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Le programme de nuit, îlot de culture (II)    Page 26 sur 28

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Curly 


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Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault - le Lun 27 Juil 2020, 12:49

Faits divers par Pierre Véry et Maurice Renault - Madame Roc ne reçoit plus (12/10/1954 Chaîne Parisienne)
de Yves Jamiaque - bruitage Gabriel de Rivage
interprétation Marcelle Géniat (la voyante), Martine Sarcey (le Dr Anna Fontier), Lucien Nat (le professeur Verdier), Geneviève Morel, Becky Rosanes, Pierre Moncorbier, Françoise Jacquier, Jeanne Dorival, Yves Duchateau, Jean Bolo, Jean Chevrin, Pierre Amel, Robert Miller, Gaétan Jor, Jean Mauvais
réalisation Pierre Billard

La présentation de Pierre Véry laisse cette fois-ci un peu plus de place au mystère. De plus, coup de chance, Yves Jamiaque n’a vraiment pas gardé grand-chose du fait divers envoyé par Raymonde Dufour (qui gagne une brochure dédicacée), et sa lecture en ouverture ne dévoile rien de la dramatique qui va suivre.
La comparaison avec « Fantôme à vendre » de René Clair est tirée par les cheveux, et la conclusion de Véry, qui ouvre sur un débat autour des pouvoirs surnaturels des voyantes n’est que la démonstration du manque momentané d’inspiration du maître de cérémonie de « Faits divers ».
Comme très souvent dans la série, autant les rubriques accusent nettement le passage du temps,  autant l’interprétation des dramatiques se défend bien contre ledit passage.
Madame Roc est une voyante qui ne reçoit plus (c’est le titre), et qui annonce des événements qui ont la mauvaise idée de se produire. Le dénouement est assez niais. Celui proposé par Raymonde Dufour était plus excitant.
Marcelle Géniat, qui joue Mme Roc, n’a pas peur d’en faire trop, le rôle s’y prêtant bien.  

Les rubriques que les Nuits ont fait sauter :
Le lancement du tout premier « jeu des titres ». Maurice Renault propose un premier fait divers pour lequel il faudra trouver un titre. L'histoire : un message de naufragés d’une goélette vénitienne datant de la fin du XVIIIème siècle a été retrouvé par un jeune homme sur une plage italienne.

L’annonce de la dramatique du 26 octobre. Pierre Véry laisse la parole à son auteur, Pierre Léaud - le père de Jean-Pierre -, qui résume le fait divers qu’il a choisi, une histoire de contrebande de cigarettes sur la Côte d’Azur.
Maurice Renault demande en quoi ce fait l’a inspiré, et c’est là que nous apprenons que l’inspiration n’est pas encore venue, que la dramatique n’est pas encore écrite, et que le futur auteur espère avoir suffisamment d’imagination pour en tirer quelque chose de présentable. Maurice Renault le reprend énergiquement là-dessus : il a tout intérêt à en avoir !
En tout cas, il y a promesse d’actions, de coups de feu, « pas de fumée sans coups de feu » ajoute Véry qui là d’un coup a son moment d’inspiration. « Touchez pas aux blondes », renchérit Léaud.
Cela donne une idée de la rapidité d’exécution des dramatiques, puisque celle-ci sera diffusée seulement 15 jours plus tard, le 26 donc, sous le nom de « Mektoub ».

Le petit courrier des amateurs de mystère et d’aventure :
Germaine Beaumont résume toujours la quasi totalité des histoires, sachant s’arrêter juste au dénouement pour que le lecteur n’ait plus que les dernières pages à lire.
Cette semaine, c’est au tour du dernier Simenon, « L’horloger d’Everton ». La synthèse qu’elle en livre ne manque toutefois pas de pertinence : « nous voyons se dérouler en sens inverse deux destinées, celle du fils roulant vers l’abîme, celle du père remontant vers le passé... ». Bertrand Tavernier l’adaptera au cinéma, en transposant l’action à Lyon (« L’horloger de Saint Paul », 1974).
Autre roman qui a attiré l’attention de Germaine Beaumont, « Vague de chaleur » de Dana Moseley. L’héroïne, « abondamment pourvue de beauté et de gentillesse », commet une impardonnable maladresse : en pleine canicule, elle s’approche trop près de sa fenêtre ouverte, et dans le plus simple appareil. Et vous devinez quoi ? On l’a vue ! Et ce « on » est nombreux, bouffi de méchanceté. Le tout s’achève par un meurtre, « bien entendu », Germaine faisant l’effort suprême de ne pas nous nommer la victime.

Les spectacles vus par Rodger :
Roger Régent s’entraîne au grand écart. Le principe : choisir deux spectacles qui n’ont strictement rien à voir entre eux et leur trouver des points communs en se coupant les cheveux en quatre. Après les avoir tirés avec « Fantôme à vendre », ce devrait être plus facile.
Une pièce et un film « dont les sujets sont identiques, mais les analogies s’arrêtent là car ce film et cette pièce ne se ressemblent guère. Quant aux auteurs, à l’esprit de qui viendrait-il de comparer Jeanson et Tchekhov ? »
Les deux œuvres comparées sont donc « Madame du Barry » de Christian-Jaque, et « La cerisaie » mise en scène par Jean-Louis Barrault.
Comparaison : « Le propos des auteurs est semblable en ceci, qu’ils s’attachent l’un et l’autre à brosser le tableau d’un monde, d’une société, d’un régime disparu et enfoui sous les tumulus des révolutions. A ceci près toutefois que lorsque Tchekhov écrit « La cerisaie » (…) la société qu’il décrivait était toujours debout, alors que le Versailles du XVIIIème siècle, (…) il y a près de deux cents ans qu’il s’est écroulé. »
Bravo Rodger.
Maintenant les points saillants de ces deux œuvres :
« Madame du Barry » : les bons mots de Jeanson et les décolletés de Martine Carol. « Les premiers sont inégaux, et les seconds sont égaux à eux-mêmes » Roger a eu le temps de prendre les mesures. C’est d’un goût douteux admet-il, mais on ne s’ennuie pas.
« La cerisaie » : « très grande qualité...admirable sûreté de trait...troupe parfaitement homogène...compositions saisissantes... »
Après la pommade, le supplice de la roue : « en réalité il n’y a pas de pièce. Et c’est peut-être pour cela qu’en définitive malgré la qualité de cette soirée, nous restons un peu sur notre faim. » Fin.

Philaunet 

Philaunet
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Michelle MAGDELAINE, historienne du ''Refuge huguenot'' - le Mer 29 Juil 2020, 22:51

Grand merci pour la recommandation suivante :
Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p240-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35795) a écrit: (...) La France dans les archives de l’Europe – série de 20 émissions – août 1982
1 - Les émigrés  protestants en Allemagne après la révocation de l'Edit de Nantes (02-08)
par Jean Montalbetti - avec Michèle Magdeleine, Helmut Cellarius et des habitants de Friedrichdorf - réalisation Jean-Claude Loiseau  
Plusieurs producteurs (Jean Montalbetti, Pierre Descargues, Françoise Malettra, Thierry Garçin) de France Culture ont sillonné l’Europe pour cette série de reportages qui commence fort.
Le reportage nous amène à Friedrichdorf, une ville dont l’histoire nous est contée par les archives, et les habitants, encore francophones en 1982.
Outre la fuite des protestants français dans les pays limitrophes, c’est l’histoire d’une ville, entièrement construite par et pour les réfugiés français.
On ne saurait trop recommander ce premier numéro, une émission d'histoire exemplaire réalisée sur le terrain avec Jean Montalbetti ("Un homme, une ville") et Michelle Magdelaine , chercheur à l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (IHMC – CNRS *), dont la dernière et unique mention sur France Culture remonte à 2006 .

* La base de données du refuge Huguenot

Philaunet 

Philaunet
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253
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Un documentaire d'histoire exemplaire : ''La France dans les archives de l'Europe'' (1982) - le Ven 31 Juil 2020, 10:52

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p240-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35820) a écrit: (...) La France dans les archives de l'Europe -
2- Les Huguenots en Hesse de Göttingen à Karlshaffen (03/08/1982)
par Jean Montalbetti - Avec Etienne François, Rudolf von Thadden et Michelle Magdelaine - Réalisation Jean-Claude Loiseau
Suite directe de la précédente émission signalée plus haut, consacrée à l’histoire des Huguenots français et de leurs descendants dans la Hesse.
Lecture et explication d’archives, et dans cette seconde partie, l’histoire de ces protestants depuis leur arrivée, leur intégration, leur attitude face aux grands événements historiques, mais aussi l’architecture de leurs villes.
Un émission toujours aussi bien construite.
Les Nuits ne diffusent pas l’intégralité de la série, puisque nous passerons ensuite directement à la la sixième partie. (...)
Exemple d'une question comme on ne peut plus en entendre, ton, articulation, clarté de la langue de Jean Montalbetti et réponse du célèbre historien Rudolf von Thadden, descendant de Huguenots : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-10.07.2020-ITEMA_22379911-2020C3372E0044-1779455909.mp3" debut="17:13" fin="18:40"]

L'espoir du retour des Huguenots au pays, par l'historienne Michelle Magdelaine (cf. post précédent n°252) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-10.07.2020-ITEMA_22379911-2020C3372E0044-1779455909.mp3" debut="25:57" fin="27:36"]

Exemple de Rudolf von Thadden pour l'histoire de la langue française en Europe centrale ; tradition de l'attachement à la maison royale de Prusse et ses conséquences [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-10.07.2020-ITEMA_22379911-2020C3372E0044-1779455909.mp3" debut="39:02" fin="41:48"]

"Les Nuits", bouée de sauvetage de la culture...

Curly 

Curly

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La France dans les archives de l'Europe, suite (1982) - Entretiens avec Alain Cuny (1976) - le Sam 01 Aoû 2020, 12:08

La France dans les archives de l’Europe – série de 20 émissions – août 1982
6 - Les Archives nationales de Stockholm (09/08)
par Pierre Descargues - Avec Jan Heidner (professeur à l'Institut des langues romanes à l'Université de Stockholm) - réalisation Nourredine Sahnouni
La visite dans les archives en sous-sol de Stockholm avec le disert Pierre Descargues.
L’émission est consacrée à deux figures de l’histoire de la Suède du XVIIème et XVIIIème siècle, à leurs liens culturels avec la France.
D’abord la reine Christine, avec à la fin une visite de la tombe de René Descartes. Remarquable est la capacité du producteur à décrire à l’auditeur les lieux visités.
Seconde partie consacrée au collectionneur Carl Gustav Tessin. Et à Louise-Ulrich de Prusse, son mariage par procuration avec Adolphe-Frédérique de Suède.
Il existe une seconde partie, « Nicomède Tessin le jeune, Karl Frédérik Scheffer, Axel de Fersen », non diffusée.

9- La papauté d'Avignon : Avignon capitale de la chrétienté (12/08)
par Françoise Malettra - Avec Anne-Marie et Michel Hayez (directeurs des archives départementales du Vaucluse) - Réalisation Elyane Milhaud
Ici c’est l’inverse, il s’agit de la seconde partie. Dès le début de l’émission, le Pape est à Avignon, et ce qui l’a amené dans cette ville semble être le sujet de la première partie, « La papauté d'Avignon : du Pape de Rome au captif de Babylone ».
L’émission raconte aussi la cohabitation entre la papauté et les avignonnais, toujours à partir de la présentation de documents d’archives.
La série semble d’une telle qualité qu’il est vraiment dommage de se contenter de cette diffusion partielle.


Entretiens avec Alain Cuny , par Fernande Schulmann (05 au 09-01-1976)
L’une des particularités de cette série de cinq entretiens est que Fernande Schulmann est une amie d’Alain Cuny. Non seulement ils se tutoient, mais l’intervieweuse semble connaître en grande partie les réponses à l’avance, ce qui permet d’orienter facilement l’entretien sur des points sensibles. Parfois, les relances sont extrêmement brèves.
Alain Cuny se livre avec beaucoup de sincérité, et en même temps se met constamment en scène. Nous avons un véritable spectacle radiophonique.
Les propos de Cuny sont de grandes tirades qui s’enchaînent de manière magistrale.
C’est un euphémisme d’affirmer qu’Alain Cuny était un homme compliqué. Le terme de monstre sacré lui va particulièrement bien.
Il raconte sa naissance adultérine, sa rencontre avec Pierre Reverdy, sa passion pour le dessin qui va l’amener très jeune à faire des affiches pour le cinéma, sa tentative de suicide qu’il ne craint pas de raconter par le menu, la psychanalyse...
Paul Claudel, dont il est assez peu question de manière explicite, innerve la totalité des entretiens.
L’évocation de Jean Vilar laisse apparaître une grande rivalité entre les deux hommes, Cuny ne ménageant pas ses piques.
Il a peu enseigné le théâtre, avouant la crainte de sa compagne. Manifestement très séducteur, elle craignait une liaison avec une étudiante...
Dans le dernier entretien, avant de prendre la défense d’un homme condamné pour avoir tué toute sa famille, il prétend regretter ne pas avoir rencontré les étudiants de mai 68 pour le parler de Claudel l’anarchiste…
Quant à son apprentissage, tout semble avoir été d’une grande facilité pour lui. Révélé d’entrée dès sa première audition, accidentelle, chez Charles Dullin, tout semble couler de source avec lui.
Le projet, mûri depuis les années 40, d’un film d’après « L’annonce faite à Marie » de Claudel, viendra se concrétiser à la fin des années 80. Le film est sorti en 1991.
Alain Cuny a, dès l’après-guerre et jusqu’au début des années 90, soit durant la quasi totalité de sa carrière, joué pour la radio.



Dernière édition par Curly le Dim 02 Aoû 2020, 16:26, édité 1 fois

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Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault - le Dim 02 Aoû 2020, 13:04

Faits divers par Pierre Véry & Maurice Renault – réalisation Pierre Billard
Le tir au pigeon (08/02/1955) de Pierre Véry –
interprétation - les tireurs : Jean Tissier (Antoine Marmion), Rosy Varte (Catherine Le Blanc)
- les pigeons : Maurice Ronet (Philippe Lesueur), Jean-Louis Trintignant (Christian Gaubert), Jacques Duby (Hubert Delanoux)
et Geneviève Morel, Caroline Clerc, Guy Decomble, André Wasley, Pierre Moncorbier, Jean Chevrin
Le fait divers choisi : un couple qui allait d’hôtels en hôtels et disparaissait à chaque fois sans laisser de trace. Les raisons ne sont pas données.
Pierre Véry n’est pas allé très loin pour trouver une explication. Au bout de quelques minutes, nous sommes fixés, et nous avons compris le titre. Le dialogue d’ouverture entre Catherine et Philippe est trop chargé de clichés pour sonner juste.
La réalisation est toujours aussi enlevée, et quelques ellipses bien senties permettent d’aller encore plus vite à l’essentiel. Philippe annonce qu’il va voir son oncle collectionneur d’art, et une seconde plus tard, sans même une seule transition musicale (il n’y en a pas dans la dramatique, contrairement aux habitudes de Billard) nous y sommes, et son père s’y trouve aussi, vitupérant contre lui.
L’essentiel ce sont les numéros du couple Rosy Varte et Jean Tissier, à qui Véry réserve un grand numéro tire-larme délicieux.
Là où Pierre Véry introduit un élément plus profond, c’est dans la toute dernière scène, où Philippe part rejoindre Catherine à la gare, malgré ce qu’il vient d'apprendre sur elle.

Le jeu des titres, coupé par les Nuits.
Le fait divers à titrer était encore bien coquin. « Londres. Le divorce a été accordé à Miss Barbara Curtis. Son mari l’avait quittée le lendemain de son mariage pour aller passer sa lune de miel avec la sœur jumelle de sa femme. Il n’a même pas essayé de prétendre qu’il avait été abusé par la ressemblance. »
Parmi les titres proposés par les auditeurs : « Sœur prise partie », « L’embarquement pour sister », « La sœur en est jetée », « Vol de nuits », « L’échange » en hommage à Claudel, « Eclipse de l’une »...
Pour la fine équipe de Faits divers, le meilleur est « Le double de la moitié ».
Le prochain fait divers à titrer est encore anglais. Enfin c’est plutôt un non-fait divers : un révérend vient à Paris pour participer à un concours international de tricots. Le révérend tricote « depuis sa plus tendre enfance. Et pendant la guerre de 14-18, dans l’armée, il tricotait même à cheval ».

Le fait divers retenu pour une prochaine dramatique ressemble à l’intrigue d’un film de Fritz Lang, « House by the River ». C’est l’histoire du criminel qui se dénonce lui-même en racontant son crime dans un récit. Dans le fait divers, c’est dans un concours de nouvelles.
La dramatique, « Crime hors concours », diffusée le 22-02-1955, est signée Boileau-Narcejac.

Le petit courrier.
Germaine Beaumont veut franchement nous faire peur. « Les amateurs de sensations fortes me seront gré de leur procurer d’exceptionnels cauchemars ».
Dans le premier roman, « L’enfer pour Jennifer », une femme tente d’innocenter son mari accusé du meurtre de sa première femme. Elle y réussit, avoue directement Germaine Beaumont, anéantissant le suspense tant vanté deux secondes auparavant. Mais comme promis, il va y avoir des cadavres à la  pelle, « aussi bien rangés que des clémentines chez un marchand de primeur ».
Un détail marquant, dans le roman un personnage exerce le métier de « relaxacisor ». Il paraît que c'est un masseur pour dames fortunées.
Deuxième roman, « La mort qui roule », un livre « positivement effrayant », ce qui n’apparait pas comme évident dans la présentation de l’intrigue. Lors d’une enquête, un agent du FBI (du éf-bé-i) tombe amoureux d’une strip-teaseuse. Une fois de retour chez lui il n’arrive plus à la joindre. Et c’est tout. La suite, Germaine ne trouve pas les mots pour la raconter tellement la terreur est au rendez-vous. « Tout ce que je puis dire, c’est qu’ayant refermé le livre, je me suis sentie qualifiée pour les soins expérimentés d’un relaxacisor ».

Les spectacles vus par Roger Régent.
« Le cinéma nous gâte ces jours-ci » commence-t-il. Le doute est jeté sur le sens du verbe « gâter ». C’est massacre à la tronçonneuse qui commence, avec trauma profond pour tous les amateurs de cinéma.
La sortie du « Crime était presque parfait » d’Alfred Hitchcock permet à Roger de ressortir tous les poncifs sur Hitchcock « habile faiseur mais sans plus », très en vogue dans les années 50, et contre lesquels se sont battus les jeunes « Cahiers du cinéma ».
On passera sur la comparaison avec Clouzot (Les diaboliques venaient tout juste de sortir), qui permet d’achever définitivement Hitchcock.
Les observations de Roger : il a vu la pièce dont est tiré le film, et il n’avait pas tout compris. Le film est donc mieux, il a tout compris, et puis avec les gros plans on peut voir ce qu’il faut voir, alors qu’au théâtre, on n'a pas forcément une jumelle…
Mais...le film est théâtral, c’est du « théâtre photographié ».
Pour finir, après avoir quand même envoyé une pique à Clouzot, pour contrebalancer l’excès d’éloge à son endroit, un film mignon, qui permet de passer une soirée-cinéma avec Audrey Hepburn, à défaut de pouvoir l’inviter au restau, « Sabrina », «pour ceux ne raffolent pas des émotions fortes et qui aiment les comédies aimables, charmantes ». « Moins réussi que « Vacances romaines » de William Wyler dans sa dernière partie », on ne saura jamais pourquoi. On ne saura jamais non plus que Billy Wilder en est le réalisateur, et qu’y jouent aussi Humphrey Bogart et William Holden, qui sont pour Roger certainement de trop.

Les Nuits ont fait sauter une annonce importante : la semaine suivante un perroquet qui a la mémoire des chiffres s'invite dans Faits divers. Il sera au centre d'une dramatique policière, « Les perroquets vivent cent ans », signée du plus fin amateur de suspense et de séries noires : Roger Régent.

Philaunet 

Philaunet
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Parce qu'elle se prénommait Christine - le Dim 02 Aoû 2020, 19:12

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p240-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35820) a écrit: (...) La France dans les archives de l'Europe - 2- Les Huguenots en Hesse de Göttingen à Karlshaffen (03/08/1982)
(...)Un émission toujours aussi bien construite.
Les Nuits ne diffusent pas l’intégralité de la série, puisque nous passerons ensuite directement à la la sixième partie.(...)
Et pourquoi la personne chargée de choisir dans cette série de 20 épisodes a-t-elle sélectionné la 6e ? Sur quels critères ? Quels ont été les principes qui l'ont amenée à diffuser la 6e et non la 3e ?

Deux hypothèses :
1/ pour faire plaisir aux responsables de ce forum où se trouve un fil louangeur dévolu à Pierre Descargues, lequel dirigeait ce numéro intitulé : 6 - Les Archives nationales de Stockholm ;  
2/ pour remplir le quota féministe des "Nuits" dont le responsable doit sans doute rendre des comptes à sa hiérarchie, Mme Treiner, soutien ouvert de la Maison des femmes qui clame urbi et orbi ses convictions féministes devenues objectif n°1 de la station.

Même principe à l’œuvre qu'ici :
Curly(http://regardfc.1fr1.net/t735p260-les-sujets-obsessionnels-de-france-culture-et-ses-icones#35882) a écrit:L’esprit d’ouverture tourne tellement en rond, mais des petits petits ronds, tout pitchounets, que Téléram’ doit suivre toute cette créativité en republiant d’anciens articles. On appelle ça dans le milieu « une mise à jour » .
Donc, « Ayn Rand, écrivaine odieuse et moderne, vue par Xavier de La Porte » (...)
Pourquoi Ayn Rand est-elle ainsi mise en valeur sur l’antenne depuis trois ans ? Parce que, même si elle est très critiquée, c’est une femme, et une femme d’influence, donc hop, on mouline. Si Ayn avait pensé pareil mais s’était appelée Burt, il aurait été l’équivalent de zéro minute d’antenne d’esprit d’ouverture..
Ce 6e numéro était-il le numéro adéquat pour faire suite à l'exceptionnelle conversation entre Montalbetti et Magdelaine dans les deux premiers épisodes ?
Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35883) a écrit:La France dans les archives de l’Europe – série de 20 émissions – août 1982
6 - Les Archives nationales de Stockholm (09/08)
par Pierre Descargues - Avec Jan Heidner (professeur à l'Institut des langues romanes à l'Université de Stockholm) - réalisation Nourredine Sahnouni
La visite dans les archives en sous-sol de Stockholm avec le disert Pierre Descargues.
L’émission est consacrée à deux figures de l’histoire de la Suède du XVIIème et XVIIIème siècle, à leurs liens culturels avec la France.
D’abord la reine Christine, avec à la fin une visite de la tombe de René Descartes. Remarquable est la capacité du producteur à décrire à l’auditeur les lieux visités. (...)
Pierre Descargues est disert car son vis-à-vis n'a rien à dire, ce dernier étant handicapé de devoir s'exprimer dans une langue étrangère ou/et intimidé, ou/et non préparé. Du coup Descargues meuble, c'est très pénible. L'émission est agrémentée de citations, comme cette lettre de Blaise Pascal de juin 1652 à "La Sérénissime reine de Suède" qui a dû plaire à quelque personne de l'équipe de Philippe Garbit : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-17.07.2020-ITEMA_22384402-2020C3372E0045-1779455909.mp3" debut="11:56" fin="15:30"]
Seconde partie consacrée au collectionneur Carl Gustav Tessin. Et à Louise-Ulrich de Prusse, son mariage par procuration avec Adolphe-Frédérique de Suède.  (...)
Ce n'est pas pour vous déplaire, mais cette partie est tout aussi ennuyeuse, j'ai coupé au moment où Descargues pour arracher quelques mots à son interlocuteur, lui a demandé, comme pour la reine de Suède, à quoi Tessin ressemblait, s'il était gros, petit, maigre, etc.

Curly 

Curly

257
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La France dans les archives de l'Europe - le Dim 02 Aoû 2020, 20:54

Petit retour sur le message précédent.

Philaunet(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35885) a écrit:
Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p240-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35820) a écrit: (...) La France dans les archives de l'Europe - 2- Les Huguenots en Hesse de Göttingen à Karlshaffen (03/08/1982)
(...)Un émission toujours aussi bien construite.
Les Nuits ne diffusent pas l’intégralité de la série, puisque nous passerons ensuite directement à la la sixième partie.(...)
Et pourquoi la personne chargée de choisir dans cette série de 20 épisodes a-t-elle sélectionné la 6e ? Sur quels critères ? Quels ont été les principes qui l'ont amenée à diffuser la 6e et non la 3e ?

Deux hypothèses :
1/ pour faire plaisir aux responsables de ce forum où se trouve un fil louangeur dévolu à Pierre Descargues, lequel dirigeait ce numéro intitulé : 6 - Les Archives nationales de Stockholm ;  
2/ pour remplir le quota féministe des "Nuits" dont le responsable doit sans doute rendre des comptes à sa hiérarchie, Mme Treiner, soutien ouvert de la Maison des femmes qui clame urbi et orbi ses convictions féministes devenues objectif n°1 de la station.
J’aurais une préférence pour une troisième :
il a été choisi de faire entendre une partie de ce que chaque producteur a proposé, de manière plus ou moins anarchique parce qu’il manque par exemple la suite de la partie suédoise, et le début de la partie avignonnaise. Après, pour le mois d’août, ce sera la partie italienne, donc des émissions produites par Françoise Malettra, diffusées partiellement, et pas toujours dans l’ordre.
Pas sûr qu’il y ait une histoire de « quota féministe » dans cette histoire : la partie sur Catherine II est passée à la trappe.

Philaunet(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35885) a écrit:

Pierre Descargues est disert car son vis-à-vis n'a rien à dire, ce dernier étant handicapé de devoir s'exprimer dans une langue étrangère ou/et intimidé, ou/et non préparé. Du coup Descargues meuble, c'est très pénible.
Il dit lui-même ce que l’invité ne peut dire avec aisance. Il semble connaître en grande partie les réponses de son interlocuteur.
Il est toujours soucieux de faire partager l'ambiance des lieux aux auditeurs.

Philaunet(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35885) a écrit:
j'ai coupé au moment où Descargues pour arracher quelques mots à son interlocuteur, lui a demandé, comme pour la reine de Suède, à quoi Tessin ressemblait, s'il était gros, petit, maigre, etc.
D'accord, là il y a du mou.
La question est très orientée, car Pierre Descargues semble connaître la réponse et sait où il veut aboutir. Tessin ne correspond pas à l’image que l’on se fait du « colosse suédois », et s’intègre mieux dans la société parisienne. Mais Jan Heidner ne rebondit pas et peine ensuite à décrire quelques portraits du collectionneur. Puis les motivations du collectionneur, les relations avec sa femme, qu’il a ruiné par ses achats, et son influence sur l’évolution de l’architecture en Suède.
Cela ne manque pas d’intérêt, même s’il est évident que Jan Heidner éprouve quelques difficultés avec la langue française.

Philaunet 

Philaunet
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258
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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) - le Dim 02 Aoû 2020, 22:08

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35886) a écrit:Petit retour sur le message précédent.
(...) Tessin ne correspond pas à l’image que l’on se fait du « colosse suédois », et s’intègre mieux dans la société parisienne. Mais Jan Heidner ne rebondit pas et peine ensuite à décrire quelques portraits du collectionneur. Puis les motivations du collectionneur, les relations avec sa femme, qu’il a ruiné par ses achats, et son influence sur l’évolution de l’architecture en Suède.
Cela ne manque pas d’intérêt, même s’il est évident que Jan Heidner éprouve quelques difficultés avec la langue française.
Ce n'est pas tant la maîtrise de la langue française, car Jan Heidner a un bon niveau, que la situation de communication qui rend le dialogue un peu stérile : il y a des conditions d'enregistrement en extérieur qui peuvent paralyser la parole (où sont les micros et le preneur de son ?) et puis la forte impression faite en 1982 par une équipe de la prestigieuse (où sont les neiges d'antan ?) radio culturelle française, France Culture, sur un érudit suédois ("professeur à l'Institut des langues romanes à l'Université de Stockholm"), plutôt calé sur les langues que sur l'histoire de son pays.



Dernière édition par Philaunet le Dim 02 Aoû 2020, 22:58, édité 1 fois

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Alain Cuny à voix nue - le Dim 02 Aoû 2020, 22:51

Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35883) a écrit: (...) Entretiens avec Alain Cuny , par Fernande Schulmann (05 au 09-01-1976)
L’une des particularités de cette série de cinq entretiens est que Fernande Schulmann est une amie d’Alain Cuny. Non seulement ils se tutoient, mais l’intervieweuse semble connaître en grande partie les réponses à l’avance, ce qui permet d’orienter facilement l’entretien sur des points sensibles. Parfois, les relances sont extrêmement brèves.
Et c'est très bien. Le tutoiement passe très naturellement.
Alain Cuny se livre avec beaucoup de sincérité, et en même temps se met constamment en scène. Nous avons un véritable spectacle radiophonique.
Les propos de Cuny sont de grandes tirades qui s’enchaînent de manière magistrale.
Je n'ai pas eu ce sentiment. Quand on connaît les vociférations du bonhomme, on est assez surpris par son débit modéré et ses hésitations. Mais ce qui frappe surtout (si l'on écoute FC en 2020), c'est la grande qualité de sa langue, lexique comme syntaxe.
C’est un euphémisme d’affirmer qu’Alain Cuny était un homme compliqué. Le terme de monstre sacré lui va particulièrement bien.
Il raconte sa naissance adultérine, sa rencontre avec Pierre Reverdy, sa passion pour le dessin qui va l’amener très jeune à faire des affiches pour le cinéma, sa tentative de suicide qu’il ne craint pas de raconter par le menu, la psychanalyse...
On sent qu'il a été très marqué par un certain René Laforgue auquel il tresse des lauriers (il n'a pas aimé qu'Albert Camus sourie en présence, et sans doute à l'écoute, du psychanalyste...).
Paul Claudel, dont il est assez peu question de manière explicite, innerve la totalité des entretiens.
Tout le monde n'a pas la même vision de Paul Claudel que Cuny qui présente le dramaturge comme un anarchiste et le frère de Camille comme bienveillant envers sa sœur.
L’évocation de Jean Vilar laisse apparaître une grande rivalité entre les deux hommes, Cuny ne ménageant pas ses piques.
Il donne sa version de son éviction du rôle de Macbeth par Vilar pour une tournée en Amérique du sud, visiblement cela lui est resté sur l'estomac.
Alain Cuny a, dès l’après-guerre et jusqu’au début des années 90, soit durant la quasi totalité de sa carrière, joué pour la radio.
Si c'est un appel à Philippe Garbit des Nuits de FC, je le signe.

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Re: Le programme de nuit, îlot de culture (II) - le Dim 02 Aoû 2020, 23:01

Rappel de l'avant-dernier message

Philaunet(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35887) a écrit:
Curly(http://regardfc.1fr1.net/t852p250-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#35886) a écrit:Petit retour sur le message précédent.
(...) Tessin ne correspond pas à l’image que l’on se fait du « colosse suédois », et s’intègre mieux dans la société parisienne. Mais Jan Heidner ne rebondit pas et peine ensuite à décrire quelques portraits du collectionneur. Puis les motivations du collectionneur, les relations avec sa femme, qu’il a ruiné par ses achats, et son influence sur l’évolution de l’architecture en Suède.
Cela ne manque pas d’intérêt, même s’il est évident que Jan Heidner éprouve quelques difficultés avec la langue française.
Ce n'est pas tant la maîtrise de la langue française, car Jan Heidner a un bon niveau, que la situation de communication qui rend le dialogue un peu stérile : il y a des conditions d'enregistrement en extérieur qui peuvent paralyser la parole (où sont les micros et le preneur de son ?) et puis la forte impression faite en 1982 par une équipe de la prestigieuse (où sont les neiges d'antan ?) radio culturelle française, France Culture, sur un érudit suédois ("professeur à l'Institut des langues romanes à l'Université de Stockholm"), plutôt calé sur les langues que sur l'histoire de son pays.

C'est vrai que ses hésitations et ses silences sont sans doute liés à sa timidité, il n'y a pas d'incorrections dans son langage. Mais il maîtrise son sujet, ce qu'il peine à montrer. Après une petite recherche, il s'avère que Jan Heidner est justement spécialisé dans l'histoire du XVIIème et XVIIIème siècle.
Jan Heidner a écrit une thèse sur les lettres de Karl Frefrik Scheffer à Carl Gustav Tessin, ainsi que sur les Mémoires de la reine Christine (un article par exemple, « D'Alembert et Holberg critiquent les Mémoires de la Reine Christine, Influences, Relations culturelles entre la France et la Suède »). Donc il était à priori le bon interlocuteur pour cette émission.

Curly 

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Magie et vérité des sons par Guy Erismann - suite - le Mar 04 Aoû 2020, 13:30

Magie et vérité des sons par Guy Erismann, réalisation Janine Antoine
Suite de « l’enquête sur l’art et l’usage des enregistrements sonores », cf plus haut.

5 -  André Schaeffner (29/07/1964), anthropologue et ethnomusicologue, directeur du département d'ethnomusicologie musée de l'Homme.
Il a été déjà été question d’un hommage à André Schaeffner à propos d’un numéro de « La musique et les hommes ».
Sur les deux heures que durent l’émission, seulement une demi-heure retrace l’histoire de l’enregistrement en ethnomusicologie.
Nous avons l’impression qu’André Schaeffner  est quelque peu las de raconter pour la énième fois la même histoire, qu’il déroule avec lenteur et sûreté.
Nous pouvons écouter quelques enregistrements effectués par des ethnologues de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle avec un phonographe Edison. L’arrivée du magnétophone portatif a considérablement facilité le travail des ethnologues.
Le reste de l’émission, donc l’essentiel, fait un peu doublon avec la partie Henry Barraud et Michel Philippot. On en arrive à la différence entre les musiques « primitives » et les musiques dites « civilisées ». Il y a comme un flottement, une gêne, dans l’utilisation de cette terminologie, et c'est compréhensible.
Guy Erismann interroge André Schaeffner sur la différence, et ses préférences, entre la musique enregistrée en studio et celle enregistrée en public. C’est en tant que président de la Société française de musicologie qu’intervient l’invité durant le restant de l’émission, et ses interventions présentent de gros points communs avec celles de Henry Barraud.
La programmation musicale, choisie par Schaeffner, est ensuite plus conventionnelle, avec explications succinctes.
Le choix au début du scherzo « à la bulgare » du 5ème quatuor de Bartok, avec une explication du rythme, en réalité d’inspiration turque, est celui pour lequel Schaeffner s’investit un minimum.
Ensuite, ce seront de brèves présentations suivies de l’extrait : Pierrot lunaire de Schoenberg, Don Carlos de Verdi, Boris Godounov de Moussorgsky, qui est rapproché, ce qui est surprenant, de Noces de Stravinsky, par le miracle de l’écoute sur disque, et enfin de l’orgue avec Francis Chapelet jouant du Correa de Arauxo dans une petite église espagnole (Covarrubias).
Tout l’aspect ethnomusicologique, qui aurait pourtant dû être au centre de cette émission de 2h, a été liquidé dans la première demi-heure.

6 - Jean Thévenot (31/07/1964), journaliste, producteur d'émissions de radio et de télévision.
Jean Thévenot a créé sur les ondes en 1948 la première émission proposant l’écoute d’enregistrements amateurs. L’émission va s’appeler « Aux quatre vents » avant de devenir dans les années 70 «Chasseurs de sons stéréo » sur France Musique et « Chasseurs de sons » sur France Culture. La diffusion d’enregistrement amateurs a disparu de l’antenne au début des années 2000.
Après la disparition de Jean Thévenot en 1983, Paul Robert et Dominique Calace de Ferluc avaient repris le flambeau, le dimanche matin à 7h.

Le problème avec les enregistrements amateurs, c’est que justement, comme le souligne Guy Erismann, ils sont souvent pittoresques, anecdotiques. La première heure propose en nouvelle diffusion une anthologie d’enregistrements amateurs, « Pris sur le vif » (1961), qui nous emmène de Gustave Eiffel à une éclosion de poussin, en passant par un papa qui a enregistré l’accouchement de sa femme…
Un autre amateur a éprouvé la solidité de la bande magnétique en lisant plusieurs milliers de fois le même passage.
Un autre (ou alors c'est le même je ne sais plus) a enregistré sa fille lisant le même conte, chaque année, de l’âge de 7 ans à 12 ans.

Deux choses : d’abord tout cela paraît totalement futile. Ensuite il est évident, et le constat est le même avec la vidéo, que l’on ne se comporte pas de la même manière lorsque l’on est conscient que l’on est enregistré.

Pour cette émission, Guy Erismann s’est mis en retrait et laisse le champ libre à son invité.
La présentation de différentes associations, notamment les échanges de « voix » qui permettent  de faire connaissance avec des correspondants du monde entier, aboutit à l’évocation d’un futur « magnétoscope » accessible aux particuliers. Que dire, alors que nous en sommes aux films sur téléphones portables...

Un instituteur vient aussi présenter, exemples à l’appui, les intérêts d’une utilisation pédagogique du magnétophone. Les élèves ont l’air enthousiastes, le maître tente parfois de les modérer un peu.
Faire entendre à l’élève sa propre voix permet de travailler plus efficacement la lecture, c’est ce qui est montré avec l’enregistrement d’un élève israélien. L’enregistrement n’est plus alors une expérience comme celle du père enregistrant sa fille lisant le même conte à différents âges, mais une aide apportée à l’élève afin qu’il progresse.
Lorsque les élèves envoient une bande à des correspondants étrangers, la magie du montage offre la possibilité de gommer les fautes de lecture.

Jean Thévenot est allé rendre visite à Marcel Allain, l’auteur de Fantômas. Il raconte sa méthode d’écriture, la même depuis 1911 lorsqu'il travaillait avec Pierre Souvestre : il enregistre son texte au phonographe, et il ne reste à sa secrétaire qu’à dactylographier le cylindre. Il les réutilise plusieurs fois en les rabotant. Il récupère des cylindres à droite à gauche qu’il rabote afin d’enregistrer sa voix par dessus. Il est donc semble-t-il le responsable de la destruction d’un certain nombre d’enregistrements de caf conc’, qu’il a détruit sans aucune arrière-pensée. Jean Thévenot n’en revient pas.
Nous avons l'honneur d'écouter un bout d'un de ses cylindres récents. Le son est atroce. L'auteur refuse de passer au magnétophone, pourtant plus pratique.

9- Jean-Marie Grenier (14/08/1964)
Passons plus rapidement sur cette partie, qui est une sorte de continuation de la précédente. Jean-Marie Grenier est critique de disques. Et adepte d’expériences qui sont tombées en totale désuétude : le diaporama sonore. Il a par exemple ramené Don Giovanni de Mozart à 45 mn, résumant l’action et superposant à la musique des images « symboliques » prises à Aix-en-Provence, festival lyrique oblige.
Ses idées sont très arrêtées : par exemple, il trouve que c’est un sacrilège de mettre du Vivaldi dans un documentaire sur les centrales nucléaires. Mais pourquoi pas ?

Les vingt dernières minutes : la fin de Tannhauser dirigé à Bayreuth en 1962 par Wolfgang Sawallisch. Enregistrement imparfait, mais qui d’après Jean-Marie Grenier rend compte de l’ambiance du lieu.



Dernière édition par Curly le Mer 05 Aoû 2020, 23:01, édité 1 fois

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