-même à l’exercice, ne trichez pas.

La problématique :
De tout temps, l’homme a été vachement agité du bocal, et je sais ce que je dis, parce que depuis là où je vous meugle, ils ont l’air complètement siphonnés.
Transition :
Maintenant que la problématique est posée dans l’herbe, nous allons passer à nos cinq parties. Je mets juste mes lunettes et c’est parti. L’homme qui a écrit l’introduction ne sait pas que Gougueule Traye marche dans les deux sens, et que j’ai pu me faire traduire en meuglements les cinq textes décomposés présentement.

Première partie
Un marchand de bestiaux se souvient du temps où il voulait être chirurgien à La Défense pour opérer les écrivains nationaux dans un fauteuil crème.
La thématique du regret apparaît dès

Nous nous excusons pour cette interruption, mais Josy vient de se jeter du haut du chêne que vous verriez juste à gauche si vous aviez l’image.
Mais comment a-t-elle fait ?
Ne nous décourageons pas. Voici Bertrande qui prend le relai pour la seconde partie. Ne retentons pas le diable avec la première.


Seconde partie
L’homme ne pense qu’à bouger alors qu’il devrait se trouver un champ à soi. Dans cette seconde partie, le héros de notre aventure se prend pour le Christ après avoir remarqué que si l’homme était quadrupède comme tout le monde il serait moins tenté de

Nous nous excusons à nouveau. Pourtant nous l’avions éloignée du chêne. Mais pas de l’étang que vous verriez derrière vous si vous y étiez et que vous tourniez la tête. Nous avions oublié de le sécuriser. On ne peut pas dire que les vaches ne savent pas nager, non, mais plutôt qu’elles ne le souhaitent pas. Ne nous dégonflons pas pour si peu, essayons avec Armelinette. Et passons à la troisième partie, la seconde porte la poisse.

Troisième partie
Le héros, excité comme un malade par les tracteurs de tonte, veut exterminer toutes les vaches du département en commençant par tondre la totalité des herbes existantes. C’est un plan diabolique. Après le département, la France entière, puis le monde ! Adieu herbes et brindilles, adieu la vie. Rien ne l’arrêtera à moins d’un

Oh non ! Pourtant je l’avais attachée ! Eh bien elle s’est étranglée avec sa corde.
Essayons avec Pic-Pic la poule, qui est connue dans la ferme pour avoir un moral d’acier. Je le sais, le psy est passé pour faire une analyse complète du poulailler. Pic-Pic, qui parle couramment le  français en cinq langues (???), n’a jamais fait un début de commencement de complexe d'Œdipe, contrairement à ses collègues de travail. Par contre, elle est politiquement très engagée.


Quatrième partie
Le personnage principal de l’épopée fait son auto-critique : il est désolé d’être aussi génial dans tout ce qu’il entreprend. Même quand c’est mal fichu, ça reste génial. Il réussit, juste par imposition des m

Mais c’est pas vrai ! Elle s’est empoisonnée au polonium 210 ! Elle en avait un flacon caché dans sa mangeoire ! Non mais c’est vraiment pas de chance !
Ne désespérons pas il nous reste la cinquième partie. Nous avons fait appel à Plic la pierre plate. Le risque est nul. C’est dans la boîte. La traduction est assurée par Gougueul Ploc.


Cinquième partie
Rien de plus important que la mémoi

Hein ? Déjà ? Mais comment a-t-elle pu se jeter toute seule dans l’étang ? Dommage que vous n’ayez pas l’image, mais cinq ricochets avant de couler, c’est pas mal, surtout que l’étang n’est pas très grand.


Il nous faut une synthèse et une conclusion, maintenant. Alors on fait comment ? Je vous présente la solution de dernier recours, Poupougne, une amibe à moi. La transmission est assurée par Micro Gougueule.


L’

Bon j’ai compris je vais l’écrire moi-m

Curly 

Curly

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Vacances apprenantes - Rédactions apprenantes - le Sam 08 Aoû 2020, 11:47

Vacances apprenantes – Imaginez la suite des cinq textes suivants. Faites n’importe quoi et le plus rapidement possible, de toute façon au point où on en est.
N’importe quoi, oui, mais avec rigueur et méthode, donc la correction vous est encore proposée.

Suite n°1
J’ai franchi la rivière et j’ai dévalé, sur l’autre rive, le talus, derrière la pile du pont, en me jetant d’arbre en arbre. Je m’enfonçais déjà dans la vase quand j’ai enfin tourné la tête pour apercevoir le pont abandonné – abandonné comme si personne ne l’avait regardé depuis des années. La vase suintait sur ma peau comme de la rosée sur des bégonias le 23 janvier 2014 à 6h du matin au 32 rue des Hortensias à Bormes-les-Mimosas, ou alors comme une couche de crépis fraîchement appliquée sur le mur en brique de la villa Valvule de l’allée des Peupliers à La Bédoule.
Le pont m’accosta :
- Toi qui me regardes avec toute la fougue de la jeunesse, tu ne passeras pas sur moi avant de m’avoir combattu. Tu vaincras ainsi le sortilège qui règne en ce lieu depuis que la fée Miam-Miam a jeté un sort pour venger la mort de son mari qui a basculé par dessus moi lors de son combat contre Duodenum le Sanguinaire.
Sans perdre un instant, le pont revêtit son haubert, rabattit son heaume, s’arma, récupéra son écu, monta sur son cheval, le plus vif de tout le royaume, pointa sa lance dans ma direction et chargea.
Je mourus.

Suite n°2
...les deux dernières heures de calme que j’ai eues, pendant la sieste de mon fils, je les ai passées à laver la voiture sous le vieux marronnier en fleur (...) j’étais enchanté à l’idée que toute cette eau qui ruisselait dans la cour finirait par relancer la pousse des pissenlits, et que je n’étais plus qu’à un jour ou deux d’une nouvelle tonte. L’enchantement dura jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais trop arrosé les pissenlits, qui d’un coup se mirent à grandir démesurément, jusqu’à engloutir ma voiture dans cette végétation devenue monstrueuse. Le vieux marronnier qui me regardait d’un œil bienveillant depuis deux heures, attendant mon départ pour pouvoir s’allonger à son aise, se jeta sur les pissenlits, écrasant la voiture déjà démantibulée. Puis la lutte fut sauvage, de temps à autre des branches mêlées de tiges et de capitules jaillissaient comme un geyser islandais. Pourquoi regardai-je si longtemps ce spectacle sauvage et fascinant ? Peut-être parce qu’il était sauvage et fascinant, pensai-je, avant qu’un dérapage incontrôlé du marronnier le fit s’écraser sur moi, rendant inévitable le jeu de mots que j’essayais d’éviter depuis le début.

Suite n°3
Châteaudun – je me suis promis d’y revenir en famille, et comme j’avais bêtement posé mes lunettes dans un tournant après Saint-Christophe, cela fut fait dès le lendemain. De là, nous nous sommes vaguement mis en quête, puisque j’avais un peu d’argent sur mon compte, d’une maison de campagne dans le Dunois, pariant sur le traditionnel dédain des parisiens pour la Beauce.
Ce furent des semaines faustiennes de délice immobilier sur « Le bon Coin » et « seloger.com » :
villas en bord de mer, chalets montagnards, maisons sur pilotis, je ne savais que choisir, tout faisait mon bonheur. Mais soudain, mon choix s’arrêta net, grâce à mes freins surpuissants, sur une villa d’architecte de style néo-gothique, face à la mer, 4 pièces sur 10 étages, une terrasse souterraine ensoleillée, un abri antiatomique au premier, un parc arboré de 300 hectares sur trois niveaux dans un jardin de 3,5m², une mare olympique avec mezzanine de 4 m de profondeur en poivre de Cayenne. Je pris d’une part rendez-vous parce qu’il fallait absolument que je la visse très fort, et d’autre part ma voiture parce qu’il fallait que je la visse très vite. Je roulais d’un pas haletant, jusqu’à ce que je ne roulasse plus. Une armée de sycomores me fonçait droit dessus dans la nuit noire qui était tombée comme un tank lâché d’un Spitfire s’écrasant sur une collection de céramiques chinoises. « Aaaaah ! », criai-je et pensai-je simultanément, rendant synchrones le temps d’une seconde corps et esprit, avant que l’un ne s’échappe de l’autre, m’empêchant de comprendre que ce n’étaient pas mes lunettes que l’on m’avait rendues.

Suite n°4
Ce n’est pas une crise d’adolescence, que j’ai vécu, c’est un choc pétrolier : mes besoins en pétrole augmentaient chaque jour, jusqu’à ce que, nageant au fin fond de la mer Baltique je me rende compte enfin que le pétrole dégoulinait partout, envahissant ma cale, débordant sur mon pont, engloutissant mes cabines. Il fallait réagir au plus vite, et j’achetais, afin d’écoper mon surplus énergétique, un lot de 10 cuillères à café en promo chez Ikéa. Malgré tous mes efforts conjugués au plus-que-parfait, au conditionnel présent, et même à l’impératif futur car grand était mon désespoir, je coulais inexorablement, indubitablement, incontestablement, passablement, anticonstitutionnellement. Mais je survécus, car telle était ma destinée. La crise passa, je retournai en cale sèche, la joie envahissait mon cœur, et j’aurais pu être sauvé si la météorite Pass Moil Sel 51 ne s’était abattue sur ma carcasse encore convalescente.

Suite n°5
Notre machine à laver est tombée en panne et je suis allé au Leclerc avec des idées contradictoires (...) et j’ai rapidement dépensé le coût de ma machine à laver neuve en puzzles Disney, en Naruto, en Playmobil, en pavés de rumsteak, en chaises longues, en CD de Céline Dion, en citrons verts, en papiers toilettes double épaisseur, et en casseroles en aluminium 20 cm. Après un passage en caisse sans encombre si ce n’est que ma carte de fidélité, tombée malencontreusement, s’en alla, seule, l’âme en peine, bloquer le tapis roulant, provoquant un court-circuit mystérieux qui fit sauter tous les fusibles du Leclerc, et si l’on excepte aussi, j’allais oublier, une chaise longue qui s’ouvrit soudain, envoyant voler à travers le rayon un puzzle qui s’ouvrit lui-aussi, une pièce allant taper brutalement l’alarme incendie qui déclencha une panique démentielle dans le supermarché. N’écoutant que mon courage qui usait d’un porte-voix pour couvrir les cris déchirants des clients terrifiés, je récupérai les pièces en rampant dans le rayon des congelés, les caddies en furies me percutant comme aux autos-tamponneuses de la foire d’Issoudun-Filalétin. Après donc un passage en caisse sans encombre, je m’installai sur le parking pour assembler ma machine à laver, car, malicieusement, j’en avais acheté les composants. Après avoir emboîté un rumsteak entre la page 15 d’un Naruto et le pied avant droit d'une chaise longue, enroulé dans une casserole un CD de Céline Dion dans le rouleau de papier toilette surmonté d’un citron en équilibre sur un pirate Playmobil, je fus happé par l’incroyable machine, et pris dans un programme synthétique à 60°. Une fois n’est pas coutume, je mouris.

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