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La Grande table - Tirons la nappe !    Page 36 sur 40

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Re: La Grande table - Tirons la nappe ! - le Jeu 09 Aoû 2018, 16:11

Connaissez-vous Romain de Becdelievre, producteur de La grande table d'été tout droit sorti d'une planche de Fabcaro extraite de son album Zaï zaï zaï zaï (2015). Si non, découvrez-le ci-dessous :

La Grande table - Tirons la nappe ! - Page 36 File

À la manière de sa maîtresse Richeux, Becdelievre prépare ses entretiens en mûrissant quelques hypothèses de lecture qu'il s'imagine en germe dans l'oeuvre présentée par son invité. En les servant au micro, il vise des réponses souhaitées qui justifieront les postulats travaillés. Ses questions introduites par : « Diriez-vous » en attestent, de même que l'abus du conditionnel, qui ferment le champ des possibles avant même que les intentions de l'invité aient été connues des auditeurs. Voici quelques exemples pris aujourd'hui jeudi 9 août 2018 dans l'émission intitulée Patois mon toit :

- Première question, 3e minute : (...) vous diriez que le patois c'est une langue ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="02:54" fin="03:10"]
- 9e minute : Est-ce qu'on peut parler d'une forme de réappropriation (...) ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="08:58" fin="09:12"] (qui est ce on ?)
- 12e minute : Vous diriez que chanter en langue locale, ce serait un meilleur moyen (...) ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="12:35" fin="12:50"]
- 21e minute : Vous diriez aussi qu'il y a des langues ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="21:25" fin="21:32"]
- 29e minute : Sourdure (nom de l'invité), vous diriez aussi qu'il faut se méfier de la notion de folklore ? [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="29:17" fin="29:26"]

- Un autre exemple de conclusion hâtive déduite de la réponse de l'invité qui ne se laisse toutefois pas faire : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/17397-09.08.2018-ITEMA_21766194-10.mp3" debut="08:00" fin="08:25"]

Becdelievre n'est pas le seul à choisir à la place de l'invité les mots de sa réponse à l'intérieur de ses questions de façon régulière. D'autres producteurs prennent en charge ce qu'ils veulent entendre de lui.

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C'est patois - le Ven 10 Aoû 2018, 10:12

Jean-Luuc(http://regardfc.1fr1.net/t337p340-la-grande-table-tirons-la-nappe#30994) a écrit:Connaissez-vous Romain de Becdelievre, producteur de La grande table d'été tout droit sorti d'une planche de Fabcaro extraite de son album Zaï zaï zaï zaï (2015).Si non, découvrez-le ci-dessous (...)
C'est ci-dessus maintenant et c'est très bien vu !
À la manière de sa maîtresse Richeux, Becdelievre prépare ses entretiens en mûrissant quelques hypothèses de lecture qu'il s'imagine en germe dans l'oeuvre présentée par son invité. En les servant au micro, il vise des réponses souhaitées qui justifieront les postulats travaillés. Ses questions introduites par : « Diriez-vous » en attestent, de même que l'abus du conditionnel, qui ferment le champ des possibles avant même que les intentions de l'invité aient été connues des auditeurs. Voici quelques exemples pris aujourd'hui jeudi 9 août 2018 dans l'émission intitulée Patois mon toit (...)
France Culture si prévisible ! Lire le mot "patois" dans un titre d'émission, c'est voir défiler l'émission avant même de l'écouter : "les langues autres que le français sont discriminées et leurs locuteurs pareillement". Bref, une émission ainsi titrée ne peut être qu'une charge unanime : accuser,  se poser en victime et en rebelle. France Culture a toujours un micro complaisant pour ce discours. Et l'on n'est pas déçu par les citations de la page descriptive, notamment celle de l'inénarrable Denez Prigent "Je refuse d’entendre que je parle une langue régionale. C’est méprisant et anachronique. La langue bretonne a plus de 1500 ans, elle est en l’occurrence plus ancienne que le Français. Il ne faut pas hiérarchiser les langues, les visions du monde, il n’y a que des langues du monde". [message au transcripteur h/f, "le français", en minuscule). Denez Prigent a gagné une nouvelle invitation à France Culture avec sa déclaration,  et, qui sait, une émission hebdomadaire ou estivale.      

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Précisions demandées - le Ven 10 Aoû 2018, 11:49

"Il ne faut pas hiérarchiser les langues, les visions du monde, il n’y a que des langues du monde"
Qu'est-ce qui vous choque dans cette remarque ? J'espère qu'au moins vous admettez ce point de vue, même si ce n'est pas le vôtre : on ne peut pas exiger des invités de FC qu'ils adoptent systématiquement vos positions.
Vos précisions permettront (peut-être) de mieux comprendre vos critiques.

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Olivia Gesbert ou Madame premier degré - le Lun 24 Sep 2018, 14:05

Moment de radio : bienvenue sur France Culture 2018. Extrait de La grande table, ce jour lundi 24 septembre 2018 Affronter les limites plutôt que les effacer, minute 24 : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18755-24.09.2018-ITEMA_21822557-2.mp3" debut="24:25" fin="27:40"]

Écoutez la différence de réaction entre Gesbert et son invité Jean-François Braunstein. Qui ne sourirait pas à l'écoute de l'extrait ? Ne serait-ce que la collision des deux moments montés l'un après l'autre est drôle. C'est tout bonnement sain, avant même de porter le moindre jugement. Au lieu de cela Gesbert fonce tête baissée. Pas une once de perspective d'approche, de critique journalistique : elle embrasse la cause. Est-ce bien le rôle d'une journaliste/productrice ?

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Re: La Grande table - Tirons la nappe ! - le Lun 24 Sep 2018, 16:20

Jean-Luuc(http://regardfc.1fr1.net/t337p350-la-grande-table-tirons-la-nappe#31337) a écrit:Moment de radio : bienvenue sur France Culture 2018. Extrait de La grande table, ce jour lundi 24 septembre 2018 Affronter les limites plutôt que les effacer, minute 24 (...) Pas une once de perspective d'approche, de critique journalistique : elle embrasse la cause. Est-ce bien le rôle d'une journaliste/productrice ?
Je m'interroge, mais dans un autre sens.

Matin, midi et soir, Erner, Gesbert et Gardette. Ces trois présentateurs sont loin d'être des simples d'esprit (normal, ils sont sur France Culture Smile). Si l'on connaît, de par leur manière d'aborder les sujets, leurs points de vue conformes au paradigme idéologique de la chaîne, ils font attention à équilibrer les présentations, c'est ici le cas.

Verbatim : Olivia Gesbert "C'est intéressant dans cette séquence de nous interroger effectivement tous sur nos propres stéréotypes, de comprendre aussi que cette personne peut aussi avoir choisi quelle était son identité, comment elle se vivait, se ressentait (...)"

Olivia Gesbert connaît le poids des mots : elle ne dit pas, même si elle le pense, qu'il faut nous interroger, mais que "c'est intéressant de nous interroger". Que peut-on reprocher à cela ? Amusant et qui trahit la présentatrice : l'accent d'intensité sur "tous"

Suite : "Là où ça devient plus compliqué c'est quand dans nos choix, on attend des autres qu'ils voient de nous ce qu'on considère ou ce qu'on ressent être".

L'invité lui emboîte le pas avec cette dernière déclaration.

Remarque : le premier "nous" est celui correspondant aux méchants qui stigmatisent, le second "nous" est celui de la victime victimisée (laquelle peut également stigmatiser, ce qu'elle fait, mais que personne n'ose dire d'ailleurs, surtout pas à FC... Ah le mâle blanc hétérosexuel de plus de 50 ans, cette engeance ! Smile).

On pourrait analyser cette utilisation vicieuse ( = floue, ambiguë) du mot "nous", mais le temps manque. Je m'en remets à la sagesse et l'intelligence du lecteur (h/f et nb - non-binaire) de ce forum.

NB (= Nota Bene) : La séquence a fait le tour du web et la vidéo est sans doute une des plus amusantes (et stupéfiantes) de l'année. D. Schneidermann se fait prendre à son propre piège en accusant son émission de sexisme, la mode intello étant pour un homme de faire remarquer dans une assemblée d'hommes qu'il n'y a pas de femmes et que ce n'est pas bien du tout, ça. Drôle, vraiment.

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Grande table, mais non étoilée - le Ven 19 Oct 2018, 14:04

Adieux, 13e. L'occasion est donnée par la page rappelant celle d'un écolier (ici c'est une écolière, comme d'habitude)   L’économie collaborative est-elle une impasse ?  19/10/2018.

(...) il [Eloi Laurent] réfléchit sur les valeurs d’échanges, de partage, de solidarité dans la crise actuelle, pour amorcer une transition sociale et écologique.

La croissance n’étant plus source de prospérité humaine, il appelle à changer de cap, et c’est là qu’émerge le concept de coopération sociale, concept qu’il nous faut maintenant définir...

   Ce qui fait la prospérité de l’espèce humaine, c’est la capacité de coopérer.                          
   (Eloi Laurent)

   Wikipédia, ce n’est pas de la construction de connaissance, mais de la validation de connaissance.                        
   (Eloi Laurent)

   L’économie, c’est la coopération pour le bien-être (…) Ce n’est pas le
[sic] division efficace du travail, c’est l’échange de compétences partagées.                        
   (Eloi Laurent)


Un catéchisme qui prend les auditeurs pour des imbéciles. L'écoute vaut aussi son pesant de cacahuètes.

***********

L'occasion originale de revenir une dernière fois dans ce fil était le numéro du 21/09/2018 Jeffrey Eugenides, middle class et vies moyennes dans lequel l’écrivain américain a donné une leçon de littérature, voire une leçon tout court, à Mme Gesbert, laquelle, impassible, a récité ses questions passe-partout et prévisibles avec une indifférence marquée.

Les anglophones écouteront attentivement les propos en anglais de l'écrivain dont le traducteur "aplanit" quelque peu les réponses.

Les hommes aujourd'hui ; "un recueil castrateur ou libérateur parce que jubilatoire" ? Et un humour bas de gamme [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-21.09.2018-ITEMA_21818979-0.mp3" debut="01:38" fin="03:19"]

"Quel est notre principal sujet de plainte ?" [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-21.09.2018-ITEMA_21818979-0.mp3" debut="03:18" fin="05:52"]

Une bonne séance de jérémiades = bain à remous revigorant [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-21.09.2018-ITEMA_21818979-0.mp3" debut="07:34" fin="08:02"]     Eugenides a décrit France Culture...

Une dernier passage : l’écrivain à messages... [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-21.09.2018-ITEMA_21818979-0.mp3" debut="19:33" fin="21:37"]


*Alors que s’ouvre à Vincennes l'édition 2018 du festival America, festival des littératures d’Amérique du Nord (du 20 au 23 septembre 2018), rendez-vous avec l’auteur de Virgin Suicides (1993) adapté au cinéma par Sofia Coppola, et de Middlesex (2002), Prix Pulitzer 2003.  

Jeffrey Eugenides est de passage en France avec un nouveau recueil de nouvelles, "Des raisons de se plaindre" (Editions de L’Olivier), où il dresse le portrait toujours aussi brillant et piquant de la middle class américaine, une classe aux vies moyennes, celle d’une virilité recroquevillée, entre soucis d’argent et peines de cœur.  


La synthèse ci-dessus ne correspond pas aux propos tenus par l'écrivain sur son recueil.

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Evolution depuis les années 1970 - le Ven 16 Nov 2018, 10:16

La Grande Table Idées de ce jour 15/11 Comment se rendre ingouvernable complète parfaitement quelques messages et discussions sur ce forum sur l'évolution culturelle de notre société depuis les années 1970.

Nous avions ainsi échangé, à plusieurs reprises, à propos d'une dégradation progressive de la culture depuis le milieu des années 1970 (disons, depuis les "années Giscard", 1974) qui se refléterait dans l'évolution des programmes de France Culture. Plus récemment, une rediffusion dans les Nuits d'une émission La Gauche Prolétarienne mettait également en évidence cette dégradation culturelle et politique de notre société, comme nous le remarquions ici En 1970 : la GP.

Dans cette Grande Table, Grégoire Chamayou (philosophe, enseignant à l'université Paris Ouest) complète ce tableau en réalisant une démonstration claire de la prise en main intellectuelle, culturelle, politique, par l'idéologie libérale sur les démocraties, à partir là encore des années 1970. Son essai "La société ingouvernable" avait déjà fait l'objet d'une présentation dans Esprit critique du 20/10 dont nous avions rendu compte ici La société ingouvernable.

Dans cette Grande table Idées, G. Chamayou s'exprime de façon très claire, très maîtrisée et structurée, et O. Gesbert le laisse heureusement s'exprimer. Il résume parfaitement son livre* foisonnant de références textuelles d'économistes libéraux, et se concentre sur quelques auteurs. Il faudrait citer l'ensemble de son intervention, présentant les principaux artifices culturels et intellectuels en œuvre dans cette évolution libérale, mais la fin en donne un bon aperçu :[son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12360-15.11.2018-ITEMA_21892520-1.mp3?track=false" debut="31:12" fin="32:20"]

Il faut écouter et réécouter toute cette démonstration : implacable.

*La société ingouvernable : une généalogie du libéralisme autoritaire - Grégoire Chamayou - 2018

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Table ouverte à l'endoctrinement - le Ven 16 Nov 2018, 11:36

Lvstvcrv(http://regardfc.1fr1.net/t337p350-la-grande-table-tirons-la-nappe#31678) a écrit: (...) Nous avions ainsi échangé, à plusieurs reprises, à propos d'une dégradation progressive de la culture depuis le milieu des années 1970 (disons, depuis les "années Giscard", 1974) qui se refléterait dans l'évolution des programmes de France Culture.(...)
Disons que vous avez plutôt décliné divers éléments de votre catéchisme politique auquel a été opposé un certain nombre de remarques sur l'opportunité de la faire.
Plus récemment, une rediffusion dans les Nuits d'une émission La Gauche Prolétarienne mettait également en évidence cette dégradation culturelle et politique de notre société, comme nous le remarquions ici En 1970 : la GP.
Votre affirmation est fausse sur le fond et la répéter ne la rendra pas vraie. D'ailleurs, vous vous êtes bien gardé de revenir sur ceci : Le bon vieux temps. Ce ne sont que quelques remarques que je pourrai étoffer si nécessaire, ayant bien connu les années 1970, époque de la crainte d'une 3e guerre mondiale et d'une dite "crise du pétrole" (1973 et 1976) qui fut autrement plus grave que l'épiphénomène de 2008 dont sans doute personne sur ce forum (à moins d'être un boursicoteur aisé) n'a eu à subir les conséquences.
Dans cette Grande Table, Grégoire Chamayou (philosophe, enseignant à l'université Paris Ouest) complète ce tableau (...)  Son essai "La société ingouvernable" avait déjà fait l'objet d'une présentation dans Esprit critique du 20/10 (...)
Faut-il s'en étonner ? Les opposants politiques radicaux, payés par l'État (c-à-d par l'impôt collecté sur les créateurs de richesse), État sur lequel ils crachent, ont table ouverte sur le service public prétendument culturel. Entend-on jamais un autre son de cloche ? Non. Le programme d'information sociopolitique qui a phagocyté le domaine culturel est biaisé sur la forme (des présentateurs militants ou silencieusement complaisants) et partisan sur le fond : des invités ayant tous le même credo. Pour ce qui est des thèmes à la mode et engagés de cette radio, voir De la suite dans les idées.

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Georges Nivat, Alexandre Soljenitsyne - le Mer 26 Déc 2018, 10:21

Tout de go : les deux invités de l'émission insistent sur le fait qu'Alexandre Soljenitsyne se considérait comme un résistant, qu'il refusait d'être vu comme un dissident. C'est pourquoi, suivant son propre agenda, l'employée de la Grande table a intitulé l'émission Soljenitsyne, double dissident, qu'une des questions du descriptif  (sans verbe, car le verbe gêne au rebours du verbeux) est "Quel héritage de cette figure de la dissidence soviétique ?" et que le sujet est introduit par "Une figure de la dissidence, celle du russe Alexandre Soljenitsyne". Incarnation de l'obstination et du refus d'entendre de la maison France Culture...

Il faut écouter cette émission du 16 novembre 2018. On y entend Georges Nivat, grande figure intellectuelle, né en 1935. Il était également cet été dans une émission dont j'ai rendu compte dans Deux voix exceptionnelles sur Alexandre Soljenitsyne - le Ven 24 Aoû 2018.

On ne reviendra pas sur Gesbert : longs déroulements sur un ton sans relief en place de courtes et précises questions. Elle ne pose d'ailleurs pas de questions, d'où les hésitations des intervenants. Elle lâche un vague propos comme anciennement Veinstein, qui, lui, animait une émission littéraire nocturne et qui pouvait se permettre ce style emprunté à la psychanalyse, pratique fort goûtée à FC, comme chacun sait, et qui infeste la manière de parler à France Culture.

Revenons à nos moutons : Georges Nivat, parmi ses nombreuses qualités, possède la modestie. Il ne rapporte rien à lui, alors que sa biographie* mériterait au moins un long entretien sur le modèle de "Mémoire du siècle". Il est le commissaire de  l’exposition « Alexandre Soljenitsyne, un écrivain en lutte avec son siècle » (voir références sur la page). Georges Nivat dit avoir lu le premier texte de Soljenitsyne en 1963. En 1968 (il avait 33 ans), il préfaçait, avec un grand talent d'écrivain, Le pavillon des cancéreux, roman dont les premières pages vous (= me) happent en 2018 tout autant qu'il y a plus de quarante ans. Une lecture d'un extrait a été donné récemment dans Pages arrachées à Alexandre Soljenitsyne (5/5) (voir également comptes rendus Pages arrachées à Alexandre Soljenitsyne (1/5); (2/5) et (2/5 +) ; (4/5)).

Au cours de cet entretien, Georges Nivat rappelle que le rôle de l'écrivain n'est pas de commenter l'actualité (l'autre invitée, Veronika Dorman, auteur d'Amnésie russe, 1917-2017, paru aux éditions du Cerf, renchérit) et précise que Soljenitsyne s'est attaché à explorer quasi exclusivement son domaine de savoir et d'expérience. À bon entendeur...
    
* Traducteur, historien des idées, grand spécialiste de la Russie, auteur dans les années 1990 d’une monumentale Histoire de la littérature russe en six volumes et de Phénomène Soljénitsyne en 2009, dont paraît aujourd’hui l’édition revue et augmentée chez Fayard, Georges Nivat vient de traduire un texte de Soljenitsyne, « Deux révolutions : la française et la russe », une analyse comparée dans un recueil de trois textes, Révolution et mensonge, qui paraît chez Fayard, ainsi qu'un autre ouvrage inédit de Soljenitsyne, Journal de la Roue rouge.

************
Soit dit en passant, j'aime bien le post initial (2011) de ce fil :
Nessie(http://regardfc.1fr1.net/t337-la-grande-table-tirons-la-nappe#7848) a écrit:Est-il possible de connaitre aussi mal le monde dans lequel on vit ?

J'écoute en direct, pour une fois, la Grande table, l'émission du midi par Hervé Gardette et Caroline Broué.
Sujet : le bal
Prétexte : une exposition
Invitées : les commissaires de l'exposition
Dans le rôle de l'erreur de casting : les deux producteurs.
Je suis sidéré d'entendre les questions qu'ils posent à leurs invitées.
D'ailleurs elles mettent un temps à répondre, tellement les questions sont basiques, bébètes, creuses, plates, vides.

On se demande si Gardette et Broué ont jamais ouvert les yeux sur le monde dans lequel ils vivent. Je ne parle pas du monde social, ou plutôt je parle de ça et du reste. Et scotché depuis 10 minutes à un tel monument de rien, je ne sais pas si je suis désarçonné par l'insondable stupidité de leurs questions, ou par leur air perpétuellement contents d'eux-mêmes, ou par l'Himalaya d'inculture ou tout simplement de méconnaissance du monde qui découle aussi clairement de leurs questions.

C'est ahurissant.
Entre-temps, Hervé Gardette anime six émissions par semaine et Caroline Broué la matinale du samedi. Une telle compétence se devait d'être récompensée...

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Kafka n'est pas un instrument politique - le Jeu 27 Déc 2018, 22:21

Dans les années 1970-1980 sur France Culture, Franz Kafka aurait été exclusivement traité du point de vue de la langue et de l'art narratif, du récit, voire du conte fantastique. Dans les années 1990-2000, l'angle premier, sinon unique, aurait (aura ?) été le traitement psychanalytique, les critiques s'intéressant à la cohérence psychologique des personnages et aux éventuels problèmes psychiques de l'auteur. Dans les années 2010, le prisme de France Culture étant ce qu'il est, c'est l'oppression sociale et politique, la question de la femme, qui occupent les esprits critiques médiatiques à la remorque des metteurs en scène engagés. On trouve aussi l'oppression économique, comme dans l’interprétation de Tchekhov (cf. "Platonov").

Ce préambule pour en arriver à un retour sur un entretien entre Olivia Gesbert et Krystian Lupa, le 24 septembre dernier, intitulé Krystian Lupa et le monstre kafkaïen.

Extrait du descriptif : "Le metteur en scène polonais Krystian Lupa sera notre invité pour parler de la pièce qu'il présente ces jours-ci à l'Odéon : une adaptation du Procès de Franz Kafka, qui mêle la fiction à la biographie de l'écrivain, et fait entendre une critique acerbe de la situation politique actuelle en Pologne.".

Pour des citations sélectionnées sur des critères de conformité avec l'esprit de la station voir la page.

La même mise en scène du Procès avait occupé La Dispute, je l'avais signalé dans Adaptation du ''Procès'' de Kafka par Krystian Lupa le Mer 26 Sep 2018 et dans le post suivant. Plus tard, j'avais mentionné un excellent article sur Kafka où l'auteur insistait sur la dimension humoristique de l'écrivain : Kafka et un blog de qualité

L'humour, ce n'est certainement pas ce qui occupe l'esprit de Krystian Lupa et ce n'est pas le sujet d'Olivia Gesbert qui a d'autres chats à fouetter que la littérature... : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-24.09.2018-ITEMA_21822482-0.mp3" debut="14:30" fin="16:18"]

Quant à l'art de poser des "questions" (pauvre interprète !)... [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-24.09.2018-ITEMA_21822482-0.mp3" debut="12:14" fin="13:10"]

Le "rejet de l'autre", le mensonge, le populisme et la métaphore qui tue (ne pas entendre "concert spirituel") : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-24.09.2018-ITEMA_21822482-0.mp3" debut="20:18" fin="21:57"]

Si la présentatrice avait été autre chose qu'une sorte d'attachée publicitaire, elle aurait demandé au metteur en scène ce qu'il a fait des nombreuses scènes burlesques du roman, du traitement humoristique de Joseph K. par son créateur. Mais on ne saurait demander à une station culturelle obsédée par l'air du temps et l'esprit de sérieux de chercher à faire connaître une œuvre hors des œillères de l'époque.

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La traduction littéraire mérite mieux - le Jeu 03 Jan 2019, 10:44

"Les traducteurs ? C'est fait". Ainsi a dû penser Olivia Gesbert après La Grande table (pourquoi "Grande" ?) 1ere partie du 16/11/2018  Stevenson & Dante, traduire sans trahir ?*. Elle avait peut-être déjà la tête à son entretien 25' plus tard avec Georges Nivat sur Soljenitsyne... Pour la qualité, mieux vaudrait ne pas enchaîner des  entretiens aussi différents et surtout ne pas être tous les jours à l'antenne (d'autres personnes compétentes sont aussi privées de micro). Mais l'on connaît le principe de Mme Treiner : nombre restreint d'employés de micro pour image matraquée et obéissance maximale.

L'émission même : deux personnalités intéressantes, même si Jean-Jacques Greif, auteur d'une nouvelle traduction de "L'Île au Trésor" de Stevenson n'a pas beaucoup de choses à dire (manque de temps ou de sollicitations ?). Chose essentielle, on apprend par Mme Gesbert qu'il a plus de 70 ans**. Cet âge canonique semble l'avoir marquée, elle le répète au cours de l'échange. Le tact...

Danièle Robert, auteur d'une traduction de la "Divine Comédie" de Dante, est, elle, en duplex, ce qui ne facilite pas la fluidité. La lecture finale rapide était sans doute de trop (contrainte de temps ?). Comme la lecture de Stevenson par Jean-Jacques Greif, interrompue par une impatiente Olivia Gesbert (passage gênant où elle veut lire à la place du traducteur qui lui superpose sa voix pour continuer la lecture...).

Qu'aurait été une émission culturelle ? Un "Panorama" où les nouvelles traductions auraient été mises en regard de précédentes,  puis discutées et jugées du point de vue de la langue par des critiques experts. Comme ça aurait été passionnant (et non promotionnel) ! Mais voilà, que sont actuellement et essentiellement la plupart des émissions de France Culture, sinon des relais éditoriaux, donc commerciaux ?

* Retraduire les classiques en 2018. En collant à notre époque ? En valorisant le texte source? On en parle avec Danièle Robert, auteur d'une traduction de la "Divine Comédie" de Dante (Actes Sud), et Jean-Jacques Greif, auteur d'une nouvelle traduction de "L'Île au Trésor" de Stevenson (Tristram).

** Le polytechnicien et écrivain Jean-Jacques Greif, qui à 70 ans passés signe sa première traduction, celle de L’Île au trésor de Robert Louis Stevenson (Tristram, 2018).

******************

Attention : en raison du changement de nom de domaine du forum, plusieurs fonctionnalités sont actuellement en panne (accès aux archives via la fonction Recherche, par exemple). Rappel : l'adresse du site est actuellement : http://regardfc.1fr1.net/ Faire passer...

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RAPPEL : RUBRIQUES récapitulatives des contributions passées (2018) : la semaine 52.

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Re: La Grande table - Tirons la nappe ! -

La Grande table - Tirons la nappe !     Page 36 sur 40

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